Déjà, une couverture de
Guillaume Sorel, c'est gagnant. On pourrait vendre des annuaires avec une couv' de Sorel dessus et je les achèterais.
Ensuite, je lis le 4ème de couverture, et dans la bio de l'auteur, je découvre qu'il a novelisé
Resident Evil. Et in petto, je pouffe. Hi, hi, hi, comme c'est naze. Mais comme je n'ai pas lu cette adaptation et que je suis carrément jaloux de ce genre d'opportunité (j'imagine la lisibilité que ça donne à un auteur), je relativise l'information.
Dans un Japon fantasmé qui n'est pas non plus Rokugan, le grand Musashi prend un élève pour lui enseigner
La Voie du sabre. Et ce jeune homme va apprendre à marcher dans les pas d'un géant, une légende qui fend des crânes à coup de bokken. Seulement voilà : il ne suffit pas de côtoyer (cet accent circonflexe est dédié à Pierre "Saladdin" Gavard) Musashi pour automatiquement absorber sa sagesse et sa compréhension du monde. L'élève a beaucoup à apprendre car il part de loin.
Thomas Day signe là un roman d'apprentissage. le senseï et l'élève, c'est un classique du genre. le chemin du savoir a des étapes, on suit le cheminement du de l'apprenti avec plaisir. Ce qui est dommage, c'est qu'à la fin, on résume en quelques lignes de superbes aventures qui se déroulent en Corée et en Europe. J'avoue que ces passages m'auraient intéressé plutôt que d'être survolés à la va-vite. J'ai eu l'impression d'un roman tronqué. J'avais peur que Musashi écrase un peu trop le livre de sa présence (car ce n'est pas un héros qui me fascine), mais finalement il est très discret car souvent absent. Les quelques mots ou expressions japonaises utilisés m'ont permit de me rendre compte qu'en petit geek, j'avais un vocabulaire suffisant pour ce genre d'ouvrage saupoudré de nipponneries historiques.
300 pages, c'est court pour ce genre de parcours. J'ai été frustré par certains raccourcis narratifs, sans doute parce que La pierre et le sabre et La parfaite lumière s'offrent toute la place pour détailler une vie, mais ça a été une belle ballade dans un Japon magnifié. Ça m'a donné envie de retourner lire Kogaratsu et de revoir La mort d'un maître de thé.
Bon, je ne dis pas que je vais acheter
Resident Evil, mais je vais chercher d'autres livres de
Thomas Day, c'est certain.
Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2010/04/la-voie-du-sabre.html