ISBN : 2754800859
Éditeur : Futuropolis (2011)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Lucille est retournée vivre chez sa mère. L'anorexie semble être un mauvais souvenir, elle est choyée par sa mère, mais ses démons continuent de la hanter. L'absence du père, et la présence d'Arthur, son fiancé, en prison, pour meurtre. L'horreur du monde carcéral est t... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par PaKa, le 29 mai 2011

    PaKa
    En 2006, Ludovic Debeurme nous racontait l'histoire de Lucille, une jeune fille complexée par son physique, blessée par le départ soudain de son père, étouffée par la présence trop lourde de sa mère, sombrant petit à petit dans l'anorexie.
    Debeurme nous racontait aussi l'histoire d'Arthur, un jeune garçon solitaire, et violent, profondément marqué par le suicide de son père, fuyant ses nouvelles responsabilités d'homme de la maison.
    Debeurme nous racontait ensuite comment Lucille et Arthur se rencontrèrent, et comment cette rencontre allait bouleverser leurs vies. Comment ces deux êtres perdus se sont trouvés, ont fui leur région rude et froide pour les lumières de Paris, puis la chaleur de l'Italie. Comment ensemble, ils ont appris à s'ouvrir tout doucement, d'abord l'un envers l'autre, puis à s'ouvrir à la vie, tout simplement. Tel des chrysalides devenant papillons, nous avons vu nos deux adolescents s'épanouir, oublier leur enfance éprouvante pour devenir des adultes resplendissants, emplis d'amour, de joie et d'espoir. Mais pour finir, Debeurme nous racontait malheureusement comment le drame les rattrapait, une nouvelle fois via le corps de Lucille et la colère d'Arthur.
    Et puis… rien. Depuis 2006, Debeurme ne nous raconte plus rien, nous laissant nous morfondre et nous interroger sur le triste sort de nos deux héros.
    Heureusement, aujourd'hui Debeurme nous offre Renée, la suite tant attendue de Lucille.
    Cinq longues années d'attente auront été nécessaires pour savoir ce qu'il adviendra de Lucille, de retour chez sa mère, sauvée de l'anorexie mais cruellement tourmentée par le manque ; manque de son père, toujours absent, et manque d'Arthur, alors en prison.
    Et Arthur, justement, qu'adviendra-t-il de lui ? Saura-t-il maitriser la colère qui brûle au fond lui – attisée par la dureté du monde carcéral, afin de sortir au plus vite pour rejoindre son aimée ?
    Et qui est cette nouvelle venue, Renée ? Une écorchée supplémentaire, renfermée, solitaire, torturée par la vie et torturée par elle-même qui s'automutile pour évacuer la douleur qui l'étreint ; douleur infligée par cet homme plus âgé qui couche avec elle mais ne quittera jamais sa femme, douleur infligée par les fantômes de son enfance qui la hantent et rôdent constamment non loin d'elle.
    Des thèmes durs, donc, mais traités avec tellement de pudeur et de justesse.
    Loin de sombrer dans le pathos, le voyeurisme, ou le choquant, Debeurme s'attarde une nouvelle fois avec subtilité sur l'intimité de ses personnages, leurs doutes, leurs peurs, leur rage, mais aussi leurs espoirs, leur force, leur amour.
    Tant d'émotions et de sentiments que Debeurme prend le temps de développer sur près de 500 pages…
    500 pages qui se lisent d'une traite tant son histoire est prenante et sa narration fluide. 500 pages qu'il ne surcharge pas, qu'il aère, libérant ses vignettes de leurs cases restrictives et n'en plaçant parfois qu'une ou deux par page.
    500 pages où sa plume illustre son propos à la perfection, lâchant parfois un dessin rapide, épuré et minimaliste pour figurer l'essentiel, s'attardant d'autres fois sur un dessin fin et précis exprimant une tonne d'émotions différentes dans les yeux d'un personnage, noircissant la page de traits anarchiques et envahissants pour rendre compte de la rage et la folie ambiante, ou déformant les corps de façon cauchemardesque pour accentuer la sensation malaise ou de dégout…
    500 pages de haute volée au cours desquelles nous apprendrons à connaitre les personnages en profondeur, à les comprendre sans jamais les juger, et finalement à les aimer autant que des personnes réelles.
    Avec Renée, Ludovic Debeurme justifie amplement ces cinq longues années d'attente et clos de façon magistrale l'aventure commencée en 2006 avec Lucille, livrant une chronique prenante, touchante, et bouleversante sur le mal-être de trois âmes marginales, incomprises et livrée à elles-mêmes, traitant de thèmes des plus difficiles avec une sincérité et une émotion à fleur de peau, et parvenant même à y insuffler un certain souffle d'espoir.
    Un réel chef d'œuvre, de ceux qui ont hissé la bande dessinée au rang de neuvième art.


    Lien : http://www.anglesdevue.com/rubriqueabrac/
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    • Livres 4.00/5
    Par yvantilleuil, le 13 février 2011

    yvantilleuil
    Il y a cinq ans, Ludovic Debeurme invitait à suivre le quotidien de deux adolescents en pleine dérive psychologique. Lucille, étouffée par une mère trop protectrice, et Arthur, repoussé par un père alcoolique et violent, cherchaient respectivement ‘refuge' dans l'anorexie et le satanisme, jusqu'à leur rencontre, qui fît renaître cette flamme qui avait fui leurs vies depuis déjà trop longtemps et leur permettait de trouver un nouveau refuge : l'amour.
    Aujourd'hui, l'auteur livre la suite tant attendue de ce roman intimiste. le lecteur découvre non seulement ce qu'il advient de Lucille, de retour chez sa mère, et d'Arthur, livré à la dureté du monde carcéral, mais va également faire la connaissance d'autres personnages. Il y a tout d'abord l'héroïne, Renée, une jeune fille torturée qui s'automutile, mais également Arthur, un garçon violent aux gènes suicidaires. Ludovic Debeurme explore une nouvelle fois avec grand brio, le mal-être de ces deux nouveaux écorchés de la vie.
    Si la mise en place de ce deuxième volet est un peu plus difficile, Ludovic Debeurme parvient à aborder avec justesse des sujets difficiles tels que l'automutilation, le suicide et les relations parentales et affectives, en évitant de tomber dans le piège du pathos. En refusant de prendre position et en installant le lecteur dans un rôle d'observateur, il laisse ce dernier s'attacher aux personnages et se faire sa propre opinion. L'auteur va au fond de ses personnages et le développement psychologique est d'une finesse incroyable. Malgré la noirceur des destinées et la complexité destructrice des personnages, il parvient tout de même à maintenir une lueur d'espoir salvatrice tout au long du récit.
    En s'autorisant plus de 500 pages, Ludovic Debeurme se donne la place et le temps nécessaire pour poser ses personnages et leur histoire en douceur. Une liberté d'expression que l'on retrouve également dans l'absence de cases, permettant ainsi aux personnages de circuler et de s'exprimer sur l'entièreté des pages. Un dessin minimaliste et une économie de moyens qui permet d'aller à l'essentiel, tout en offrant une grande lisibilité et une lecture plus rapide que prévue. En mêlant onirisme au réalisme, en déformant les corps et en noircissant par moments son dessin, l'auteur parvient également à faire ressortir les émotions enfouies et à dévoiler l'indescriptible. Ces quelques scènes qui vont au-delà des mots, insufflent une force incroyable à ce récit qui combine ambiance malsaine à une analyse psychologique poignante.
    Me voilà définitivement fan de cet auteur, dont je range précieusement les chefs-d'œuvre auprès de ceux de Charles Burns.

    Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2011/01/18/ludovic-debeurme-renee/
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    • Livres 4.00/5
    Par ChezLo, le 10 septembre 2011

    ChezLo
    Il y a d'un côté Lucille, que l'on retrouve amoureuse d'Arthur, emprisonné. Ex-anorexique, elle est encore fragile et vit mal sa vie monotone auprès de sa mère et souffre de l'absence de son père. de l'autre côté, il y a Renée, jeune femme tourmentée et tombant amoureuse d'un homme plus âgé qu'elle, un musicien marié. Un amour contrarié, une femme qui souffre aussi de l'absence de son père. Un père qui va partager la cellule d'Arthur en prison.
    J'avais adoré Lucille Tome 1. Avec Renée, j'ai d'abord été déroutée, bien plus qu'avec le premier volume me semble-t-il, par les dessins glauques qui représentent les tourments, les cauchemars, les pensées noires qui habitent les personnages, qui les hantent. J'ai frôlé l'overdose même si j'ai pu en saisir quelquefois le sens des ces dessins difformes.

    Peu à peu, les planches aux dessins "classiques", aux traits minimalistes, viennent accompagner les histoires croisées de Renée et Lucille, et on peut en suivre le fil, avec émotion. Et on comprend peu à peu quels fantômes du passé les suivent. Arthur a perdu un père marin, Renée a perdu un frère et son père emprisonné pour crimes sexuels sur mineurs pourrait en être la cause, et Lucille pense à ce père disparu, dont l'histoire est totalement cachée par sa mère. Un drame surviendra en prison, et contre toute attente, réunira ces deux femmes que certaines choses éloignent mais que l'essentiel rapproche.
    Un album tourmenté, moins marquant que le tome précédent, mais avec la même humilité graphique et un fort intérêt pour les démons de la mémoire.

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2011/09/renee.html
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    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 09 octobre 2011

    oops
    Renée est la suite de Lucille, cette BD qui mettait en scène le mal être de deux adolescents ; Lucille l'anorexique et Arthur le suicidaire, deux êtres qui reprenaient goût à la vie au travers de leur amour naissant. Dans cette suite, on retrouve Lucille et Arthur, elle vit à nouveau chez sa maman elle voudrait comprendre pourquoi son père les a quittées. Arthur, lui est en prison suite aux actes violents commis dans le premier volume. Arthur a pour compagnon de cellule, un homme condamné pour crimes sexuels, autant dire que la cohabitation est difficile, il a bien du mal à contenir cette violence qui le torture. de manière fortuite, Lucille va faire la connaissance de Renée, une jeune femme qui s'automutile, rongée par une histoire d'amour avec un homme marié qui ne veut pas quitter sa femme. Comme Lucille, Renée en veut à son père, mais pour des raisons autres… le dessin est toujours aussi criant de vérité, la noirceur du crayon est saisissante et retranscrit si bien les traumatismes des uns et des autres qu'encore une fois le texte est secondaire. Même si parfois le lecteur peu éprouvé un certain malaise il faut avoir le courage d'aller jusqu'au bout pour affronter tous les tabous que l'auteur soulève.

    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com
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    • Livres 4.00/5
    Par gridou, le 26 mars 2011

    gridou
    Tout comme pour Lucille, j'ai eu du mal avec les illustrations. Je les trouve moches (désolée, mais il y a des dessins vraiment hideux). C'est certes la volonté de l'auteur qui exprime le dégoût du personnage, mais il n'empêche que je n'aime pas particulièrement son coup de crayon .
    Au début, je n'ai rien compris à l'histoire. Il y a très peu de texte, on ne sait pas qui sont les personnages et l'auteur développe tout un monde onirique, un peu fantastique qui représente l'inconscient ou les pensées des personnages. Une fois qu'on a compris le principe, tout s'éclaire et au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire, tout prend son sens.
    Et finalement, malgré mes préjugés de départ, j'ai énormément aimé cette lecture !
    Il se dégage une force incroyable dans certaines scènes. Une violence inouïe aussi.
    Les thèmes abordés sont très durs, notamment l'enfermement, le confinement et la promiscuité de la prison qui rendent fou. Mais je préfère ne pas trop en dire sur les thèmes...Les personnages sont toujours aussi profonds et bouleversants.
    Un album vraiment très réussi, qui plaira assurément à ceux qui ont aimé le tome 1.

    Lien : http://lesgridouillis.over-blog.com/article-renee-de-ludovic-debeurm..
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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 27 septembre 2011

    Il y a des couteaux mystiques qui s’enfoncent dans les chaires des jeunes filles allongées sous le poids des garçons. Je leur donnerais bien mille de mes cheveux, qu’ils en fassent des rubans de vertu à attacher autour de leur queue aveugle. C’est tellement dur d’avoir à lutter contre soi. On y gagne si peu… pour tout ce qu’on laisse en chemin
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  • Par alouett, le 27 septembre 2011

    J’ai envie de te frapper. T’enfoncer tes sempiternels soupirs de lassitude au fond de la gorge. Et t’ouvrir le regard à coups de fourchette, que tu aperçoives enfin ta bêtise en plein. Mais je t’aime
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  • Par OliZ, le 19 mai 2011

    Je suis dans une boite - mon lit - qui est elle même dans une autre boite - ma cellule - qui est, elle, dans une autre boite - la prison. Hum ... Non ... Je suis dans une boite - ma tête - qui se trouve dans une autre boite - mon lit - qui est enfermé dans ma cellule qui, elle est finalement dans la boite prison ...
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  • Par alouett, le 27 septembre 2011

    Tu serais assurément le plus laid d’entre eux si la musique ne faisait pas de toi ce poète infini et céleste
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  • Par zevince, le 06 mai 2012

    Des fois, lorsque je jouis, je ne peux pas m'empêcher de penser à mon père... Pourquoi mon cerveau fait-il ça ? Ça me dégoûte...
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Vidéo de Ludovic Debeurme

La leçon de dessin par Ludovic Debeurme .
Evene vous propose une leçon de dessin avec Ludovic Debeurme, auteur de la bande dessinée "Lucille". Crédits interview, images et montage (c) Evene Plus de vidéos exclusives: http://www.evene.fr/culture/videos-exclusives.php








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