ISBN : 2070767604
Éditeur : Gallimard (2005)


Note moyenne : 2.96/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Merci pour la purée, pour Alain de Botton, pour le vin chaud, pour Léautaud, pour les Mustang de don Pedro, pour Flaubert et la menthe à l'eau, pour la pizza des pas perdus, les nuits anglaises de Dickens et les secrets du mousseux tiède.
Bien sûr que l'on dévore... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (9)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 04 décembre 2010

    Seraphita
    « Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables » présente une série de textes très courts (2-3 pages) qui exposent chacun un petit rien, nourriture ou bien littérature, les deux se conjuguant à merveille. Philippe Delerm nous entraîne dans cette nouvelle ronde de petits riens vers des nourritures délectables, matérielles – nourriture (« purée vivante », « un luxe suisse » avec le chocolat Milka, « la barbe à papa »), boisson (« vin chaud »), ou bien spirituelles. Il nous invite à la (re)découverte de grands auteurs de la littérature et disserte sur la lecture et l'écriture dans ses rapports à la nourriture : c'est ainsi qu'il rend hommage à Sempé, Hergé ou Dickens ou bien évoque « la lecture et l'anorexie » puis « l'écriture et l'anorexie ».
    Après « La première gorgée de bière » et « La sieste assassinée », l'auteur creuse un sillon. La recette est délectable mais a un goût de déjà-vu. Si j'ai pleinement adhéré à la lecture de certains petits riens (tel « vin chaud »), d'autres m'ont un peu moins captivée : les références culturelles de l'auteur ne m'étaient pas toujours familières, aussi je partageais moins l'implicite des textes, le ton de douce connivence qui pouvait en ressortir.
    Un mot sur mon petit rien préféré : « Vin chaud » : cette boisson emporte toujours l'adhésion des invités, au contraire de la tisane ou de la petite mirabelle. Si l'on veut en donner une définition, on aura plaisir à dire : « c'est du vin avec de la cannelle, du citron. On le fait flamber quand il est sur le point de bouillir. L'alcool s'évapore » (p. 101). Comment justifier un tel engouement ? Delerm donne quelques pistes, usant avec brio de son écriture précise, sobre et ciselée : « une concentration de convivialité virtuelle plane sur ces deux mots réunis. Sonorités. L'énergie vitale, astringente et nasale de vin s'épanouit dans le chuintement rond, rouge-orange de chaud » (p. 102). Au final, une belle réflexion sur les rapports entre l'appétence physiologique pour une boisson et l'appétence psychologique pour les mots, entre la matérialité du breuvage et la spiritualité de l'écriture : « Vin chaud : c'est presque aussi bon que les mots » (p. 102).
    Des petits riens à savourer, même si Delerm n'innove en rien par rapport à d'autres recueils, avec une certaine inégalité entre les différents textes présentés.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par malau, le 13 mars 2010

    malau
    Voilà donc un livre court où, comme souvent, Philippe Delerm nous livre une série de petits textes de 1 à 3 pages. J'avoue, il faut aimer ce genre, cette manière de s'attacher à des petits riens, des instants de vie, des choses observées de manière fugace : et j'aime.
    Comme aperçu dès le titre, Philippe Delerm n'hésite pas à mélanger les références les plus élevées (Dickens) et les choses les plus prosaïques (la barbe à papa), et là, j'adore ! Voici un exemple particulièrement amusant de ce genre de mélange : "Serez-vous un sybarite ou un janséniste du Coca fast-foodien ?" (p. 53) Et puis, comme il le dit pour d'autres que lui, il a un vrai regard sur les choses, qui se traduit par une écriture précise, aux mots choisis. Cela fait que c'est le genre de livre que je suis capable de relire, pour réentendre les mots, les tournures, les belles phrases.
    Il y a un double thème à cet ensemble de textes : la littérature et la nourriture. Philippe Delerm alterne presque systématiquement un texte sur l'un et un texte sur l'autre. C'est ainsi qu'il nous parle de purée, de Tintin, de pain et saucisson, de Mustang (la BD "bas de gamme"), de Mistral gagnant (les bonbons), de Flaubert, de chocolat au lait, de Balzac... Bon, certaines références m'ont échappé, ma culture ayant atteint sa limite, mais j'ai saisi suffisamment de choses pour y prendre du plaisir. J'ai trouvé aussi que les textes étaient inégaux, ou plutôt qu'ils m'ont plus ou moins touché. Ce n'est jamais grave vu la longueur de chacun d'entre eux, ce n'est jamais pesant.
    Un livre que j'ai aimé lire, pour me détendre, après la lecture d'un pavé... et avant d'en entamer un autre !
    Lu en mars 2010
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 08 novembre 2011

    brigittelascombe
    "Je mange donc je suis" prône le célèbre psychiatre comportementaliste Gérard Apfeldorfer. On pourrait rajouter, dans le cas de Philippe Delerm, grand amoureux des mots, les mots comptent-ils pour du beurre ou nourrissent-ils d'amour et d'eau fraiche les passionnés qui les dévorent?
    Les fidèles babélioniens, lecteurs invétérés, ne peuvent qu'approuver la savoureuse analyse de Dickens Barbe à Papa, le tour d'horizon complet des restaus de papier, de l'auberge "à l'ambiance cérémonieuse De Balzac", au coffee-shop de Juliette l'héroïne de Colette, véritable droguée, en passant par le septième ciel garanti du plateau-repas aérien De Botton,le quatre étoiles "bonheur absolu" de Léautaud etc..
    Mots simples et nourritures simples: lire un journal entre deux épluchures de patates,livres d'enfants reliés à la douceur de la mère, ou à certains souvenirs familiaux, lieux décrits plus vrais que nature et retrouvés avec plaisir dans la réalité, vies à vivre par procuration, noms évocateurs sur lesquels le voyage imaginaire s'enclenche.
    Que de mots, que de mets délectables, car ainsi que le confie Philippe Delerm: "Vin chaud: c'est presqu'aussi bon que les mots".
    Beaucoup d'idées, de sujets à réflexion. Ce n'est pas une mise en bouche mais un repas de chef que nous offre l'auteur car tous ces mots absorbés, il a su les transmettre avec brio ici et ailleurs: Autumn(prix Alain Fournier 1990), Sundborn et les jours de lumière (prix des libraires 1997 et prix national des bibliothécaires 1997), La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules (prix Grandgousier 1997) et bien d'autres non primés mais tout autant succulents.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par emeralda, le 02 novembre 2009

    emeralda
    Des textes courts sur un thème, un objet, un plaisir de la vie… Des souvenirs liés à l'enfance (de l'auteur ?) et alors narrés sous forme de petites fables.
    On y aborde par exemple La saveur et la texture si particulière de la purée de pomme de terre. le fait que cette préparation nous fasse irrémédiablement plonger dans notre enfance, celle qui reste éternelle.
    On y fait l'apologie de la simplicité : « Ce n'était pas parce que c'était bon qu'il fallait faire petit. C'est parce qu'il fallait faire petit que c'était bon ». À une nuance près, plus rien n'est pareil !
    On y analyse finement les relations des couples célèbres comme Tintin et le capitaine Haddock. On redécouvre certaines subtilités qui nous avaient peut-être échappé consciemment.

    On a encore les papilles qui frémissent des sucreries de l'époque, celles qui piquent, qui font tousser, qui émoustille notre convoitise si on avait le mot gagnant inscrit dessus. Quelques mots bien pesés, deux ou trois tournures de phrase et voilà, les décors de notre enfance qui refont surface sans avoir pris une ride ou presque.
    La suite sur "Espace temps libre".

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2009/11/passe-simple-dickens-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par liberlibri, le 01 décembre 2008

    liberlibri
    Très pratique pour les déplacements répétés en train ce Dickens, barbe à papa de Philippe Delerm. Une suite de courtes scènes comme à l'accoutumée, qui en dit long, mine de rien. Si les premiers textes n'ont pas la saveur de La première gorgée de bière, les suivants renouent toutefois avec cette veine. La terrasse de café perdue dans les Ardennes, la barbe à papa – plaisir des grands plutôt que des petits –, autant de réjouissances à lire ! Sans oublier ce succulent « Nuage à la salade de pommes de terre » qui a tout compris du voyage en avion. Mais le sommet de ce Delerm, c'est la table basse, reflet social et intellectuel de son propriétaire. L'auteur décrit ce petit objet soigneusement encombré d'un fatras bien trié. Mettre ou ne pas mettre un magasine de décoration ? Au fil des pages, l'on découvre aussi la touchante figure du père dont le défaut de mémoire semble pallié par les textes du fils (et du petit-fils !) puis on lit une belle analyse du « il voyagea » de Flaubert. Cet opuscule se clôt sur « le bon usage de la pastèque ». Tout un programme auquel je vous invite à goûter !

    Lien : http://liber-libri.blogspot.com/2008/09/nourritures-dlectables-dicke..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (18)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par soukee, le 10 juin 2010

    Savourer encore quarante pages de Mustang, c'est un meilleur rapport qualité-prix que pour tant d'œuvres littéraires qu'on se doit de lire sous peine de délabrement intellectuel. Aujourd'hui comme hier, c'est bon de mépriser la prescription.
    Citation de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par malau, le 13 mars 2010

    C'est ainsi. On ne voit jamais sur son propre menu ce qui tente les autres? On ne voit jamais sur son propre menu une chose aussi tentante que celle qui tente les autres. [...] D'ailleurs, comment nier la concupiscence des regards obliques, quand on apporte aux tables voisines les plats que l'on n'a pas choisi ? [...] Car c'est l'envie des autres qu'on envie. (p. 60)
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 08 novembre 2011

    On se sent bien quelque part, et on ne sait pas trop pourquoi. Plus que bien.Il y a quelque chose à la fois de doux et d'étrange, la sensation de revivre des sensations familières.Pourtant, on n'est jamais venu dans les Ardennes.....Est-ce la même terrasse? L'avait-on absorbée en lisant Un balcon en forêt? Rien de sûr.Et pourtant...
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par soukee, le 10 juin 2010

    La barbe à papa, ça se vendait avec une espèce de générosité bizarre : il y en avait toujours trop.
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 08 novembre 2011

    Proust garde-t-il juste assez de forces pour continuer à écrire? Ou au contraire est-ce le fait de renoncer à la nourriture qui lui donne l'énergie littéraire jusqu'à l'ascèse finale? Son long suicide est sa naissance...Et nous mangeons comme un chausson,très blond,très chaud,tous les velours passés de Léonie.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (7)

Videos de Philippe Delerm

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Philippe Delerm

Le goût des mots : rencontre avec Philippe Delerm et Laurence Devillairs








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Dickens, barbe à papa : Et autres nourritures délectables par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (54)

> voir plus

Quiz