ISBN : 2757808370
Éditeur : Points (2008)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 47 notes) Ajouter à mes livres
Philippe Delerm décrit comme personne les instants familiers à chacun de nous, et restitue, presque intacts, nos petits agacements, nos plaisirs furtifs, les grands moments de solitude et les émerveillements... Au fil de ces petites phrases toutes faites, faussement ano... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 23 février 2012

    Seraphita
    « Il a refait sa vie », « N'oubliez pas d'éteindre vos portables », « On ne vous fait pas fuir, au moins ? », « Faut arrêter ! », « Y a pas d'souci », … Voilà autant de petites expressions anodines que tout un chacun a pu prononcer, presque par inadvertance, au détour d'une conversation. Ces tournures langagières sont-elles si communes ? Philippe Delerm décide d'y consacrer ici un recueil et se propose d'attribuer à chaque expression une signification psychologique, le tout de manière très plaisante et avec une plume toujours aussi travaillée.
    Certaines nouvelles peuvent prêter à (sou)rire. Dans, « Par contre, je veux bien un stylo », la scène se déroule au restaurant, à la fin du repas. L'un des convives, faisant preuve d'une grande libéralité, se décide à régler seul la note. « Tout en poursuivant la discussion, il a sorti son carnet de chèques. » (p. 87) L'expression « Par contre, je veux bien un stylo », fleurit alors sur les lèvres du généreux convive, « légère en apparence, discrète, si naturelle dans le feu de l'action, mais si lourde de sens ». C'est ce sens qu'explore ensuite très finement l'auteur, avec une faculté remarquable dans l'analyse des relations humaines, servie à merveille par un style ciselé.
    D'autres nouvelles invitent le lecteur à un peu plus de réflexion, à l'image de « Ça devrait toujours rester comme ça » et sa suite « J'ai horreur de cette phrase ». Voilà une expression réservée le plus souvent « au petit de l'homme », qui peut sonner comme un « vœu extatique et condamné (…) Une formule des plus ambiguës, qui mêle au superlatif de l'adoration du présent une nuance de regret s'adressant à la fois au futur et au passé. » (p. 51) Quels non-dits sont inscrits à la marge de cette expression somme toute banale ? Pour Philippe Delerm, « C'est un salut à la vie qui se plaint de la vie. » (p. 52) Il poursuit sa réflexion en explorant une expression qui souhaite s'inscrire en faux par rapport à la précédente : « J'ai horreur de cette phrase ». « Une composition en abyme s'ouvre là. » (p. 53) Delerm l'explore habilement et conclut par un questionnement qu'offre le bébé à l'adulte : « Même dans sa jovialité épicurienne, le bébé n'en pose pas moins une question métaphysique. Comment faut-il aimer en lui le temps qui passe ? » (p. 55)
    La dernière nouvelle m'a semblé poignante, explorant, à travers une expression entendue dans la bouche d'une personne âgée « V'là l'bord d'la nuit qui vient », la question d'une trouvaille langagière qui offre matière à développements poétiques et réminiscences nostalgiques : « le bord de la nuit. La nuit devient une matière, un tissu, les heures s'habillent et nous mettent un manteau. Nos mouvements doivent suivre, s'envelopper dans cette amplitude du ciel, marcher à l'amble. » (p.94)
    Un travail d'orfèvre qui vise à dénicher les non-dits, à la marge d'expressions anodines.
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    • Livres 1.00/5
    Par raton, le 04 novembre 2008

    raton
    Un recueil décevant, même si le titre est racolleur et que toute la collection Points sur les bons mots de la langue française est une petite merveille !
    La vision de delerm est très pessimiste, voire méprisante sur les moments classiques de la vie quotidienne et laisse un léger goût amer.Dommage qu'il faille attendre la dernière page pour un peu de nostalgie et de bons sentiments...
    Quant à la modestie de l'auteur qui se cite lui même...Peut être faudrait il lui rappeler l'adage de la paille du voisin et de la poutre...
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    • Livres 3.00/5
    Par Lune, le 08 mars 2009

    Lune
    Philippe Delerm attire notre attention sur ces petites phrases que nous avons toutes et tous prononcées ou entendues. Il nous en montre et démontre les subtilités, les malentendus, les non-dits qu'elles peuvent susciter. J'en cite quelques unes évocatrices de souvenirs bons ou moins bons : "C'est le soir que c'est difficile" (émouvant témoignage de la solitude), "On ne vous fait pas fuir, au moins?" (double sens dérangeant), "Il faut le voir sur scène" (cela change tout!), "Ca devrait toujours rester comme ça" suivi de "J'ai horreur de cette phrase" (édifiant!), "Du côté de mon mari" (ou le racisme dans un couple...), et tellement d'autres puisque je n'en livre que six sur les trente-quatre proposées. C'est du Delerm comme on l'apprécie dans ses petits textes qui se resserrent autour d'une sensation, d'un moment quotidien et ici, d'expressions qu'il met en exergue et que nous redécouvrons avec amusement, émotion, étonnement (il y en a que je ne connaissais pas) et peut-être en se disant : celle-là, je ne la dirai plus...
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    • Livres 2.00/5
    Par araucaria, le 26 avril 2012

    araucaria
    Un livre qui m'aura beaucoup déçue. Je l'ai trouvé sans intérêt. Il ne m'a rien apporté j'aurai pu m'abstenir de le lire. Ce fût presque une perte de temps.

    Lien : http://araucaria.20six.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par valdemosa38, le 04 décembre 2011

    valdemosa38
    Ouf .....Un bon petit livre. Un délice ce petit bouquin. En plus, j'ai eu l'édition collector, celui qui est en photo. Les motifs sont en velours sur carton. le papier est de belle qualité, lisse, coins arrondis et le contenu est gourmand.
    Gourmand de cette humanité d'on nous faisons partis. Celle qui a développé tout un tas de petites phrases plus ou moins délicieuses et qui permettent de dire sans dire et sans rire. C'est très délicat et très juste. Parfois tout réside dans l'emploi d'un pronom.... sans ce pronom rien ne serait dit, faites l'essai....l'humanité est qd même assez géniable. Et c'est tout cet art de la socialisation dont il est question...qui nous évite parfois aussi de nous taper dessus mais aussi parfois de communiquer vraiment.
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Critiques presse (2)


  • Telerama , le 14 décembre 2011
    L'écrivain sait en termes justes évoquer un moment familier, un sentiment enfoui mais jamais oublié.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 29 novembre 2011
    Fin observateur des - petites - choses de la vie, attentif aux paroles jetées en l'air et aux poncifs allègrement véhiculés, l'écrivain décrypte avec humour les "dessous" des mots.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par kathy, le 16 juillet 2010

    V‘là l ‘bord d ‘la nuit qui vient.
    Celle-là, c’est la marque d’une seule personne. Une belle personne. Madame Hermier était l’épicière. Elle est morte depuis quinze ans au moins. C’est elle qui régentait le quartier, avec, sous son apparence revêche, un sens de l’équité sans concession. Première rencontre un jour de panne d’électricité :
    -Mon pauv’ monsieur, j’veux bien vous vendre trois bougies, mais pas la boîte. Il en faut pour tout le quartier.
    Au fil des ans, elle était devenue une amie, venait à la maison partager la galette des rois, bavardait un peu, et disait tout à coup :
    -J’vais renter. V’là l’bord d’la nuit qui vient.
    Des mots entendus, des mots qu’elle inventait ? Peu importe. Les mots de Madame Hermier. J’aime les soirs précoces à cause d’elle, la sagesse solitaire de ses dimanches d’hiver. Rien ni personne ne l’attendait, mais il fallait rentrer avant la nuit. Peut-être une manière de ne pas vouloir nous importuner trop longtemps, de couper court à nos mais vous avez le temps. Comment la retenir, puisque le bord de la nuit venait ?
    Le bord de la nuit. La nuit devient une matière, un tissu, les heures s’installent et nous mettent un manteau. Nos mouvements doivent suivre, s’envelopper dans cette amplitude du ciel, marcher à l’amble. Madame Hermier ne redoutait guère les deux cents mètres nocturnes de trottoir qui l’eussent ramenée chez elle sous les réverbères. Mais c’était aussi une politesse de suivre le rythme du jour. Jehan Rictus appelait le crépuscule « le furtif ». Voilà. Madame Hermier voulait rentrer à la lisière du furtif.
    Plus tard, quand elle nous quitterait pour un plus long voyage, ce serait avec la même discrétion, le même souci de ne pas déranger, de se glisser dans l’ombre sans crainte et sans regret. Pas difficile pour elle en apparence de quitter le cercle des lampes basses, les flammes orange et bleues de la cheminée. Une jolie manière de dire adieu comme elle disait au revoir, à quoi bon proteste, il faut bien s’en aller, v ‘là l ‘bord d ‘la nuit qui vient.
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  • Par Seraphita, le 23 février 2012

    Même dans sa jovialité épicurienne, le bébé n’en pose pas moins une question métaphysique. Comment faut-il aimer en lui le temps qui passe ?
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  • Par myriampele, le 27 mars 2012

    J'aime le vrai et le subtil. Je suis bien trop modeste pour l'affirmer ex abrupto. je préfère Trouville à Deauville.
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Le goût des mots : rencontre avec Philippe Delerm et Laurence Devillairs











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