ISBN : 9782246787389
Éditeur : Grasset (2011)


Note moyenne : 2.67/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Cela commence par un enterrement. Cela finit par un enterrement. Entre les deux, l’homme que l’on enterre prend la parole et raconte sa vie. Le récit commence dans les années 1970, où le narrateur est encore un enfant. Un fils de famille bourgeoise qui s’ennuie. Il comb... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Pingouin, le 19 mai 2012

    Pingouin
    Ayant pour habitude de me cantonner aux "classiques" -en ce qui concerne les romans, tout du moins-, je me suis intéressé à ce livre pour deux raisons : d'abord parce que j'ai entendu louer la virtuosité de son style, mais également parce que son auteur a mon âge à un mois près.

    Pour ce qui est du style, il est beau, poétique, c'est incontestable, mais il y en a trop. L'auteur en fait trop, cela donne lieu à des phrases et paragraphes sublimes, mais également à des redondances et à une lassitude qui s'installe très vite.
    Le problème principal reste l'intrigue, ou plutôt, son inexistence, le narrateur nous parle de choses et d'autres sans rapport aucun, il y a certes une logique chronologique, mais elle est loin d'être suffisante pour justifier cette incompréhension permanente. On ne voit pas où l'auteur veut en venir, pourquoi avoir écrit ce livre ?
    Après réflexion, l'on peut supposer qu'il l'a simplement écrit pour s'envoler lyriquement, il a voulu faire mousser sa plume -il a réussi-, mais en général, la mousse sert à correctement se laver les cheveux ou à bien se raser (mais quelle poésie !), en l'occurrence elle ne sert qu'à faire joli, elle n'a aucun but. Les mots ne servent pas le roman, c'est le roman qui sert les mots.
    Comme une toile composée uniquement de traits de couleurs, les couleurs sont belles, pétantes, agréables à l'œil, mais elles ne forment et ne signifient rien.
    Le style n'est pas assez révolutionnaire pour se permettre de négliger le fond à ce point, il n'y a pour moi qu'une révolution littéraire comme celle de Céline qui pourrait se permettre ce genre d'excès -et encore, il ne se l'est jamais permis. Ce livre ne peut pas exister qu'esthétiquement, contrairement à ce qu'a semblé croire son auteur sans doute trop présomptueux.
    Le narrateur est parfois à la limite de l'insupportable, ses considérations nostalgiques deviennent rapidement répétitives et prévisibles, mais l'objectif étant probablement de dépeindre ce genre de personnage, il est de fait atteint.

    Je n'ai, comme je l'ai déjà précisé, pas l'habitude de lire mes contemporains, je ne peux donc pas comparer celui-ci avec d'autres, mais peut-être en est-il très différent -ce qui justifierait l'extase de certains sur ce roman qui diffère peut-être de ses voisins de librairie. Toujours est-il que je n'ai pas été subjugué. Alors oui le style est agréable, la plume est parfois sublime, mais elle est trop exagérée, elle mérite de vieillir et de s'affuter.
    Avec de meilleurs plans, je suis certain que les productions architecturales de cet auteur pourraient devenir très intéressantes, en attendant, ce livre est agréable à lire, mais n'est pas un chef-d'œuvre.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par LisaEsperou, le 26 octobre 2011

    LisaEsperou
    Que de critiques brillantes pour un "livre" qui ne l'est pas pas! Et je dis livre pour ne pas pas dire roman. En effet, un roman se caractérise par une multiplicité des lieux (ok), des temps (ok aussi) et des INTRIGUES (bah y'en a pas!). Donc dès le départ, en couverture, Grasset vous ment, voilà.
    De plus, le résumé, selon moi, se trompe. En effet, le narrateur n'est pas le mort, puisqu'on indique clairement à la fin qu'il va à l'enterrement de son ami Paul, qui a traversé le roman, désabusé (un peu comme le lecteur lambda).
    Le roman commence avec une citation de Paul Morand : elle ne peut être comprise qu'une fois le livre terminé et digéré (et c'est pas du cheese-cake, je vous prie de le croire !)
    Pour ce qui est des 20 premières pages, on ne voit tout bonnement pas où l'auteur/narrateur veut en venir.
    Par la suite, on lui trouve des considérations bizarres qui ne sont pas de l'âge de l'auteur (ça!) sur l'adolescence et l'amour (et non, de nos jours, un ado de Paris et de la campagne, ce n'est pas la même chose !)(+ idée un peu désuète que l'adolescence s'arrête à 18 pile) mais bon, passons et voyons la suite, non ? le père du narrateur est un "aimable rentier" : on retrouve cette oisiveté tout au long de l'œuvre.
    A quoi bon faire un "roman" historique si l'on y met pas le ton ? Aucun marqueur de temps, pas de recherche c'est un comble : l'auteur est juste un spécialiste d'arrêts SNCF et autres bleds inoffensifs.
    Il y a toujours cette nostalgie de Sacierges, mais on ne "sent" pas ce bonheur éprouvé, ce qui m'est en péril le reste de la narration.
    Pour ce qui est les 100 premières pages, comme dans le reste du roman (permettons nous le terme, à défaut d'un plus approprié), il ne se passe rien. Pas de passages envoûtants qui donnent envie d'être relus.Aucune odeur. Rien. Que des descriptions de lieux et d'états d'esprit aussi vagues qu'un horoscope de 20 minutes. On ne sait pas où l'auteur veut en venir avec son titre, pas plus qu'avec l'œuvre lue. Vocabulaire : moleskine, calicot, lampadophore, hydrophyte, raboteux, pictavienne, raidillons, stuporeux. Que dire ?
    On continue la lecture tout de même. Dans le style, on remarque une utilisation frénétique et insupportable du trio d'adjectifs ou de verbes. Sujet - Verbe - Complément = Phrase ! Magique !
    Rien ne nous est dit sur la vie du narrateur Où vit-il ? Que fait-il ? A quel âge ? Ce n'est pas au lecteur de calculer. Il y a des associations de couleurs non explicitées : "bars rouges, restaurants jaunes". ? Et disons le, le narrateur est un petit con de la Haute'. C'est dit. D'où cette oisiveté sus-mentionnée et cette fadeur trouvée à la vie.
    L'auteur connaît ses grands classiques, alors il met des citations à droite à gauche et des références : Malraux tout ça, "Ce bar décidément, c'était un voyage au bout de l'enfer" (page197).C'est bien. Tu veux une fraise Tagada ? Un Susucre ?
    Certaines images sont étranges "oiseaux qui trottinaient" (page 158) ou une ville fantôme sans fantômes, d'autres sont plutôt intéressantes comme "les villages qui semblaient se blottir autour de leur église" (p230) ou la description de Lyon.
    A noter une passion pour les couleurs bizarres et peu parlantes : parme, ocre. ...Mais céladon et anthracite c'est bien aussi, n'est ce pas lecteur ? (Tout à fait, lectrice!)
    Et je ne sais plus que dire si ce n'est qu'il y a des rencontres intéressantes, dans une gare, Paul, un garçon mystérieux...à ce titre, je trouve que le couple homo fait racoleur, vendeur mais pas "vrai". Mais c'est à la mode dans la littérature alors que voulez-vous, gardons nos stéréotypes sur les homosexuels, la ménagère est bien contente !
    Et pour l'œuvre complète, finissons sur un peu de vocabulaire, une liste qui vaut le détour (non exhaustive, ouf!) (Non, non, l'auteur écrit au feeling, c'est pas recherché du tout, et ça ne s'adresse pas à une élite littéraire, noooon) :
    (On se prépare...) interrègne, mordicant, HALENÉES, paranymphes, madrigalise, sudation, rogatons, splénétique, dièdre, encorbellements, goualeuse, escarpolettes, foucades, santons, laudatif, canopée, trémières, SCISSIPARITÉ, saunière, aspidistras, innervés, marigot, agioter, conspué, CHARROI, gardes-chiourmes, hinterlands, CARAVANSÉRAIL, fondouk (?), escarbille, capilotade, seitan, oileau, sémaphores, glabrismes, CUISTRE, dandinette, coulpe, courlis, ÉGLOGUE,, nocher, palangrier, tubuleux, diérèse & sa copine synérèse, cévenoles, homélie, succédané, GALÉJADE, galipots, agapes, redomontades, le verbe m'éjouir, samizdats, calamistrés, sabayons, marrissures, lavallières, ORCHARD, foutraque, flapi, canson, dithyrambiques, déliquescents, égrotante, salmigondis, javeline, FLEINS & QUINCAGEON, coufehs, levraut, flutas, galoubet, formosan, et enfin...fricandeau !
    Je vous épargne le numéro des pages mais lisez bien et demandez-vous : combien j'en connaît du haut de mes x années ? Si vous en connaissez la moitié, et la liste n'est pas exhaustive, ben CHAPEAU !
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    • Livres 3.00/5
    Par truefaux, le 16 février 2012

    truefaux
    Portrait du poète en dandy : la quête de l'écriture
    «Parce que la vie, on sait ce qu'elle vaut, on sait ce qu'elle fait, on sait où elle va. Mais on ne sait pas ce qu'elle dit. Elle n'est pas très bavarde, la gironde. Les écrivains, ils essaient de lui délier la langue. ils tentent. Ils s'usent. Ils s'acharnent. Ils ne vont même pas y arriver» (Du temps qu’on existaitMarien DEFALVARD).
    Marien DEFALVARD, dont on découvre les goûts dans ce premier livre, rivalise, lui, avec son
    narrateur. D'un enterrement à l'autre, un jeune garçon, toujours entre deux maisons – deux tombes ? - traîne son existence contemplative, affectionne la mélancolie des stations
    balnéaires et avance des noms de lieux : Coucy-le-Château, Sacierges, Bouloire - avec quelque chose de proustien, qui peut agacer mais retient l'attention.
    Ne serait-ce qu'une valse-hésitation, une espèce d'éducation sentimentale homosexuelle,
    finement ciselée et bruissante d'ellipses? Marien DEFALVARD estime que ce n'est pas si simple.
    DEFALVARD, immense pupille fixée sur un monde, sur une vie d'homme, sauve de l'oubli
    quelques dates, quelques souvenirs, ne nous livre pas un roman mais, au contraire, la matrice de tous ses romans (à venir ?). Ce faisant il confirme que toute grande œuvre romanesque est, ne peut être que réactionnaire, en lutte perpétuelle contre le temps qui
    dévore tout.
    Marien DEFALVARD risque t-il le vertige du vide lorsqu'il devra avancer son deuxième pion ?
    Cet écrivain va-t-il mal tourner ? Il va avoir vingt ans. Que pouvons nous lui souhaiter ?
    « Tous les grands écrivains tournent mal » (Entretien avec Edouard LIMONOV – le Point 17 novembre 2011)
    -----------------------

    Un inconnu plongé dans le marais germano-pratin, lycéen âgé de 19 ans, des résultats du bac, des performances d'athlétisme, l'adresse d'une famille à Orléans.
    Avec son narrateur, personnage aux couleurs changeantes, comme change la vie ; gris adolescent, jaune jeunesse, enfin mauve déception. Tout finit à l'imparfait, bien sûr. Non pas, qui étais-je, mais, où étais je?
    Le parcours du «héros», qui n'est pas un jeune homme moderne, traverse ou habite des villes où il tente de forcer les portes avec la clef de l'écriture.
    Notre marcheur gracquien arpente de plates cartes géographiques tout en évoquant Paris, la seule ville absente du parcours, par une irrésistible ode au Monopoly.
    La vie de ce jeune dandy-routard s'est arrêtée pour des raisons immobilières : une maison de famille vendue, des espérances envolées et un monde enchanté qui finit. Chaque phrase
    célèbre le passé, la nostalgie d'une époque révolue et d'une France mythifiée.
    Vieillir, il le faut bien. Aux côtés d'une mère «fanée comme un beau lis». Avec cette migraine persistante, cette impression récurrente d'avoir déjà vécu les moments présents. Les longues plaines d'ennui, luxuriantes par le vocabulaire, transforment le roman en un long poème existentiel qui déroule son paysage sous nos yeux écarquillés.
    Le temps enfui infuse, de plus en plus faiblement, le temps présent, vide et gris, de l'écriture comprise comme absence de vie réelle. Mot après mot, s'édifie la vie reconquise, celle qui brille au travers des mots.
    Et le livre de se refermer comme il s'est ouvert, par un enterrement.
    Tout grand roman est une reprise des choses fugaces, des êtres qui périssent. Afin d'assurer sa survie après sa propre mort pour dialoguer avec ceux ont été comme lui, un homme ou une femme.
    Marien DEFALVARD est souvent tenté par cette langue qui s'enroule pour épuiser le sujet et le dévorer. Tout puissant, il apporte une réponse originale à la question esthétique : comment raconter la légende ?
    Ce premier roman, mélancolique et chagrin, manque sans doute de sang et de nerf. Les figures sont des statues. Aucun être vivant, sauf ce chien jaune qui hante les pages, animal psychopompe.
    Ce premier non-roman dessine les contours du véritable roman à venir : «ce qu'était Lyon en 41, 42, et ce qu'y faisait mon père. J'aimerais peindre la fresque tragique et obscure, un grand tableau goyesque, les nazis en plus, mais je ne suis pas bon pour cela, les ambiances de terreur, la Milice, mon père qui embrassait une Allemande, la ville occupée [...]»
    Après ce tour de chauffe, il reste à Marien DEFALVARD à écrire un véritable roman.
    Peut être en contemplant la prunelle torve de ce chien jaune, pourra-t-il descendre encore plus profond, avant la grande remontée.
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  • Par keisha, le 17 septembre 2011

    keisha
    Partons donc à la recherche Du temps qu’on existait.

    Cinquante ans de la vie d'une homme, à partir de son enfance dans les années 60, fils d'une famille nombreuse assez fantasque et aristocratique, dont la maison de campagne à Sacierges (au fin fond de l'Indre) vaudra au narrateur de fabuleux souvenirs d'enfance et une nostalgie marquante d'un paradis perdu. Ensuite il errera, d'un endroit à l'autre, au gré d'on ne sait quel vent, pour finir à Coucy dans l'Aisne.

    Alors?
    Ce roman passe haut la main le test de la page 99 (que j'aurais pu citer in extenso tellement elle est belle) , ce n'est pas un livre à lire "d'une seule main" pour reprendre l'expression stendhalienne que j'adore.

    Assez vite l'on comprend qu'il vaut mieux suivre le narrateur dans ses errances et rêveries, son désenchantement sans âge et ne pas trop vouloir connaître les détails qu'il nous taira (qu'il se taira?). C'est parfois frustrant et aux deux tiers du roman avalé jusque là dans l'émerveillement quasi total, j'ai commencé à fatiguer, désirant quand même une toute petite histoire à me mettre sous la dent, un objectif, quelques moulins à vent, même tournant à vide.

    Sauf que juste à ce moment on est cueilli par des mots, un paragraphe et on se dit "ah quand même!" et ça repart! Je suis donc arrivée au bout du parcours de ce personnage peu aimable en fait, ne cherchant pas non plus à plaire, et de son aveu n'aimant personne. Quoique son manque d'intérêt pour sa propre vie entraîne le lecteur sur le même chemin...

    L'évocation des séjours à la campagne est une pure réussite, Sacierges surtout, Bouloire aussi, les bretons devraient trouver leur compte dans les monts d'Arrée (on a même un séjour à Brest...); existent assez peu, hélas, de ces passages brillants où l'auteur croque des personnages, tels Paul, et peu d'émotion, sauf quand sa mère est bien malade. Puis le jeu de Monopoly, bien sûr.

    Même si l'époque du roman est extrêmement précise et précisée en début de chapitre, une impression de hors du temps, d'intemporel s'en dégage. Cette enfance des années 60 a quelques décennies de retard.

    Parlons enfin, last but not least, de l'écriture, étonnante (bon, je n'ai pas lu tous les livres, non plus), impressionniste je dirais, d'un flou enchanteur parfois. Mots rares, détournés, chantournés, le ciel omniprésent, beaucoup de couleurs... Trop rarement l'auteur se lâche un peu, et c'est plus fou (ça j'aime).

    "Je voyais le paysage, et c'était du nougat, et des fruits confits, dans la boîte à délices des jours."
    " Mon coeur dévalait le colimaçon d'un escalier, trois marches à la fois, parfois glissant sur la rambarde, tourbillonnant sur les paliers."
    " Les mots n'étaient pas de moi, on m'avait forcé à les dire, j'avais la bouche pleine de guillemets."
    " J'aurais beau, dans les heures futures, me dire que la mort était imposée, qu'on ne pouvait pas entourer la mention, cocher la croix, la choisir comme son option de classe préparatoire ou son plat du jour dans le restaurant de la rue d'Octeville, je ne pourrais jamais m'y faire."
    " La vie sans fard, la vie sans phares; sans maquillage du présent ni éclairage du lendemain." (ouais, bon.)
    " Tout s'écrivait soudain dans une police grasse, épaissie, avant que la nuit, où souffle un vent penché, ne fasse danser ses italiques."
    " Deux ou trois chocolats, gros, carrés comme des constructions soviétiques."
    " le boucher équarrissait à tire-larigot, du lever au coucher; pour lui, c'était un long dimanche d'entrailles" (bof, bof)

    " quand vitement, lentement les jours s'engrisent, se vanissent, se contingentent..."

    Jusqu'à la mort:
    " Les couleurs disparurent. Et pendant les dernières minutes, il n'y eut plus que du blanc, le blanc du ciel..." (tout un magnifique passage!)

    Au final
    Un narrateur, pas trop d'action, beaucoup de descriptions, le temps dans le titre... mais oui, on pense à un certain Marcel! Non, Marcel fait preuve de plus d'humour, son écriture est plus ample (longues phrases, dit-on) et classique, il y a plus d'action que les méchantes langues ne le disent, et ce qu'il nous dit nous touche, atteint à l'universel. Ce ne serait ni fair play ni bienvenu de comparer. Je recommande la lecture de Du temps qu’on existait, pour une somptueuse expérience, ça passe ou ça casse, je préviens. Des passages où ça manque de nerf, mais honnêtement, à relire pour écrire ce billet, je retrouve plaisir à suivre les méandres des phrases.


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-du-temps-qu-on-e..
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    • Livres 3.00/5
    Par jostein, le 11 décembre 2011

    jostein
    Habitant en région centre, je ne pouvais pas rater la lecture de ce roman écrit par un jeune prodige orléanais de 19 ans. Prodige par son style littéraire, d'autant plus qu'on apprend qu'il a commencé à écrire ce roman vers 15 ans.
    " Je lisais une heure le dictionnaire aux toilettes" nous dit le narrateur. Cela doit être du vécu de l'auteur et a porté ses fruits car Marien Defalvard connaît et maîtrise les figures de style et le vocabulaire . Il joue avec les mots et les expressions.
    " L'air plein de grain à moudre, d'ouvrages sur le métier, de fil à retordre, de chats à fouetter, de fers à battre, de tabac à priser."
    Le narrateur nous entraîne dans son sillage depuis sa douce vie enfantine à Sacierges, grande demeure et vie  bourgeoise qui resteront le regret de sa vie jusqu'aux différentes villes du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest de la France.
    " Car quand l'aimée, Sacierges, disparut, elle me laissa incomplet, inassouvi, impréparé même, et l'évidence de sa présence changera de nature."
    Ses descriptions de Paris, Brest, Strasbourg et Lyon sont d'une grande précision, d'une réalité enrichie des observations des rues, des monuments et des climats.
    Il nous dévoile aussi ses rencontres avec Paul Bonhomme ou François qui ajoutent encore du relief à ses villégiatures. Il évoque peu sa famille, ses parents, une de ses soeurs, un des ses frères mais l'on perçoit une faillite familiale, des regrets, des incompréhensions. le concret est un peu flou dans cette trop grande volonté de description spatiale.
    L'auteur gagnerait à maîtriser davantage ses élans littéraires, fougue de jeunesse peut-être.
    Même si je me suis régalée  de cette description du jeu de Monopoly sur cinq pages ou des peintures hautes en couleur des villes et des paysages, j'aurais aimé davantage de fond dans l'histoire de sa vie.
    Si le lecteur cherche des faits, une histoire, ce ne sera pas vraiment dans ce premier roman. Ici, c'est le style qui prime et le sentiment pessimiste et mélancolique l'emporte.
    " J'abusais du passé pour me garder de vivre."
    Ce roman va enthousiasmer certains et en décevoir d'autres. Quant à moi, je reconnais le potentiel littéraire, j'apprécie la richesse du style mais j'espère que la maturité apportera à l'auteur la maîtrise de ses envolées littéraires et lui permettra de nous offrir une histoire plus concrète. C'est indéniablement un auteur à suivre.

    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-du-temps-qu-on-exis..
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Laurent Nunez pour le Magazine Littéraire

    Avec son premier roman, Du temps qu'on existait, Marien Defalvard offre à 19 ans une maîtrise impressionnante. Pour une fois, versons dans l’anecdote. C’était il y a quelques se... > lire la suite

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Critiques presse (9)


  • Lexpress , le 06 octobre 2011
    Alors, disons-le tout de suite : ce roman est épouvantable. On annonçait un Des Esseintes du Loiret, on se retrouve devant Justin Bieber romancier - tous les défauts de l'adolescence, sans sa grâce insolente.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Actualitte , le 04 octobre 2011
    Peu importe l’estampille qu’on pourra apposer à ce premier roman, peu importe ce qu’on cherchera à dire sur l’écrivain, ce livre est avant tout un ovni venu d’un univers infiniment mélancolique. Magnifique.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • LeMonde , le 09 septembre 2011
    Du temps qu'on existait est un livre conservateur, qui semble exalter une impossible fixité des choses. Mais c'est avant tout le roman d'un véritable écrivain, pour qui la seule réalité qui vaille existe dans les mots.
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Lexpress , le 31 août 2011
    Du temps qu'on existait peut difficilement se résumer. Ne pas s'attendre à y trouver une intrigue, des personnages, un quelconque suspense. Marien Defalvard n'est pas romancier pour deux sous. Quelle importance puisqu'il montre d'entrée de jeu qu'il est un écrivain à part.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LePoint , le 25 août 2011
    À 19 ans, il publie un texte écrit à 16 ans aussi désincarné que stylistiquement sidérant.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • Telerama , le 24 août 2011
    Un premier roman, mélancolique comme un mois de novembre qui ne finirait jamais.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Bibliobs , le 24 août 2011
    COUP DE COEUR. Voici quarante ans de la vie d'un homme. Une vie brève racontée longuement par un auteur de 19 ans, dont c'est l'étourdissant premier roman.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LesEchos , le 23 août 2011
    Foisonnant, généreux, lyrique, « Du temps qu'on existait », n'est pas sans défaut : le style châtié, élégant, se fait parfois ampoulé.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Bibliobs , le 20 juillet 2011
    Ce premier livre, où les desserts occupent une place de choix, est un gâteau trop riche d'où déborde un talent fou, crémeux, irrépressible.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs

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Citations et extraits

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  • Par Pingouin, le 18 mai 2012

    Je pensais, pourtant, devant cette vue que plus tard une autre viendrait rejoindre, dans mes vieux jours, aussi diligente, qui embrassait aussi lointainement, aussi grisement, aussi gymniquement la courbe de la Terre, je pensais que le carambolage de mes sommités intérieures, celui qui me faisait comme j'étais maintenant à seize ans, me paraissait bien supérieur, plus essentiel que l'éclatement des chaudrons nucléaires, ses trois mille cent morts par la campagne, et ce n'était ni par orgueil, ni par indifférence, ni par sécheresse, car si trop vite ma vie s'assécha, mon cœur demeura humide, pluvieux (ce qui lui faisait des croûtes, des mauvaises odeurs, des champignons, et que n'aéraient que trop rarement les fenêtres ensoleillées de l'amour).
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  • Par jostein, le 11 décembre 2011

    La première image de la nostalgie, immanquablement, est celle des collines rousses, au solail finissant, leur vieux sourire allusif, jauni, c'est celle de mes yeux qui les parcourent avec lenteur, qui s'affaissent et s'envolent, au fil d'arbres morts et d'herbe sèche.
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  • Par LisaEsperou, le 26 octobre 2011

    "Pléthores de collines, les pléiades de nuages, les myriades de boutons d'or, les kyrielles de zéphyrs" (page 20)
    ...
    (L'auteur en fait pas un peu trop ?)
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  • Par jostein, le 11 décembre 2011

    Je ne sais plus qui avait dit qu'on devenait adulte à la mort de sa mère.
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Vidéo de Marien Defalvard

Marien Defalvard, prix de Flore 2011, interviewé sur le plateau de Laurent Ruquier








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