ISBN : 2070403076
Éditeur : Gallimard (1998)


Note moyenne : 2.98/5 (sur 123 notes) Ajouter à mes livres
«Le directeur a été très gentil avec moi le jour de mon embauche. J'ai eu la permission de gérer ma parfumerie toute seule. Ca marchait bien. Seulement, quand les premiers symptômes sont apparus, j'ai dû quitter la parfumerie. Ce n'était pas une histoire de décence ni r... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par maxsantoul, le 05 novembre 2010

    maxsantoul
    Je venais juste de finir "À la recherche du temps perdu", totalement illuminé par le génie d'un écrivain et son chef-d'œuvre, quand j'ai tenté de lire Truisme. Mais, ébloui par les rayons d'un soleil qui trace des sillons de langage dont on ne peut plus s'extraire, le renouveau littéraire m'évoquait une certaine répugnance. L'orgueil bouffi de ces auteurs qui considèrent l'adjectif comme une insulte et l'adverbe comme une abomination, ne pouvait qu'irriter une logique qui me poussait à rechercher dans l'écriture une émotion. C'est-à-dire de l'art.
    Alors, pourquoi ce choix de lecture ?
    Il y avait dans le nom de l'auteur, Darrieussecq, une assonance en écho avec celui du hameau où était né mon père… et mort peu de temps après - ceux qui ont lu Ménino comprendront - qui ne pouvait qu'éveiller dans mon inconscient une certaine empathie. Voyez comment vont les choses !
    C'est aussi le titre qui m'avait intrigué. Sa dualité, sous la plume d'une Normalienne Supérieure, ne pouvait pas être fortuit. Si trop de culture tue la fantaisie, il devait bien y avoir une raison à ce choix, une élasticité dans la sémantique qui éveillait ma curiosité à fleur de peau.
    Que pouvait-il donc se passer "d'hyper-véridique" dans un "assertion mensongère". Car, comme chacun le sait, il n'est pas possible qu'une femme se transforme en truie, sinon dans le fantasme des têtes orageuses. Que pouvait bien cacher cette métamorphose peu ragoûtante. Voilà donc l'état d'esprit rebelle qui présidait au moment où j'ai commencé à lire le texte.
    Et là, les bras m'en sont tombés. Pas de lassitude ou de dépit, comme je m'y attendais, mais d'émerveillement. Je venais de découvrir un monde extraordinaire.
    Je n'arriverai certainement pas à vous transmettre mon ressenti à la lecture de ce roman, il opère par magie et reste incommunicable. Comment voulez-vous expliquer le plaisir de l'amour physique à ceux qui ne l'ont jamais vécu. Vous direz : "il exagère". Pourtant la difficulté est bien de cet ordre : une jouissance littéraire !
    Je dirais que c'est une leçon d'élégance, un renvoi (aux deux sens du terme) vers cette exigence épouvantable des hommes qui condamnent les femmes dans le confinement d'un contexte de séduction et d'asservissement sexuel. Ce ne sera que justice pour elle de les transformer en petits cochons, en ayant la noblesse de ne pas exiger d'eux-mêmes une telle métamorphose, mais par le sacrifice initiatique d'une mutation d'elle-même en miroir : une truie. Ainsi, restons attentifs et surveillons bien notre arrière-train : en cas d'une petite queue en tire-bouchon… il faudra craindre la contamination.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par cicou45, le 19 septembre 2011

    cicou45
    Lu dans le cadre du "club lecture" auquel j'appartiens et qui a pour thème cette fois-ci les Correspondances de Manosque. C'est un genre de salon du livre qui se déroule à Manosque dans le 04 chaque année et où différents auteurs sont invités et il faut savoir que c'est une rencontre littéraire très réputée dans le département. Cette année donc, Marie Darrieussecq fait parti des auteurs invités et moi qui n'avais jamais rien lu d'elle, j'avoue que j'ai été un peu intriguée par la découverte de cette auteure.
    Je n'aurais peut-être pas du commencer par ce livre là car j'avoue que j'ai été assez déçue par les thèmes traités qui m'ont mis mal à l'aise et m'ont même parfois donné la nausée. Je reconnais que je suis quelqu'un de très sensible (peut-être trop) et même si les tours de "passe" qu'elle fait dans la célèbre "parfumerie" et qui ne sont pas entièrement décrits mais plutôt suggérés-et c'est peut-être d'ailleurs bien pire- m'ont assez indisposée. Toujours est-il que si cette écriture a eu cette influence sur moi, c'est très probablement parce que c'est extrêmement bien écrit et je ne peux donc que vanter les mérites d'écriture de l'auteure pour cela. La métamorphose de la narratrice en truie est décrite avec brio, je dois l'admettre, mais de manière générale, j'ai trouvé ce livre extrêmement dur puisque la narratrice se fait sans cesse manipuler puis rejeter, que ce soit par les hommes, par Edgar, le directeur de campagne électorale ou encore par sa propre mère.
    Le seul véritable bonheur qu'elle a connus dans sa vie était lorsqu'elle vivait une folle passion avec Yvan, le directeur de chez "Loup-Y-Es-Tu", une célèbre marque de cosmétiques, et qui se révèle en fait être un loup-garou mais même cette joie là lui a été arraché lorsqu'Yvan fut tué par des agents de la S.P.A.
    Livre qui se lit très vite , aux phrases très bien tournées mais ont je ne garderai pas un très bon souvenir, plus en raison des sujets abordés qu'en raison de la qualité d'écrivain de Marie Darrieussecq. Je retenterai probablement l'expérience mais avec un livre plus soft la prochaine fois !
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par meyeleb, le 05 août 2011

    meyeleb
    Beaucoup de tapage médiatique à l'époque de sa sortie... et une déception d'autant plus grande quand je l'ai lu. Si j'ai envie de lire une métamoprhose de qualité, je m'adresse plutôt à Kafka.
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    • Livres 3.00/5
    Par mgeffroy, le 20 juillet 2010

    mgeffroy
    Ben c'est la première fois que je lis un livre de Marie Darrieussecq et je dois avouer que je me suis laissé embarquer par cette femme qui peu à peu se métamorphose en truie. Un livre étrange où l'histoire se déroule dans un monde où le politique s'est désagrégé, où la SPA sauve les animaux contre leur gré, les armes à la main et où la société considère la femme comme un objet sexuel.
    Il y aurait surement des morales philosophiques à retirer de ce roman mais j'ai un peu la flemme. En conclusion, un livre agréable à lire mais dont le succès me semble un tantinet mystérieux.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par quenlore, le 01 novembre 2011

    quenlore
    Truismes est l'histoire d'une femme qui se métamorphose en truie.
    La narratrice, jeune femme ordinaire et superficielle, partage sa vie routinière entre son travail de démonstratrice masseuse dans une grande parfumerie et le logement de son compagnon, Honoré, rencontré à l'Aqualand. Rapidement, elle nous confesse une bien étrange histoire : sa propre métamorphose en truie. S'ensuit une série d'événements rocambolesques.
    L'élément fantastique inhérent à l'histoire d'une métamorphose est très vite évacué dans un réalisme de l'absurde. Les personnages ne s'étonnent pas de l'état de la narratrice, pas plus que la narratrice elle-même. Elle les dégoûte quelquefois mais ils l'acceptent.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par balooo, le 13 décembre 2010

    De plus en plus, je me réfugiais dans le petit square entre deux clients, je les faisais patienter un peu. Je prenais des risques avec le directeur, mais je n’en pouvais plus. Je subtilisais les crèmes conseillées par les magazines et je les étalais soigneusement sur ma peau, mais rien n’y faisait. J’étais toujours aussi fatiguée, ma tête était toujours aussi embrouillée, et le gel micro-cellulaire spécial épiderme sensible contre les capitons disgracieux de chez Yerling ne semblait même pas vouloir pénétrer. Honoré disait qu’il était bien le seul. Honoré devenait vulgaire, il se doutait vraiment de quelque chose. En plus de développer une profonde graisse sous-cutanée ma peau devenait allergique à tout, même aux produits les plus chers. Elle épaississait fort disgracieusement et se révélait hypersensible, ce qui était un bonheur quand j’avais, pour parler crûment, mes chaleurs, mais un vrai handicap pour tout ce qui concernait les maquillages, les parfums et les produits ménagers. Or dans mon métier ou pour tenir la maison d’Honoré, j’étais pourtant bien obligée d’en faire usage. Alors ça ne ratait pas : je me couvrais de plaques rouges, et après la crise ma peau devenait encore plus rose qu’avant. Et j’avais beau passer toutes les crèmes du monde sur mon troisième téton, rien n’y faisait, il ne voulait pas disparaître. Quand j’ai commencé à voir enfler comme un vrai sein par-dessous, j’ai cru que j’allais m’évanouir.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par mandarine43, le 26 juillet 2011

    [ Incipit ]

    Je sais à quel point cette histoire pourra semer de trouble et d'angoisse, à quel point elle perturbera de gens. Je me doute que l'éditeur qui acceptera de prendre en charge ce manuscrit s'exposera à d'infinis ennuis. La prison ne lui sera sans doute pas épargnée, et je tiens à lui demander tout de suite pardon pour le dérangement. Mais il faut que j'écrive ce livre sans plus tarder, parce que si on me retrouve dans l'état où je suis maintenant, personne ne voudra ni m'écouter ni me croire. Or tenir un stylo me donne de terribles crampes. Je manque aussi de lumière, je suis obligée de m'arrêter quand la nuit tombe, et j'écris très, très lentement. Je ne vous parle pas de la difficulté pour trouver ce cahier, ni de la boue, qui salit tout, qui dilue l'encre à peine sèche. J'espère que l'éditeur qui aura la patience de déchiffrer cette écriture de cochon voudra bien prendre en considération les efforts terribles que je fais pour écrire le plus lisiblement possible. L'action même de me souvenir m'est très difficile. Mais si je me concentre très fort et que j'essaie de remonter aussi loin que je peux, c'est-à-dire juste avant les événements, je parviens à retrouver des images.
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  • Par cicou45, le 19 septembre 2011

    "C'est la rationalité qui perd les hommes, c'est moi qui vous le dis."
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Videos de Marie Darrieussecq

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Vidéo de Marie Darrieussecq

Marie Darrieussecq : "La libération sexuelle a été un choc immense" .
Dans «Clèves» (POL), Marie Darrieussecq raconte la puberté d'une jeune fille des années 80. En partenariat avec Interlignes.tv, BibliObs.com diffuse un extrait de l'entretien qu'elle a accordé à Dominique Antoine. Retrouvez-le dans son intégralité sur www.interlignes.tv=> La critique de l'Obs: La P? de Clèves








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