ISBN : 2505007977
Éditeur : Dargaud (2010)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Les lois raciales de l'Italie fasciste ne prévoyaient pas de peines à l'encontre des homosexuels : cela était inutile, puisque, d'après Mussolini, tous les hommes italiens étaient mâles, actifs et virils.
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Critiques et avis

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    En septembre 2007, aux étudiants de l'université de Columbia (New York) qui l'interpellaient à propos de la pendaison d'homosexuels iraniens, Mahmoud Ahmadinejad avait affirmé :
    « En Iran, nous n'avons pas d'homosexuels comme dans votre pays. Nous n'avons pas ce phénomène, je ne sais pas qui vous a dit que cela existait chez nous. »
    Quelque quatre-vingts ans plus tôt, Benito Mussolini avait tenu des propos similaires.
    Dans les années 30, alors que les fascistes au pouvoir en Italie travaillaient à l'élaboration d'un nouveau Code pénal, le Duce avait rétorqué qu'une loi réprimant les homosexuels était inutile puisque « en Italie, il n'y a que des vrais hommes ».
    L'hypocrisie affichée par les autorités n'a pas empêché pour autant le gouvernement de confiner, des années durant, plusieurs centaines d'hommes sur le seul motif de leur orientation sexuelle.
    A San Domino, petite île de l'archipel des Tremiti, juste en face de celle où étaient détenus les prisonniers politiques, ces homosexuels vivaient en semi-liberté, surveillés par des carabiniers.
    En 1938, à 26 ans, Antonio Angelicola, tailleur dans la boutique de sa mère à Salerne, était de ces exilés.

    En 1987, quand s'ouvre le récit, Antonio a soixante-quinze ans. Dernier témoin de cette période, le vieil homme s'est laissé convaincre par deux documentaristes, Rocco et Nico, de retourner à San Domino.
    Au cours d'un trajet en voiture pour le moins mouvementé, il va revisiter un passé douloureux qu'il a toujours beaucoup de difficulté à évoquer.
    Il va raconter le quotidien des homosexuels confinés sur l'île, prison à ciel ouvert où, paradoxalement, ils se sentaient plus en sécurité que chez eux, n'ayant plus besoin de se cacher, ne craignant plus d'être dénoncés.
    D'ailleurs, au moment de leur libération, beaucoup ne pourront retenir leurs larmes, anticipant l'humiliation de devoir retourner dans leurs villages affronter le regard de leurs familles et de leurs voisins.
    A San Domino, la vie s'organise. A l'échelle de l'île, une société s'instaure où chacun exerce le métier qui était le sien dans la vie civile. Parfois, des fêtes sont même organisées sous l'œil amusé des gardiens, faisant oublier un instant les conditions de détention précaires, le manque de nourriture, de soins et d'hygiène. Entre les détenus, les amitiés se nouent, les jalousies se font jour, les tensions s'exacerbent.
    Malgré le tragique de la situation, le récit n'est pas dénué d'humour, même si c'est souvent l'humour du désespoir.
    Quand il revient au présent de 1987, le récit se concentre sur l'évolution des rapports entre les trois protagonistes.
    D'une part, Antonio et Rocco qui entretiennent des rapports conflictuels, le premier affichant une mauvaise volonté évidente face au second qui ne voit en lui que du “matériel” pour son documentaire.
    D'autre part, Rocco et Nico, dont la relation pourrait outrepasser la simple amitié professionnelle liant un journaliste et son cameraman.

    Grâce à la pugnacité de certains[1], il n'est plus possible d'ignorer aujourd'hui le sort réservé aux Triangles roses déportés dans les camps par les nazis. Martin Sherman en a tiré une sublime pièce de théâtre, Bent. En mai 2008, à Berlin, l'Allemagne a même inauguré solennellement un monument en leur mémoire.
    En revanche, cet épisode de l'histoire italienne est encore souvent passé sous silence et reste peu connu des Italiens eux-mêmes. C'est d'ailleurs en lisant l'interview d'un survivant que Lucas de Santis a pris connaissance des faits dont il n'avait jamais entendu parler auparavant.
    Les dessins de Sara Coleaone – trait élégant et épuré, bichromie – sont en harmonie avec la sobriété du scénario, laissant ainsi toute la place à l'émotion.
    Deux documents ajoutent à la valeur pédagogique et historique de En Italie, il n‘y a que des vrais hommes : une préface de deux historiens, Tommasso Giartosio et Gianfranco Goretti, auteurs de La città e l'isola. Omosessuali al confino nell'Italia fascista, et la reproduction, en annexe, de l'interview de Giovanni Dall'Orto parue dans le magazine Babilonia, dont s'est inspiré de Santis pour créer le personnage d'Antonio.

    Les premières planches (pas vraiment représentatives de l'ensemble, à mon avis) sont proposées à la lecture chez Dargaud . J'ai mis en annexe de ce billet un document PDF trouvé sur le web proposant d'autres planches, ainsi que des extraits de la préface et de l'interview de Babilonia.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/En%20Italie%2C%20il%20n%27y%..
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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    En septembre 2007, aux étudiants de l'université de Columbia (New York) qui l'interpellaient à propos de la pendaison d'homosexuels iraniens, Mahmoud Ahmadinejad avait affirmé :
    « En Iran, nous n'avons pas d'homosexuels comme dans votre pays. Nous n'avons pas ce phénomène, je ne sais pas qui vous a dit que cela existait chez nous. »
    Quelque quatre-vingts ans plus tôt, Benito Mussolini avait tenu des propos similaires.
    Dans les années 30, alors que les fascistes au pouvoir en Italie travaillaient à l'élaboration d'un nouveau Code pénal, le Duce avait rétorqué qu'une loi réprimant les homosexuels était inutile puisque « en Italie, il n'y a que des vrais hommes ».
    L'hypocrisie affichée par les autorités n'a pas empêché pour autant le gouvernement de confiner, des années durant, plusieurs centaines d'hommes sur le seul motif de leur orientation sexuelle.
    A San Domino, petite île de l'archipel des Tremiti, juste en face de celle où étaient détenus les prisonniers politiques, ces homosexuels vivaient en semi-liberté, surveillés par des carabiniers.
    En 1938, à 26 ans, Antonio Angelicola, tailleur dans la boutique de sa mère à Salerne, était de ces exilés.

    En 1987, quand s'ouvre le récit, Antonio a soixante-quinze ans. Dernier témoin de cette période, le vieil homme s'est laissé convaincre par deux documentaristes, Rocco et Nico, de retourner à San Domino.
    Au cours d'un trajet en voiture pour le moins mouvementé, il va revisiter un passé douloureux qu'il a toujours beaucoup de difficulté à évoquer.
    Il va raconter le quotidien des homosexuels confinés sur l'île, prison à ciel ouvert où, paradoxalement, ils se sentaient plus en sécurité que chez eux, n'ayant plus besoin de se cacher, ne craignant plus d'être dénoncés.
    D'ailleurs, au moment de leur libération, beaucoup ne pourront retenir leurs larmes, anticipant l'humiliation de devoir retourner dans leurs villages affronter le regard de leurs familles et de leurs voisins.
    A San Domino, la vie s'organise. A l'échelle de l'île, une société s'instaure où chacun exerce le métier qui était le sien dans la vie civile. Parfois, des fêtes sont même organisées sous l'œil amusé des gardiens, faisant oublier un instant les conditions de détention précaires, le manque de nourriture, de soins et d'hygiène. Entre les détenus, les amitiés se nouent, les jalousies se font jour, les tensions s'exacerbent.
    Malgré le tragique de la situation, le récit n'est pas dénué d'humour, même si c'est souvent l'humour du désespoir.
    Quand il revient au présent de 1987, le récit se concentre sur l'évolution des rapports entre les trois protagonistes.
    D'une part, Antonio et Rocco qui entretiennent des rapports conflictuels, le premier affichant une mauvaise volonté évidente face au second qui ne voit en lui que du “matériel” pour son documentaire.
    D'autre part, Rocco et Nico, dont la relation pourrait outrepasser la simple amitié professionnelle liant un journaliste et son cameraman.

    Grâce à la pugnacité de certains[1], il n'est plus possible d'ignorer aujourd'hui le sort réservé aux Triangles roses déportés dans les camps par les nazis. Martin Sherman en a tiré une sublime pièce de théâtre, Bent. En mai 2008, à Berlin, l'Allemagne a même inauguré solennellement un monument en leur mémoire.
    En revanche, cet épisode de l'histoire italienne est encore souvent passé sous silence et reste peu connu des Italiens eux-mêmes. C'est d'ailleurs en lisant l'interview d'un survivant que Lucas de Santis a pris connaissance des faits dont il n'avait jamais entendu parler auparavant.
    Les dessins de Sara Coleaone – trait élégant et épuré, bichromie – sont en harmonie avec la sobriété du scénario, laissant ainsi toute la place à l'émotion.
    Deux documents ajoutent à la valeur pédagogique et historique de En Italie, il n‘y a que des vrais hommes : une préface de deux historiens, Tommasso Giartosio et Gianfranco Goretti, auteurs de La città e l'isola. Omosessuali al confino nell'Italia fascista, et la reproduction, en annexe, de l'interview de Giovanni Dall'Orto parue dans le magazine Babilonia, dont s'est inspiré de Santis pour créer le personnage d'Antonio.

    Les premières planches (pas vraiment représentatives de l'ensemble, à mon avis) sont proposées à la lecture chez Dargaud . J'ai mis en annexe de ce billet un document PDF trouvé sur le web proposant d'autres planches, ainsi que des extraits de la préface et de l'interview de Babilonia.

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    • Livres 4.00/5
    Par fannyrobin, le 07 juin 2011

    fannyrobin
    L'exil. le déchirement des proches quand l'un part pour assurer l'avenir de la famille. Se retrouver seul, arriver dans une nouvelle ville, être contrôlé, fiché. Un roman graphique aux couleurs sépia et au dessin onirique dans laquelle l'immigration est traitée sous tous ses angles.
    Une BD silencieuse qui en dit pourtant beaucoup !
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    • Livres 4.00/5
    Par Fromtheavenue, le 26 octobre 2010

    Fromtheavenue
    Pour Mussolini, tous les hommes italiens étaient mâles, actifs et virils. Donc, aucune raison de prévoir une loi radicale envers la population homosexuelle. Aussi, les autorités fascistes trouvèrent une solution détournée et plus sournoise : "le silence", faire disparaître ces "pédérastes". le livre nous raconte le témoignage d'un homme âgé de 75 ans qui malgré de nombreuses réticences accepte d'être filmé par 2 journalistes afin de raconter 50 ans plus tard son histoire. Celle d'avoir été emmené sur une île pendant 8 mois.
    La construction de la bd est intéressante : aller et retour entre le témoignage sur l'île et les conditions du tournage du documentaire. Un témoignage fort et sensible...

    Lien : http://fromtheavenue.blogspot.com/2010/10/en-italie-il-ny-que-des-vr..
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    • Livres 3.00/5
    Par Alienor, le 07 mai 2010

    Alienor
    Une fois n'est pas coutume, je me suis plongée dans la lecture d'un roman graphique dont le sujet m'avait interpellée, à savoir la persécution des homosexuels sous l'Italie fasciste de Mussolini.
    Bien sûr je n'étais pas sans connaître le sort que leur avait réservé l'Allemagne nazie, à savoir la déportation dans des camps où ils étaient contraints de porter un triangle rose.
    Mais j'ignorais totalement le sort que leur avait réservé le Duce, qui ordonna leur confinement sur une île de l'archipel des Tremiti. le titre choisi par les auteurs fait d'ailleurs référence à une phrase prononcée par Mussolini, révélatrice d'un déni pur et simple de l'homosexualité.
    Sara Colaone et Luca de Santis se sont intéressés à la question après avoir lu l'interview d'un homme qui avait vécu cet exil, interview reprise à la fin de l'ouvrage.
    La suite sur mon blog...

    Lien : http://tassedethe.unblog.fr/2010/05/07/en-italie-il-ny-a-que-des-vra..
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