ISBN : 2021020940
Éditeur : Editions du Seuil (2012)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres


L’Apocalypse n’est pas un événement visible, parce qu’elle frappe individuellement. Ainsi, la narratrice se plie à l’ordre de l’Ange annonciateur : Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, et ce qui doit arriver ensuite. Elle s’attelle au récit d’une cert... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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  • Par aranzueque-arrieta, le 24 avril 2012

    aranzueque-arrieta
    Une femme avec personne dedans
    Chloé Delaume
    Seuil

    Isabelle Bordelin, dite Silence Majuscule, rêve de devenir Chloé Delaume. Celle-ci refuse de publier le texte qu'elle lui envoie, son style n'étant qu'une grossière caricature du sien ; en réaction elle se suicide.
    Voilà comment débute le nouveau Chloé Delaume. C'est à la fois un roman et un essai. le texte nous propose une analyse de son Moi pluriel (+ Sur-moi + Ça...) et de ses variantes ainsi qu'une tentative de définition de l'autofiction - obsession delaumienne -.
    Dès le début le livre joue cartes sur table : « Je m'appelle Chloé Delaume. Je suis un personnage de fiction. Livre et vie s'entremêlent, mon Moi en trois parcelles, auteur, narratrice, héroïne. [...] J'écris et je m'écris. »
    On suit le parcours déconstruit de Chloé Delaume au-delà de sa bipolarité clinique, à travers sa tripolarité fictionnelle.
    Le récit interpelle par la difficulté de sa lecture. le texte est exigeant d'un point de vue littéraire, assez opaque au premier abord, le lecteur - tour à tour confident, témoin, ennemi - peut s'y perdre - ou s'ennuyer... -, mais les qualités stylistiques sont indéniables.
    L'auteure joue sans cesse sur la construction et la déconstruction, tant du texte que de sa personne parfois avec humour ou dérision, parfois avec cynisme.
    Rappelons que Chloé Delaume est un pseudonyme, ou plutôt une nouvelle personnalité/identité qu'elle s'est fabriquée pour réécrire sa vie ; ainsi, le travail d'autofiction, le désir de « s'écrire » prend un autre relief, tout comme la mise en scène/en écriture de sa vie, en représentation - littéraire - permanente.
    Une femme avec personne dedans est aussi un pamphlet contre un certain type de féminisme, de conception de la femme, celui qui lutte contre la prostitution comme choix de vie, celui qui réserve aux femmes le devoir et non le droit de s'épanouir à travers la maternité. Chloé Delaume fait la nique à cette vision consensuelle, hypocrite et formatée de la femme. Elle est une militante farouche de l'anti-enfantement. Cette position explique en partie le titre du livre : être, devenir ou se penser « femme » ne consiste pas à avoir quelqu'un dedans, à enfanter, à donner la vie ; d'ailleurs l'auteure assume le droit de donner la mort dans ses livres - ce prolongement de la vie -, elle tue - parfois tente de se tuer sans succès -, elle assassine, revendiquant ce pouvoir suprême que confère l'écriture.
    Une femme avec personne dedans demeure un livre dérangeant et inquiétant qui laisse toute sa place à l'écriture.
    L'aspect obsessionnel de son auto-analyse à travers l'autofiction devient au bout d'un moment pesant. On sent un goût prononcé pour l'exhibitionnisme sans concession. On glisse un peu trop souvent dans la masturbation intellectuelle à sens unique.
    L'écriture prend aussi une dimension chamanique, proche de la magie noire ; le discours narratif devient alors incantatoire, mais il s'agit d'une incantation de la destruction de la norme, du moule littéraire et humain.
    La richesse philosophique, politique et sociologique du livre le dessert aussi, notamment lorsqu'il prend l'aspect d'un fourre-tout ; on assiste aux réflexions de Chloé Delaume sur l'amour, le sexe, la prostitution, le couple, la pensée straight, la maladie, le suicide, etc.
    Le roman propose des envolées lyriques de haut-vol mais également des passages plus drôles et légers, néanmoins tout parait trop contrôlé, l'architecture narrative est trop voyante ; la trinité « auteur, narratrice et héroïne » perd de son humanité, s'enfermant dans une tour de lettres où elle pratique - avec ou sans plaisir ? - l'onanisme littéraire. L'obsession de maîtriser le récit pour contrôler sa vie a ses limites...
    Une femme avec personne dedans demeure certes une curiosité littéraire, mais l'écriture de l'intime exhibée à outrance n'est pas toujours convaincante.

    http://faranzuequearrieta.free.fr

    Lien : http://faranzuequearrieta.skyrock.com/3079777409-Une-femme-avec-pers..
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    • Livres 5.00/5
    Par Hebephrenie, le 11 mars 2012

    Hebephrenie
    Une femme avec personne dedans. Une héroïne, une narratrice, un auteur. Un récit autofictif. Nul besoin de répéter encore la trame, ce qui sous-tend l'arrivée de l'écriture. Qu'importe le déclencheur. Chloé Delaume, son écriture intelligente, rebrousse-poil, ne cesse de scander la responsabilité de l'écrivain. Ne cesse de démontrer que de la souffrance ne nait pas forcément l'œuvre. Elle chante par sa plaie, oui, mais ce n'est pas la plaie qui fait art. de lyrisme en quizz biba_jeune-fille_dégotter_couillidé. Se frotter au réel, se cogner au réel, pour que le personnage autofictif, la réinvention, fasse fi de la fiction.
    Une question alors. Est-ce par ce qu'il y a plaie que l'on est lecteur ? Pourquoi ce récit nous touche-t-il ? Parce qu'il a émotion ? Parce qu'il y a écho, au-delà du tissu narratif et biographique ? Parce que l'on se prête à ce jeu littéraire, parce que l'on explore ainsi son propre je ? Et le moi dans tout ça ?
    J'aime l'idée d'une écriture performative. Que les mots puissent faire advenir. Qu'ils soient faits acte. Mais la lecture est-elle performative ? Est-ce que parce que je m'identifie, je deviens lecteur ? Non, sinon l'autobiographie suffirait. Est-ce que moi aussi, parce que je suis Une femme avec personne dedans, je parviendrais à me sentir seule et libre ? En allant plus loin, la lecture fait-elle de moi Une femme avec personne dedans, où le révèle-t-elle seulement ?
    Beaucoup de questions, qu'importent les réponses. L'œuvre est là, hic et nunc.
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    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 30 janvier 2012

    MarianneDesroziers
    Dans ce nouveau roman, Chloé Delaume continue son travail de déconstruction totale : déconstruction de la langue, de son histoire familiale, de sa genèse en tant que Chloé Delaume, personnage de fiction.
    Ce livre est un roman d'amour autant que le récit d'une Apocalypse individuelle. Ceux qui ont aimé ses précédents romans « Les Mouflettes d'Atropos », « Le Cri du sablier », « Certainement pas », « Dans ma maison sous terre » aimeront tout autant si ce n'est plus cette femme avec personne dedans. Personne, c'est vite dit, pour une des voix les plus singulières de la littérature française contemporaine. Chloé Delaume, c'est une voix grave de petite fille orpheline, un rythme syncopé, un sillon douloureux qu'elle creuse. Dans ce roman, il est question d'un trio amoureux qui tente de trouver une alternative au couple hétérosexuel et au modèle bourgeois.
    La suite sur le blog : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2012/01/une-femme-avec-personne-dedans-de-chloe.html

    Lien : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2012/01/une-femme-avec-p..
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    • Livres 3.00/5
    Par pilyen, le 29 février 2012

    pilyen
    C'est la première fois que je tente une plongée dans l'oeuvre de Chloé Delaume et le moins que je puisse dire, c'est que je n'en suis pas sorti indemne.
    Pour ceux qui ne connaissent pas cette auteure, il va être difficile d'expliquer le genre de texte qu'elle propose.
    Tout d'abord, Chloé Delaume est à la fois l'auteur et le personnage central de son livre sans que l'on sache vraiment quelle est la part de fiction et de réalité. Je pencherai quand même pour de l'autobiographie, en espérant pour elle qu'il y ait, quand même, de l'invention dans ce torrent de mots durs et abrupts.
    Ensuite, il y a son travail de déconstruction de la langue qui donne à ce roman, loin de tout classicisme, une forme patchwork un peu déroutante pour un lecteur non averti. On trouve de tout dans son texte, de la poésie, un mode d'emploi pour trouver le bon couillidé, des citations, des paragraphes pas vraiment ponctués, un quizz, une fin au choix. Suivant son humeur ou son intérêt pour le modernisme, on y prend plaisir ou non.
    Pour finir, il y a le propos de ce livre qui en fait charrie plusieurs histoires ou éléments d'histoires. Une fan de l'auteur se suicide, laissant une mère désemparée qui essaye de comprendre pourquoi auprès de celle qu'elle accuse d'être l'inspiratrice de cette mort. Il est question aussi d'un triangle amoureux à l'avenir incertain. Chloé Delaume vit avec Igor qui aime un aussi une autre femme , La Clef (nommée ainsi dans le livre). La Clef est aussi amoureuse de Chloé. Ici, l'auteur fait une vraie différence entre "aimer" et "être amoureuse". Ces deux récits sont mêlés à des considérations politiques et/ou intimes, l'auteur refusant de procréer et rejetant les codes hétéro-normatifs aux règles aliénantes.
    Dire que la lecture de cette "femme avec personne dedans" est facile, serait mentir.
    La fin sur le blog


    Lien : http://sansconnivence.blogspot.com/2012/02/une-femme-avec-personne-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par Myrabelle, le 14 avril 2012

    Myrabelle
    Livre étrange à l'écriture envoûtante, comme ceux déjà lus de Chloé Delaume, être d'autofiction.
    Pour la musique des mots, j'ai lu de nombreux passages à voix haute.
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Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 27 janvier 2012
    Autobiographique et fictionnelle, la dernière tentative de Chloé Delaume peine à convaincre malgré des idées originales.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lhumanite , le 23 janvier 2012
    D’une formidable vivacité d’écriture. Et d’une impitoyable rigueur intellectuelle.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite

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Citations et extraits

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  • Par Bibalice, le 11 janvier 2012

    L’envoi de son texte, son histoire familiale déversée
    brutalement dans la conversation, ce n’était pas vraiment un appel au secours. Elle voulait que je la reconnaisse, elle qui affirmait sa souffrance. Que je la reconnaisse comme écrivain, parce qu’elle ne pouvait être que cela, son statut de victime légitimait sa démarche autant que le résultat. Elle prenait le trauma comme une preuve implacable : puisque l’horreur est vraie, il y a littérature. Elle n’avait pas saisi qu’une plaie seule ne chante guère, mais je ne pouvais pas lui dire la vérité.
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  • Par Bibalice, le 11 janvier 2012

    Parole d’ange, plein juillet. Elle ne dit pas oublie, encore moins oublie-moi. Je suis morte de n’avoir su m’inscrire dans la vie, pas plus que dans la fiction que j’avais convoitée : tout cela, elle le tait. Elle me montre du doigt, index gauche pointé sur le clavier de mon pc, l’écran change de couleur, une zébrure arc-en-ciel. La coupe s’emplit de fumée blanche, du nuageux au plafonnier. Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, et ce qui doit arriver ensuite. Alors je m’exécute, et endosse aussitôt le rôle de l’héroïne.
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  • Par Bibalice, le 11 janvier 2012 Première phrase du livre

    Vous êtes Chloé Delaume ? Voix sans âge et femelle légèrement
    anguleuse au creux du téléphone. Isabelle Bordelin,
    ça vous dit quelque chose ? Un blanc, quelques secondes.
    Ça vous dit quelque chose ? J’identifie enfin. Une lectrice,
    des échanges le mois précédent. Une histoire déplaisante,
    j’aimerais mieux oublier. Elle s’est suicidée avant-hier.
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  • Par Myrabelle, le 14 avril 2012

    Je m'appelle Chloé Delaume. Je suis un personnage de fiction. Livre et vie s'entremêlent, mon Moi en trois parcelles, auteur, narratrice, héroïne. Je suis d'une trinité forcée de s'incarner, sous peine d'être expulsée par n'importe quel autrui. A cet instant j'affirme : j'écris ce que j'ai vu, ce qui est,ce qui doit arriver ensuite. J'écris et je m'écris, car je suis l'héroïne. Ainsi sera le pacte qui me lie avec l'ange tout autant qu'avec vous.
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  • Par Hebephrenie, le 11 mars 2012

    L'écriture n'apaise pas, elle redouble la douleur puisqu'on la sollicite. L'écriture permet juste de se noyer avec grâce, lentement, pleins et déliés, élégance du je coule, dissociation rendant le mouvement supportable, je m'appelle Ophélie j'habite en asphyxie mais je suis extrêmement bien habillée.
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Vidéo de Chloé Delaume

La grande librairie 09/02/2012 sur France 5 de François Busnel, Chloé Delaume parle de son nouveau livre "Une femme avec personne dedans"








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