Il était temps que je mette mon nez dans ce roman qui a marqué bon nombre de têtes blondes, voire créé certaines vocations... J'ai découvert
Roald Dahl sur le tard (à dire vrai, l'année dernière) avec
Sacrées sorcières qui m'avait bien plu sans être un coup de cœur. Néanmoins, j'ai aisément compris pourquoi la plume et l'univers de cet auteur pouvaient ravir aussi bien les enfants que les parents, et c'est ainsi que j'ai continué ma découverte avec
Charlie et la chocolaterie et La potion magique de George Bouillon. Avec
Matilda, j'ai franchi un nouveau stade...
Comment expliquer la sensation que j'ai ressentie lorsque j'ai débuté cette lecture ? J'ai beaucoup de mal à mettre des mots sur cette espèce de fébrilité mâtinée de joie qui m'a saisie dès les premières pages, dès la 4° de couverture même.
Matilda, c'est LA figure de la lectrice et, par conséquent, une sorte d'idole absolue pour tous ceux qui chérissent le livre et l'écrit (ce qui est bien évidemment mon cas). Comment ne pas admirer et apprécier cette petite fille qui, à 5 ans tout juste, a lu Dickens, Austen,
Hemingway ou Orwell et qui n'est pourtant absolument pas consciente de son caractère extraordinaire ? On s'y attache d'autant plus qu'elle subit les attaques constantes de ses parents bêtes comme leurs pieds (et encore, c'est méchant pour les pieds !). Heureusement, Matlida trouve une alliée de poids : Mademoiselle Candy, une institutrice dont tout élève rêve. Au final, ces deux-là s'aideront autant l'une que l'autre...
Matilda est une sorte de roman jeunesse ultime car
Roald Dahl arrive à y réunir une foule incroyable d'éléments plaisants sans tomber dans la surenchère ou le ridicule : l'aventure, le fantastique, les parents méchants que l'on adore détester, la directrice-dragon, l'institutrice merveilleuse, l'héroïne intelligente et modeste, l'humour et la victoire de la justice... le ton est à la fois léger, drôle et terriblement cynique. Je ne résiste pas à l'envie de vous donner un petit extrait :
- Nous, on n'est pas pour la lecture des livres, dit M. Verdebois. C'est pas en restant assis sur ses fesses et en bouquinant qu'on gagne sa vie ! Des bouquins, chez nous, y en a pas !
- Je vois, dit Mlle Candy. Enfin je suis seulement venue vous dire que
Matilda est particulièrement douée. Mais je suppose que vous le saviez déjà.
- Évidemment, je savais qu'elle savait lire, intervint la mère. Elle passe sa vie, enfermée dans sa chambre, à se farcir la tête d'un tas de sottises.
- Mais ça ne vous étonne pas, insista Mlle Candy, qu'une petite fille de cinq ans lise de longs romans de Dickens ou d'
Hemingway ? Ça ne vous fait pas bondir de joie ?
- Pas spécialement, dit la mère. Les intellectuelles, j'en n'ai rien à faire. Une gamine doit penser à se faire belle pour décrocher plus tard un bon mari. C'est plus important que les livres, ça, mademoiselle Condé.
Loin de desservir le roman, les personnages très caricaturaux et les situations cliché permettent au contraire à l'auteur d'exprimer toute ses idées avec une ironie mordante jubilatoire. On s'amuse autant de la langue que de l'histoire merveilleusement portée par les illustration de
Quentin Blake. Aussitôt ouvert, aussitôt dévoré :
Matilda est un roman époustouflant qu'il est indispensable de lire au moins une fois dans sa vie !
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