ISBN : 2226179755
Éditeur : Albin Michel (2007)


Note moyenne : 3/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
« Deux tours américaines fracassées par le ciel. Une mystérieuse valise violette dans les mains d’un homme libre. Un tueur impitoyable prétendant être le frère du Diable diffuse en direct ses propres crimes sous les yeux du monde entier… »
Trois fictions encore p... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 1.00/5
    Par Corboland78, le 29 mars 2012

    Corboland78
    Le nouveau roman de Dantec, un pavé de 566 pages, est en fait un recueil de trois textes distincts. le premier texte Vers le nord du ciel débute avec l'effondrement des tours du World Trade Center de New York. Un homme – mais la suite nous révèlera assez vite que ce n'est pas vraiment cela – sauve une petite fille de l'attentat gigantesque dans une entame de roman fabuleuse puisqu'ils vont dévaler les escaliers de la tour qui s'affaisse sous les gravats et plafonds qui cèdent sous le poids des étages supérieurs qui explosent, avant qu'ils ne soient tous deux poursuivis par de mystérieux hommes en noir. Un début digne de La Tour Infernale le film avec Bruce Willis, pour un texte qui peut relativement s'inscrire dans la lignée de La Sirène rouge l'un de ses opus précédent. le second texte Artefact est quasiment illisible et pour moi je n'y vois qu'une explication, Dantec a voulu se foutre de la gueule des critiques ou de ses admirateurs bornés qui boivent comme petit lait tout ce qu'il écrit. Une mise en abîme où un amnésique se réveille dans une chambre où une machine à écrire « écrit » tous les jours ce qui lui est arrivé la veille. Est-ce lui qui tape ce texte la nuit ? L'homme et le texte ne font bientôt plus qu'un. « Je suis l'Artefact. Je suis le « je » secret, le « je » qui s'efface pour faire jaillir le Verbe, le je qui disparaît pour qu'apparaisse la personne. » Pour sûr ! Enfin le dernier texte le Monde de ce Prince est une métaphore sur notre monde où la violence est partout, chaque jour plus ignoble et poussée ici à son paroxysme puisqu'un psychopathe se déclarant frère du Diable, diffuse sur Internet les films des horreurs qu'il commet et dont l'intensité va crescendo, torture de la femme complice d'un pédophile, enfermement d'un black et d'un nazi jusqu'à ce qu'ils s'étripent etc. Les actes de violence et les tortures particulièrement gratinées sont décrits avec une certaine complaisance et on est à la limite de la nausée. Par ailleurs ces crimes étant commis sur des personnes elles-mêmes coupables de perversités, pédophilie, racisme, attentats islamiques etc. on flirte souvent avec la ligne jaune du populisme d'extrême droite, une pente savonneuse difficile à maîtriser … du lard ou du cochon, on ne sait pas trop sur quel pied Maurice G. Dantec veut nous faire danser ? Entre une idéologie douteuse, des références constantes à Dieu et au Diable dans un galimatias pompeux et ses obsessions constantes aux technologies modernes, on finit le bouquin (déjà un bel exploit !) laminé, épuisé et écoeuré par ce monde où l'auteur nous plonge le nez, comme on met la truffe de son chien dans la merde qu'il a chiée sur le tapis pour qu'il ne recommence plus. Mais peut-être est-ce le but ultime de cet ouvrage ?
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    • Livres 2.00/5
    Par souslevolcan, le 12 mars 2012

    souslevolcan
    Demandez à quelqu'un de votre entourage s'il connait Maurice Dantec, et vous avez toutes les chances de le voir vous sourire béatement en éludant la question d'un geste vague de la main, murmurant : le Chorégraphe ? Non, non, l'écrivain. Celui de La Sirène rouge, celui des Racines du mal. Celui là donc. Maurice G. Dantec, l'un des types les plus doués de sa génération. Un type dont le talent semblait aussi prometteur que celui de Nicolas Anelka à ses débuts (pardonnez l'abstraction comparative), le même enthousiasme, le même potentiel, la même technique à tomber par terre et qui vous fait dire que vous êtes en train d'assister à l'éclosion d'un grand parmi les grands, la seule superstition vous empêchant d'aller jusqu'au cliché de la prédisposition divine. Mais le cri d'instinct qui ressemble à : ce gars va devenir l'as des as dans son domaine s'étouffe comme une quinte à l'opéra. La réalité est plus têtue que le talent brut. Je laisse ici les grands espoirs portés à l'adresse de Nicolas Anelka pour me consacrer sur celui qui nous livre ce recueil de trois nouvelles concentrant à elles seules tous les espoirs et toutes les errances de notre animal de foire.
    Car il faut le dire et le redire, le travail de Dantec mérite souvent tous les superlatifs : histoire forte, style impeccable et jouissif, des plages de puissance littéraire à vous couper le souffle. Mais son travail flirte aussi de plus en plus tôt avec le précipice et nous fait voir avec acuité le danger, le piège, l'orgueil qu'il y a d'accorder à son intelligence la tribune qu'elle ne mérite pas. Si Dantec se satisfaisait de nous raconter des histoires sans nous faire la démonstration qu'il est le seul à comprendre vraiment la nature des choses, nous gagnerions en plaisir de lecture sans gâter le vaste et complexe continuum mondial.
    Qu'on soit pour ou contre, les digressions métaphysiques de notre ami sont souvent promptes à nous filer la nausée sans nous avoir au préalable conduit à l'ivresse. Il faudrait que Dantec cesse de vouloir être plus que lui-même pour se contenter de devenir, et c'est déjà pas mal, l'un de nos écrivains le plus doué et le plus enthousiasmant du siècle. Je doute qu'il n'y arrive jamais, car sa maladie n'a pas l'air de se résorber et il tombe de plus en plus vite dans ses travers pâteux et gonflés à la sémantique technico-religieuse, qui forme comme des abcès à la surface de son œuvre. Tout est là, Vers le nord du ciel, la première nouvelle, commence par une description ahurissante de de la chute de la première tour du World Trade Center avant que l'histoire ne déraille par le truchement insupportable de l'auteur à nous démontrer qu'il est un monde à lui tout seul. La seconde est une histoire à la lourdeur d'une métaphysique de secte scandinave, quand à la troisième, le monde de ce Prince, même rythme, même force des débuts qui s'étiole dans le néant de considérations complexes et littéralement, c'est un comble, vide de sens.
    Saint Maurice Dantec, trouvez l'humilité de vous contenter de nous raconter des histoires. Pardonnez-nous notre ignorance, mais pour l'amour du ciel, revenez à vos sujets. Ne nous privez pas de vos meilleurs livres sous prétexte de collusions avec la pensée, vous devriez savoir, vous, que l'essentiel de la littérature n'est pas dans ce qui est dit, mais dans ce qui est montré. Et votre force en ce domaine n'est pas à discuter. Je vous lance cet appel, prenez le comme celui d'un admirateur fidèle et ne vous en offusquez pas. Dans vos meilleurs moments, vous faites de l'ombre à tous ceux qui écrivent en France depuis plusieurs décennies, dans les pires, vous donnez l'occasion à ceux qui n'ont pas un micron de votre talent de dormir tranquille, battez-vous donc pour construire une nouvelle échelle dont vous ne seriez pas prêt d'être chassé, battez-vous pour nous faire connaitre de nouvelles nuits blanches.
    On peut toujours rêver.


    Lien : http://souslevolcan.over-blog.com/article-101444277.html
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Vidéo de Maurice G. Dantec

Bande annonce VF de "Babylon A. D. ", réalisé par Mathieu Kassovitz (2008) et adapté du roman "Babylon Babies," de Maurice Dantec.








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