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ISBN : 2072697913
Éditeur : Gallimard (02/03/2017)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes)
Résumé :
"Comme tu peux le voir, il s'agit d'une oeuvre digne d'un maître de la Renaissance. Aujourd'hui, l'Eglise veut récupérer l'original. Il s'agit de retirer le drapé". J'examine la couverture en pierre différente, elle semble bien ancrée sur les hanches et sur la nudité. Je lui dis qu'en la retirant on abîmera forcément la nature. "Quelle nature ?". La nature, le sexe, c'est ainsi qu'on nomme la nudité des hommes et des femmes chez moi".
Dans un petit village a... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
nadejda
22 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Le livre, l'écriture sont omniprésents tout au long de ce récit comme trame sous-jacente reliant tous les éléments qui le compose : l'art, la nature et les hommes qui y prennent part.
Le narrateur nous dit dès le début :
"J'habite près de la frontière, au pied de montagnes que je connais par coeur. Je les ai apprise en chercheur de minéraux et de fossiles, puis en alpiniste. le commerce de ce que je trouve et de petites sculptures en pierre et en bois me procure un gain aléatoire."
Il lit dans la nature en ramassant "des racines sèches, des pierres qui ressemblent à des lettres de l'alphabet." Il nous dit : "Dans la nature il existe des abécédaires."
Encore faut-il savoir les déchiffrer.
Cet homme proche de la soixantaine qui a travaillé à la mine après avoir passé un bac artistique vit à l'écart dans la dernière maison du village mais pas isolé car il se trouve vivre sur une "terre de passage".
Il guide hommes, femmes et enfants venus de lointains pays, fuyant guerres et famines, à travers la montagne pour qu'il puisse rejoindre leurs destinations. Ces réfugiés il les nomme, lui, du beau nom de "voyageurs d'infortune".
Malheureusement ou peut-être heureusement pour la suite du récit, la révélation de son geste généreux lui vaudra d'être rejeté du village où deux autres passeurs qui eux se font payer, le contraignent à s'enfuir de cette terre où il est né.
Il rejoint alors une ville côtière où il va être recruté par un prêtre, avec l'accord de l'évêque, pour rénover une sculpture, lui redonner son aspect initial.
Comme il sait lire dans la nature, il va également lire cette sculpture, la lire en la caressant, un peu comme le fait un aveugle déchiffrant un texte en braille. Il tâtonne et s'ouvre progressivement à ce que le sculpteur a voulu transmettre.
Un rabbin, astronome à ses heures, dont "le bureau est un fortification de livres va lui expliquer le sens des lettres grecques Ura qu'il découvre du bout de ses doigts sur le bois de la croix et des lettres hébraïques sur chacune des têtes des clous qui soutiennent le corps nu du supplicié qui reproduisent le nom d'ADAM.
Le prêtre lui fera approcher la signification symbolique du poisson quand il découvrira sur les pieds des écailles.
L'ouvrier algérien, qui travaille dans une carrière de marbre et a étudié dans une école coranique, lui offrira gracieusement le morceau d'albâtre, un bloc rare, du travertin d'Acquasanta, permettant de rendre vie au sexe du christ, sa "nature exposée" que l'église avait demander à son créateur de dissimuler sous un drapé.
Je ne peux, par ce regroupement rapide, que donner un petite idée de la portée de ce livre qui fait se croiser et s'unir des univers et des êtres que l'on pourrait croire incompatibles mais qui savent s'ouvrir aux autres quand il s'agit de redonner force de vie à une oeuvre d'art dénaturée, permettre que cette "nature exposée" soit replacée en son centre. Chacun en sort grandit.
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anwernet
11 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Sublime découverte.
Un roman qui se lit d'une traite, et bien qu'il soit court, explore des sujets rarement traités en littérature, et rarement simultanément. Outre ce qui est déjà écrit par la présentation Gallimard, une très jolie réflexion sur le travail de l'artiste, et sur le passage.
A lire et à relire...
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Biquette
03 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Une petite merveille ! Méfiez vous de cet auteur, il vous entraîne dans des histoires invraisemblables. Vous partez avec lui en montagne, à Naples, au bord de la mer .
Plusieurs histoires se mêlent, il se fait tantôt contrebandier, sculpteur, vagabond : De Luca est un homme insaisissable. Son authenticité, sa confrontation au sacré, son humanité, tout sonne juste. C'est génial !
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Les critiques presse (3)
LeFigaro23 mars 2017
Erri De Luca ranime le débat vieux de deux mille ans sur la double nature du Christ.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress20 mars 2017
Un pur bonheur que ce nouveau roman d'Erri De Luca, à la fois oeuvre de sagesse et moment d'apaisement et de méditation en ces temps virevoltants.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique14 mars 2017
Une magnifique fable sur le religieux, l’art et la compassion.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda22 mars 2017
Je ramasse un coquillage en forme d'oreille, je l'approche de la mienne, on dit qu'on entend les vagues. Ce n'est pas l'impression que j'ai. Je perçois comme l'écho d'une citerne qui reprend le bruissement intérieur de mon oreille, le glissement des sons dans un labyrinthe.
De l'autre oreille, j'entends le bruit amplifié de la vague qui passe et repasse sur le gravier. C'est le plus vieux bruit du monde, il est là depuis les premiers âges de la terre. Il y était quand personne ne pouvait l'entendre. Il a mis des millions d'années avant de se glisser dans une ouïe. Ce sont des pensées qui montent de mes pieds nus sur le gravier de frontière entre la terre et la mer.
+ Lire la suite
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nadejdanadejda21 mars 2017
Je retrouve l'endroit où nous nous sommes assis la femme et moi, sous l'enseigne d'une plage privée. Le sable est égalisé, sans trace de notre poids. Il faut le glissement d'un glacier pendant des millénaires pour laisser sur la face des montagnes la marque de passage d'un frottement. Il faut d'énormes catastrophes pour graver un souvenir sur la face du monde. La prétention de laisser un signe n'est pas à notre portée.
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fanfanouche24fanfanouche2422 mars 2017
Je regarde mes mains vidées des siennes, j'empoigne ciseau et marteau par besoin de tenir quelque chose. (p. 49)
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fanfanouche24fanfanouche2422 mars 2017
Les musées ont le défaut pour moi d'être sur du plat. Je les préférerais avec des montées et des descentes, des passages étroits, des balcons où rester accoudé pour regarder loin. (p. 48)
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nadejdanadejda21 mars 2017
Dans le bureau du rabbin qui dit au sculpteur :
"Etre condamnés à mort nus. Tel fut le sort de mon peuple au siècle passé, dans le désert d'Europe. Dévêtus avant d'être tués : les assassins répétaient en automates les préparatifs de la crucifixion d'un juif."
Troublé par ces informations, je me cogne à une pile de livres qui s'écroulent par terre. Je suis confus, je les ramasse, je m'excuse. Il m'aide en disant de ne pas m'inquiéter pour les livres.
"Ils ne sont pas fragiles, ils résistent mieux que nous à l'usure, au gel, aux exils et aux naufrages. Leur prodige est de savoir prendre le temps de celui qui lit. On ouvre Homère et on le trouve à côté de soi. On le ferme et il s'en retourne dans ses siècles."
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