Par Kéthévane Davrichewy

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Sabine Wespieser 2010
ISBN : 2848050780  
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La mer noire. En ce jour d'anniversaire, la première pensée de Tamouna est pour Tamaz. Cet homme, qu'elle a rencontré l'été de ses quinze ans à Batoumi et qu'au fil des années elle n'a cessé d'attendre, s'est annoncé à la fête qui se prépare. Dans un demi-sommeil, la vieille dame se souvient de leurs amours timides et éblouies, très vite interrompues par le départ précipité de la famille, contrainte de fuir devant les bolcheviques. Tout aussi brutalement que de ses grands-parents et de son univers, la jeune fille a été coupée de son amour de jeunesse. Sa vie peu à peu s'est construite à Paris, parmi la communauté des exilés géorgiens. Quand Tamaz finit par reparaître, alors que les frontières du pays natal sont hermétiquement closes, leurs vies se sont dessinées autrement...

La longue journée pendant laquelle se déroule le roman est comme une métaphore de la vie de Tamouna : entourée des siens, de cette famille géorgienne qui a su garder vivaces les traditions et perpétuer un bonheur de vivre qui aurait dû être immuable, elle laisse libre cours à ses souvenirs. Dans une narration habilement tissée, l'image de la doyenne qu'elle est devenue se superpose à celle de la jeune fille exilée. Et c'est toute la force de ce roman que de peindre avec une remarquable élégance et sans le moindre pathos le portrait d'une femme toujours habitée par la joie et le désir malgré les deuils et les déchirements de l'histoire.

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Critiques et avis sur La mer noire


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    • Livres 5.00/5
    Par Leiloona, 2010-02-19 18:14:59

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    Dans ce roman, deux histoires se chevauchent : c'est d'abord la narration d'une journée d'anniversaire où l'on fête les 90 ans de Tamouna, mais c'est aussi une histoire qui vient tout droit du passé, Tamouna lors de cette journée de préparation va se souvenir des moments forts qu'elle a vécus alors qu'elle était une adolescente.

    Ainsi en miroir vont se dérouler deux histoires.

    Un fil conducteur unit ces deux intrigues : Tamouna bien-sûr, mais surtout Tamaz, un homme qu'a follement aimé la jeune Tamouna. Et à 90 ans, voici qu'elle l'attend de nouveau à son anniversaire : cette attente est donc l'occasion de penser de nouveau à cet amour passionné.

    En marge de cette histoire centré sur cet amour, c'est aussi l'histoire de toute une famille qui se déroule sous les yeux du lecteur. Une famille brisée et séparée à cause de l'exil.

    Tamouna est encore jeune quand son père décide de quitter la Géorgie à cause du pouvoir communiste qui s'est mis en place. C'est un pays qu'il ne reconnait plus ; il préfère donc partir en France afin de continuer le combat pour son pays, même si ce combat doit avoir lieu hors de son pays natal. Les grands-parents de Tamouna, quant à eux, ne souhaitent pas partir de leur pays. Cette décision de partir brise donc une famille entière qui marquera à jamais Tamouna.

    Ainsi s'entrecroisent deux histoires : la séparation d'une famille, mais aussi la séparation de deux êtres follement attirés l'un par l'autre. Tamaz et Tamouna ne peuvent vivre leur amour pleinement, non à cause de leur famille respective, mais à cause du pouvoir politique de leur pays : un Roméo et Juliette revu à la sauce politique en somme.



    La Mer noire restera pour moi comme un livre totem. Tout d'abord pour son titre : cette mer noire est avant tout la mer située en Ukraine, pays cher à mon cœur, c'est aussi un roman qui parle de l'exil. En Tamouna, j'ai reconnu certaines pensées de ma grand-mère. Elle aussi se sent apatride : étrangère à la fois dans son pays natal mais aussi dans son pays d'adoption. Et puis, voir comment cette famille d'immigrés s'était agrandie, comment elle était devenue plus ou moins intégrée en France m'a interpelée.

    Et pour finir, c'est un roman que j'ai commencé avant d'entrer à la maternité et que j'ai fini durant ces quelques jours passés là-bas. Du coup, cela fait plein de raisons d'aimer de roman.

    En outre, j'ai aimé cette bascule entre le temps présent et le temps passé : du coup la vieillesse de Tamouna n'avait rien de triste. Et d'une parce que sa famille lui préparait son anniversaire, et de deux parce que la narration de sa jeunesse lui rendait son bel âge, même dans la partie où elle était devenue une vieille femme.

    J'ai comme toujours du mal à parler d'un roman que j'ai aimé. A quoi cela tient-il, finalement ?

    Ici, cela tient à un contexte, à un thème qui m'est cher, à une lecture qui est arrivée à un moment symbolique pour moi (un moment où les racines du passé me servaient enfin à faire grandir cette petite graine d'arbre, un peu comme Tamouna qui a besoin de se souvenir), mais aussi à une écriture limpide et tout en finesse.

    Lien : http://leiloona.canalblog.com/archives/2010/02/19/16968808.html
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    • Livres 0.00/5
    Par Aifelle, 2010-02-06 06:40:21

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    Le roman se déroule sur une journée, celle de l'anniversaire de Tamouna, une vieille femme Géorgienne, confinée dans son appartement parisien en compagnie de la bouteille à oxygène qui la maintient en vie. Une seule pensée l'occupe en cette journée, Tamaz viendra-t'il à sa fête ? Tamaz, le grand amour de ses 15 ans, là-bas au pays natal, celui dont elle a été séparée brutalement à cause des évènements politiques et de l'exil.
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    • Livres 0.00/5
    Par Aifelle, 2010-02-05 07:04:19

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    • Livres 0.00/5
    Par Flo24121976, 2010-02-12 16:17:58

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    Je crois que je tiens là un de mes premiers coups de coeur de l'année 2010 !! Une écriture simple et fluide qui nous plonge dans la vie de Tamouna. J'ai aimé le portrait de cette femme, l'amour et la solidarité qui lie cette famille georgienne élargie, dans les grands malheurs comme dans les petits bonheurs, mais dans la pudeur des sentiments qu'on n'exprime pas toujours. A 90 ans, Tamouna regroupe une nouvelle fois sa "tribu" : des tout-petits aux plus grands, c'est un tourbillon de vie autour d'elle. Et je suis très sensible à cette ambiance là (souvenirs tous personnels). Et puis, au fil des pages, l'auteur retrace une belle histoire d'amour même si elle a été plus fantasmée que réellement vécue.

    Lien : http://depagesenpages.canalblog.com/archives/2010/02/12/16888375.html
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    • Livres 0.00/5
    Par liberlibri, 2010-02-09 21:57:06

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    Une vieille dame à chat prépare avec autant d'émotion qu'une adolescente la robe qu'elle revêtira dans quelques heures, tout en se souciant des marques laissées sur ses joues par le masque à oxygène qui lui permet de vivre encore un peu. Elle vacille parfois et se souvient.



    Une enfance heureuse en Géorgie, dans une famille aisée, dont les membres très soudés se réunissaient souvent. Puis le premier amour, Tamaz, le jeune homme d'un été, le souvenir de toute une vie. Entre temps, l'exil, Paris, la pauvreté, la tristesse à cacher dignement et le souvenir, toujours, de Tamaz.



    Au jour de ses quatre-vingt-dix, c'est lui qu'elle attend pour une visite dont elle sait qu'elle ne doit plus être reportée tant le souffle lui manque.



    Kéthévane Davrichewy, dont c'est le deuxième roman pour adultes, le premier chez Sabine Wespesier, livre un récit plein de retenue, qui ne verse jamais dans la saga familiale larmoyante là où il y aurait pourtant matière. L'émotion affleure de ces phrases courtes, de ce rythme saccadé de la respiration courte de la vieille Tamouna mais jamais elle ne submerge.



    Peut-être simplement parce que Tamouna, et le lecteur avec elle, puise sa force de cet absent qui n'est jamais loin, de ce souvenir dont elle ne doute jamais qu'il se fasse de nouveau réalité. L'héroïne suspend sa vie à cette sereine attente et en passe les épreuves sous la protection de cet ange-gardien qui accompagne ses pensées. Tamaz est une figure adorée qui traverse le roman en creux et dont les apparitions sont aussi rares que belles. Comme l'héroïne, le lecteur se surprend à l'attendre, lui aussi, dans ce beau roman qu'on a la sensation de finir trop vite.

    Lien : http://www.liberlibri.fr/?p=1067
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Citations et extraits de La mer noire


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