Toute ma vie, je n'ai vu que des temps troublés, d'extrêmes déchirements dans la société, et d'immenses destructions ; j'ai pris part à ces troubles.
De telles circonstances suffiraient sans doute à empêcher le plus transparent de mes actes ou de mes raisonnement... > voir plus
Pour qui s'emploie uniquement à faire de telles démonstrations historiques, et donc refuse partout ailleurs le travail existant, il est bien certain qu'il faut savoir vivre sur le pays. Je traiterai plus loin la question d'une manière assez détaillée. Pour me borner ici à exposer la chose dans sa plus grande généralité, je dirai que je m'en suis toujours tenu à donner l'impression vague que j'avais de grandes qualités intellectuelles, et même artistiques, dont j'avais préféré priver mon époque, qui ne me paraissait pas en mériter l'emploi.
« Le monde n’est qu’abusion », résumait Villon en un seul octosyllabe. La décadence générale est un moyen au service de l’empire de la servitude ; et c’est seulement en tant qu’elle est ce moyen qu’il lui est permis de se faire appeler progrès.
Bien plus tard, quand la marée des destructions, pollutions, falsifications, a atteint toute la surface du monde, et aussi bien s’est enfoncé dans presque toute sa profondeur, j’ai pu revenir aux ruines qui subsistent de Paris, puis qu’alors il n’était plus rien resté de mieux ailleurs. Dans un monde unifié, on ne peut s’exiler.