AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2709659565
Éditeur : J.-C. Lattès (28/12/2016)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 152 notes)
Résumé :
Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie.
Aussitôt, elle sait.
Après On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt explore dans ce roman virtuose la puissance du désir et la fragilité de nos existences.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
marina53
10 avril 2017
Dans cette vaste maison blanche sur le golf de Bondues, non loin de Lille, vit Emma. Presque la quarantaine, jolie. Un mariage sérieux avec Olivier depuis 18 ans et 3 beaux enfants. Elle travaille dans le Vieux-Lille, dans un magasin de vêtements pour enfants tandis que lui dirige une importante concession de voitures. Un jour, dans une brasserie, dans un décor semblable à un film de Sautet, elle remarque un homme. Elle regarde d'abord sa bouche puis ses lèvres et sa fossette qui creuse ses joues. Tout en elle tremble. Vacille. Une bouffée de désir la submerge. Ce premier jour, il ne la voit pas et repart avec ses amis. le lendemain, elle retourne rue de Béthune, à la brasserie André. Cette fois-ci, il est seul et leurs regards se sont croisés. Elle ne veut pas d'amant. Juste un vertige. Elle sait que sa vie va basculer... 
Grégoire Delacourt habite à merveille le personnage d'Emma et décrit avec passion le destin de cette femme soudainement éprise de désir pour cet homme rencontré par hasard. de suite, elle sait qu'il est un homme qui fait tout quitter à une femme. Pourtant heureuse dans sa vie, Emma basculera. Ce roman sur le désir, sur la passion, revisite le thème de la femme infidèle. Divisé en trois parties bien distinctes et d'inégale facture: la première décrivant avec justesse le sentiment amoureux et le désir, les deux suivantes basculant parfois dans le romanesque. L'on ne pourra pas toutefois reprocher à l'auteur ces tournants inattendus pimentant le sel de la vie et son analyse fine et subtile des sentiments, parsemant ici et là de jolies formules. Une danse surprenante et bouleversante qui dépeint précisément la confusion des sentiments. 
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          613
ktylauney
20 février 2017
Emmanuelle, la petite quarantaine, est mariée à Olivier depuis dix-huit ans. Ils habitent à quelques kilomètres de Lille avec leurs trois enfants et ont une vie heureuse en apparence.
Olivier est concessionnaire automobile et Emma travaille dans une boutique de vêtements. Elle aime son mari, ses enfants, le confort de sa maison, l'opéra et les films de Claude Sautet.
Mais Emma étouffe dans sa petite vie confortable. Elle aspire au vertige, au doux bouleversement des sens.
Quand elle pénètre un jour dans la Brasserie André 71, rue de Béthune, elle remarque un homme par qui elle se sent irrémédiablement attirée.
Tous les jours elle retourne pendant sa pause déjeuner dans cette brasserie. Echanges de regards entre cet homme et Emmanuelle. Tentation, désir qui monte doucement.
Sa vie s'en trouvera bouleversée jusqu'à prendre une décision définitive.
Bravo à l'auteur, Grégoire Delacourt, qui a su cerner la personnalité d'une femme tourmentée et décrit parfaitement ses pensées les plus intimes, les plus profondes.
Il se met dans la peau d'Emmanuelle qui est la narratrice du roman. C'est déjà difficile pour une femme d'exprimer et de comprendre ses propres sentiments les plus complexes, alors oui, chapeau à l'auteur pour son exercice de style et son écriture excellente et poétique, souvent bouleversante.
Qui n'a jamais étouffé dans sa vie et décidé de tout plaquer ?
Emma ressent de la lassitude d'être ancrée dans une vie routinière où elle n'a plus rien de passionnant à quoi se raccrocher.
Au fil du temps les promesses et les projets faits au début de leur rencontre avec Olivier n'ont finalement jamais été tenus.
Comme bon nombre de couples, on se rencontre, on s'aime, on connaît la passion. Mais tout ça s'émousse et rien ne dure. Ni la passion ni même l'amour qui se transforme en tendresse. Mais on continue à vivre ensemble "par habitude".
De plus, il y a ce sentiment que beaucoup de femmes éprouvent, celui de retrouver l'ivresse des débuts d'un amour. Celui de séduire, de plaire, de se sentir comme une adolescente dont le coeur bat pour la première fois. Le fait de se sentir à nouveau "vivante" et d'être prête à faire des choses folles. Redevenir femme à part entière et plus seulement une mère et une épouse.
"Je ne voulais pas d'un amant. Je voulais un vertige." (citation du livre).

Très justement l'auteur fait un parallèle entre Emma et Blanquette, la petite chèvre de Monsieur Seguin de Daudet qui n'aspirait qu'à s'échapper de son enclos, rompre sa corde
et partir dans la montagne, se moquant bien du loup et du danger.
Emma, elle, prend une décision radicale qui bouleverse sa vie en décidant de quitter sa famille et de s'échapper d'une vie maussade, tout comme Blanquette.
Le roman ne traite pas uniquement de l'amour et de la beauté d'une rencontre mais aussi des doutes, de la solitude, des moments d'une tristesse extrême, de la maladie, des enfants qui en veulent à juste titre à leur mère de les avoir quittés.
" Danser au bord de l'abîme " est extrêmement bien écrit. Je ne le conseille cependant pas aux personnes déprimées car la deuxième partie du roman est empreinte de nostalgie et de tristesse. L'émotion noue la gorge et peut faire couler quelques larmes.
Heureusement l'espoir est au bout du chemin.
La poésie des mots, les belles descriptions, les personnages atypiques au grand coeur ont réussi à me charmer. C'est une vraie réussite que ce roman, et un véritable coup de coeur.



+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
hcdahlem
06 janvier 2017
L'auteur de la Liste de mes envies et des Quatre Saisons de l'été nous revient avec un roman qui devrait élargir encore davantage le cercle de ses lecteurs, car si sa plume est toujours aussi élégante, elle va cette fois chercher plus profondément les tourments de l'âme. À l'anecdote vient désormais s'ajouter la gravité, aux bonheurs de l'amour viennent désormais se mêler la douleur de l'absence et du deuil.
La première – bonne – surprise est d'avoir choisi le point de vue d'une femme comme narratrice. Une femme dont la confession est sans concessions : « Je transcris ici l'enchaînement des faits tel qu'il s'est déroulé. Je ne commenterai pas l'irrépressibilité de mon désir – elle est sans doute à chercher du côté du sacré.
Je veux juste essayer de démonter la mécanique du désastre. de comprendre pourquoi, plus tard, j'ai incisé à jamais le coeur de ceux que j'aimais. »
Emmanuelle et Olivier ont plutôt bien réussi. le couple a trois enfants, le mari une bonne situation, Emma arrondit ses fins de mois dans un magasin de vêtements. Un petit bonheur tranquille qui cache toutefois une frustration, une usure, un mal-être : « Je me vidais de moi-même. Je m'essoufflais à ne pas m'envoler. Je pâlissais, et Olivier parfois s'inquiétait – il parlait alors de quelques jours ailleurs, l'Espagne, l'Italie, les lacs, comme si leur profondeur allait engloutir ma mélancolie. Mais nous ne partions pas, parce qu'il y avait les enfants, parce qu'il y avait la concession, et parce que j'avais fini par mettre toutes mes frustrations dans ma poche, un mouchoir par-dessus, comme me l'avait enseigné ma mère. »
Une mère qui prenait aussi la peine de lui lire une histoire chaque soir et qui lui a ainsi donné le goût des histoires et des héroïnes. En suivant les aventures de la chèvre de monsieur Seguin – qui servira de fil rouge tout au long du livre – de Claudine mise en scène par Colette, de la Lily Bart d'Edith Wharton ou des personnages imaginés par Louise de Vilmorin, elle va se construire un imaginaire propice à accepter le regard que lui jette un jour un homme dans la brasserie André.
Sans échanger un mot, elle va tomber amoureuse, fondre de désir. Simplement parce qu'«Il y a des hommes qui vous trouvent jolie et d'autres qui vous rendent jolie». Peu importe le séisme que cette rencontre peut provoquer, peu importe les conséquences du dialogue qui finit par s'installer :
«– Je m'appelle Alexandre et je pense à vous depuis trois semaines.
– Je tiens une boutique de vêtements pour enfants. Mais plus pour très longtemps.
– Je suis journaliste à La Voix du Nord. Les pages «culture».
Sauf que le beau scénario d'Emma et d'Alexandre va s'effondrer avant même d'avoir pu se concrétiser. Pas par peur, pas à cause de la pression – très forte – des enfants pour empêcher la rupture, pas à cause des conjoints respectifs. À cause d'un fait divers banal.
« Une jeune fille est installée à deux tables de la mienne. Soudain, une autre arrive. Pâle. C'est son amie. Elle s'excuse d'être en retard. Ils ont bloqué la Grand-Place, dit-elle. Un type. En V'Lille. Qui s'est fait renverser par un bus. Je crois qu'il est mort. »
Le roman va alors basculer. de la tentative d'évasion à la réclusion. Emma n'a pas le courage de rentrer chez elle et d'oublier ce drame. Elle erre quelques temps avant de finir dans un mobile home du camping Pomme de pin à Cucq.
« Je sais maintenant que le deuil est un amour qui n'a plus d'endroit où se loger. » dira-t-elle pour résumer cette période sombre que de nouvelles connaissances vont tenter d'adoucir. Mais Emma reste lucide : « J'avais abandonné mon mari, mes trois enfants, pour les lèvres d'un homme et pour mille espérances. J'avais erré de longs mois dans ma tentation, j'avais surnagé dans son absence. Et je m'étais perdue dans ce vide. »
L'apaisement viendra avec la troisième partie. Aussi paradoxalement que cela peut sembler, l'apaisement viendra avec une nouvelle épreuve, le cancer dont est victime Olivier. « Viennent alors les tests, les IRM, les PET scan, les décisions, les antalgiques puissants, le dextropropoxyphène, l'oxycodone, les indécisions, l'hydropmorphone. Vient cette période cotonneuse d'avant les séismes, ce temps suspendu où plus rien n'a de valeur (…) Vient enfin le séisme. L'instant où tout bascule. Où plus rien n'a d'importance. » On peut alors tout se dire, laisser tomber les masques. Cette danse au bord de l'abîme est bouleversante. Elle vous fera comprendre que «la vie est la courte distance entre deux vides» et que chacun doit être libre de choisir comment parcourir cette courte distance.

Lien : https://collectiondelivres.w..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          190
FleursDuBien
14 février 2017
Je suis triste et heureuse à la fois d'avoir terminé ce magnifique roman.
A danser au bord de l'abîme, on rique de tomber ou de s'envoler. Mon âme a choisi les deux.
Ce livre fera partie de mes livres préférés, dans le top 10 pour être plus précise.
Déjà, performance insensée, Monsieur Delacourt écrit avec la plume d'une femme, lui si homme. de bout en bout, le génie aidant, nous lisons le témoignage d'une femme, à aucun moment, la masculinité de l'auteur n'a transpiré.
Attention ! A ne lire que si on va bien, tout début de dépression ne supporterait pas l'infinie tristesse de ce livre... Non, plus sérieusement, il vaut mieux aller bien sinon on est mal pendant au moins une semaine.
Cette écriture est d'une beauté inoubliable.
C'est beau comme une tragédie grecque, triste, infiniment triste comme un film italien.
C'est la lourdeur de la peine, la fulgurance des douleurs, le déchirement des adieux.
Je ne veux pas toucher à l'histoire, ni résumer l'intrigue.
Par pudeur peut être, tant j'ai eu mal à lire ce livre, tant les pleurs m'ont secoué, la mélancolie m'a rejointe, la joie est devenue tristesse.
La pauvre Emmanuelle, Emma (Bovary ?), est l'héroïne de cette tragédie. Car comment nommer cette portion de vie autrement ? Certains destins basculent trop fort et trop vite. C'est le cas de cette femme courageuse, qui perd tout.
J'ai adoré les répliques de Sautet (César et Rosalie), j'ai adoré le parallèle avec La chèvre de Monsieur Seguin, j'ai tout aimé, tout dévoré.
La lecture de ce livre est une aventure, aventure effroyablement triste, poignante, et d'une beauté sans nom.
Parfois, j'ai retrouvé la plume d'Anna Galvada. Avec le plus grand plaisir.
Oui, vous l'aurez compris, vous ne pourrez pas faire l'économie de ce livre.
Tentez l'expérience, vous ne serez pas déçu.
PS : Voilà, par contre, si vous avez un livre très gai à me conseiller, style gros rire gras en se tenant les côtes, merci par avance, je préfèrerai cela aux antidépresseurs....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
MaminouG
09 janvier 2017
C'est grâce à son deuxième roman que j'ai découvert l'écriture de Grégoire Delacourt. En 2012, dans le cadre d'un jury littéraire dont j'étais membre, j'avais eu à lire ″La liste de mes envies″, énorme succès par la suite. J'en avais personnellement aimé la justesse, la profondeur, l'humanisme. Si je n'ai toujours pas lu son premier roman, j'ai beaucoup aimé les suivants, avec une préférence pour ″On ne voyait que le bonheur″. Il était impensable que je laisse passer la sortie du petit dernier.
Danser au bord de l'abîme″, tout un programme, nous raconte l'histoire d'une nouvelle héroïne : Emmanuelle – ou Emma pour la plupart de ses proches – quarante ans, mariée, mère de trois enfants. Elle aime son mari et mène une vie heureuse jusqu'au jour où… jusqu'au jour où… un visage d'homme, une serviette blanche, une bouche délicatement essuyée font basculer cette vie rangée. le désir va s'immiscer et tout balayer.
Délicatement, nous entrons dans l'intimité d'Emma, et comprenons que sous des dehors tranquilles, un bonheur simple, confortable, établi, couve un feu inassouvi. Tout est trop calme. Finies les envolées de ses premiers instants de vie avec Olivier, terminés les débordements, les regards pleins des promesses à venir, les effleurements, les affolements. Emma a besoin de se sentir vivre, de valser, de virevolter, de se mirer dans des yeux nouveaux, d'être ″rallumée″, de ″danser au bord de l'abîme″. Elle ne veut pas quitter son mari par manque d'amour pour lui, mais pour son désir à elle. Car ″la vie est la courte distance entre deux rives″ et Emma veut parcourir cette distance. Elle veut vivre !
Grégoire Delacourt n'a pas son pareil pour parler des femmes, de la Femme. Ce roman sur l'amour, le désir, la liberté, le choix, la vie, la maladie, la mort aussi, est porté par sa magnifique écriture, subtile et fine, gracieuse, tendre et sensible. Et en fil rouge – belle idée, je trouve – habilement mêlée à celle d'Emma, l'histoire de la Chèvre de Monsieur Seguin, n'est-ce pas Blanquette, la liberté… Et nous passons régulièrement du plaisir aux larmes, car on le sait bien et l'auteur aussi, la liberté des uns…. Alors, que faisons-nous de nos vies ? Emma décide de suivre ses aspirations. Elle sait qu'elle fera mal aux autres, mais rester, résister, ne pas suivre sa route, ne pas laisser libre cours à son désir profond, ce serait s'étioler, se faner, mourir à petit feu. Emma, non, ce n'est pas Emma Bovary, c'est vous, c'est moi, et la grande force de ce récit est de contenir en une toutes les autres femmes.
J'ai adoré me laisser emporter par la petite musique des mots, par Madame Butterfly, Orphée ou le Trouvère, j'ai aimé m'enivrer des vins prestigieux dégustés jusqu'à l'excès, partager l'amour d'Emma et d'Alexandre, pleurer au chevet d'Olivier, me réchauffer dans les bras de Mimi et j'en suis ressortie terriblement bouleversée, le coeur en vrac, les yeux en larmes, les mains tremblantes.
J'étais la petite chèvre regardant la montagne du fond de mon canapé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          111

Les critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec06 mars 2017
Car cet ancien publicitaire, qui manie le verbe à merveille, sait comment conjuguer à tous les temps les innombrables déclinaisons du sentiment amoureux et, par ricochet, comment nous toucher droit au cœur.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeFigaro02 février 2017
Une femme, mariée et mère de trois enfants, tombe follement amoureuse d'un inconnu… C'est Madame Bovary dans le Nord.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations & extraits (122) Voir plus Ajouter une citation
IletheunefoisIletheunefois25 avril 2017
La vie est la courte distance entre deux vides
Commenter  J’apprécie          20
marina53marina5319 avril 2017
Le désir ne tient pas toute une vie, m'avait-elle dit.
L'amour non plus, lui avais-je répondu. Moi, je crois au premier regard, maman. Je crois à la première impression. Je crois au langage de la chair. Au langage des yeux. Au vertige. À la foudre.
- Ce à quoi tu crois, ma petite fille, cela aboutit au chagrin.
Commenter  J’apprécie          291
marina53marina5319 avril 2017
La durée n'est pas une vertu de l'amour, l'intensité si.
Commenter  J’apprécie          310
marina53marina5319 avril 2017
J'écris pour me parcourir.
Henri Michaux, Passages
Commenter  J’apprécie          110
IletheunefoisIletheunefois20 avril 2017
Le deuil est un amour qui n a plus d endroit où se loger
Commenter  J’apprécie          10
autres livres classés : coup de foudreVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

La liste de mes envies

Qui est l'auteur du roman ?

Grégoire Delacourt
Grégoire Delcourt
Grégoire Delacroix

20 questions
238 lecteurs ont répondu
Thème : La liste de mes envies de Grégoire DelacourtCréer un quiz sur ce livre
. .