ISBN : 225300488X
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 98 notes) Ajouter à mes livres
Le premier roman d'un célèbre écrivain qui cache à peine une autobiographie à la fois tendre et violente. L'histoire est celle d'un petit provincial pauvre et fragile dont on va suivre le parcours semé d'embûches, d'une enfance difficile à une maturité douloureuse. Cett... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 25 mars 2012

    Corboland78
    Alphonse Daudet, écrivain et journaliste est né à Nîmes en 1840 et décédé à Paris en 1897. On lui doit entre autres, Les Lettres de Mon Moulin ou bien encoreTartarin de tarascon. Bien qu'il soit rattaché à l'école naturaliste son œuvre mêle la fantaisie à la peinture réaliste de la vie quotidienne. Le petit chose écrit en 1868 est le premier roman d'Alphonse Daudet, il est aussi sous certains aspects, autobiographique.
    Le livre est composé de deux parties, la première nous présente Daniel Eyssette vivant avec ses parents, le père est un industriel, ses deux frères et leur cuisinière, la vieille Annou, dans une ville du Languedoc. Escroqué par un client, l'entreprise familiale s'effondre et oblige les Eyssette à déménager, ils partent s'installer à Lyon dans un petit appartement minable et infesté de cafards. Dès lors leur situation financière ira de mal en pis et la famille se disloquera, la cuisinière malade repart vers le Midi, le père se fait voyageur de commerce, la fratrie se sépare, Jacques part à Paris chercher du travail et Daniel doit quitter le collège « A Lyon, les fils de riches ne portent pas de blouse ; il n'y a que les enfants de la rue, les gones comme on dit. le professeur fit la grimace et tout de suite me prit en aversion. Jamais il ne m'appela par mon nom ; il disait toujours : « Hé ! vous là-bas, Le petit chose ! »
    Daniel retourne dans sa région natale et trouve une place de pion dans un collège. Petit et timide, il a beaucoup de mal à s'imposer, n'y parvenant jamais et passant pour un personnage falot. Accusé à tort d'un fait dont il est innocent et trahi par un collègue, puis condamné par ses supérieurs pour avoir battu un élève insolent mais fils de marquis, il est à deux doigts du suicide, sauvé in extremis par un prêtre bougon mais au cœur généreux, professeur dans l'établissement.
    Dans la seconde partie, Daniel rejoint son frère Jacques à Paris et lui confie ses débuts difficiles dans la vie littéraire, les poèmes qu'il s'essaie à écrire. Jacques, son aîné, le prend sous son aile, jouant le rôle de mère pour Daniel qui désormais l'appellera « ma mère Jacques ». Le petit chose est un rêveur qui voudrait être écrivain, faible et peu préparé à affronter la vie « Mon petit Daniel, tu n'es encore qu'un enfant, et même j'ai bien peur que tu sois un enfant toute ta vie », tout le contraire de son frère Jacques, un bosseur qui s'échine à gagner quelques sous dont il envoie une bonne part à sa mère et dont le rêve est plus terre à terre que celui de Daniel, il veut par l'argent de son labeur reconstituer le noyau familial disloqué. Jacques se charge du petit, qu'il se consacre à l'écriture l'esprit tranquille, lui s'occupe du reste, le ménage, les courses, l'argent et le budget.
    Son premier livre est édité à compte d'auteur et son frère l'introduit chez les Pierrotte, des commerçants qu'il fréquente, aussitôt la fille de la maison en tombe amoureuse, réduisant à zéro les espoirs de Jacques qui beau joueur laisse la place à Daniel. Il faut croire que Daniel est maudit car rien jamais ne lui réussit, alors qu'on pense que le sacrifice de l'un va sauver l'autre, Jacques parti à Nice pour son travail, Daniel tombe entre les griffes d'une « actrice » qui habite le même immeuble que lui. Abandonnant « les yeux noirs » de la fille des Pierrotte, Daniel devient l'esclave consentant de l'actrice qui l'entraîne dans la débauche et les dettes, nous sommes en plein mélo comme on les aimait au XIX siècle avec le jeune homme innocent qui renie tout et tous pour une femme facile qui le mène par le bout du nez droit vers l'abîme. Finalement Jacques revient en urgence à Paris, délivre son frère de cette passion mortelle, le rabiboche avec les Pierrotte qui lui pardonnent et lui lèguent commerce et fille, tandis que Jacques s'éteint victime d'une phtisie.
    J'ai bien aimé la première partie du roman, la vie de province ou au collège, le voyage jusqu'à Lyon qui prend trois jours etc. Par contre la vie Parisienne transforme le récit en un mélodrame qui aujourd'hui paraît cousu de fil blanc et si Le petit chose nous était sympathique jusqu'alors, car victime, il devient par sa faiblesse un bourreau pour celle qu'il aime et indirectement responsable de la mort de son frère qui s'est tant dévoué pour lui. Cruel comme peuvent l'être innocemment les enfants. le livre se clôt sur une note optimiste puisque que Daniel trouve femme et situation stable, mais – certainement - au prix de la fin de son rêve de devenir écrivain. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 05 août 2011

    cicou45
    L'histoire nous plonge dans la vie de la famille Eyssette qui habite une petite ville de province et qui se débouille tant bien que mal dans la vie ; le père étant un riche industriel arrive en effet à subvenir aux besoins de sa famille. Avec lui vivent son épouse, ses fils Daniel et Jacques et bien qu'ayant un troisième fils, celui-ci ne vit plus à ses dépens puisqu'il gagne sa vie en étant rentré dans l'ordre ecclésiastique. Cependant, tout bascule le jour ou l'industrie paternelle fait faillite et que toute la petite famille est obligée de déménager à Lyon afin de pouvoir poursuivre son activité. Petit à petit, pour rembourser les dettes familiales, Daniel va être obligée d'entrer dans un collège en tant que surveillant d'études. Il sera dès lors surnommé "Le Petit Chose" en raison de sa petite taille. Mais les dettes continuant à s'accumuler, la famille continuera à se disloquer, la mère étant obliger de retourner vivre chez son frère, la père poursuivant son voyage plus au nord en enfin le petit Jacques s'embarquant pour Paris. Ce petit Jacques, si frêle durant son enfance et n'arrêtant jamais de pleurer, sera en fait celui qui s'en sortira le mieux dans la vie, venant sans cesse au secours de son frère Daniel et le sortant de toutes les galères dans lequel celui-ci s'est laissé embarqué, le prenant ainsi sous son aile et jouant pour lui le rôle d'une véritable mère.
    Roman écrit tantôt à la première et à la troisième personne du singulier, celui-ci est extrêmement poignant et le lecteur se trouve complètement désappointé devant la dispersion de cette famille, jadis si unie, et devant la misère et les tragédies que les personnages ont du endurer. Roman dur et drôle à la fois, cela ne l'empêche pas d'être très émouvant !
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 13 mai 2012

    brigittelascombe
    "Donne moi la main frérot."
    Cette phrase forte et sensible à la fois, bien qu'écrite en fin de roman, survole (pour moi) Le petit chose, d'un bout à l'autre.
    Pourquoi? Puisque ce roman largement autobiographique d'Alphonse Daudet (écrivain,nouvelliste et homme politique français du XIX° siècle connu pour ses Lettres de mon Moulin et Contes du lundi...) relate les drames qui parsèment la vie (ruine et séparation familiales,deuils,tentative de suicide suite à des moqueries, renvoi,amours contrariés,dettes,mauvais calculs littéraires, maladies....) d'un jeune garçon frêle et maladif" nommé "Le petit chose" par un professeur antipathique qui devient un homme "timoré" et honteux.
    Parce qu'à chaque fois qu'il est en danger, une main secourable se tend. Celle de l'abbé aux pipes de terre qui dénoue les noeuds coulants, celle de l'infirmière aux yeux noirs qui panse les âmes, celle de la belle aux yeux (encore) noirs qui pardonne,celle de l'honnête commerçant qui rembourse les dettes et surtout celle du frère un pleurnichard par trop émotif, un bougre d'âne (dixit le père "à la main leste" et à la parole assassine, mais un sacré gaillard qui soutient,dorlote, répond présent quand on l'appelle et ...aime.
    Un superbe roman sur l'amour fraternel qui touche. Un roman initiatique qui conte en quelque sorte le passage à l'âge adulte du Petit Chose.
    Une écriture alerte, gentiment imagée qui court, file et rebondit de caillou en caillou comme les pleurs "fleuve" d'un frère aimé.
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  • Par lanard, le 25 octobre 2011

    lanard
    Cette réputation lacrymogène que Paul Guth conforte dans sa préface (Pleurons avec Le Petit Chose) est incompréhensible. Le Petit Chose est une roman plein d'humour ; certes le narrateur s'apitoie bien souvent sur lui même mais il y met quand même une bonne dose d'auto-ironie. On y pleure beaucoup certes, surtout la mère Jacques ; mais ces sanglots à répétition sont une manière de ponctuation comique dans le récit.
    D'où vient cette obstination à remiser ce roman vers un lectorat jeune ; le marché des lecteurs adultes mépriserait-il les récits qui mettent en scène l'enfance ? Question de style ou de manière sans doute. Mais n'y aurait-il pas une sorte d'inconscient éditorial qui cacherait mal son mépris pour l'enfance, ou une transpiration de mauvaise conscience sous les aisselles adultes qui se penchent sur le sort des enfants ; et ceux qui croient vieillir ne prisent-ils pas bien souvent les récits de l'enfance pour s'y 'empêtrer dans une nostalgie bébête, une mythologie complaisante oscillant entre la figure du chérubin et celle du bon petit diable, entre l'innocent et le pervers polymorphe: il faudrait serrer cela de prêt pour en saisir les enjeux.
    Présence de Robinson Crusoe ; le narrateur fait un parallèle entre sa vie et le sort de Robinson; ce parallèle - clairement établit dans les chapitres de l'enfance en Provence se maintient quoique plus faiblement durablement dans la suite du roman.
    Personnage de femme noire (Coucou-Blanc)
    p. 240 un kakatoès des îles Marquises! Chez Irma Borel. (Borel = bourreau en occitan)
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    • Livres 5.00/5
    Par gargamel00, le 10 décembre 2011

    gargamel00
    Tendre, drôle et cruel à la fois, Alphonse Daudet nous donne envie de vivre à l'époque du Petit Chose , où les bonnes âmes côtoyaient la méchanceté et la cruauté des gens malintentionnés. Malgré sa légèreté et son oisiveté on ne peut pas s'empêcher de s'attacher à ce Petit Chose et à sa famille qui malgré le chagrin et les coups durs à su relever la tête, pour la reconstruction de la famille!
    Un roman rafraichissant et qui a su rester étonnamment moderne.
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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 22 mai 2012

    Ce n'était pas seulement ma blouse qui me distinguait des autres enfants. Les autres avaient de beaux cartables en cuir jaune, des encriers de buis qui sentaient bon, des cahiers cartonnés, des livres neufs (…); moi, mes livres étaient de vieux bouquins achetés sur les quais, moisis, fanés…
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  • Par brigittelascombe, le 13 mai 2012

    Il respire;il reprend pied...La machine à penser,qui dormait dans un coin du cerveau avec ses rouages fins comme des cheveux de fée,se réveille et se met en branle;d'abord lentement,puis un peu plus vite,puis avec une rapidité folle-tic!tic!tic!-à croire que tout va casser.On sent que cette jolie machine n'est pas faite pour dormir et qu'elle veut réparer le temps perdu...Tic!tic!tic!
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  • Par brigittelascombe, le 13 mai 2012

    C'est là que je suis venu au monde et que j'ai passé les premières, les seules bonnes années de ma vie.Aussi ma mémoire reconnaissante a-t-elle gardé du jardin,de la fabrique et des platanes un impérissable souvenir,et lorsque à la ruine de mes parents il m'a fallu me séparer de ces choses,je les ai positivement regrettées comme des êtres.
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  • Par brigittelascombe, le 13 mai 2012

    Presque aussitôt l'abbé reprit:
    -A propos! j'oubliais de te demander...Aimes-tu le bon Dieu?...Il faut l'aimer,vois-tu!mon cher,et avoir confiance en lui,et le prier ferme;sans quoi tu ne t'en tireras jamais...Aux grandes souffrances de la vie,je ne connais que trois remèdes:le travail,la prière et la pipe,la pipe de terre,très courte,souviens-toi de cela...Quant aux philosophes,n'y compte pas;ils ne te consoleront jamais de rien.J'ai passé par là,tu peux m'en croire.
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  • Par brigittelascombe, le 13 mai 2012

    Vois-tu,c'est terrible le voisinage d'une femme qu'on exècre!
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Video de Alphonse Daudet

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Vidéo de Alphonse Daudet

Cette semaine, Jérôme Garcin a choisi de lire un extrait de l`Immortel d`Alphonse Daudet. Surtout connu pour Lettres de mon moulin, l`écrivain raconte dans l`Immortel comment un poète de province va essayer de rentrer en vain à l`Académie Française. Une livre mordant et d`une actualité stupéfiante.Voir le site du musée Daudet








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