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ISBN : 207013475X
Éditeur : Gallimard

Note moyenne : 3.02/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Un homme dont on ne connaît pas le nom est retrouvé, épuisé, au bord d’un campement. Alpiniste courageux devenu simple vagabond, il rejoint les siens et notamment son frère qui le recueille à bout de forces. Il s’agissait de leur guide, mais sa disparition avait fait perdre espoir au peuple tout entier. On découvre son histoire, l’ascension difficile, lorsque soudain, face à la muraille, sa voix se met à résonner : "Je suis Adonai (Yod) ton Elohim."
C’est ai... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
nadejda28 mai 2012
  • Livres 4.00/5
Erri de Luca se laisse pénétrer par le vent qui porte la parole et il retranscrit ce qu'il a entendu, donnant vie aux mots par son souffle, ce que fait également tout lecteur à l'écoute du celui qui lui parle à travers les livres, ce que fait Moïse qui entend à travers les nuages la voix d'Elohim lui dicter les dix commandements qui seront gravés par le feu. «L'échange d'énergies passait entre la montagne et le ciel» p 82
«Quand l'écriture se débarrasse de son auteur, elle appartient à celui qui la lit et fait de chaque lecteur suivant son héritier direct.» 

Ainsi en est-il de tout texte dont ceux qui composent la Bible. Et chaque interprétation enrichit la précédente et la suivante.
«Et il dit» est inspiré par l'écoute, c'est un long poème, une suite que le vent joue à travers la poussière qu'il transporte, pleine des résidus venus de temps immémoriaux, du temps où la transmission se faisait oralement autour d'un feu. C'est de là que viennent les textes de la Bible, vent et poussière, feu du ciel et des campements nomades. Et le vent les porte vers les générations futures «L'assemblée du Sinaï transpirait de futur. Avec eux, les lèvres serrées, chantaient les assemblées à venir».
Encore faut-il accueillir avant de transmettre.
«Les paroles pénétraient dans les corps en se frayant un chemin entre les viscères, elles parlaient de l'intérieur....Le vent d'une voix à écouter se plantait dans leur corps» p 81
Et pour que le feu des paroles ne se perde pas totalement, il leur faudra la force de transmission véhiculée par les lettres qui «se sont chargées de l'énergie du Sinaï et la prolongeront».
«Le judaïsme a été pour moi une piste caravanière de consonnes accompagnées au-dessus et au-dessous de la ligne par un volettement de voyelles. Entre une ligne et l'autre, dans l'espace blanc, c'est le vent qui gouverne.» p 103
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paroles
paroles10 juin 2015
  • Livres 2.00/5
Et il dit...
Je suis restée sourde à ses paroles. Moi, la mécréante, je n'ai pas entendu les mots d'Erri de Luca. Je n'ai pas partagé ses images. Pourtant son verbe est beau. Et la poésie légère, soufflée par le vent des montagnes. Mais au bout d'une trentaine de pages, le vertige m'a prise et je suis retombée attirée par le vide. La parole biblique et toutes les tentatives de traduction m'ennuient. Tant pis pour moi...
Lien : http://mes-petites-boites.ov..
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Moan
Moan19 avril 2014
  • Livres 4.00/5
Un homme est parti seul dans la montagne depuis longtemps, depuis si longtemps que les hommes qui l'attendent désespèrent de le voir revenir. Ils étaient prêts à lever le campement lorsqu'ils le trouvèrent épuisé, sans mémoire.
Un alpiniste solitaire? Un homme qui a sorti son peuple d'Egypte où ils étaient esclaves.
Avec une écriture comme toujours magnifique, Erri de Luca qui "partage le voyage du judaïsme" fait revivre Moïse lorsqu'il reçoit les tables de la Loi.
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Herve-Lionel
Herve-Lionel21 juin 2016
  • Livres 3.00/5
La Feuille Volante n°1051– Juin 2016
Et il ditErri de Luca – Gallimard.
Traduit de l'italien par Danièle Valin.
En principe j'aime bien les romans d'Erri de Luca, cette chronique s'en est souvent fait l'écho, et lire un de ses livres est toujours pour moi un plaisir. Pourtant j'ai lu ce texte comme une fable : l'histoire de ce guide de montagne qu'on retrouve épuisé après une course solitaire s'y prête particulièrement. L'auteur lui-même est un montagnard aguerri et le spectacle des hauteurs ne pouvait le laisser indifférent.   Dans ce décor on est forcément transcendé par ce qu'on voit, par la solitude, le danger, la nature potentiellement hostile qu'il faut regarder avec un oeil attentif parce que la vie en dépend. On est attiré par le sommet autant que par le vide, on est amené à se surpasser soi-même pour une conquête gratuite, personnelle, anonyme. Ici, j'ai retrouvé avec bonheur le souffle poétique de son style, l'art des images, la beauté des paysages qu'il connaît bien et qu'il fait si heureusement partager à son lecteur… L'homme qu'on vient de retrouver est à demi mort, épuisé, terrassé par la fatigue et la faim, comme dans un état second. C'est un peu comme s'il revenait d'une autre planète, un miraculé, sauvé seulement par l'eau des nuages, un peu comme s'il était devenu un autre, que ce voyage avait quelque chose d'initiatique, l'avait transformé. Face à ses interrogations sur lui-même, sur son identité, son frère aîné est là pour l'inviter à reprendre pied dans le monde ordinaire des terriens. Il fait appel à sa mémoire individuelle, celle de leur enfance commune, du quotidien. C'est un peu comme si cet homme qui a tutoyé le sommet et qui a failli laisser sa vie dans cette entreprise, ressuscitait, connaissait une seconde naissance [la symbolique de la tente qui le protège, associée à l'image de la femme souligne cette idée] et il parle. Dès lors, la longue errance de cet alpiniste courageux et peut-être inconscient évoque celle du peuple d'Israël fuyant l'Égypte et la paroi montagneuse lui rappelle le message divin qui, dans le Sinaï, grava la loi de Yahweh.
Les montagne ont toujours eu pour les hommes un caractère sacré et, dans cet univers minéral, sauvage, dépouillé, un être humain ne peut ressentir qu'une grande fragilité, qu'une grande humilité. De Luca connaît bien cette impression mais il est aussi un mystique, traducteur de la Bible et grand connaisseur de la religion juive. Il est donc normal que cet environnement lui rappelle le « Mont Nebo » d'où, selon la tradition hébraïque, Moïse qui n'a pas été autorisé par Dieu a fouler la Terre Promise a cependant pu l'apercevoir avant sa mort.
L'homme reprend vie peu à peu, mais en même temps, entre dans une autre dimension, il devient une sorte de truchement divin, refait l'histoire du peuple d'Israël. Dès lors le texte prend une dimension biblique symbolique, revisite l'histoire de la délivrance du peuple d'Israël d'Égypte, sa pérégrination dans le désert en passant par le mont Sinaï jusqu'à la terre qui devait les accueillir, fait un parallèle entre l'eau salvatrice et la parole divine [« "Ils apprirent au pied du Sinaï que l'écoute est une citerne dans laquelle se déverse une eau de ciel, de paroles scandées à gouttes de syllabes." ], évoque la faute de la femme au jardin d'Eden, la malédiction qui pèsera sur elle pour la suite, l'expulsion d'Adam et d'Eve, leur destiné et leur descendance. Il réhabilite la femme, rappelle son rôle créateur de la vie, refuse de voir, comme le feront les religions par la suite, une condamnation à souffrir dans les douleurs de l'accouchement. Bien au contraire, il voit les femmes comme l'avenir de l'homme, comme le dira plus tard le poète, puisque la vie ne peut procéder que d'elles et qu'ainsi elles sont garantes de la pérennité du peuple d'Israël et donc de sa prospérité. Il rappelle que l'avenir de l'humanité réside dans l'amour, même s'il prend la forme d'un rapprochement charnel entre les hommes et les femmes. C'est bien en traducteur, en linguiste et même en exégète qu'il repense la Bible, commente le Décalogue... Il énumère les interdits édictés par Dieu au peuple élu, propose ses gloses, disserte sur ce qui est proscrit et sur ce qui est toléré, notant au passage les contradictions, souhaitant peut-être dans une sorte de bienveillante utopie que l'humanité s'inspire de ces commandements pour, dans une nouvelle morale universelle, devenir meilleure. Il assigne à ses paroles divines un effet miraculeux et les hommes font prévaloir l'amour qui guide leurs pas et inspire leurs actions mais n'oublie pas le destin des Juifs qui est d'errer par le monde, d'être sans cesse expulsés, victimes des pogroms et le la Shoah.
Si j'ai goûté la style de l'auteur, sa poésie et la puissance de son verbe, je n'ai en revanche que très peu apprécié son message religieux même si je comprends qu'on puisse profiter de sa notoriété pour faire du prosélytisme. Je suis peut-être passé à côté de quelque chose, à côté du message idéaliste porté par l'auteur et qui l'honore, mais ce livre me laisse quelque peu dubitatif au regard de la réalité de l'humanité.
© Hervé GAUTIER – Juin 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
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brigittelascombe
brigittelascombe02 septembre 2012
  • Livres 3.00/5
Un début qui part léger, empreint de poésie comme des ailes d'anges se faufilant au "bord de la frontière entre le fini et l'immense", là où le sommet de la montagne survolant une calotte de blancs nuages permet d'accéder au divin.
"Je suis Adonai (Yod) ton Elohim".
Une voix résonne au creux de l'oreille de l'alpiniste. Vertige. Vide. Effroi. Il est le meilleur grimpeur. le vent se lève.Sa mémoire se trouble.
"Qui suis-je?"
Pris plus de cinq semaines dans la tempête son frère le redescend, déshydraté, confus dans le campement dont il est le berger. Sa compagne Hirondelle l'entoure de ses bons soins et les souvenirs reviennent peu à peu.
Et là, pour moi légère déception, après ce début quelque peu fantastique, où le doigt de Dieu dessine des lettres sur une muraille, le lecteur bascule dans l'histoire de Moïse et du peuple hébreux.
On se souvient du Pharaon qui fait jeter les enfants mâles israélites dans le Nil.
On se souvient de la fille du Pharaon qui sauve Moïse des eaux.
On se souvient du passage miraculeux de la Mer Rouge.
On se souvient du peuple Juif dans le désert.
On se souvient de la manne céleste envoyée par Dieu pour les nourrir alors que Moïse les a conduit au pied du Mont Sinaï.
On se souvient que Moïse invoque Dieu durant quarante jours puis ramène les Tables de la loi écrites du doigt de Dieu.
Erri de Luca, lui aussi, avec beaucoup de sagesse et de spiritualité,se souvent de tout ça et des dix commandements aussi, puis confie au lecteur qu'il est le "gher", l'étranger,il suit la caravane et "partage l'aube avec celui qui se tait et écoute".
Malgré quelques formules lumineuses comme des "paroles scandées à gouttes de syllabes", je préfère de loin la leçon de vie de: le poids du papillon ou l'enchantement de ses romans: Montedidio (prix Fémina étranger 2002) et le jour avant le bonheur.
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Les critiques presse (4)
Lhumanite13 août 2012
[Un livre] qu’il faut lire en consonance pour retrouver cet auteur attachant et l’infini de ses horizons.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
LaLibreBelgique05 juin 2012
Un très beau texte mystique d’Erri De Luca, qui ne pouvait qu’être fasciné par le personnage de Moïse recevant les dix commandements. L’écrivain italien poursuit son intimité avec l’Ancien Testament.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Liberation04 juin 2012
Dans Et il dit, [Erri De Luca] commente au fil des pages chacun de ces commandements, au nombre de dix comme les doigts de la main et commençant par un «tu» ne s’adressant qu’aux hommes car en hébreu la distinction existe.
Lire la critique sur le site : Liberation
LesEchos22 mai 2012
« Et il dit » nous fait partager la sidération du peuple juif - qui découvre chaque commandement -et nous projette dans le tumulte des générations futures.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations & extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
MoanMoan19 avril 2014
L'admiration est un sentiment joyeux qui se réjouit d'un bien possédé par d'autres, il est bon pour le sang et le sourire, c'est un sifflement de félicitations, un applaudissement des yeux. Il ne t'est pas demandé de détourner le regard, tu ne dois pas censurer une beauté. Reste à ce niveau d'admiration, sans chercher à vouloir prendre possession. Ce qui est à toi, même si c'est peu, c'est ta primeur.
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nadejdanadejda28 mai 2012
Les souvenirs appartiennent au règne des oiseaux, ils laissent une plume quand ils s'en vont. Grâce à elle, on sait à quelle espèce ils appartiennent.
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nadejdanadejda28 mai 2012
Au-dessous de lui, la terre était couvée par une calotte blanche. C'est ce qui se passait pendant les jours de la création. Au débouché d'un nuage, il voyait le monde tel qu'il était avant, sans espèce humaine, entre le premier et le cinquième jour. Il revenait du sommet avec la lettre du début à la bouche, le b de bereshit, au commencement, qu'il balbutiait joyeusement.
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Herve-LionelHerve-Lionel20 juin 2016
Là-haut , je ne compare pas la terre et le ciel, je me trouve au contraire sur la limite. Les solitaires existent , isolés au milieu de la communauté. Ils explorent les pistes nouvelles pour les troupeaux, ils fixent les cartes dans le ciel, ils vont là où ne court aucune frontière. Nous avons appris à connaître le monde grâce aux explorateurs passant sur la mer qui ne garde pas de trace.
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CioranCioran25 décembre 2013
La légende dit qu'un ange efface le souvenir de ce qu'un nouveau né a connu dans le ventre de sa mère. Il faut vider son sac avant de naître.
Dans le placenta, les enfants connaissent tout le passé, les langues, les aventures, les dangers et les métiers. Leur squelette est devenu poisson, reptile, oiseau avant de s'arrêter à la dernière station. L'effort d’expulsion du corps de la mère sert à oublier. La rupture des eaux ouvre la brèche qui se referme aussitôt derrière, après le plongeon dans le vide.
Tel est le monde pour celui qui vient d'un ventre.
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Videos de Erri De Luca (40) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Erri De Luca
Le romancier italien Erri De Luca est poursuivi pour avoir "incité à saboter" le chantier du TGV Lyon-Turin en val de Suse. Entretien avant l'audience, à lire dans Politis et sur Politis.fr dès le 8 octobre.
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