ISBN : 2211114512
Éditeur : L'Ecole des loisirs (2011)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
Pour Brigitte Smajda: Il faut donner des livres aux enfants... pour les délivrer;
pour Marie-Aude Murail: Ce n'est pas la lecture qui est en danger, ce sont les illettrés;
pour Yvan Pommaux: Lire est le propre de l'homme;
et pour Claude Ponti: Ni v... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 23 mai 2012

    Marcelline
    Voilà un petit recueil épatant de témoignages et de réflexions d'une cinquantaine d'auteurs de livres pour l'enfance et la jeunesse...
    Epatant parce que, sur un même thème, chaque auteur trouve une façon originale, et souvent très jolie, d'aborder le sujet. Quel mystère et quel émerveillement pour moi de constater la multiplicité des variations sur un même sujet!
    Epatant par ce que les auteurs nous disent de la manière dont l'écriture et la lecture sont entrées dans leur vie, et la place qu'elles y ont toujours, maintenant qu'ils sont adultes.
    Epatant par les arguments qui sont développés pour que l'on continue à défendre la lecture, en particulier à l'école et au collège, à l'heure où la télévision, les ordinateurs et les jeux vidéos peuvent fournir une distraction d'accès plus facile.
    Pour conclure, un grand merci à l'Ecole des Loisirs pour ce joli cadeau que j'ai pu commander sur www.ecoledesloisirs.fr !
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    • Livres 5.00/5
    Par mariech, le 29 décembre 2011

    mariech
    Témoignages et réflexions d'auteurs de l' Ecole des loisirs .
    Je me suis bien sûr retrouvée dans certains textes , lorsque ' Arthur Huschmid ' raconte : ' Parce que , quand j'aime , je suis avec mes héros . Je suis dans mon lit de trappeur , dans ma cabane faite de gros rondins de bois brut , j'entends hurler le vent . Mais je suis au chaud , protégé par le talent de mes amis discrets et passionnants , les auteurs .
    Oui , même si mes héros ne sont pas les mêmes , ils nous font entrer dans un monde parallèle : l'imaginaire , on voyage en restant bien au chaud , on n'est plus vraiment là ; on n'entend pas qu'on nous appelle , comme dans l'anecdote que relate Agnès Desarthe .
    J'ai particulièrement apprécié Marie- Aude Murail pour son analyse très fine des lecteurs , elle évoque sa fille bien dans son époque , qui avale en sttreaming des épisodes de ' Glee ' , qui est fan de mangas mais qui lit Jane Austen en VO et vient de finir ' Hors champ ' de Sylvie Germain , je trouve son analyse très pertinente .
    Un deuxième coup de coeur à Nathalie Brisacet ses amis précieux qu'elle offre en partage aux enfants : Chien bleu , Michka , la forêt profonde , Loulou , Pétronille , Hulul ....
    Quelques illustrations merveilleuses .
    Un livre à garder comme un talisman .
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mila0707, le 27 décembre 2011

    mila0707
    Ce petit livre est offert par l'école des loisirs à chaque personne qui en fait la demande sur son site: www.ecoledesloisirs.fr.
    Mon avis : Il s'agit d'un recueil de témoignages et de réflexions d'une cinquantaine d'auteurs et d'illustrateurs de livres pour l'enfance et la jeunesse. Comme vous pourrez le deviner facilement au grand nombre de citations que j'ai désiré partager avec vous, j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Toutes les expériences qui y sont relatées, toutes les émotions qui en émanent ne peuvent laisser personne indifférent et nous poussent "insidieusement", même si ce n'est pas perceptible, à des questionnements sur notre époque et différents domaines de notre société. En ce qui me concerne, je donne une mention spéciale aux écrits de Nathalie Brisac et de Sophie Chérer qui m'ont encore plus interpellée que les autres.
    Public : à partir de treize ans sans autres limites d'âge et particulièrement recommandé à tous ceux qui sont conscients de l'importance de la lecture et de son impact sur nos vies.
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    • Livres 4.00/5
    Par Efery, le 23 novembre 2011

    Efery
    Ce recueil de pensées est d'un richesse inouïe.
    Auteurs et illustrateurs nous font part de leurs opinions sur le monde de la lecture et soulèvent nombre de questionnements. L'un évoquera sa première "rencontre" avec un livre ou un personnage, l'autre aura ce regard dénonciateur sur notre société en perpétuelle mutation (et son comptant d'améliorations/dégradations).
    Chaque extrait est unique et donne à réfléchir. L'école des loisirs nous offre là un bel ouvrage, à mettre dans toutes les mains.
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    • Livres 5.00/5
    Par Joe391211, le 31 décembre 2011

    Joe391211
    Un superbe livre qui fait réfléchir sur la place de la lecture dans une vie et dans notre société. Il est très intéressant. J'ai beaucoup apprécié de découvriri ces textes ou ces illustrations qui pour moi réflètent bien mon amour des livres. A découvrir!
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Citations et extraits

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  • Par lanard, le 11 octobre 2011

    Contribution de Marie Desplechin

    J'aime/j'aime pas

    Je n'ai pas beaucoup d'affection pour les lecteurs en général, les grands lecteurs surtout. Je n'aime pas leurs manières péremptoires, leurs certitudes d'être au-dessus du commun, ces phrases satisfaites qu'ils ont pour parler d'eux-mêmes et de leurs inoubliables lectures, quand ils étaient tout petits déjà et qu'ils lisaient Chateaubriand et Flaubert, et tout ce qu'ils ont lu depuis, le crayon à la main, et toutes ces études formidables qu'ils ont faites par la suite et grâce auxquelles ils sont devenus des per¬sonnes si intéressantes et avisées, et puissantes. Oh, mon Dieu. Je n'aime pas les lecteurs qui se situent du côté du manche, ceux qui font la police dans les bibliothèques, les intellectuels de gouvernement, les dispensateurs nationaux du sens, les généraux tortionnaires. Je ne peux pas croire qu'ils aient été des lecteurs dans leur enfance, ils ont dû oublier, et encore, cette enfance, ils ne l'ont pas habitée très longtemps.
    Mais je me sens proche de ceux qui se sont perdus dans la lecture comme dans une forêt han-tée. Ils ont emprunté des chemins qui ne menaient nulle part. Ils ont ouvert leur sentier tout seuls, avec un Opinel, au risque des mauvaises rencontres, au risque de se faire peur ou de se faire mal, au risque même de tourner en rond. Ils ont découvert des ruisseaux et des rivières, des précipices, des clairières, des prairies et des trouées sur le ciel. Ceux-là, quand ils parlent de leurs lectures, ont une manière singulière de le faire : les mots qu'ils utilisent sont les leurs, et ils se fichent bien que tout le monde lise qui ils lisent, que tout le monde aime qui ils aiment, ils veulent bien être tout seuls, ils ont même quelque chose d'un peu jaloux. Partager ses amours avec n'importe qui, c'est à vous dégoûter d'aimer.
    J'aime la collégienne qui lit tout ce qui lui tombe sous la main et qui fait le désespoir du conseil de classe. (« Elle ne s'intéresse à rien, elle ne fournit aucun effort. ») J'aime le grand gamin qui vient de lire son premier livre et qui n'en revient pas de l'avoir lu en entier et d'y trouver un tel plaisir. (« Madame, je l'ai fini et tout de suite je l'ai recommencé. ») J'aime le dandysme un peu las de l'une et la joie éclatante de l'autre. J'aime la lycéenne évaporée pour qui je pille le rayon poches de la librairie, en vacances, et qui m'envoie des SMS à chaque livre qu'elle termine, parfois deux par jour, c'est insensé. J'aime le tout petit enfant qui récite son album préféré, au fur et à mesure que je tourne les pages, il a retenu jusqu'aux virgules. J'aime le bébé qui essaie furieusement d'entrer dans le livre cartonné en poussant les pieds dans la reliure. J'aime mon fils qui refuse d'ouvrir un livre parce que lui qui peut voir sans ciller n'importe quelle horreur sur un écran sanglote à la fin du Lion, à la fin de La Rencontre, au milieu des Malheurs de Sophie, aux deux tiers de Oh, boy !. J'aime mon fils quand il lit la Rubrique-à-brac, que j'ai lue à son âge. J'aime mon grand fils quand il lit les Métamorphoses, ou L'Univers, les dieux, les hommes racontés par Vernant, lentement, calmement, allongé dans un canapé. J'aime ma fille quand elle lit « Coeur Grenadine », Barbara Cartland, Jane Austen, Edith Wharton, et finit par déclarer, per¬plexe, qu'elle ne comprend pas qu'on tombe amoureux. J'aime l'amie qui a trouvé son premier roman sur une poubelle et n'a cessé depuis de lire. J'aime les gens qui empruntent les livres, ceux qui fréquentent les bibliothèques, et ceux qui vénèrent des graphomanes que le monde a oubliés. J'aime les enfants quand ils lisent, les grands, les très grands enfants aussi, et même les vieux enfants.
    Je crois que je n'aime pas beaucoup que la lecture soit cette Vertu publique dont on peut tirer de la gloriole et des profits orthographiques ou sociaux, ni ce mausolée muet dans lequel on précipite de force et comme au hasard des collégiens rétifs et qui n'y comprennent rien. Je crois que je voudrais toujours qu'elle soit un vice privé, un chemin de traverse, une échappée belle et que chacun lise pour soi, contre le monde. Je crois même que nous devrions avoir l'ambition poli¬tique d'inviter autour de nous au repli, au retrait du monde, à la désobéissance aux canons, à la solitude et à l'égoïsme enfantin de la lecture. Il me semble que rien ne prépare mieux à tenir tête (à la meute, à la peur, à l'autorité, à l'existence même) que l'expérience solitaire de la liberté, et, franchement, quel meilleur champ d'exercice, plus vaste, plus divers, plus sauvage, plus scandaleusement personnel, que la lecture ?
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  • Par mila0707, le 12 décembre 2011

    Si, enfant, j'avais été livré à la télévision, aux console de jeux et à Internet, mais quasiment privé de lecture, comme il est de plus en plus fréquent chez les enfants, je serais une autre personne, sèche et creuse assurément; la seule idée est effrayante.
    Mesdames, Messieurs, qui désirez nous gouverner, je ne peux imaginer que vous trouviez avantage à régner sur un peuple décérébré. Car le livre n'est pas un luxe, ni une fantaisie d'intellectuel, ni l'expression d'un snobisme. Ceux qui voudraient nous le faire croire sont de clinquants imbéciles, ou, plus grave encore, des esprits malins espérant exploiter l'ignorance.
    Battons-nous.
    Jean-François Chabas
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  • Par mila0707, le 21 décembre 2011

    Je rêve de salles de classe où des enfants auraient la tête penchée sur un livre, arrachés au boucan de leur cité, de leur famille, de la télé, de leurs jeux, de la pression des prédateurs de toutes sortes, ceux qui font de l'argent la seule valeur et peuvent rendre fous ceux qui n'en ont pas. Je rêve qu'il soit donné à tous les enfants le bonheur de lire, de découvrir en tenant encore un livre à la main.
    Il faut donner des livres aux enfants pour leur faire prendre conscience de tout ce qui les contraint, pour alléger leurs souffrances, pour les faire rire, pour les faire rêver, pour les aider à penser, pour les rendre libres.
    Leur donner des livres comme il m'en a été donné. Pour les délivrer.
    Brigitte Smadja
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  • Par mila0707, le 12 décembre 2011

    Et un jour, j'ai rencontré Geneviève Brisac. Dans un livre, puis pour de vrai, comme disent les enfants. J'ai lu les romans qu'elle écrivait, et ceux qu'elle publiait. Je me souviens avoir pensé, émerveillée : on peut donc écrire ainsi. Pour les adultes, et pour les enfants. On peut, dans les deux cas, s'adresser à l'intelligence, à la sensibilité et à l'humour du lecteur. On peut le prendre par la main, lui chuchoter des mots de douceur à l'oreille, le faire rire, l'étonner, l'emmener là où il ne s'attendait pas à aller, là où soi-même on ignorait que l'on irait, et puis le lâcher parce qu'une fois le livre fini, il peut se débrouiller tout seul pour vivre, et trouver d'autres livres.
    Valérie Zenatti
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  • Par mila0707, le 11 décembre 2011

    La bibliothécaire me montra des couvertures et m'expliqua, quand je fronçais le nez, que l'on ne pouvait pas forcément juger du contenu à partir de l'image. Que l'auteur, c'était le plus important. Et qu'il fallait être curieux. Que ce n'était pas grave d'être déçu. Qu'on avait souvent de bonnes surprises.
    Je la regardais, méfiant : je ne veux pas être déçu. Parce que, quand j'aime, je suis avec mes héros. Je suis dans mon lit de trappeur, dans ma cabane faite de gros rondins de bois brut, j'entends hurler le vent. Mais je suis au chaud, protégé par le talent de mes amis discrets et passionnants, les auteurs.
    Plus d'un demi-siècle plus tard, rien n'a changé. D'autres amis se sont ajoutés à cette première liste. Toujours aussi discrets, toujours aussi passionnants. Je n'ai plus peur. Je sais qu'une inépuisable chaîne d'ami(e)s m'attend.
    Arthur Hubschmid, directeur éditorial et cofondateur de l'école des loisirs.
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