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ISBN : 2266139320
Éditeur : Pocket (2003)


Note moyenne : 4/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La lecture des romans de Jules Verne... De longues heures passées au musée Guimet... Ainsi est née la passion des voyages, et surtout le désir d'Orient, d'Alexandra David-Néel! "L’Inde où j'ai vécu" est le récit de son premier voyage en Inde, à l'aube du XXe siècle.
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 22 mai 2012

    Woland
    Bien que je me fusse souvent dit qu'il me fallait le faire, je n'avais jusqu'ici jamais lu Alexandra David-Néel. Cette première lecture n'a fait que me conforter dans ma résolution car "L'Inde où j'ai vécu" est l'un de ces ouvrages qui vous poussent à coller un petit post-it au fond de votre mémoire afin de vous rappeler qu'il vous faut absolument en lire d'autres du même auteur.
    David-Néel fut, rappelons-le, la première Occidentale à entrer à Lhassa. Elle le fit d'ailleurs déguisée en mendiante tibétaine et cela se fit en 1924. Cette seule indication suffirait amplement à révéler l'originalité innée de cette femme d'exception.
    Comme tant d'autres avant elle, les Indes la fascinaient. A l'époque en effet, il s'agissait bien des Indes et non de l'Inde, création plus ou moins fictive issue de l'Indépendance du pays et destinée à susciter un immense mouvement nationaliste qui mettrait enfin le pays sur ses rails. Comme David-Néel écrit en 1951, elle se plie à cette nouvelle convention qui exige que l'Inde soit une et indivisible. Mais seulement dans le titre de son ouvrage.
    Car dans ses pages, ce sont bien les Indes dans leur multiplicité et leur richesse qui, toutes deux, donnent le tournis, qu'elle fait revivre. Dans un style qui semblera un tantinet vieilli à certains mais combien passionné et vivant ! En dépit d'une érudition profonde, l'écrivain, qui a pourtant étudié les Veda auprès de quelques brahmanes plus ouverts d'esprit que leurs coreligionnaires et qu'impressionnaient sans doute la passion et la sincérité avec lesquelles cette Occidentale envisageait leur culture, nous initie à l'Inde et ses complexités en une langue simple, sans prétention, accessible à tous. "Initier" est le mot qui convient puisque, l'auteur le reconnaissait elle-même et ceux qui ont vécu un parcours similaire le disent eux aussi, quelle que soit la longueur du séjour que l'on fait en Inde, il ne sera jamais suffisant pour nous permettre, à nous, Occidentaux, d'appréhender pleinement - ou presque - cette civilisation millénaire et protéiforme qui reste le berceau des langues que nous appelons "indo-européennes."
    Dans ce livre, tout parle, tout fait écho, tout intéresse. Mention spéciale cependant aux chapitres évoquant les religions du sous-continent indien. L'auteur nous propose un cours évidemment abrégé mais pourtant détaillé de leur histoire et de leur pratique, passée et actuelle. de toutes façons, la Religion - avec la majuscule - est présente partout en Inde : on n'y échappe pas à croire que l'Inde est la Religion.
    N'allez pas imaginer pour autant que son amour pour l'Inde empêche Alexandra David-Néel de percevoir ses défauts : les excès de la superstition, le sort fait aux femmes, l'ambiguïté du système de castes ... Son livre ne glorifie pas non plus l'Occident où elle naquit et revint pour mourir. C'est avant tout un document impartial, rédigé par une exploratrice qui veut aller au-delà des réalités géographiques ou historiques des civilisations afin de discerner les points communs où elles peuvent se rejoindre ou, en tous cas, établir une sorte de trêve.
    Et c'est surtout un récit éblouissant, érudit, passionnant. Si vous vous intéressez un tant soit peu à la civilisation indienne, ne le manquez pas et rassurez-vous : Alexandra David-Néel a beaucoup écrit. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par finitysend, le 22 février 2012

    finitysend
    Un excellent texte vers lequel je reviens toujours ...
    L'auteur est ( était ) une personnalité hors pair ...
    j'adore son style ... sa force de caractère ... son honnêteté ... même quand cela lui coûte elle se l'impose ...
    Ce livre est une photographie de l'inde pendant le processus de l'indépendance ...
    On a l'impression d'y être vraiment et c'est un délice pour ceux qui comme moi sont des amoureux transis de cette civilisation ...
    Je ferais cependant un petit reproche à l'auteur :
    On sent bien que son cœur la porte à privilégier le bouddhisme sur l'hindouisme ...
    Mais elle s'impose rigueur et franchise et de ce fait on la pardonne ...
    C'est un bonheur de détails que ce récit : coutumes ... couleurs ... musiques .. cultes .... cuisines ... sourires ... philosophies ... personnalités hautes en couleur et déchaînements de l'histoire (les ombres ... spasmes et affres de la partition ) et douce ironie ...
    Des rencontres ... des conversations et ambiances restituées au millimètre près ...
    ..................................................................................................................
    J'attire l'attention sur ce merveilleux voyage en Inde car l'auteur est d'abord connue pour ses merveilleuses évocations d'un Tibet séculaire ...
    Je profite pour dire que les AUTRES récits de A d'Néel sont des monuments dédiés à la beauté du Tibet ...
    J'espère seulement que tous ces textes ne deviendrons pas les monuments funéraires de cette culture en danger de destruction massive .........
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    • Livres 4.00/5
    Par miriam, le 12 janvier 2012

    miriam
    Les récits de voyage des explorateurs me passionnent., Que dire des exploratrices qui n'hésitent pas à se travestir pour pénétrer dans les lieux interdits?
    le personnage de l'auteur est fascinant.
    Cet ouvrage n'est pas un carnet de voyage mystique: c'est un reportage, une étude très complète des différentes croyances et pratiques religieuses de l'Inde.
    L'auteur est une aventurière mais surtout une érudite qui connait parfaitement son sujet. Elle raconte ses rencontres avec des initiés, des gourous ou des sadhous avec qui elle entretient des échanges spirituels de haut vol sans perdre ni son sens de l'humour, ni sa lucidité.
    Elle raconte les textes fondateurs avec vivacité, analyse les différences entre les multitude d'interprétations et de sectes (c'est un peu trop pointu à mon goût). Elle nous fait rencontrer toutes sortes de personnages pittoresques et originaux. Sans parler des figures historiques comme Tagore, Nehru ou Gandhi.
    Son regard n'est pas seulement spirituel. Au lendemain de l'Indépendance elle s'interroge sur l'avenir de la nouvelle démocratie.

    Lien : http://miriampanigel.blog.lemonde.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par VACHARDTUAPIED, le 29 mars 2013

    VACHARDTUAPIED
    C'est grâce à cet ouvrage que j'ai découvert, j'avais aimé à l'époque....

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Citations et extraits

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  • Par KATE92, le 04 juin 2012

    "En ce temps-là, le musée Guimet était un temple.

    C’est ainsi qu’il se dresse, maintenant, au fond de ma mémoire.
    Je vois un large escalier de pierre s’élevant entre des murs couverts de fresques. Tout en gravissant les degrés, l’on rencontre successivement un brahmine altier versant une offrande dans le feu sacré ; des moines bouddhistes vêtus de toges jaunes s’en allant quêter, bol en main, leur nourriture quotidienne ; un temple japonais posé sur un promontoire auquel conduit, par-delà un torii rouge, une allée bordée de cerisiers en fleur. D’autres figures, d’autres paysages de l’Asie sollicitent encore l’attention du pèlerin montant vers le mystère de l’Orient [...].
    A droite, est une toute petite salle de lecture où les fervents de l’orientalisme s’absorbent en de studieuses recherches, oublieux de Paris dont les bruits heurtent en vain les murs du musée-temple, sans parvenir à troubler l’atmosphère de quiétude et de rêve qu’ils enclosent.
    Dans cette petite chambre, des appels muets s’échappent des pages que l’on feuillette. L’Inde, la Chine, le Japon, tous les points de ce monde qui commence au-delà de Suez sollicitent les lecteurs... Des vocations naissent... la mienne y est née.
    Tel était le musée Guimet quand j’avais vingt ans".
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  • Par Woland, le 22 mai 2012

    [...] ... Pas mal d'erreurs ont été répandues au sujet de la lutte que Gandhi mena en faveur des "intouchables*" qu'il dénommait euphémiquement : Harijan - enfants de Dieu. Il a été dit que Gandhi se plaisait à vivre avec les "intouchables" ; c'est tout à fait inexact.

    Il existe dans l'Inde, des hommes appartenant par hérédité à l'une ou l'autre des castes "intouchables" et qui sont ou riches, ou distingués par leur savoir comme le Dr Ambedkar, possesseur de grades universitaires de plusieurs universités occidentales et qui occupe un poste de ministre dans le gouvernement de l'Inde. L'ostracisme qui frappe la masse des "intouchables" est passablement atténué à leur égard. Quant à la tourbe des parias, Gandhi ne se plaisait certainement pas à partager leurs taudis infects et il serait absurde de lui en faire un grief.

    Les conditions dans lesquelles s'est effectué le séjour spectaculaire que Gandhi voulut faire dans le quartier des "intouchables" (en majorité des balayeurs de rue) à Delhi, en 1946, sont peu connues en dehors de l'Inde. Gandhi ne s'installa pas bonnement comme commensal d'une famille de parias. Une maisonnette fut construite spécialement pour lui sur une parcelle de terrain soigneusement nettoyée et, pour en éloigner tout voisinage déplaisant, l'on déplaça un certain nombre d'"intouchables", guenilleux et pouilleux, considérés comme "voisinage déplaisant."

    Ce contre quoi Gandhi s'insurgeait, ce n'était pas, précisément, la condition matérielle de la masse (environ 60 millions) d'individus relégués hors de la vie sociale et voués héréditairement à des besognes répugnantes et malsaines ; il s'affligeait, en premier lieu, de l'interdiction faite à ces parias d'entrer dans les temples pour y adorer les dieux. Il lui semblait que, si l'accès des temples leur devenait permis, le reste ne comptait guère. Pour ce reste, c'est-à-dire pour toutes leurs nécessités matérielles, ils pouvaient, eux, les Harijan - les enfants de Dieu - s'en remettre à leur Père.

    Nehru était loin de partager ses vues. Il écrivait :

    "Derrière le mot, "le Seigneur des pauvres" (Daridranarayan, un terme que Gandhi employait), il semblait y avoir une glorification de la pauvreté. Dieu était spécialement le Dieu des pauvres. Ils étaient son peuple élu. Je suppose que telle est partout l'attitude religieuse. Je ne l'apprécie pas, la pauvreté me semble, au contraire, être une chose haïssable qui doit être combattue et extirpée et non point encouragée de quelque manière que ce soit.

    Cela conduit inévitablement à attaquer un système qui tolère et produit la pauvreté et ceux qui reculent devant cette nécessité doivent justifier l'existence de la pauvreté d'une façon ou d'une autre (= en Inde, cela se fait par les théories de la réincarnation). Ils ne peuvent que penser en termes d'insuffisance des produits et ne peuvent imaginer un monde abondamment pourvu de tout ce qui est nécessaire à la vie. Probablement, d'après eux, "il y aura toujours des riches et des pauvres avec nous."

    Chaque fois que j'avais l'occasion de discuter ces questions avec Gandhi, il insistait sur le principe que les riches devaient se considérer comme les administrateurs de leurs biens pour le bénéfice du peuple. C'est là un point de vue qui remonte à une haute antiquité ; on le rencontre souvent dans l'Inde comme dans l'Europe du Moyen-Age."


    * : l'on se rappellera que, d'après l'antique système des castes, il existe quatre castes : brahmines, kshatryas, vaishyas et soudras. Il ne faut pas confondre les soudras avec les "intouchables". Les soudras ne sont nullement "intouchables". Mais en-dehors des quatre castes, il existe une grande masse d'individus qui n'appartiennent à aucune d'elles (les hors-castes). Ceux-ci se subdivisent encore en plusieurs fractions et ce sont les individus appartenant à l'une de celles-ci qui sont tenus pour "intouchables." ... [...]
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  • Par Woland, le 22 mai 2012

    [...] ... Il est évident que, lorsque les hindous [= adeptes de l'hindouisme] se prosternent devant les statues de leurs dieux, ils entendent non point adorer une idole matérielle, mais s'adresser au dieu ou à la déesse que la statue représente. Il en est ainsi des adeptes de toutes les religions qui admettent le culte des images.

    Toutefois, dans l'Inde, ce culte est basé sur des conceptions très différentes de celles qui ont cours dans les pays occidentaux.

    Tout d'abord, avant que l'idole soit considérée comme propre à être l'objet d'un culte, il est essentiel qu'elle ait été "animée", c'est-à-dire qu'elle soit devenue vivante. Avant ce moment, la statue, quelle qu'elle soit, n'est qu'un morceau de bois ou un bloc de pierre sculpté auquel aucun respect n'est dû.

    N'importe quel objet peut être rendu vivant, et, à lui, peuvent s'attacher des propriétés, des facultés et des vertus propres aux êtres vivants. Si les effigies des déités sont plus particulièrement choisies pour être douées de vie, c'est que leur forme, évoquant celle d'un dieu ou d'une déesse, est plus susceptible de capter l'attention des dévots et de les amener, consciemment ou non, au degré de concentration de pensée nécessaire pour infuser de la vie à la matière inerte. Cependant, nous rencontrons aussi, dans l'Inde, de simples pierres adorées comme des déités et les plus vénérées des idoles de l'Inde sont trois blocs de bois à peu près informes. J'entends : Jaganath, le "Seigneur du monde", son frère Balabhadra et sa soeur Subhadra, adorés dans le célèbre temple de Pouri, au sud de l'Inde.

    La communication de la "vie" se fait au moyen du rite dénommé prâna pratishtâ, c'est-à-dire transmission du souffle vital.

    Ce souffle vital est, au cours du rite, emprunté au célébrant et aux assistants. Ceux-ci concentrant fortement leur volonté opèrent, à un moment donné, une transfusion de l'énergie qui est en eux et l'incorporent dans l'effigie jusque là inerte. D'après cette théorie, la statue ou l'objet quelconque ayant subi l'influence du rite devient un individu digne de vénération et possédant une somme de forces actives.

    Il est curieux et impressionnant d'assister à la célébration du prâna pratishtâ, d'observer l'état d'extrême tension nerveuse d'une assemblée de fidèles, tous concentrés dans un effort de volonté tendant à transmettre à une statue une part de leur vitalité. Le mot pratishtâ est constamment répété par l'officiant et par les assistants qui, souvent, miment le geste d'arracher quelque chose hors d'eux et de le projeter vers la statue placée sur l'autel. Leur attitude paraît démontrer qu'ils savent que ce n'est pas un dieu ou une déesse résidant dans un séjour céleste qui en descendra pour s'incorporer dans son image, mais que c'est eux-mêmes qui habiteront cette image et que, lorsqu'ils s'adresseront à elle, ce sera à eux-mêmes, à l'énergie issue d'eux, qu'ils auront recours. Néanmoins, on a sujet de craindre qu'ils ne saisissent pas toujours, ou ne saisissent qu'incomplètement la signification du rite qu'ils accomplissent.

    Cette ardente concentration d'esprit de tout un groupe d'individus est bien propre à produire des hallucinations. Lors d'une cérémonie à laquelle j'assistais, certains des adorateurs déclarèrent qu'ils voyaient la statue de la déesse Dourga pencher la tête vers eux en leur souriant. ... [...]
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  • Par VACHARDTUAPIED, le 29 mars 2013

    J’ai nettement perçu qu’une grande partie des missionnaires, à quelque nationalité qu’ils appartiennent, croient véritablement à l’existence des déités des divers paganismes qu’ils se sont donné la tâche de combattre et qu’ils les considèrent comme des démons. Diableries à part et en nous plaçant au point de vue hindou, la croyance en l’existence de Shiva, de Vishnou et des autres déité peut être fondée. Il s’agit seulement de définir le genre d’existence dont ces dieux jouissent et l’origine de celle-ci
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  • Par VACHARDTUAPIED, le 29 mars 2013

    La terreur qui se lisait sur le visage de ces filles – pourtant des prostituées – serrées en troupeau, se bousculant pour gagner plus vite le sanctuaire protecteur, était aussi bouleversante que l’avidité immonde de leurs poursuivants

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