ISBN : 2859204318
Éditeur : Le Castor Astral


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
Ces poèmes ont été écrits dans un monde habité. Ils ont été offerts ou dédiés. Certains sont le résultat de commandes. Ils ont parfois été associés à des photographies et des dessins. Ils ont eu des éditeurs, ils ont eu des lecteurs privilégiés. Il m'importe ici, malgré... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Lali, le 08 février 2011

    Lali
    J'aime l'univers du romancier Francis Dannemark. J'aime son travail d'éditeur. J'avais aimé ce que j'avais de lui dans Ici on parle flamand & français. C'est pourquoi j'avais hâte de plonger dans ses poèmes.
    La longue course réunit 25 ans de récits poétiques et de textes en vers. Tous ont une musique, un regard. Certains s'attardent avec tendresse sur un visage ou un paysage. Tous dégagent une émotion.
    Et comme ses propres mots parleront mieux que je ne pourrai le faire, je vais pendant quelques jours laisser aux lectrices du soir le plaisir de tourner les pages et de choisir à votre intention quelques extraits de ce recueil qui m'a profondément touchée.
    Non sans ajouter ce morceau de la préface de Bernard Delvaille : « Désenchantée, sa poésie enchante, sans plainte ni révolte, comme si elle n'osait pas. Elle sonne juste et voilée, un peu acide, un peu blessée. J'écoute en elle comme une longue ligne mélodique de Chet Baker, un soir d'automne, au bord de la mer, quand le sable se fait froid et que, seuls, brillent encore les phares en veilleuse d'une automobile jalouse de ces cargos sans destination, de ces voiliers sans nom qui passent au loin. Francis Dannemark sait immobiliser, éterniser un instant la fragilité des choses. »

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=9129
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Citations et extraits

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  • Par Lali, le 08 février 2011

    Matin bleu

    C’est la lumière bleue, ou très pâle, ou vive. C’est le chant d’un oiseau, un bruit de rue. C’est la sonnerie d’un réveil, rarement un coq, simplement assez de sommeil. C’est le matin. La merveille de la vie comme l’eau souterraine qui a tracé son chemin dans le mur plein de la nuit. Mes lèvres cherchent tes seins, leur chaleur, leur docueur d’avant qu’on donne un nom au soleil, une forme à la lune. La lumière t’ouvre les yeux. La main trouve la main. Juste un geste et le monde peut commencer.

    Et plus tard on réapprend à parler, à marcher. On façonne des objets, on ouvre des dossiers, on porte des enfants à hauteur des fenêtres. Sable et eau, vert et cristal. On fait des rires, parfois quelques grimaces. Et vite on va, ou lentement, vers le quai du soir où accoste la nuit et l’on s’y glisse. Corps accordés. Et la vie est un quart de seconde qui n’en finit pas de durer.
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  • Par Lali, le 08 février 2011

    Knowledge

    Tout ce que nous savons
    et tout ce que nous croyons savoir.
    Toutes les choses que nous avons faites
    et celles que nous ferons et celles
    que nous ne ferons pas.

    Combien de tiroirs faudrait-il? Combien de livres,
    de budgets, de bilans, de projets,
    de rêves possibles et impossibles?

    Mais les mêmes dix doigts suffisent pour écrire et
    pour compter, pour montrer la route qui se divise
    et le chemin qu’il faut emprunter.
    Les mêmes dix doigts suffisent pour serrer une main,
    entourer votre épaule,
    caresser ton visage.
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  • Par Lali, le 08 février 2011

    La poésie est ailleurs

    La poésie est ailleurs, je l’ai perdue, parfois il me revient que je voyais, au bout du jardin quand la nuit va s’y poser comme un engin, des choses que je ne distingue plus. Myopie, ou alors c’est moi qui suis ailleurs, j’ai plusieurs montres, je sors de mes rêves au matin comme d’un opéra en flammes et je marche sans cœur dans les rues décorées d’un bout à l’autre de l’année pour des fêtes futiles. J’y tiens mon rôle.
    Aux fenêtres, la pluie balance des messages vite perdus. Il est interdit d’entendre les voix qui parlent de vertige, de départ, d’amour malgré tout. Il est interdit de caresser la mort. Marcher dans les jardins mouillés, oui. Vingt pas et demi-tour.
    Je connais l’effet noir du café et je compose à l’aube un poème lyophilisé. Jeunes, nous l’avons été. Dans une vie lointaine, qui a peut-être été la nôtre. Depuis lors, le ciel a changé de place et de couleur, nous portons des lunettes sombres et la terre, de loin, on dirait la lune.
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  • Par Lali, le 08 février 2011

    Minuit et la mer

    Et me voilà à l’endroit du rendez-vous, face à la mer qui palpite doucement comme le cœur immense et lourd d’un animal ancien. Il est minuit. Ou une autre heure de la nuit, je n’en sais rien. J’ai jeté ma montre, et le bruit des vagues a englouti celui du mince morceau de métal quand il a touché la surface de l’eau.

    Je suis au rendez-vous, et peu importe l’heure. Je me suis trompé, sans doute, et de bien trop d’années. Je le sais mais je suis venu, malgré tout. Pour la mer peut-être.

    À bien l’écouter, je la devine prête à charger. Lente et calme, en attendant. Je reste là, dans l’obscurité, rassuré par la présence de mille millions de litres de nitro temporairement apprivoisés. Tout est tranquille. Il n’y aura pas de mouvement brusque cette nuit.

    Je suis au rendez-vous, au bord de la mer. J’écoute la terre qui tourne au ralenti et mon cœur minuscule qui bat quelque part, sous le bruit souple des vagues.
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  • Par Lali, le 08 février 2011

    Pour répondre à une question

    Si tu devais t’en aller,
    j’irais poser ma pâle figure sur le clocher
    et y ferais fondre de mes larmes le coq
    et toute la basse-cour des anges.
    J’attraperais la fièvre annamite,
    kidnapperais hagard douze dames obèses
    et les nourrirais exclusivement d’escargots albinos.
    Je raconterais à mes chiens fous des fables tristes,
    Je remplirais de paille et de poussière
    mes épaules, mes poches et mes mains vieilles.

    Si tu devais t’en aller,
    je ne saurais plus jamais rien de l’enfance,
    je dormirais les bras en croix sans fermer l’œil,
    ferais de loin l’amour à des femmes aveugles
    et ne leur dirais rien qui vaille.

    Je m’appellerais caillou, rocher,
    je laisserais le temps m’user cruellement.
    Puis j’irais, n’importe où,
    te rechercher.
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Vidéo de Francis Dannemark

Francis Dannemark à La Licorne (Bruxelles)








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