ISBN : 2848050780
Éditeur : Sabine Wespieser (2010)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
La mer noire. En ce jour d'anniversaire, la première pensée de Tamouna est pour Tamaz. Cet homme, qu'elle a rencontré l'été de ses quinze ans à Batoumi et qu'au fil des années elle n'a cessé d'attendre, s'est annoncé à la fête qui se prépare. Dans un demi-sommeil, la vi... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 14 avril 2011

    Seraphita
    Tamouna est une dame âgée et malade. Ce matin-là, alors que « le jour se lève » (p.9), la pensée de Tamaz l'envahit, déclenchant une vague de souvenirs. Alternent le récit de la fête d'anniversaire de ses 90 ans, emplie de l'espoir de revoir Tamaz, et ses souvenirs de jeunesse. Une histoire singulière se dévide au fil des pages sur la toile de fond de l'Histoire de la Géorgie et de la Russie.
    J'ai lu ce livre dans le cadre du prix Cezam 2011 et j'ai passé un très bon moment de lecture. le roman est bien construit : alternent le récit au présent de la fête d'anniversaire de Tamouna, écrit à la troisième personne du singulier (en « elle »), et le récit de sa vie depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, écrit à la première personne du singulier, ce qui permet une identification du lecteur à la jeune Tamouna. J'ai beaucoup apprécié cette alternance entre un présent chargé par les souvenirs, et un passé marqué par l'élan de la jeunesse. Cela insuffle un dynamisme à l'histoire en lui permettant de rester captivante.
    Le thème de l'exil douloureux est traité dans ce roman : l'émigration depuis la Géorgie menacée par la Russie vers la France. L'Histoire de la Géorgie constitue la toile de fond du roman : elle nous est rapportée par la voix de Tamouna :
    « Déda nous a donné quelques explications succinctes : les Russes tenaient la Géorgie entre leurs mains mais il y a eu des révoltes, la Transcaucasie, une association des pays du Caucase. Notre père et son parti forment un gouvernement qui va proclamer l'indépendance du pays. Pour cela, il va s'absenter quelques jours » (p. 64).
    La souffrance de Tamouna, de ses proches, est omniprésente, mais le ton de l'auteur n'est pas larmoyant : les sentiments des protagonistes sont exprimés de manière directe, ce qui permet au lecteur de développer une empathie pour eux. Les phrases sont simples, courtes (notamment au début, lorsque l'auteur décrit le réveil de Tamouna, l'esprit empli soudain de la pensée de Tamaz, cet amour de jeunesse qu'elle espère tant revoir) : elles ont évoqué en moi un sentiment de douceur, de tendresse de l'auteur pour sa narratrice.
    Tamaz constitue une sorte de fil conducteur de tout le roman, depuis la jeunesse de Tamouna, jusqu'au jour où elle réunit sa famille pour fêter ses 90 ans. Ce personnage énigmatique m'a laissé une étrange impression : je me suis demandé, au long de ma lecture, si ce personnage avait bien une existence réelle ou s'il n'était que le fruit de l'imagination de Tamouna. Cette dernière lui écrit des lettres qu'elle ne poste pas : elle choisit ses mots avec soin et attend peut-être d'eux un effet cathartique.
    « Par honnêteté envers lui, je ne vais plus t'écrire. Je n'ai pourtant pas cessé de t'aimer. J'ai cessé de t'espérer » (p. 127).
    Avec des mots simples, l'auteur, par la voix de Tamouna, nous fait réfléchir sur la différence, l'altérité : Tamouna a fui la Géorgie avec ses proches. Surgit l'obstacle de la langue, de la différence culturelle, de la pauvreté.
    « Je ne dis pas que j'ai à rougir de nos origines, mais j'ai peur de la différence. Je la sens, dans leurs yeux, quand nos mères marmonnent des phrases incompréhensibles pour eux, quand je dois camoufler un trou dans mes vêtements, quand je porte des chaussures trop petites, quand on n'arrive pas à prononcer mon nom. Cette barrière à franchir me laisse sans force » (p. 104).
    Une vie se déroule sous nos yeux, contée par Tamouna, qui l'analyse sans détours. Ainsi, lorsqu'elle se décide à ne pas révéler le pronostic fatal de sa maladie à sa sœur, elle s'interroge :
    « Ai-je eu raison de lui mentir ? Je ne l'ai pas laissée décider. Qu'aurait-elle voulu faire du temps qui lui restait si j'avais dit la vérité ? Mentir toujours. On n'avait fait que ça. Mentir sur la disparition de notre père, mentir sur le retour possible, mentir sur nos amours. Nos vies ne sont que mensonges » (p. 167).
    Un roman magnifique, soulevant quantité d'émotions chez le lecteur, bien écrit. Figurent cependant peut-être trop de personnages : on voit croître la famille de Tamouna jusqu'aux arrière-petits-enfants et au final, on se perd un peu dans cette filiation…
    Un bon moment de lecture.
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    • Livres 5.00/5
    Par Leiloona, le 19 février 2010

    Leiloona
    Dans ce roman, deux histoires se chevauchent : c'est d'abord la narration d'une journée d'anniversaire où l'on fête les 90 ans de Tamouna, mais c'est aussi une histoire qui vient tout droit du passé, Tamouna lors de cette journée de préparation va se souvenir des moments forts qu'elle a vécus alors qu'elle était une adolescente.
    Ainsi en miroir vont se dérouler deux histoires.
    Un fil conducteur unit ces deux intrigues : Tamouna bien-sûr, mais surtout Tamaz, un homme qu'a follement aimé la jeune Tamouna. Et à 90 ans, voici qu'elle l'attend de nouveau à son anniversaire : cette attente est donc l'occasion de penser de nouveau à cet amour passionné.
    En marge de cette histoire centré sur cet amour, c'est aussi l'histoire de toute une famille qui se déroule sous les yeux du lecteur. Une famille brisée et séparée à cause de l'exil.
    Tamouna est encore jeune quand son père décide de quitter la Géorgie à cause du pouvoir communiste qui s'est mis en place. C'est un pays qu'il ne reconnait plus ; il préfère donc partir en France afin de continuer le combat pour son pays, même si ce combat doit avoir lieu hors de son pays natal. Les grands-parents de Tamouna, quant à eux, ne souhaitent pas partir de leur pays. Cette décision de partir brise donc une famille entière qui marquera à jamais Tamouna.
    Ainsi s'entrecroisent deux histoires : la séparation d'une famille, mais aussi la séparation de deux êtres follement attirés l'un par l'autre. Tamaz et Tamouna ne peuvent vivre leur amour pleinement, non à cause de leur famille respective, mais à cause du pouvoir politique de leur pays : un Roméo et Juliette revu à la sauce politique en somme.
    La mer noire restera pour moi comme un livre totem. Tout d'abord pour son titre : cette mer noire est avant tout la mer située en Ukraine, pays cher à mon cœur, c'est aussi un roman qui parle de l'exil. En Tamouna, j'ai reconnu certaines pensées de ma grand-mère. Elle aussi se sent apatride : étrangère à la fois dans son pays natal mais aussi dans son pays d'adoption. Et puis, voir comment cette famille d'immigrés s'était agrandie, comment elle était devenue plus ou moins intégrée en France m'a interpelée.
    Et pour finir, c'est un roman que j'ai commencé avant d'entrer à la maternité et que j'ai fini durant ces quelques jours passés là-bas. du coup, cela fait plein de raisons d'aimer de roman.
    En outre, j'ai aimé cette bascule entre le temps présent et le temps passé : du coup la vieillesse de Tamouna n'avait rien de triste. Et d'une parce que sa famille lui préparait son anniversaire, et de deux parce que la narration de sa jeunesse lui rendait son bel âge, même dans la partie où elle était devenue une vieille femme.
    J'ai comme toujours du mal à parler d'un roman que j'ai aimé. A quoi cela tient-il, finalement ?
    Ici, cela tient à un contexte, à un thème qui m'est cher, à une lecture qui est arrivée à un moment symbolique pour moi (un moment où les racines du passé me servaient enfin à faire grandir cette petite graine d'arbre, un peu comme Tamouna qui a besoin de se souvenir), mais aussi à une écriture limpide et tout en finesse.

    Lien : http://leiloona.canalblog.com/archives/2010/02/19/16968808.html
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 06 décembre 2010

    caro64
    Tamouna s'apprête à fêter ses 90 ans en famille. Un jour d'autant plus exceptionnel qu'est annoncé pour le repas son amour de jeunesse, Tamaz. Très troublée, en cette longue journée d'attente et de préparatifs, Tamouna laisse cours à ses pensées…
    Tout en délicatesse, ce roman envoûtant s'équilibre subtilement entre deux temps de narration. Les souvenirs émouvants de Tamouna rejoignent un présent presque apaisé, même s'il est perturbé par l'attente de l'amour d'une vie. C'est une très belle histoire d'amour et un poignant récit sur l'exil. Tout en pudeur, en retenue, ce destin de femme fait écho à celui de bon nombre d'apatrides d'hier et d'aujourd'hui. Et pourtant, et heureusement, désir et joie demeurent.
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    • Livres 3.00/5
    Par Zazette97, le 19 juin 2011

    Zazette97
    Publié en 2010, "La mer noire" est le second roman, après " Tout ira bien", de l'écrivaine française d'origine géorgienne Kéthévane Davrichewy.
    Pour célébrer les 90 ans de Tamouna, toute sa famille est venue la retrouver dans son petit appartement parisien.
    Mais celui qu'elle attend le plus, c'est Tamaz, son amour de jeunesse rencontré là-bas, en Géorgie.
    A mesure que la journée s'écoule, Tamouna se souvient de sa terre natale, quittée à contre-coeur sous l'impulsion de son père qui prit soin de faire évacuer toute la famille en France avant de retourner défendre l'indépendance du pays et finalement tomber sous les balles bolchéviques.
    L'adolescente âgée de 15 ans à l'époque nous retrace un parcours qui passe d'abord par Leuville, où elle, sa mère et ses soeurs s'installeront avec d'autres émigrés, puis par Paris où, rejointe par ses oncles, tantes et cousines, elle assiste à la création de la crèmerie familiale tout en poursuivant des études.
    Tamouna ne cesse de songer à Tamaz, ce jeune homme rencontré au pays juste avant le grand départ. Elle lui écrit tout en sachant que les chances de le revoir sont minimes.
    Ses lettres évoquent la douleur du deuil d'un père longtemps porté disparu avant d'être déclaré mort, le déracinement, les difficultés de l'intégration et l'espoir de pouvoir un jour rentrer au pays devenu libre.
    Elles dévoilent la solitude née d'un amour sans cesse empêché par la distance, mais ravivé par les souvenirs d'une adolescente qui attendait et qui, arrivée à l'hiver de sa vie, attend toujours le seul qui ait réussi à la toucher.
    C'est à partir des lettres de Tamouna à Tamaz (soit à la moitié du récit) que je suis réellement parvenue à entrer dans ce roman.
    Avant cela, j'ai bien cru que j'allais rester sur le rivage à contempler de loin cette mer noire qui ne réussissait pas à m'emporter.
    Dans mes notes, j'avais même utilisé l'adjectif "constipée" pour qualifier cette écriture sèche et toute en retenue, à l'image même de cette femme cloîtrée chez elle par une insuffisance respiratoire et plus encore par son affection des habitudes, une sorte de fantôme laconique et incapable du moindre geste tendre envers ses proches.
    Un personnage d'apparence stricte qui m'a d'ailleurs beaucoup rappelé "Femme du monde" de Didier Goupil.
    En tant que lectrice, j'avais la désagréable impression de devoir lui tirer les vers du nez pour lui faire cracher le morceau et la percer à jour.
    Ensuite, le vent a tourné. La mise à distance s'est prolongée mais, heureusement, sous une autre forme.
    Tamouna est entourée de sa famille pour fêter son anniversaire mais l'on sent bien que son esprit vogue ailleurs, tourné vers ce passé qui la ramène à Tamaz, à leurs chemins de vie respectifs et à la question de savoir si elle le retrouvera enfin après tant d'années.
    Je me suis alors surprise à partager son émoi mêlé à l'appréhension des retrouvailles, à espérer comme elle que la vie leur accorde enfin à tous deux cette chance ultime de pouvoir être heureux. Mais l'amour sera-t-il au rendez-vous ?
    Comme je l'avais constaté pour "La Boucherie des amants" qui prenait place au Chili et bien que l'auteure ait utilisé son histoire familiale comme matériau pour ce roman, "La mer noire" ne vous éclairera pas sur les événements qui se sont déroulés en Géorgie.
    L'histoire de cet exil pourrait d'ailleurs être transposée dans n'importe quel pays en guerre obligeant ses habitants à fuir.
    Au delà de cette thématique de l'exil, "La mer noire" offre un bel exemple du pouvoir évocateur de la mémoire, voyage et refuge d'une femme déracinée, irrésolue au deuil de son pays, de son amour, de son passé.
    Si j'ai eu un peu de mal à apprivoiser les phrases courtes et le ton détaché de ce roman, je ne regrette pas d'avoir persévéré car, passé la première moitié, il m'est apparu sous un tout autre jour.
    Ca vaut le coup d'essayer, non ? :)

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/06/la-mer-noire-kethevane-dav..
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    • Livres 4.00/5
    Par jostein, le 17 mai 2011

    jostein
    Tamouna va fêter ses 90 ans avec sa famille. Elle espère retrouver ce soir le seul amour de sa vie. Parce que c'est une passion à peine vécue, donc intacte au fil des ans et que c'est aussi un lien fort avec son pays, la Géorgie.
    Les paragraphes évoquent tour à tour, l'histoire de Tamouna et son pays et ce jour de préparation d'anniversaire avec ses enfants et petits-enfants.
    J'ai beaucoup aimé ce livre d'une part pour cette passion entre Tamouna et Tamaz mais aussi pour son intérêt historique. J'ai découvert l'histoire de ce pays sous le joug de la Russie. J'ai été émue par cette immigration particulière de réfugiés politiques. Les géorgiens ont gardé loin de leur pays cette âme étrangère. Ils se réunissent pour chanter, discuter et préparer des plats de leur pays, ils s'entraident et se soutiennent.
    Pendant la guerre, certains géorgiens ont servi la France mais d'autres n'ont pas pu s'empêcher de rejoindre l'armée allemande pour se battre contre leur ennemi principal, la Russie. Leur situation fut alors difficile en France. C'est aussi l'évocation de l'émancipation des femmes avec le début du divorce pour Tamouna et sa meilleure amie, puis la liberté de couple chez les petites filles de Tamouna.
    L'auteur évoque aussi la fin du régime communiste avec la chute du mur de Berlin et l'espoir, enfin, de retourner au pays.
    Mais, le charme vient surtout de cette belle histoire d'amour et de famille avec ses joies et ses peines, de la tristesse de cette vieille dame malade qui espère encore plaire à Tamaz..
    Il y a une très grande émotion et une âme forte dans ce livre grâce aux liens de famille et l'image de la Géorgie.

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-la-mer-noire-740260..
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 12 septembre 2010

    Le jour se lève. Elle le sent sous ses paupières closes. Le bruit de la rue lui parvient de très loin. Plus près, un chien aboie. Un oiseau chante. Un enfant pleure, ou bien rit. Les contours sont flous. Un parfum de fleurs, les effluves du jardin. Il faudrait ouvrir à la chienne. Elle tente de repousser les draps, de se redresser, mais son corps reste inerte. Une ombre incertaine s’agite. Elle ouvre les yeux. Réveillée maintenant. Elle ne bouge pas. Pas encore. Ni jardin. Ni chienne. Elle détaille la chambre. Les murs jaunis, le vieux fauteuil au pied du lit, les quelques vêtements, abandonnés la veille. La commode recouverte de livres et de bibelots amassés. Elle ne les supporte plus. Il faudrait les faire disparaître, ne garder que les livres.
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  • Par litolff, le 16 novembre 2010

    Les saisons à Tbilissi étaient de vraies saisons. A la fin du printemps, la ville devenait colorée, poussiéreuse, bruyante.
    Nous gardons les portes ouvertes, la chaleur entre chez nous. Mes cousins habitent la maison d’à côté, la rue devient notre rue. Des fragments dans ma mémoire. On nous laisse plus libres. Je cours jusqu’au marchand de fruits, il me donne des cerises, nous nous cachons pour les manger, nous nous déshabillons pour ne pas tacher nos vêtements et fâcher Bébia, notre grand-mère. Quand nous avons tout fini, nous envoyons le plus petit, Gougou, en chercher d’autres. L’épicier l’aime bien, il lui donne un sac plein. Les fruits s’écrasent au fond du sac, ils ont le goût de l’humidité de la cachette sous les escaliers près du vieux mur. Nous sommes six, mes cousins, mes cousines, ma sœur et moi, serrés contre le mur qui s’effrite dans nos dos.
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  • Par Zazette97, le 19 juin 2011

    Elle tente de revoir les visages, ceux de Théa, de Nora, et celui de Tamaz, leurs traits sont flous.
    Et leurs voix ? Seule celle de Tamaz résonne encore. Les voix s'effacent d'abord. C'est douloureux mais ce qui l'est plus encore, c'est le moment où elles vous reviennent de plein fouet, fugitivement mais aussi clairement qu'un morceau de verre.
    Le téléphone sonne. Elle n'a pas envie de décrocher. Elle préfère l'immobilité. Elle a souvent préféré l'immobilité. Son goût pour la contemplation et la rêverie l'a conduite vers sa maladie.
    Sa maladie lui ressemble. Cela lui paraît réconfortant.
    Parfois, la réalité et l'imaginaire, le passé et le présent se confondent dans ce monde immobile.
    C'est ce qu'elle a toujours souhaité. Que ses vies multiples forment un tout. p.110
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  • Par litolff, le 16 novembre 2010

    Je voudrais trouver un travail pour apporter un peu d'argent à la maison. Mais Déda exige que j'étudie jusqu'à ma majorité. Elle aide à la crémerie et fait des ménages. Elle reste belle. Peu à peu, elle retrouve son éclat, je dirai même une sorte de gaieté que je ne lui ai jamais vue. Se battre pour nous est son moteur. Elle est très appréciée dans le quartier. Ses sourires distribués à tous m'irritent. Près d'elle, je fais souvent mine d'être absorbée par un journal. Les commerçants sont habitués à mes bouderies, ils s'adressent à Théa qui joue parfaitement son rôle de fille.
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  • Par Nanne, le 30 mars 2010

    Tamaz vient aujourd'hui. Enfin. Commencer à y penser. Pour la joie et la douleur d'y penser. Il sera là ce soir. Elle remue un peu les orteils, remonte les draps sur son menton, laisse retomber sa tête sur l'oreiller. Elle referme les yeux, sent Pacha sauter sur sa poitrine. Le chat se couche contre son oreille et se met à ronronner. Tout redevient flou. Le silence de la pièce sans appareil en marche. Elle s'assoupit. Dans son sommeil, elle voit surgir le champ de blé derrière la maison. Tamaz l'appelle. Elle sursaute mais ne répond pas. Elle dort.
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Videos de Kéthévane Davrichewy

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Vidéo de Kéthévane Davrichewy

La grande librairie 12/01/2012 sur France 5 de François Busnel, Kéthévane Davrichewy parle de son nouveau livre "Les Séparées"








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