> Zoya Motchane (Autre)
> Pierre Mac Orlan (Autre)

ISBN : 2070372391
Éditeur : Gallimard (1981)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
C'est l'un des chefs-d'œuvre de la littérature allemande de l'entre-deux-guerres, à l'image de Voyage au bout de la nuit. Le texte monumental de Louis Ferdinand Céline s'ouvrait sur la place de Clichy. Celui d'Alfred Döblin (publié en 1929,... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par horline, le 13 décembre 2010

    horline
    Ce livre de Döblin m'a donné envie de relire Céline. le premier explore l'Alexanderplatz, le second la place de Clichy...des quartiers populaires, grouillants de vie, animées par la rumeur des commerçants, du tramway, des camelots, des passants et des ouvriers, et absorbant dans leurs bas-fonds les plus fragiles.
    Tel est le cas de ce Franz Biberkopf, pauvre bougre sorti de prison qui, malgré le vœu pieu de rester droit dans ses bottes, va se retrouver malmené par les circonstances, au gré de ses rencontres sur l'Alex.
    Au fil des pages, on s'aperçoit que l'auteur s'attache à analyser minutieusement les difficultés de ses personnages. Tantôt narrateur externe interpellant le lecteur, tantôt adepte des monologues intérieurs et des allusions mythologiques, A. Döblin se mue en naturaliste d'un quartier populaire de Berlin. Avec cette étude du comportement des "petites gens" sous la pression du milieu et des circonstances, j'ai eu l'impression de relire du Zola.
    Mais les similitudes s'arrêtent là.
    Si Zola excellait dans un style léché, Döblin exploite Tous les styles littéraires (de l'argot au poème), prend beaucoup de libertés avec les structures narratives avec notamment la technique originale du collage, et surtout renverse les codes du romanesque ( à défaut d'une intrigue bien construite axée autour de personnages figés dans des rôles prévisibles, le récit apparaît cacophonique avec ce style littéraire indéfinissable).
    Oui au premier abord on a l'impression d'un brouhaha. Mais progressivement, cette impression laisse place à celle d'un laboratoire d'écriture où chaque technique littéraire porte une signification particulière dans la trame de ce roman. Entrer dans l'univers de Dôblin n'est pas aisé.
    Bref, c'est une œuvre qui n'a rien de romantique tant sa lecture est exigeante. Mais une fois plongée dans le livre, je me suis amusée des libertés prises par l'auteur.
    Et la description des lieux, des gens...dignes des instantanés de Doisneau ou de Brassaï (à mon avis les meilleurs pour capturer l'essence de la ville à travers un cliché).
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    • Livres 4.00/5
    Par 270778, le 13 juillet 2010

    270778
    Ce roman est comparé à Céline, Joyce, Brecht ou Dos Passos en 4 ème de couve'rture, ce qui met la barre un peu haut peut-être.
    Je m'attendais à plus de violence (mais c'est peut-être un tort : quand je vois le mot "violence", je m'attends à un cran au-dessus de ce que j'ai déjà lu) mais j'ai été séduite par contre par l'humour et la distance de l'auteur par rapport à son personnage, un criminel qui erre dans les bas-fonds du Berlin des années 20.
    Un des meilleurs passages se situe vers le milieu du livre avec la description d'un abattoir.
    Il me semble que ce roman a inspiré d'autres auteurs (Alasdair Gray dans "Lanark", c'est évident avec cet homme qui a tué sa compagne et qui a peur d'être condamné à commettre indéfiniment le même crime) et des artistes d'autres disciplines (les deux anges à la fin qui veillent sur Franz ont forcément inspiré Wim Wenders dans "Les ailes du désir").
    Le style peut en effet faire penser à Céline, il faut dire que ça a été écrit à peu près à la même époque, mais en moins fort il me semble même s'il y a une forme de gouaille. L'originalité tient beaucoup au mélange entre narration classique, interpellation du lecteur, fragments de publicités, d'affiches, de tracts politiques, de coupures de journaux, d'extraits de la Bible.
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Citations et extraits

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  • Par 270778, le 13 juillet 2010

    En somme, pas grand chose à narrer sur Franz Biberkopf. On connaît le garçon. Tout le monde se doute de ce que fera la truie quand elle entre dans le parc aux cochons. Seulement, ladite truie est mieux partagée que l'homme, en ce sens qu'elle n'est que chair et graisse de part en part ; et ce qui peut lui arriver n'est pas bien grave, à condition qu'elle ait sa pâture. Tout au plus, qu'elle fera des petits une fois de plus ; et au terme de la vie, il y a le couteau, ce qui n'est pas bien terrible ni très inquiétant au fond. Elle en sera quitte, avant de s'apercevoir de quoi que ce soit la pauvre fille.Mais l'homme, ça vous a une paire d'yeux avec toute espèce de choses en dedans, tout pêle-mêle. L'homme a l'Imagination, et sa terrible tête le force à imaginer ce qui peut lui arriver, et c'est le diable.
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