ISBN : 2742796762
Éditeur : Actes Sud (2011)


Note moyenne : 4/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres

URSS, 1985. Dans une chambre de Moscou, on découvre les corps de Sonia, employée de l'ambassade du Danemark, et de Véra, une prostituée russe, clans des circonstances qui ne laissent aucun doute quant aux jeux érotiques qui ont pr... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par pile, le 26 février 2012

    pile
    A Moscou en 1985, deux femmes sont retrouvées mortes dans l'appartement de fonction de l'une d'elles. Sonia, secrétaire à l'ambassade du Danemark à Moscou, semble s'être ouvert les veines dans sa baignoire après avoir étranglé Véra, une prostituée soviétique, lors de jeux sado-masochistes. Jack Andersen, un Danois employé par l'ambassade, est appelé sur les lieux pour découvrir les corps en même temps que la police soviétique. Il décide alors de mener son enquête…
    La Chanteuse russe (1988) est le premier roman du Danois Leif Davidsen. Il a été publié en France par Gaïa, avant d'être repris par Actes Sud dans la collection Babel noir. A noter qu'il a été publié en France après Un russe candide, troisième roman de Leif Davidsen. Ce n'est pas un hasard si plusieurs des romans de Leif Davidsen traitent de la Russie. Ils lui ont été inspirés pas les quatre années qu'il a passées à Moscou comme correspondant de Radio Danemark.
    Dans La Chanteuse russe, c'est Jack Andersen qui raconte l'histoire à la première personne. Passionné par la Russie, il a choisi la carrière diplomatique pour ne pas devenir prof de russe au Danemark. Mais il détonne pas mal dans ce milieu, sans doute en raison de ses origines modestes.
    Jack a beau adorer la Russie, il est tout de même très critique face au régime soviétique. Il décrit cette société où l'on manque de tous les biens de première nécessité et où l'on n'a aucune liberté. En tant qu'étranger, il a pourtant plus d'argent et plus de liberté de mouvement que les Russes, mais il est surveillé en permanence, les téléphones sont sur écoute et les relations avec les Russes presque interdites. C'est cette dernière règle que Jack va enfreindre quand il va rencontrer Lilli. Lilli est la soeur de Vera. C'est aussi La Chanteuse russe qui donne son titre au roman. Elle se produit avec un petit orchestre dans un restaurant où elle chante de la variété. Mais elle aime surtout le rock et tout ce qui vient de l'Occident. Réunis par un tube de Bruce Springsteen, Jack et Lilli ne vont pas tarder à tomber amoureux…
    La Chanteuse russe n'est pas à proprement parler un roman policier, ni même un roman d'espionnage. Il s'inscrit entre ces deux genres, mais l'enquête sur la mort des deux jeunes femmes est de toute évidence un prétexte pour évoquer la fin du régime soviétique, décrire ce monde dominé par le marché noir, la corruption, et où les ennemis du régime, ou plus simplement ceux qui en savent trop, ont d'étranges accidents ou se suicident subitement. Mais rien de tout ça n'est très nouveau. En lisant ce roman, je n'ai pas appris grand chose sur la Russie et ne me suis pas passionnée pour la résolution de l'affaire policière. J'ai pourtant beaucoup aimé ce roman. Il est l'oeuvre d'un véritable écrivain, qui décrit merveilleusement les lieux, les sentiments, les états d'âme, et nous permet de bien sympathiser avec son narrateur. Je retrouverai donc très certainement Leif Davidsen bientôt, probablement avec Le Danois serbe dont l'action se situera cette fois au Danemark.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Eric75019, le 05 mai 2011

    Eric75019
    A l'occasion d'un passage en revue de tous ces petits pays producteurs de polars et situés entre ici et le cercle polaire arctique, je découvre aujourd'hui le Danemark et son écrivain Leif Davidsen. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que je ne suis pas revenu déçu du voyage ! Ancien correspondant à Moscou et ancien reporter dans les pays de l'Est pour Radio Danemark, Leif est un spécialiste du sujet et décrit à la perfection l'ambiance fin de règne de l'union soviétique juste avant la glasnost et la perestroïka. Leif Davidsen est un équivalent danois de John le Carré (on imagine d'ailleurs très bien la même histoire se produisant avec des ressortissants britanniques).
    Jack Andersen est un diplomate danois en poste à Moscou, en voie de divorce rapide et mal accepté par une partie de ses collègues en raison de ses origines modestes et de son inaptitude chronique à la langue de bois en vigueur dans le monde feutré des ambassades (ce qui nous le rend d'emblée sympathique). Un appel téléphonique l'informe que Sonia, l'une des assistantes de l'ambassade, et une prostituée russe notoire, ont été retrouvées mortes dans des circonstances compromettantes. Jack entreprend alors une enquête personnelle, la thèse officielle de l'accident et du suicide ne trouvant à ses yeux aucun semblant de crédibilité.
    Jack va donc réveiller ses contacts (au Danemark, à l'ambassade américaine, chez les officiels soviétiques et dans les milieux artistiques). Au cours de son périple, Jack fait la connaissance de Lilli, une mystérieuse chanteuse russe qui va littéralement bouleverser son existence.
    Le roman est bâti en trois parties, très inégales en longueur (la première étant de loin la plus développée, les deux autres peuvent presque passer pour des épilogues successifs). Ce triptyque donne une nouvelle dimension au roman qui prend alors l'ampleur d'une fresque et raconte une toute autre histoire, s'étalant sur plusieurs années : retour au Danemark et changement de cap pour Jack, coup de balai réformateur de la perestroïka, reprise à zéro et résolution de l'enquête dans le cadre du nouveau pouvoir, et surtout, magnifiques histoires personnelles de Jack et Lilli qui finiront par unir leurs destins lors d'une course contre la montre digne des plus grands thrillers.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sharon, le 07 août 2011

    Sharon
    Je voulais découvrir le roman policier danois, et cette découverte est à la fois ratée et réussie. Elle est ratée, car l'action se déroule en URSS. Minuscule bémol, en regard de la grande réussite qu'est ce roman.
    La Chanteuse russe nous plonge dans une époque que nous avons déjà oubliée, celle de l'URSS d'avant la Perestroïka, d'avant l'éclatement de l'URSS pour tout dire, bien avant la reconnaissance de l'indépendance des républiques baltes. L'action prend place du bon côté des choses, celui du monde diplomatique. Contrairement aux russes, les diplomates ne manquent de rien. Contrairement aux russes, ils ne sont pas obligés de rester ad vitam aeternam dans ce pays, qui n'est que l'avant-goût d'une meilleure affectation.
    Le seul personnage qui tranche dans ce milieu est Jack Andersen. Il m'a été immédiatement sympathique. Lui aime ce pays, et c'est par amour pour lui, pour sa culture, qu'il a choisi cette affectation, hors de tout choix de carrière. Il n'a pas été élevé pour devenir un brillant diplomate et tranche avec ce milieu trop policé. Peu importe les piques qui lui sont lancés, il accentue comme à plaisir sa différence. Il refuse les discours convenus et déjà, le politiquement correct. Il lui importe peu que Sonia ait été légère et que sa compagne se prostituaient : justice doit leur être rendues.Il est le seul à en avoir envie puisque les intérêts du pays priment avant tout.
    Il rencontre, au cours de son enquête, Lili, sa soeur de Véra, la seconde victime. Son histoire est si tragique et si absurde qu'elle serait inconcevable dans un autre pays. J'en connais même qu'elle pourrait faire rire. Lili est veuve et chante pour gagner sa vie, "sans ardeur ni intérêt", non parce qu'elle n'est pas douée, mais parce qu'elle n'aime ni ne vit ce qu'elle chante. Il n'en sera pas toujours ainsi, heureusement. le jazz, le rock, deux genres musicaux qu'elle pratique de manière quasi clandestine, lui permettent d'exprimer sa passion pour la musique. Jack, dont la vie sentimentale est un désastre, tombe amoureux d'elle, et un homme amoureux est bien plus fragilisé.
    Il en faudra du temps, des renoncements pour que les meurtres de Sonia et de Véra soient jugés. Les ramifications du pouvoir sont telles, les intérêts des uns et des autres si variables suivant l'évolution du régime qu'un intermède sera nécessaire entre les deux temps forts de l'enquête pour que tout soit enfin résolu. Il en faudra aussi, des accidents qui n'en sont pas vraiment, des rencontres clandestines, des contournements des absurdes règles de vie en vigueur pour nous mener jusqu'au dénouement. Au milieu de ce chaos, l'amitié et l'amour sont les deux seules valeurs qui ne se monnayent pas - mince rayon d'optimisme, dans un récit dont l'issue restera incertaine jusqu'à la dernière page.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-la-chanteuse-russe-de..
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par papillote88, le 30 avril 2012

    papillote88
    Andersen, diplomate danois en poste à Moscou est passionné par la Russie, mais n'a pas le profil traditionnel du diplomate occidental.
    Quand Sonia, une secrétaire de l'Ambassade, est retrouvée morte, Jack va mener son enquête personnelle. Il va croiser en chemin Lili, la soeur de la petite amie de Sonia, retrouvée morte elle-aussi. Lili chante des chansons à 2 sous dans un cabaret pour gagner sa pitance, mais sa passion pour la musique va bien au-delà. Lili est la "chanteuse russe"... elle aime Bruce Springsteen. Jack aussi.
    Nous sommes en 1985, encore en "URSS", et à la veille de la mort de Tchernenko. (je me permets une citation un peu ironique (ah bon ?) de Libération : "L'URSS vous présente ses meilleurs vieux", relue récemment dans Limonov d'E. Carrère, car Tchernenko venait de succéder à Andropov qui venait de succéder à un Brejnev impotent...).
    La fin du roman met le lecteur hors d'haleine aux côtés des deux tourtereaux : "Run for your life". Magistral.
    Le roman de Léif Davidsen, écrit en 1988, évoque le quotidien soviétique oppressant, la corruption, la surveillance, les "accidents de personnes" inexpliqués... C'est une bonne immersion dans la vie de la Russie (de l'Urss...), à une époque où Est et Ouest se surveillaient à qui mieux mieux. En tant qu'ancien correspondant à Moscou pour Radio Danemark, l'auteur maîtrise très bien le sujet. Un an après avoir écrit ce roman, "le mur" tombait.
    J'avais lu le livre en oct. 2008 dans la très jolie édition Gaïa, aux pages roses...

    Lien : http://coquelicoquillages.blogspot.fr/p/lectures-deurope-de-lest-et-..
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Citations et extraits

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  • Par Eric75019, le 05 mai 2011

    " Avant tout, nous étouffons toute l'affaire. Ensuite, nous irons au protocole et nous présenterons nos excuses pour les cassettes pornographiques. Nous présenterons Sonia comme une malade mentale. Quelqu'un qui s'est révélé être un fruit pourri, en dépit de nos enquêtes scrupuleuses. Nous allons balayer cette saleté sous le tapis et nous dirons qu'il va de soi que l'ambassade n'a pas été mêlée à cette affaire.
    - Autant pour Sonia. Tant pis pour elle, commentai-je.
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  • Par pile, le 26 février 2012

    J’étais un prolétaire qui avait quitté sa place attitrée dans la société et qui se mêlait aux gentlemen accoutumés aux parquets cirés de la diplomatie depuis l’époque de Frederik VI.
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