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ISBN : 2070421821
Éditeur : Gallimard (2003)

Note moyenne : 3.18/5 (sur 33 notes)
Résumé :
« Un jour tu t'es laissée glisser vers un ailleurs qui te guettait de sa force tranquille et blanche... Pour une raison inexpliquée la 2 CV... a quitté... et percuté... est décédée dans la soirée... Je n'ai pas lu dans un journal ces mots qui ont dû y figurer, qui sont si secs et rassurants pour parler d'une mort bien propre à effacer.
Tu ne liras jamais ces pages que j'écris dans une école sage au vent mouillé d'automne. »
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
marina53
marina5327 juin 2013
  • Livres 4.00/5
Monsieur Chatel, instituteur, perd dans un tragique accident de la route sa bien-aimée. Tel un journal intime, il lui écrit et lui raconte ses journées, ses élèves, sa vie sans elle, le creux de son absence, ses peines et ses douleurs. Il se livre à elle comme si elle était encore là, il écrit certaines choses qu'elle aurait pu faire et s'invente même ses souvenirs. Et il a encore le courage de continuer à écrire, continuer à la faire vivre à travers ses écrits...
Philippe Delerm décrit ici le chagrin, la tourmente, les souvenirs, la douleur et surtout l'amour de cet homme pour sa femme. Elle, que l'on ne nomme qu'à travers ses héroïnes des contes qu'elle écrivait, prend une dimension intemporelle, presque irréelle. Lui, cet instituteur de campagne, lui redonne vie. Derrière une écriture tellement poétique, touchante, sans être larmoyante, légère ou parfois plus grave, l'auteur a vraiment réussi à donner un sens à cet amour.
Bien plus qu'un roman, c'est une véritable déclaration d'amour...
La cinquième saison... intemporelle...
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cicou45
cicou4504 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
Bien plus qu'un roman, cet ouvrage pourrait être qualifié de journal intime ou plus exactement d'une longue lettre que le narrateur écrit à son amour perdu. En effet, celle qu'il a aimé et qui n'est jamais précisément nommé dans le livre est morte mais l'auteur ne peut faire totalement son deuil. Il continue à lui écrire, ravive des souvenirs qu'ils ont partagé ensemble (ou non) simplement pour continuer à la faire vivre dans sa mémoire, et par là, la faire continuer à exister. Lui, un petit instituteur à Saint-Lauren-des-bois, un petit village sur la Risle et elle, une ancienne illustratrice et auteure de contes pour enfants. Aussi, dans ce livre, est-elle plus connue par les noms de ses héroïnes tels ceux de Cécile et de Clémence qui reviennent régulièrement.
Un ouvrage sur la vie qui, bien que l'on ait perdu l'être qui comptait le plus pour nous, doit continuer et dans laquelle on doit s'impliquer si l'on ne veut pas passer à côté.
Un très bel ouvrage basé sur la base des regrets mais à la fois rempli d'espoirs et qui nous fait méditer, nous, lecteurs, sur la fragilité de la vie. A découvrir !
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Herve-Lionel
Herve-Lionel19 août 2015
  • Livres 4.00/5
N°954– Août 2015
LA CINQUIEME SAISONPhilippe Delerm – Gallimard.
On a tous dans le coeur un tableau noir et sa poussière de craie, la portée bleue d'un cahier d'écolier avec des mots écrits à l'encre violette dans le crissement d'une plume d'acier, pleins et déliés, le doux ronronnement des tables de multiplications, le lourd silence des dictées, les blouses grises et les punitions, la cour de récré poudreuse et les derniers jours d'école dans la touffeur naissante de l'été, les jeux de billes, de marelle ou de corde à sauter. Tout le parfum de l'enfance ! Plus tard ce seront des nattes et des taches de rousseur, les regards maladroits et les paroles timides, les garçons hâbleurs qui voudront se faire remarquer des filles qui les ignoreront du haut de leur beauté naissante. Leur indifférence et leurs yeux annonceront déjà les femmes qu'elles seront bientôt. Ce sera le temps des amours inventées, des menthes à l'eau, des illusions qui ne manqueront pas d'éclater, avec cette volonté de grandir vite et cette fascination de l'avenir mais aussi ce désir un peu fou de demeurer encore un peu dans le giron tiède de l'enfance.
M. Chatel est un instituteur, un Maître d'école comme on disait avant, soucieux de l'avenir de ses élèves à qui il transmet son savoir. Ils le respectent pour cela, parce qu'il leur apprend le calcul et la grammaire, même si ce n'est pas passionnant et qu'ils n'aiment pas vraiment cela. Ce n'est pas tout à fait un copain, pourtant il joue à l'occasion avec eux au foot sur la place du village, organise la kermesse de fin d'année scolaire. On l'appel « M'sieur » entre crainte et une complicité feinte. C'est un petit village où on a déjà abandonné la gare, sans doute non rentable, avec sa dernière épicerie qui fermera à la mort de sa propriétaire, son café à la lisière de la faillite, l'école elle-même disparaîtra bientôt, faute d'élèves. Ils partiront vers d'autres horizons ou au collège et ne seront pas remplacés parce que les temps changent et qu'on n'y peut rien.
Il se souvient de cette tranche de vie où il aimait cette jeune fille trop tôt disparue dans un accident. D'elle il n'a plus que des souvenirs, les albums pour enfants qu'elle a crées, ses aquarelles aux couleurs chaudes. Ils avaient tout pour vivre ensemble une vie heureuse et longue mais le destin en a décidé autrement. Parce que c'est un baume, il choisit de de lui écrire avec des mots d'encre bleue, de crier dans l'écriture tout cet amour perdu, tout ce gâchis, tout ce deuil impossible à faire. Ces mots, elle ne les lira jamais mais ils lui viennent à travers ses souvenirs qui renaissent dans la couleur d'une robe, la langueur d'une soirée d'été, une chanson de Duteuil ou de Souchon, une photo de David Hamilton... Il la fait revivre dans sa mémoire, habille ces années heureuses de phrases, entre leur enfance différente, leur rencontre, leur vie amoureuse, leurs vacances au soleil de Provence, leurs projets… Même si écrire est une forme de folie, entre vertige et exorcisme, c'est une sorte de longue lettre, tissée à petites touches intensément poétiques, un journal confié aux feuillets blancs d'un cahier où le deuil est présent à chaque page sans pour autant être exagérément larmoyant, mais à certains moments du roman j'ai pourtant eu l'impression d'un veuf qui parlerait à une tombe.
Bien sûr la vie continue mais l'absence reste et lui s'accroche aux mots qu'il investit de son chagrin. Ce sera une nouvelle rentrée avec ces feuilles qui tombent déjà et les matinées qui rafraîchissent, les encriers en porcelaine qu'on remplit d'encre mais cette femmes diaphane disparue sur une route rappelle que nous ne sommes que les pauvres usufruitiers de notre vie, même si nous choisissons de ne pas y penser, de vivre comme si nous étions immortels.
Hervé GAUTIER – Août 2015 - http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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Epictete
Epictete31 décembre 2013
  • Livres 4.00/5
Un livre dans la tradition du journal intime, ou de l'oeuvre épistolaire. On aime ou on n'aime pas. Moi j'aime ! Il y a beaucoup de poésie, de sensibilité dans ce texte. On n'y trouvera pas tous la même chose, mais on sera tous saisis, happés par un passage quelconque.
Aujourd'hui, dans chaque témoignage ou journal d'information, on nous parle de "faire son deuil". (Personnellement, j'ai du mal à définir vraiment cette expression malheureusement devenue à la mode)
Cet ouvrage peut peut être aider à comprendre. En tout cas c'est une belle écriture, et un beau résultat.
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CelineGe
CelineGe31 décembre 2012
  • Livres 2.00/5
La cinquième saison est le premier livre publié de Philippe Delerm (en 1983) et moi, c'est mon premier Philippe Delerm.
Vous dire que ce n'est certainement pas mon dernier serait un gros mensonge car si les ouvrages qui ont suivi sont dans le même style, je crois que ce n'est pas la peine que j'insiste.
D'un côté, ça confirme ce que je pensais : je suis hermétique à la poésie, du moins, à la prose poétique.
C'est ainsi, et j'aurai beau insister, essayer de, je ne m'y ferai jamais.
J'aime les récits clairs, les phrases qui ont un sens direct.
Bon, un petit peu de poésie par ci par là, je sais apprécier, mais un livre entier, fusse-t-il que de 150 pages, je n'y arrive pas.
La cinquième saison, c'est le récit d'un homme, instituteur, qui a perdu son amoureuse, morte dans un accident de voiture. Elle était auteur illustratrice de livres pour enfants.
L'homme n'arrive pas à faire son deuil et se met à écrire dans un cahier blanc les souvenirs qui lui viennent, de sa vie avec elle, de son enfance à lui, de son enfance à elle, souvent inventée. Il écrit aussi les souvenirs hypothétiques qu'ils auraient pu avoir, tous les deux, si elle n'était pas morte, dans une maison en Provence. Ou bien il imagine sa venue dans son école.
Les imparfaits côtoient allègrement les futurs simples et les conditionnels présents et ce joyeux mélange m'a souvent donné le mal de mer.
Un livre où il est beaucoup question de regrets mais où la vie quotidienne et ses petits bonheurs, quand on est l'instituteur d'une petite école dans un petit village, reprend peu à peu le dessus.
Oui, je reconnais que c'est joli, que c'est bien écrit, et que l'éloge de la vie quotidienne est un noble sujet mais pour moi, l'écriture est souvent à la limite de l'énigmatique. Et quand je ne comprends pas tout de suite le sens des phrases, je n'aime pas. Je n'arrive pas à être charmée. C'est dommage car il y a vraiment de belles images.
critique complète sur mon blog, merci
Lien : http://linecesurinternet.blo..
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Citations & extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina5328 juin 2013
C'est toi qui donnes la couleur, ce jour de juin l'été dernier. Tu me regardes et tu le sais. Parfois tu en auras assez de dessiner le jour, de mener les images. Mais ce soir tu veux bien. Plus tard quand nous ferons l'amour des caresses framboise me viendront. Car je ne voulais rien que ressembler au temps de toi. Tu es partie framboise.
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marina53marina5327 juin 2013
Aujourd'hui que les jours te font loin de mes mains, je pense à ces caresses qui me sont restées, à ces phrases de presque rien qui t'auraient amusée, à des histoires drôles - j'ai mal de ton rire lointain qui n'a pas résonné.
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marina53marina5317 juin 2013
Il faut partir ou bien rester, cela revient au même gris. Je t'écris ça ce soir avec cette envie de mourir, la fatigue si longue; le chagrin seul me tient ici, brûlure au creux de la poitrine.
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marina53marina5302 mai 2014
Les filles sont un autre monde, et je m'en souviendrai. Elles deviendront cet ailleurs difficile où je te reconnais, pays à inventer pour le bonheur de passer la frontière.
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marina53marina5308 mai 2014
Tu ne revivras pas, mais il y a ce chemin des mots qui mène un peu plus près de ton sourire ; le souvenir ne te rend pas, mais tu sourds quelquefois de cette folie douce de t'écrire, avec au bout le son-vertige de ta voix.
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Videos de Philippe Delerm (25) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Delerm
Les eaux troubles du mojito de Philippe Delerm .Ces petits bonheurs du quotidien, ces instants volés au temps, ces suppléments d?âme qui réchauffent le c?ur. Avec son écriture fine, légère, drôle ou mélancolique, Philippe Delerm donne à la vie les couleurs de l?émotion. Un nouveau recueil de textes courts par l?auteur de « La première gorgée de bière »? Retrouvez l'émission intégrale sur http://www.web-tv-culture.com/les-eaux-troubles-du-mojito-de-philippe-delerm-820.html
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