> Céline Schwaller (Traducteur)

ISBN : 2864247267
Éditeur : Editions Métailié (2011)


Note moyenne : 4.44/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Trois étrangers se rencontrent en Inde et leur vie en est transformée pour toujours. Françoise, photographe australienne, va à Bhopal pour témoigner sur les suites du trauma de cette ville où, vingt ans plus tôt, une fuite de gaz toxique dans l’usine Union Carbide a tué... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 24 mai 2011

    ivredelivres
    Croyez vous au destin ? aux coïncidences ? croyez vous que les humains sont les maillons d'un chaîne et que chaque maillon est indispensable à la chaîne ?
    Ce sont les images qui me sont venues en lisant ce livre. Comme le disent les bouddhistes : tout est connecté, tout est lié.
    Parce qu'enfin qu'est-ce qui peut attacher une photographe australienne reconnue professionnellement à un enfant domestique dans une riche famille ou à un écossais hanté par la violence et poursuivi par le démon de l'alcool ?
    Le destin, le destin qui prend la forme de la terrible catastrophe humaine et écologique, le nuage toxique de la sinistre usine d'Union Carbide qui détruisit Bhopal et fit des milliers de victimes en 1984.
    Françoise la photographe vient à Bhopal pour participer avec d'autres artistes à la réalisation d'un monument à la mémoire des victimes, cette participation lui tient à coeur car c'est la photo terrible d'un enfant de Bhopal qui a décidé de sa vocation « parfois on voit une image qui vous montre votre avenir, qui vous met sur votre voie. »
    Arkay notre écossais fait des efforts « J'ai acheté deux livres du Dalaï Lama, je me suis assis sur le balcon dominant la vallée, un livre ouvert sur les genoux ; une douzaine de bouteilles sous ma chaise. » et espère trouver son salut dans le bouddhisme.
    Naga lui, soigne sa soeur « Depuis la nuit de la catastrophe, les sensations dans ses mains et ses pieds hésitent entre picotements et engourdissement total » c'est une des victimes du gaz toxique qui « chaque fois que le vent soulève le rideau, revit cette nuit là »
    Il faut à Meaghan Delahunt bien du talent et une profonde chaleur humaine pour faire avancer ces personnages les uns vers les autres sans que cela n'apparaisse jamais comme artificiel. Elle nous fait voyager de Delhi au Rajasthan, d' Ecosse jusqu'au Tibet.
    Les liens vont se tisser peu à peu, à travers une Inde particulièrement bien évoquée, riche d'images et de couleurs. Mais le voyage est aussi un voyage dans le temps, car les liens entre les personnages forment un réseau qui couvre plusieurs années.
    L'auteur parvient à retracer l'histoire de cette catastrophe sans jamais se livrer à un long plaidoyer, sans aucun voyeurisme, mais toujours en nous plaçant au centre de l'événement, là où se situe la responsabilité de tous. Elle trace avec une écriture ample et simple à la fois, le parcours d'une recherche spirituelle, la quête d'une sagesse.
    Un beau livre dont je ne livre pas plus car c'est au lecteur à tisser son réseau, à se sentir maillon de la chaîne.

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2011/05/24/le-livre-..
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    • Livres 3.00/5
    Par kathel, le 10 avril 2012

    kathel
    Trois personnages entremêlent leurs vies, leurs destins dans ce roman : Françoise, une artiste photographe venue d'Australie pour le vingtième anniversaire de la catastrophe de Bhopal, en vue d'un travail pour un mémorial. Elle découvre les oucleurs et les sons de l'Inde. Naga, lui, était tout jeune employé par une riche famille de Delhi lorsque la catastrophe est survenue à Bhopal où vivait sa famille. Il n'est jamais retourné à New Delhi. le troisième, Arkay, est de ces voyageurs venus pour un court séjour et restés en Inde, parce que le bouddhisme leur a semblé la solution à leurs problèmes. le thème du changement de vie, voire d'identité, l'art comme fil conducteur, voilà qui tisse un roman très intéressant autour bien sûr de la catastrophe écologique et humaine, immensément humaine, de Bhopal.
    Aussi dois-je l'avouer, la romance qui se greffe dessus, la rencontre amoureuse entre deux des personnages, m'a parue plutôt improbable et pas utile du tout, desservant plutôt les autres thèmes qui eux, me passionnaient. Ce petit bémol ne devrait pas détourner les lecteurs émus par ce qui est arrivé à la population voisine du site de Union Carbide, de sinistre mémoire, d'autant que l'écriture est belle et les descriptions très évocatrices des paysages et villes de l'Inde. Fait original, la narratrice, Françoise, est atteinte de synesthésie, c'est-à-dire qu'elle voit les sons, de la même manière qu'elle entend les couleurs, et cela se ressent sur ses photos qu'elle réalise pourtant en noir et blanc. C'est là une sensation qu'on a du mal à imaginer…

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-meaghan-delahunt-le-livr..
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    • Livres 5.00/5
    Par soukee, le 20 mai 2011

    soukee
    Je vous l'annonce sans détour et dès le préambule de ce billet : ce roman a été une véritable claque pour moi. Et ce à plusieurs niveaux...
    Tout d'abord parce qu'il aborde avec beaucoup de pudeur la catastrophe de Bhopal. Sans voyeurisme, sans victimisation ni manichéisme (et pourtant...), les faits nous sont relatés dans les grandes lignes. Ici, pas de jugement mais un constat amer sur les conséquences de cette fuite de gaz : des milliers de morts, certes, mais aussi des populations malades et infectées plus de vingt ans plus tard, qui ne reçoivent aucune indemnité pour se faire soigner, et s'endettent pour recevoir quelques médicaments.
    Ensuite parce que ce livre condense en 280 pages très fragmentées une intrigue dense, mêlant réalité et fiction, qui se déroule sous nos yeux avec une force incroyable. En partant de l'idée du travail de photographe, Meaghan Delahunt revient sur un pan de l'Histoire de l'Inde et tisse autour la trame de ses personnages. Trois époques se chevauchent, celles de chacun des personnages, et tout converge vers leur rencontre. C'est un schéma qui peut sembler assez classique, mais qui est tissé avec brio ici. Bhopal est le centre de tout. L'Orient et l'Occident se rencontrent. Les personnages se découvrent, s'apprivoisent, s'aiment.
    Enfin, Meaghan Delahunt émaille son texte d'images nombreuses et poétiques qui donnent à cette lecture une dimension toute particulière. Elle analyse avec beaucoup de justesse les rapports entre Orient et Occident, les préjugés qui demeurent des deux côtés, et la fascination exercée par chacun sur l'autre. Ses personnages sont complexes, malgré la brièveté de son texte, et donnent à voir des personnalités riches en contradictions, très vraisemblables. Une réussite !
    Meaghan Delahunt aborde avec intelligence cette catastrophe humaine par le biais d'une fiction très bien construite. Un roman vraiment brillant, tout en poésie, qui mène une réflexion puisée dans diverses religions sur une catastrophe. Une ode à la photographie et à l'oeil du photographe, qui s'exerce chaque jour pour capter l'essence d'une bonne photo malgré l'horreur, malgré la mort, malgré la maladie.

    Lien : http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2011/05/20/21165032.html
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  • Par keisha, le 02 juin 2011

    keisha
    Un roman sous le signe de la photographie? Françoise, photographe australienne, impressionnée depuis des années par des photos prises après la catastrophe de Bhopal*, se rend travailler en Inde. Son chemin croisera celui de Naga, tibétain dont la famille est morte à Bhopal, et Arkay, un écossais attiré par le bouddhisme et devenu moine sans que ses vieux problèmes aient disparu.

    Une histoire qui pourrait être banale sans un découpage dynamique, des allers retours dans le temps, bref une construction maîtrisée.Une écriture sobre et efficace. Des personnages profondément humains.
    Une plongée aussi en Inde et dans un univers religieux bien étranger à un occidental. Grâce aux voyages, je connais le vocabulaire du bouddhisme, mais me suis laissée un peu flotter vers la fin...

    Mais pour moi la beauté du roman vient de Françoise et de son regard de photographe qui illumine les pages dont elle est la narratrice. Françoise bénéficie d'une sorte de synesthésie:
    "Ma mère, très tôt : ' tes sens sont tout mélangés'. Elle fronçait les sourcis quand elle m'entendait dire que n'importe quelle surface mate était bleue ou que le cri d'un enfant était violet."

    Bien que ses photos sont en noir et blanc,"Avec le noir et blanc, ce sont les nuances et les virages photographiques que j'adore. Toutes les joies et les tristesses tamisées. Les extrêmes confrontés l'un à l'autre. En noir et blanc, il est plus difficile d'obtenir une bonne image. Et j'ai toujours été attirée par la difficulté. Bien sûr, je pourrais faire fortune avec des couchers de soleil acides et des chats duveteux, des montagnes vertes et des lacs d'un bleu limpide. La couleur se vend bien, me dit-on. Et les chats.Mais ce n'est pas donné à tout le monde d'être fantaisiste. ", les pages sont extêmement colorées et on "voit" l'Inde par ses yeux.

    Feuilletez vous aussi ce livre rouge ...

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-le-livre-rouge-7..
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    • Livres 5.00/5
    Par valou076, le 08 juin 2011

    valou076
    sacré découverte grâce à la masse critique de Babélio...découverte de l'Inde par les yeux et l'histoire de trois narrateurs, vivant chacun de leur côté avant de se retrouver et de mêler leur destin...
    Rencontre avec une nation en se séparant de manière radicale des clichés touristiques que chacun connait. Ici ce n'est pas le Taj Mahal, les mariages à l'indienne, Bollywood, c'est une population martyre, décimée par une catastrophe chimique en 1984, et toujours ravagée par la maladie actuellement.
    Meaghan Delahunt présente un ouvrage plein de couleurs, de sons et de lumière...malgré le sujet difficile et lourd. Une lecture dont on ne sort pas totalement indemne mais malgré tout, transportant le lecteur de la première à la dernière page. Vous voulez en savoir plus, lisez-le...
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Citations et extraits

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  • Par valou076, le 08 juin 2011

    Cette façon de voir affecte mon travail. Toutes les personnes, les objets et les endroits ont un son et une texture propres. L'Inde, par exemple, est rouge. Mardi est un jour vert. Tout s'accorde en moi. C'est ce qui m'a fait connaître : des photos en noir et blanc qui donnaient une impression de couleur. Des panneaux verts, un ciel bleu et des ombres dorés sur du bois. On peut entendre tout cela dans les nuances mais il n'y a aucune couleur dans mes photographies. Il y a seulement la sensation de quelque chose qui manque, la trame de quelque chose d'absent, quelque chose depuis longtemps disparu.
    Et le déclic de l'appareil est toujours turquoise ; le son que je préfère.
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  • Par Aifelle, le 03 mai 2011

    "C'est en Inde que j'ai tout laissé tomber. Tout ce que j'avais vécu jusque là se désintégrait. On lit des choses sur le sujet, comment des gens sombrent ou se retrouvent - ou se perdent, plutôt - et on n'y croit pas vraiment, jusqu'à ce que çà vous arrive."

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  • Par kathel, le 10 avril 2012

    C'était la première fois que je venais à Delhi et j'étais écrasée par le poids des couleurs et des sons. Ceci était un soulagement car depuis des mois maintenant, quand j'essayais de travailler, quand je sortais avec mon appareil photo, le monde me semblait décoloré et silencieux, comme si peut-être je ne savais plus écouter.

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  • Par kathel, le 10 avril 2012

    Au-delà, à travers la poussière et les lumières, il y avait cet autre monde. Entre les camions et taxis décorés et les sons discordants des klaxons, je voyais des gens sur les terre-pleins centraux, jetant sur le sol des ombres aux membres semblables à des brindilles. Certains dormaient, d'autres se reposaient dans leur rickshaw. Mais certains ne dormaient pas. Certains gisaient, entièrement recouverts, comme s'ils étaient déjà morts.
 Dans ma tête, je cadrais toutes les photos que je ne prenais pas. Toutes les ombres et tous les changements de la ville la nuit.
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  • Par Lyjazz, le 14 mars 2012

     ce qui m'intéressait le plus désormais était l'absence. Comment la suggérer. Ce que ça faisait quand quelqu'un quittait une pièce ou un compartiment de train. Ce que ça faisait quand quelqu'un quittait une rue ou une vie. Comment raconter une histoire à partir de ces fragments ? 
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