> Danièle Valin (Traducteur)

ISBN : 2070348288
Éditeur : Gallimard (2008)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Présentation de l'éditeur
Dans ce récit d'une enfance napolitaine, la mémoire n'est pas une consolation mais un drame : une lumière blanche et compacte semble baigner la ville, soudain dénudée, loin de sa fièvre baroque. L'image des êtres perdus - la mère, à qui ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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  • Par de, le 17 janvier 2012

    de
    Des souvenirs d'enfance « Ville, dimanches : d'aussi loin que je me souvienne, je n'ai su en faire partie », plus que cela : une remémoration/création « C'est possible, car le possible et la limite mouvante de ce qu'on est disposé à admettre ». Naples, le dialogue à travers le temps du fils à la mère « Je suis ton fils, l'étranger dont le profil s'est stylisé entre la vitre d'une maternité, qui sépare le nouveau-né de sa mère, et celle d'un autobus ».
    L'auteur est cet adulte penché sur son passé et l'enfant de cette invention « Mes yeux se fermèrent comme ils le font quand une image imprévue pénètre en soi et qu'on cherche à la retenir dans le noir pour bien la comprendre ».
    Les mots sortaient difficilement de la bouche, les mots absents pèsent encore au présent « Par les mots : contre eux on ne pouvait pleurer, on ne pouvait répondre et moi, quand tu intervenais, je ne parvenais pas à en prononcer un seul, entre l'apnée et le bégaiement . On apprend bien tard à se défendre des mots ».
    Soit c'est toujours un peu l'autre « Une grande partie du destin de chacun dépend d'une question, d'une demande faite un jour par quelqu'un, personne chère ou inconnu : on réalise soudain qu'on attend depuis longtemps cette interrogation, peut-être banale, mais qui sonne comme une annonce et on sait qu'on tentera d'y répondre par toute sa vie », encore des mots, des mots non prononcés.
    Naples, la pauvreté, les nouvelles maisons, l'école, ces moments (in)oubliables « L'enfant mettait tout ensemble et sa vie était pauvreté et lutte secrète pour lui résister, le petit tablier qui se couvrait de craie et les engelures, la fièvre et les caresses. Après rien ne fut pareil ».
    Un texte d'une grande pudeur, une réelle création littéraire, pas des souvenirs étalés sur la place publique « Beaucoup de détail ne forment pas un souvenir, beaucoup de souvenirs ne constituent pas un passé ».
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    • Livres 3.00/5
    Par liratouva2, le 26 mars 2010

    liratouva2
    L'auteur s'adresse à sa mère, celle qui se trouve sur une photographie où on la voit jeune, traversant une rue près d'un autobus. Il s'imagine, lui, déjà âgé à l'intérieur de celui-ci et ne voyant sa mère qu'à travers une vitre. Il remonte le temps et les lieux où ils ont vécu ensemble. Les souvenirs s'entremêlent et se déforment au gré de la mémoire douloureuse du narrateur !
    Il en veut à cette mère pour qui ce n'était jamais le bon moment ni le bon endroit pour se laisser aller, vivre, être soi-même dans le feu de l'action, la joie de l'instant, le Hic et Nunc des épicuriens, d'où le titre, cette phrase qu'elle lui opposait sans cesse : « Pas ici, pas maintenant ! ».
    Pourtant c'est à Naples qu'ils vivaient, dans cette ville débridée, si joyeuse, violente et folle à la fois où tous les excès se côtoient ! De son passé il ne garde que dix-sept années de vie heureuse : les dix premières, dans leur premier appartement petit et misérable, quand son père le photographiait sans cesse avant qu'il ne devienne aveugle. Puis eut lieu le déménagement dans un appartement et un quartier plus riche où vivaient aussi les Américains d'après-guerre qui restaient entre eux et snobaient tout le monde. L'auteur devint alors mauvais élève, silencieux, il bégayait constamment. Son meilleur ami mourut noyé lors d'un plongeon en apnée, leur principale distraction. Il ne fut heureux ensuite que durant les sept années de son mariage jusqu'à la mort de sa femme, avec lui à ses côtés ! Ils n'ont pas eu d'enfants, ont voulu en adopter mais la maladie les en a empêchés.
    Il se dit inadapté à la société dans laquelle il vit comme il l'a été avec sa mère et avoue à la fin de son itinéraire:
    « Je sens monter en moi l'impatience et le besoin d'arrêter ce temps de la photo et de l'autobus. »


    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2010/02/pas-ici-pas-maintenant-erri-d..
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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 30 novembre 2009

    brigetoun
    Les parents, la mère et le lien qui se moque bien des erreurs, de l'impossibilité pour elle de comprendre le fils, et pas seulement parce qu'il bégaie - et l'impossibilité pour lui de dire, son sentiment d'être à côté se manifeste ainsi – dans «Pas ici, pas maintenant» d'Eri de Luca, une centaines de pages admirables, une sensibilité qui affleure dans la langue précise, presque neutre. Et la rencontre entre la jeune femme de la photo et le vieil homme qui est son fils.
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  • Par de, le 17 janvier 2012

    de
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 30 janvier 2010

    C'est à ce moment-là que je pris l'habitude de ne pas terminer mes devoirs, d'en laisser une partie en blanc. Lors des interrogations aussi je gardais pour moi une partie de la réponse que je devais à l'enseignant. Je me réservais une part d'incomplétude, les choses allaient mal pour moi, je commençais à grandir.



    Il y a des pauvres pour qui le riche n'est pas un idéal. Il y a des pauvres, matériellement et spirituellement, insoumis. Si de mon banc je ne répondais pas au professeur qui me posait la question laissée sans réponse par l'élève au tableau, ce n'était pas par sentiment de solidarité. Je n'en éprouvais aucun envers mes camarades. Par tempérament et par conviction, j'étais hostile à la méthode qui nous incitait à rivaliser entre nous.



    Tendus vers un résultat, mes camarades agissaient et réagissaient de la même façon lors des nombreuses épreuves scolaires. Ils n'apprenaient pas à être les meilleurs, mais s'initiaient à des techniques d'hostilité.
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  • Par Piling, le 29 janvier 2010

    Alors, je ne sais comment cela se produisit, je compris que je n'étais pas témoin de tout ce mal et du monde, mais responsable. Toi, tu en faisais l'inventaire, m'en demandant compte rien qu'en parlant. Oui, maman, derrière son silence rêveur un enfant crut être la dernière parcelle de Dieu, fragment détaché d'un créateur qui avait laissé échapper son œuvre de sa bouche et de ses mains. En cet enfant, Dieu ne savait plus quoi faire ou quoi dire, sinon écouter.
    Je ne l'ai pas fait exprès : c'est cela que je pensais, sans arrêt, sous le flot de tes histoires. C'était une bonne formule pour absoudre un enfant, mais bonne aussi pour enchaîner un Dieu aux malheurs du monde. Je ne l'ai pas fait exprès : je comprenais le monde, ne me souvenant plus l'avoir engendré. Je ne m'étonnais pas, puisque je n'avais même pas souvenir de ma naissance. Du reste aucun Dieu n'a souvenir de la sienne.
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  • Par Piling, le 29 janvier 2010

    – Papa, si moi je ne veux pas être en attente et si je veux être sans attente, est-ce que je peux ?
    Alors il cessa de se raser, ouvrit la porte en grand et, comme s'il avait compris quelque chose, je ne sais quoi, dit ces quelques mots : "Si tu es capable de vivre sans attente, tu verras des choses que les autres ne voient pas." Puis il ajouta encore : "Ce à quoi tu tiens, ce qui t'arrivera, ne parviendra pas par une attente." Il avait la moitié du visage rasée et l'autre encore pleine de savon, dans une main le rasoir et dans l'autre le blaireau. Il se pencha légèrement vers moi pour se faire comprendre.
    Je le regardai de tous mes yeux. Ce n'était pas lui, même sa voix était différente. Quant à moi, je n'étais pas certain d'être celui qui avait posé la question.
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  • Par brigetoun, le 30 novembre 2009

    Tu regardes devant toi un point de l'autobus qui a surgi en face. Tu n'as pas ton visage de vent. Je nommais ainsi l'expression que tu prenais lorsque tu passais dans la rue, semblant affronter le siroco.... La chaise s'est faite dure... je suis assis à l'intérieur, je suis tourné vers la fenêtre et toi tu me regardes.
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  • Par Pasdel, le 25 avril 2012

    Les albums, les archives ne soutiennent pas ma mémoire, mais au contraire s'y substituent.
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