Ajouter une critique

Critiques sur Trois chevaux (18)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


    • Livres 4.00/5
    Par Pasdel le 08/02/2012


    Trois chevaux

    - c'est l'histoire d'un vieil homme jardinier poète et philosophe. C'est l'histoire d'une vie qui n'a pas de passé puisque même les souvenirs s'évoquent au présent . 
    C'est aussi une histoire d'amour ( la dernière sûrement), une histoire d'amitié, une question d'existence sur fond de résistance à la dictature Argentine ( résistance subie plutôt que voulue).
    Trois chevaux c'est aussi une Géorgique des temps moderne, c'est une relation entre un homme et sa terre, relation sensuelle et affectueuse, base de ses relations humaines.
     C'est une véritable poésie avec des phrases travaillées, retournées, ciselées. Des mots greffés sur des sentiments qui affleurent à chaque page.
     Sans s'en rendre compte, le lecteur bourgeonne d'idées, de prise de consciences qui s'enracinent au fond de vos cœurs.

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Malaura le 21/10/2011


    Après des années passées en Argentine, le narrateur, italien, est rentré au pays. C'est un homme de cinquante ans, un jardinier, avec un passé lourd comme un cheval de trait.
    Dans le bistrot où il s'arrête quotidiennement pour déjeuner, il est abordé par une jeune femme d'une trentaine d'années au nom qui sonne « comme le début d'une chanson lorsque tu en apprends la musique au vol et plus tard les paroles », Làila, « qui va avec les hommes pour de l'argent ».
    Entre eux naît aussitôt un amour naturel, spontané, un « amour à vapeur », qui a la force et l'attraction de celui que l'on n'attendait pas.
    En l'homme pourtant il y a encore tant d'Argentine, ce passé qui se conjugue encore au présent lorsqu'il en livre quelques bribes. Les traits de son visage ne parlent que de ça, de la guerre, de la dictature qui sévissait là-bas…sa bien-aimée Dvora arrachée à ses bras, exécutée, jetée pieds et poings liés à la mer, les tueries, les armes que l'on prend pour le combat ou pour le désir de vengeance, et puis les années passées à fuir, à arpenter terre et mer, pour enfin se retrouver sur le sol d'origine, à chercher la paix dans les gestes simples du quotidien, émietter un peu de sauge du bout de l'ongle, tourner les pages d'un livre, boire le café avec l'Africain Selim ou « écouter les comètes, les planètes, les amas et les essaims » comme le font les arbres qu'il plante.
    Si une vie d'homme dure comme celle de Trois chevaux, l'homme sait au fond de lui que son deuxième cheval est sur le point de mourir alors il vit simplement l'instant présent, sans penser à demain car « que sais-je de demain ? Ici, il y a tout l'aujourd'hui qu'il faut. »

    Une fois n'est pas coutume, le napolitain Erri de Lucca nous envoûte par la force et la grâce de phrases mesurées, assainies, filtrées au tamis du cœur pour en extraire l'essence universelle, celle qui nimbe les êtres et les choses d'un parfum d'absolu.
    Il faut être Erri de Lucca, ou peut-être faut-il être italien (?), pour dire l'amour comme cela, avec des mots qui sortent de terre comme des pierres qui se transforment en fleurs. Des mots tordus comme des ceps de vigne cherchant le soleil, des lignes comme de jeunes pousses affleurant du sol et tirant vers le ciel, des phrases au goût de terre, de ciel et d'eau, toutes simples, mais si lumineuses, graves mais si magiques, mélancoliques mais pas nostalgiques.
    « Trois chevaux » évoque la dictature militaire argentine des années 1980, l'amour, la constance, l'amitié, les choix et les interrogations de l'existence, avec cet art de la retenue, de l'équilibre, cette circonspection dans la narration qui caractérisent l'auteur depuis « Tu, mio», « Arc en ciel » ou « Une fois, un jour », cette façon de dire en laissant avant tout ressentir, percevoir et humer, afin de nous envelopper d'émotions intenses et durables.
    Assurément, un grand et superbe texte.

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir le 23/09/2009


    Décidément, Erri de Luca n'en finira pas de faire sonner en moi des émotions de vie subtiles et intactes. Dans cette Italie qui me parle tant, il expose encore l'histoire d'un homme qui retrouve une vie, l'amour, qui revient d'ailleurs et du passé - d'Argentine et de dictature. Dans les gestes, les repas, les regards, il donne aux êtres et aux lieux une présence forte, brutale parfois, mais toujours entière. Les destins qui se frottent, les mains qui se touchent font la vie qui avance. Lisez Erri de Luca !

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



  • Par dell le 04/01/2012


    "Trois chevaux" d'Erri de Luca est un court roman qui, dénué d' une véritable intrigue romanesque, tire presque vers la poésie.
    Les mots sont justes et tombent comme des couperets, la beauté poétique de la terre, de la nature, de la solitude et du quotidien sont au centre du récit. Ils ne servent pas l'histoire mais c'est le récit qui est à leur service et les valorise.
    "Trois chevaux" c'est l'histoire d'une vie paralysée par de terribles souvenirs de mort et de guerre en Argentine qui affrontent et tentent d'abattre un quotidien simple et une histoire d'amour qu'il faut construire tous les jours. Mais cette vie perdue dans le passé a choisi de saisir ce que la nature et l'existence ont de plus beau pour se donner un sens.
    Amoureux des mots, ce livre est pour vous.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



  • Par LiliGalipette le 06/06/2011


    Le narrateur est un jardinier de cinquante ans. Il le sait sans l'avoir appris, « une vie d'homme dure autant que celle de Trois chevaux. » (p. 115) Travailler la terre en Italie, c'est sa deuxième vie. La première a commencé et s'est achevée en Argentine. Mais il ne veut pas faire « la liste de [ses] malheurs en Argentine, les injustices effrénées, la chasse à la vie. » (p. 20) Ce pays d'Amérique représente le passé et la première femme qu'il a aimée. En Italie, il rencontre Làila. Elle est belle et vivante, elle se donne aux hommes sans retenue. C'est son métier. Mais pour le narrateur, elle est davantage. « Tu es une merveille Làila, tu mets tes coudes sur la table comme une reine devant le poids de qui tout s'écarte. Tu tiens ton dos droit comme une proue sur l'eau. Que fais-tu à table avec un jardinier ? » (p. 48) le narrateur aime Làilà, au point de renoncer aux adieux : « Je ne m'en vais plus, à présent mon verbe c'est rester, et puis il y a une femme à aimer. » (p. 92)
    Mais qu'a vu Làilà en cet homme ? Est-ce seulement lui qu'elle veut ou davantage ? Quand elle lui dit « Tiens-moi, jardinier, tiens-moi, c'est tout ce qu'il me faut. Tiens-moi. Et ne me demande rien. » (p. 65), comment ne pas entendre la voix de la femme en danger ? Et comment ne pas comprendre que le jardinier, une fois encore, voudra tout donner par amour ? L'amour est plus que physique, il est tellurique, il s'ancre dans le sol et se déploie au gré des saisons. le jardinier sait les soins que veut la plante et il comprend tout aussi bien la femme qu'il aime.
    Les souvenirs du jardinier sont vagues : pas de nom, pas de lieu, pas de date, seulement des esquisses fugaces du passé qui se mêlent au présent. On sait que l'Argentine est un pays violent, que « l'Argentine arrache une de ses générations au monde comme le fait une folle avec ses cheveux. Elle tue sa jeunesse, elle veut s'en passer. » (p. 59) Sur cette terre du Sud, le narrateur a aimé une femme, il a connu la prison et la douleur. de retour en Europe, il a rendu les armes, mais il lui suffit d'un rien pour les reprendre, au mépris du danger que court son âme. La troisième vie du jardinier commencera avec la fin de celle d'un ami qui paie ses dettes.
    Erri de Luca signe un texte fulgurant et qui palpite longtemps. L'histoire argentine et italienne sert de trame noire à une complexe histoire d'amour et de mort. C'est toute la destinée humaine qui est interrogée au travers du prisme de la violence. Les phrases sont rondes, mais courtes et ciselées. La langue est poétique, plus évocatrice que narrative. L'auteur ne fait pas un tableau : il trace quelques traits sur une feuille qui partira au vent. Ce roman très bref est vraiment réussi. On regretterait presque de ne pas en lire plus. Et puis non, c'est assez, tout est dit.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par DonLo le 12/07/2010


    Le livre qui, pour moi, se rapproche le plus de La Route de Cormack McCarthy.
    Plus qu'ouvrir une histoire, il invite à une expérience personnelle en résonance avec ce que dit l'auteur, et ce qu'il tait.
    Il y a une sorte d'évidence dans ces phrases simples, peut-être très travaillées, mais qui surgissent comme des pensées vives et libres, des actes indispensables quoique fortuits, parfois.
    Ce qui est écrit a une logique à soi, les personnages aussi.
    Ce qui se passe, l'histoire, se raconte sans souci du temps et de chronologie, et pourtant avec une limpidité rare.

    Un livre qui sait où il est, d'où il vient, et qui trace, sans la réduire, la route où il va. En le suivant, on peut presque avoir l'impression de savoir qui l'on est, d'où l'on vient, et avoir envie d'aller où on va en y mettant la manière.

    A peine plus ici : http://lorenjy.wordpress.com/2010/01/24/un-cheval-et-demi/

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par AnneCath le 27/07/2011


    Ce livre de 128 pages contient l'essentiel : l'attachement à la terre, la sagesse, les rituels sacrés, la pureté, la compassion, l'Amour, le sens de l'humanité.

    Récit dépouillé à l'extrême, écriture poétique. C'est mon livre-culte. Celui que je lis et relis sans me lasser.

    Le titre ?
    "une vie d'homme dure autant que celle de 3 chevaux"


    Lien : http://rozven.hautetfort.com

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par cicou45 le 16/05/2011


    Le narrateur est un italien émigré en Argentine par amour. Sa femme et lui ont alors tenté de résister à la dictature en place dans le pays jusqu'à ce que celle-ci paye de sa vie. le narrateur, veuf et terriblement seul décide alors de rentrer dans son pays natal où il travaillera comme jardinier pour tuer l'ennui jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance de Làila dont il tombera amoureux et qui lui redonnera goût à la vie. Cet homme, qui a connu la dictature militaire en Argentine et qui a déjà enterré sa première femme a vite compris que la vie d'un homme durait autant que celle de Trois chevaux. Ayant également enterré le premier en quittant l'Argentine, il réalise aussi que sa propre vie ne va pas tarder à toucher à sa fin.
    Roman très bien écrit et qui aborde des sujets extrêmement durs tels que la dictature, la mort, la tentative de survie en ayant perdu l'être aimé...
    L'écriture est limpide et Erri de Luca a ce don de faire sentir les odeurs qu'il décrit, de visualiser les paysages qu'il décrit...À découvrir !

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par saphoo le 11/09/2010


    Une fois encore, je me suis laissée bercer par le charme de cette histoire particulière, teintée d'une certaine poésie. Un livre toute en couleur, aux parfums aromatiques, saupoudrée de pollen, ce texte humble et sensible nous porte d'un pays à un autre, d'une histoire à une autre toute en rondeur et chaleur. La narration est particulière mais intéressante. Un homme qui parle des livres, des arbres avec toute la passion qui l'accompagne. Il nous conte des brides de sa vie,comme un chant qui résonnerait entre le présent et le passé, tantôt il fait allusion à la guerre, tantôt aux femmes de sa vie, et puis son présent qui se conjugue entre son activité de jardinier, sa nouvelle passion, Làila.

    Ce livre se lit comme un conte, il est un de ces livres qu'on s'obstine à classer en roman, mais ils sont tout à fait particuliers, sans genre ni étiquette, ils sont uniques de par leur structure, telle une œuvre d'art qui s'admire et dont nous ne verrons nulle part ailleurs, puisque son essence est d'être unique, cet ensemble bâti ainsi, aux ornements poétiques, prend une allure de légende que nous conterait l'auteur…

    Les pages glissent au fil des mots, l'histoire ne s'impose pas mais se devine au gré des souvenirs, le tout nous offre une lecture sublime, nous laissant un peu au dépourvu quand la fin déjà se précipite sous nos doigts. J'ai beaucoup aimé ce livre et je suis tout à fait conquise par l'auteur dont je ne demande qu'à découvrir un peu plus.



    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/09/02/18949055.h..

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



  • Par de le 12/01/2012


    « Je lis seulement des livres d'occasion.

    Je les pose contre la corbeille à pain, je tourne une page d'un doigt et elle reste immobile. Comme ça, je mâche et je lis.

    Les livres neufs sont impertinents, les feuilles ne se laissent pas tourner sagement, elles résistent et il faut appuyer pour qu'elles restent à plat. Les livres d'occasion ont le dos tendu, les pages, une fois lues, passent sans se soulever. »

    Un lecteur jardinier, rencontre et aime Làila. le présent s'ouvre comme une autre vie « Une vie d'homme dure autant que celle de Trois chevaux et tu as déjà enterré le premier. »

    L'autre vie et l'autre amour Dvora, passé présent de cette Argentine quittée « L'Argentine arrache une de ses générations au monde comme le fait une folle avec ses cheveux. Elle tue sa jeunesse, elle veut s'en passer. »

    D'autres personnages en passage, traces ou marques : Maria, Mimmo « On ne se trouve aussi dans une guerre par honte de rester à l'écart. Et puis un deuil te saisit et t'y maintient pour être soldat de rage » et Selim.

    Dire « Ne me soutire plus d'histoires, si je ne peux pas les garder, il vaut mieux que je les raconté bien éveillé », vivre, tuer… Nous ne sommes pas innocent

    Et toujours des livres « C'est ce que doivent faire les livres, porter une personne et non pas se faire porter par elle, décharger la journée de son dos, ne pas ajouter leurs propres grammes de papier sur ses vertèbres. »

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Trois chevaux par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (142)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz