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ISBN : 2729119698
Éditeur : Editions de La Différence (2012)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
À partir d’un carnet de voyage remonté à la surface et de photographies prises sur place durant l’été 2009, Serge Delaive nous invite à le suivre lors de son troisième séjour dans ce pays que l’on nomme par défaut Corée du Sud, à la fois tellement accessible et ouvert, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 06 juillet 2012

    LiliGalipette
    En rangeant une armoire, Serge Delaive retrouve le carnet qui l'a accompagné lors de son séjour en Corée du Sud. Il était parti avec son épouse Sandra et leurs deux enfants à la rencontre de la famille biologique de Sandra, adoptée dans les années 1960. « À la fin des années 1960, les enfants coréens représentaient le meilleur rapport qualité-prix sur le marché, ils étaient vite “servis” et culturellement acceptables en Occident. Alors ils ont été livrés en masse. » (p. 42) Au gré des notes prises sur le carnet, on comprend que Serge et Sandra ont déjà séjourné deux fois en Corée du Sud pour retrouver la mère naturelle de Sandra.
    « Occidental en goguette, naïf, qui note au vol ce qu'il saisit à l'avant-plan d'un tableau dont la perspective atteint une profondeur inouïe. Mais le flâneur au sens baudelairien reconnecte ses neurones. Se dégage de la boue encombrante. » (p. 62) Serge Delaive est un observateur modeste, mais alerte, qui sait garder sa place et qui sait que l'expérience de son épouse ne sera jamais la sienne. Il l'accompagne, il la regarde, mais cette histoire d'adoption et retour aux origines ne sera que celle de Sandra. Alors, pour Serge, le voyage est un dépaysement assumé, la quête d'un ailleurs différent des cartes postales. « Je cherche un exotisme différent, niché dans le quotidien, le détail saugrenu. » (p. 64)
    On découvre la Corée du Sud, territoire coupé de son homologue du Nord. le pays a été profondément marqué par l'occupation japonaise, mais il témoigne également d'un élan vers l'Occident. « Ceci marque la singularité de la culture coréenne : à la fois endogène, très particulière, construite au fil des siècles, mais aussi ouverte au monde, consciente de son étrangeté au sens premier du terme. » (p. 117) À lire Serge Delaive, j'ai eu l'impression d'un pays caméléon, à la fois attaché à son passé, mais aussi acteur de son futur. Également caméléon du fait de ses enfants adoptés qui reviennent – ou pas – et qui composent une population à cheval, entre deux terres.
    Le carnet de voyage n'est pas que géographique, il est aussi intime. Il retrace un périple à rebours du temps, vers une autre culture et peut-être vers une autre identité – une identité augmentée – pour Sandra. La langue de Serge est libre, immédiate. On ressent vraiment la légèreté des réflexions jetées sur le carnet. Mais légèreté n'est pas pauvreté : l'évanescence des idées est celle des nuages qui s'accroche aux cimes, éternelle et éphémère. En marge du carnet, Serge Delaive livre des réflexions sur le voyage, son sens et la place du voyageur. « le voyage en tant que radicalité contradictoire : à la fois en apnée dans le monde et aux marges d'un monde inaccessible. À l'extérieur complètement, en absence, mais en même temps, tellement là. L'expérience de la solitude entre douleur et extase. Quand ouverture rime avec barrières infranchissables. Alors nous sommes tels qu'en nous-mêmes, notre identité et notre étrangeté confondues. » (p. 126) Partir, mourir un peu ? Plutôt renaître, mais ailleurs.
    Le texte s'agrémente de photographies en couleurs ou en noir et blanc. Il y a des petits clichés ou des images en pleines pages. Entre paysages, portraits, clichés insolites et instants pris sur le vif, la photographie remplace ce qui était autrefois l'aquarelle ou le fusain. L'équilibre est parfait, voire logique. Pour illustrer ce carnet de voyage moderne et décomplexé, la photographie est parfaitement légitime en ce qu'elle a d'instantané, mais aussi parce que, comme l'auteur, elle pose un regard neuf et sans cesse renouvelé sur les choses. le Carnet de Corée de Serge Delaive se lit en douceur. Ne cherchez pas un guide de voyage ou une biographie, ce récit est atypique. Mais oublions les qualificatifs littéraires et disons ce qui est : Carnet de Corée est un beau texte qui m'a offert une escapade émouvante et dépaysante.
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    • Livres 4.00/5
    Par sylvaine, le 09 juillet 2012

    sylvaine
    Un carnet de marque Moleskine retrouvé au fond de l'armoire du salon,héritage d'Albertine,emporté au fond du sac à dos antédiluvien compagnon de toutes les échappées de Sergueï,.....vol Roissy Séoul 2009.Sandra, son épouse,d'origine coréenne,adoptée, leurs enfants Sann et Célia
    Nous voilà partis avec eux en route pour découvrir Séoul et cette Corée du sud ou plus exactement la République de Corée.
    Ils vont retrouver la mère biologique de Sandra Sun-ja et lui présenter ses petits enfants.Nous apprenons qu'il s'agit là de leur 3ème voyage en Corée.
    Serge Delaive nous trace le parcours de ses milliers d'enfants abandonnés par leur mère (le plus souvent sous la pression des familles) et confiés à des familles occidentales , américaines surtout ,et européennes comme celle des parents adoptifs de Sandra, son épouse.
    Par petites touches, quelques photos émaillant ses réflexions, il nous fait pénétrer dans un univers habituellement fermé à l'occidental.Ce pays à la pointe de l'invention technologique est le pays du "secret le mieux gardé d'Asie"
    Les traditions, la culture ancestrale ,sont très vivants et rythment encore la vie des coréens même si la technologie est omniprésente
    En ouvrant ce carnet ne vous attendez pas à y trouver les informations pratiques type celles d'un guide du routard, mais vous y trouverez bien plus que cela une atmosphère,une ambiance, un ressenti qui font de ce Carnet de Corée une lecture agréable et enrichissante .il ne vous reste plus qu'à prendre votre billet!
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    • Livres 4.00/5
    Par bina, le 20 juin 2012

    bina
    Serge Delaive a retrouvé dans ses cartons des notes prises lors d'un précédent voyage en Corée. Il y fait part de ses impressions, ainsi que du ressenti de sa famille (sa femme, d'origine coréenne, enfant adopté par des français quand elle avait 4 ans, et ses deux enfants). Ce carnet est composé de paragraphes correspondant à l'origine aux notes prises sur le vif. Il a ensuite inséré des photos pour combler les ''trous'' du récit.
    Il apporte un témoignage sur l'histoire de la Corée, les habitudes de vie des habitants (comportement, politesse, caractère), les mentalités à différentes époques (qui ont impliqué des abandons d'enfants). Il retrace en même temps son parcours et celui de sa femme pour retrouver la mère biologique de celle-ci, et témoigne de la manière dont les enfants coréens abandonnés font face pour assumer leur double culture forcée.
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  • Par maloukayari, le 19 août 2012

    maloukayari
    Corée de Sud ... un pays qui m'inspirait toujours ... Séoul, l'île de Jeju,le "hangul"(qui désigne la langue coréenne), l'architecture, mode de vie, gastronomie, littérature, musique ,bref; Tout !!!
    Alors ça sera une bonne idée de lire ce livre et déborder ce "secret le mieux gardé d'Asie",non ?
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 22 juin 2012

    Reste à combler les vides entre les lignes. Illustrer des moments de cette paléographie dérisoire mais sincère. Des photos. Elles complèteront peut-être le propos, éprouveront une densité qui échappe aux mots, surprendront quelques fragments d'indicible. La démarche du crabe. Témoignages figés, univoques du point de vue sensoriel, de ce qui a pourtant eu lieu. Questions rabâchées : où s'en vont les moments que nous avons vécus ? En quoi se transforment-ils ? Pourquoi tenons-nous tant à en garder trace ? Quelle est la signification de l'écartèlement que nous imposons aux courbes du temps et la lumière, à ce que notre esprit touche aux confins du présent, les étendues perdues que nous nommons passé ?
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  • Par LiliGalipette, le 06 juillet 2012

    « À la fin des années 1960, les enfants Coréens représentaient le meilleur rapport qualité prix sur le marché, ils étaient vite « servis » et culturellement acceptables en Occident. Alors ils ont été livrés en masse. » (p. 42)

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  • Par Orphea, le 22 juin 2012

    Visites hebdomadaires à la maison pour dispenser des leçons de coréen à Sandra qui apprend sa langue maternelle, la première qu'elle ait entendue et déjà apprise, la première qu'elle ait oubliée et perdue -- comment peut-on être dépossédé de sa langue, devenir aphasique puis admettre malgré tout une nouvelle langue maternelle superposée à la précédente ? Quelle quantité de violence contenue dans cet arrachement silencieux, celui du Verbe après celui de la mère ? -- la langue qu'elle tente laborieusement de retrouver, une langue étrangère, résistante.
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  • Par LiliGalipette, le 06 juillet 2012

    « Le voyage en tant que radicalité contradictoire : à la fois en apnée dans le monde et aux marges d’un monde inaccessible. À l’extérieur complètement, en absence, mais en même temps, tellement là. L’expérience de la solitude entre douleur et extase. Quand ouverture rime avec barrières infranchissables. Alors nous sommes tels qu’en nous-mêmes, notre identité et notre étrangeté confondues. » (p. 126)
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  • Par Orphea, le 22 juin 2012

    Le voyage comme leurre, déplacement provisoire vers d'autres sédentarités, vérification de l'inexprimable, confrontation de notre imaginaire aux réalités que nous postulons.

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Vidéo de Serge Delaive

Serge Delaive lit un extrait de son roman Café Europa.








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