Par Erri De Luca

Note moyenne : 3.87/5 (sur 23 notes)
Gallimard 2002
ISBN : 2070422437  
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Ce livre a la pureté lisse d'une pierre de fleuve. Les images y coulent comme un courant. Puissantes et évidentes, elles charrient l'imagination troublante d'Erri de Luca. Troublante de précision : on y entend des bras de femmes claquer aux balcons, on y sent l'air flétri d'une cuisine, on reconnaît le mimosa qui poudre les mains de qui le caresse. Troublante d'universalité aussi : ce sont "des arbres qui chassent des pollens, des femmes qui attendent une rupture des eaux, un garçon qui étudie un vers de Dante", toutes choses qui habitent cet Italien qui revient dans son pays après avoir passé toute sa vie en Argentine pour y suivre la femme qui lui était destinée. À cinquante ans, et son grand amour disparu, il devient jardinier et se laisse séduire par la superbe Laila avec qui il file un amour rieur. En lui est la sagesse de jouir de ces autres vies qui s'ouvrent à lui. Même s'il comprend que la fin n'est pas si loin, il éprouve jusqu'au fond de son âme qu'il n'a rien à demander au temps : "Demain, et que sais-je de demain ? Ici, il y a tout l'aujourd'hui qu'il faut." Erri de Luca est un auteur de la matière, du sacré et du tellurique. Ses livres sont empreints de ce souffle à la fois universel et singulier qui fait de cet écrivain napolitain l'un des plus importants de sa génération, traduit dans de nombreux pays. Citons Acide, Arc-en-ciel, Un nuage comme tapis. --Laure Anciel

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Critiques et avis sur Trois chevaux


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    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir, 2009-09-23 18:15:40

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    Décidément, Erri de Luca n'en finira pas de faire sonner en moi des émotions de vie subtiles et intactes. Dans cette Italie qui me parle tant, il expose encore l'histoire d'un homme qui retrouve une vie, l'amour, qui revient d'ailleurs et du passé - d'Argentine et de dictature. Dans les gestes, les repas, les regards, il donne aux êtres et aux lieux une présence forte, brutale parfois, mais toujours entière. Les destins qui se frottent, les mains qui se touchent font la vie qui avance. Lisez Erri de Luca !
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    • Livres 5.00/5
    Par philo15, 2009-01-25 09:12:44

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    Un roman court mais très intense, dans lequel l'émotion est à fleur de plume, dont l'écriture est pleine de poésie. Des mots qui vous frappent et vous happent. J'ai terminé ce livre il y a trois jours et j'en suis encore imprègnée.

    Lien : http://www.philo-au-fil-des-mots.over-blog.com
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    • Livres 5.00/5
    Par DonLo, 2010-07-12 20:50:42

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    Le livre qui, pour moi, se rapproche le plus de La Route de Cormack McCarthy.

    Plus qu'ouvrir une histoire, il invite à une expérience personnelle en résonance avec ce que dit l'auteur, et ce qu'il tait.

    Il y a une sorte d'évidence dans ces phrases simples, peut-être très travaillées, mais qui surgissent comme des pensées vives et libres, des actes indispensables quoique fortuits, parfois.

    Ce qui est écrit a une logique à soi, les personnages aussi.

    Ce qui se passe, l'histoire, se raconte sans souci du temps et de chronologie, et pourtant avec une limpidité rare.



    Un livre qui sait où il est, d'où il vient, et qui trace, sans la réduire, la route où il va. En le suivant, on peut presque avoir l'impression de savoir qui l'on est, d'où l'on vient, et avoir envie d'aller où on va en y mettant la manière.



    A peine plus ici : http://lorenjy.wordpress.com/2010/01/24/un-cheval-et-demi/
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, 2010-04-08 18:36:15

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    Le narrateur est revenu dans son pays natal : l’Italie. Il a fui l’Argentine où il avait suivi par amour une femme. La dictature lui a pris son amour, elle qui « a vécu pour lui, qui est morte pour offrir des yeux aux poissons ». Il a erré, s’est caché, lui qui n’était plus qu’un corps en fuite et en furie. Cet homme meurtri dans son âme aime s’échapper par la lecture et travaille comme jardinier. Il s’éprend de Laila qui vend son corps contre des rendez-vous avec des hommes. Il n’aime pas parler de son passé, mais quand il raconte, il court derrières ses mots, impuissant. Alors, il dévoile par lambeaux, par bribes cette existence et cet ailleurs, l’amour et l’amitié.



    Je ne sais pas par où commencer…

    Des tournures délicates, fortes ou fragiles qui dégagent de la grâce et une poésie ensorcelante. Chaque phrase m’a estomaquée par sa puissance. J’avais commencé à relever des passages mais mon carnet se noircissait à chaque page tournée. L’histoire est magnifique, intemporelle et est servie par un style pur, ciselé à l’extrême.



    La suite sur : ttp://fibromaman.blogspot.com/2010/04/erri-de-luca-trois-chevaux.html

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/04/erri-de-luca-trois-chevaux.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Vincenz, 2008-06-05 20:57:02

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    Rarement roman n'a eu une telle résonance en mon âme et mes sens.

    M'a été recommandé par une brune qui a bien eu raison.

    Tout comme les Goldberg, on peut lire en boucle ou "dans tous les sens".

    Se prêterait ainsi particulièrement à l'hypertextualité.
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Citations et extraits de Trois chevaux


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  • Par claracambry, 2010-04-08 18:36:15

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    Un arbre ressemble à un peuple, plus qu’à une personne. Il s’implante avec effort, il s’enracine en secret. S’il résiste, alors commencent les générations de feuilles.
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  • Par Jean-Denis, 2010-01-30 16:31:14

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    L'ouest pour moi, dit-il, est le dos de mon père qui part pour les Amériques. Je le vois encore monter sur le bateau et disparaître dans l'occident, pour toujours.
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  • Par Piling, 2010-01-28 12:26:55

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    Nous passons sur des terrasses de pierre, au milieu de restes de tranchées où de jeunes hommes d'un siècle encore enfant rêvent de vieillir avec lui, comme moi à présent je rêve de vieillir avec Dvora. La guerre, c'est quand les jeunes rêvent de devenir grands-pères.
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  • Par Piling, 2010-01-27 13:11:59

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    Je prie, dit-il, pour tout ce que je porte à la bouche. Je prie pour lier le jour à son support, comme je le fais avec le roseau près du pied de tomates. Je bénis ce café de l'amitié.
    Peut-être est-il plus facile pour un homme venu d'Afrique de lier terre et ciel par une ficelle.
    Il tient la tasse blanche dans sa paume grise de pierre.
    Nous buvons assis côte à côte sur le banc. Je lui dis que son italien est bon. Il répond qu'il aime la langue plus que tout le reste.
    Dure vie ici ? demandé-je. Non, bonne, sans satisfaction du côté des hommes, mais bonne. On sort, on a envie d'échanger deux mots, dit-il, et rien, ici les hommes ne répondent pas. Sans satisfaction, répète-t-il, mais c'est une bonne vie.

    (…)

    Selim vient au jardin pour le mimosa et pour parler un peu de son pays où l'on va pieds nus et c'est pour ça qu'on parle volontiers.
    Quand on met des souliers on ne parle pas, c'est ce qu'il pense de nous. Sans la plante des pieds nus sur le sol, nous sommes isolés, dit sa langue qui doit avoir une arête intérieure en argent pour être aussi sonore.
    C'est la vérité, dis-je, c'est un pur amen : toute notre histoire est une chaussure qui nous détache du sol du monde. La maison est une chaussure, comme la voiture, le livre.

    (…)

    Je ne fais que souffler quelque merci vers le haut, dit-il.
    Je fais monter mon souffler qui se mêle aux nuages et se change en pluie. Un homme prie et augmente ainsi la substance au ciel. Les nuages sont plein du souffle des prières.
    Je regarde vers le haut, ils arrivent de la mer. Je dis : mince alors, ce qu'ils prient en Sardaigne.
    Il rit avec moi et dit qu'il est bon de rire, que la foi vient après le rire, plus qu'après les pleurs.
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  • Par Piling, 2010-01-26 14:19:49

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    Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu'elles restent à plat. Les livres d'occasion ont le dos détendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever.
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