ISBN : 2844141137
Éditeur : L'Association (2002)


Note moyenne : 4.31/5 (sur 110 notes) Ajouter à mes livres
Après Shenzen, Guy Delisle a poursuivi son travail nomade d'animateur à Pyong yang, capitale de la Corée du Nord. Si ses sentiments vis-à-vis d'un pays totalement étranger se retrouvent d'un livre à l'autre, "Pyong Yang" présente en outre l'intérêt de donner des informa... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (14)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Thyuig, le 07 avril 2012

    Thyuig

    Pyongyang est l'un de ces albums qui se déguste à la manière d'une petite musique qui reste longtemps en tête. Sauf qu'ici, en fait de musique, c'est plutôt de silence dont il est question. Et quel silence!
    Guy Delisle nous livre le journal détaillé de ses deux mois passés en Corée du nord dans le cadre de son boulot de surpervision dans l'animation. Nous vivons donc son séjour en partageant sa vision du pays mais surtout du régime totalitaire qui l'asservie, l'une des pires dictatures au monde.
    le traitement est volontairement simple, un noir et blanc travaillé au crayon dont il ressort toute une palette de gris. le dessin est précis, les batiments sont croqués parfaitement si bien qu'au fil de la lecture, on pourrait presque se répérer sans guide dans les rues de Pyongyang. Dans quelques cas, ces dessins prennent une planche entière et l'on mesure alors l'énorme talent de Delisle pour retranscrire exactement ce qu'il se dégage de toute cette austérité nord-coréenne.
    Quand je parlais de silence, c'était pour mieux appréhender la teneur exacte de ce régime. Tout est calculé, rien n'est laissé au hasard, les photos sont controlées, les programmes radio sont les mêmes sur toutes les fréquence, la lobotomisation de la population envers leurs dirigeants, pére et fils, est soigneusement orchéstrée via la distillation au compte-goutte d'images effarantes de l'impérialisme capitaliste américain, l'énnemie juré.
    ce silence est donc celui qui en chaque instant entoure irrémédiablement la vérité de cette dictature. La population n'ignore sans doute pas le marasme économique dans lequel le pays est plongé mais la propagande est une telle institution que tous sont persuadés que leur Grand Leader est le sauveur d'une humanité rongée par la perdition.
    Un exemple pour appuyer ceci, lorsque Delisle interroge son traducteur sur l'absence de personnes handicapées dans les rues, celui-ci lui répond que le peuple nord-coréen est à 100% sain de corps et d'esprit et que le handicap n'existe pas ici... Effrayant.
    Dans la première partie, Guy Delisle relit 1984 de Georges Orwell: effectivement...





    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par MissLeo, le 16 mars 2012

    MissLeo
    Attention coup de coeur !!!
    J'ai découvert Guy Delisle tout récemment à travers ses Chroniques de Jérusalem, primées au dernier festival d'Angoulême. Rappelons qu'il s'agit d'un roman graphique assez conséquent, dont j'ai fortement apprécié la lecture (n'ayons pas peur des mots, j'ai même été carrément emballée). Désireuse de poursuivre ce voyage entamé de la plus belle façon qui soit, je me suis alors mise en quête des autres créations de cet auteur, et suis tombée sur ce fameux Pyongyang, que j'ai tout de suite eu envie d'acheter. Ma fascination actuelle pour les régimes dictatoriaux y est sans doute pour beaucoup. Je lis ainsi tout ce que je peux trouver sur l'Allemagne Nazie, qu'il s'agisse de romans, témoignages ou articles de magazines. Je m'intéresse aux mécanismes et aux outils qui permettent à un dictateur de s'assurer la fidélité et la ferveur de tout un peuple asservi, ainsi qu'aux conditions de survie et d'épanouissement de ce même peuple. C'est justement de cet asservissement qu'il est question dans Pyongyang.
    Depuis persepolis de Marjane Satrapi, oeuvre brillante et passionnante que je ne me lasse pas de relire, je suis à la recherche d'autres pépites du même accabit, mêlant l'histoire et la découverte d'une culture étrangère à la chronique vivante et détaillée de la vie quotidienne dans un pays lointain. Pyongang est à cet égard particulièrement satisfaisant.
    La Corée du Nord est le pays le plus fermé au monde, et par conséquent l'un des moins connus. Un OVNI à l'ère de la mondialisation ! Il est particulièrement difficile d'y entrer, encore plus difficile, pour ne pas dire impossible, d'infiltrer la population locale. Les étrangers, occidentaux en tête, bénéficient en effet d'un traitement très particulier. Surveillés, pilotés, ils ne sont jamais totalement libres de leurs mouvements, et ne voient que ce que l'on veut bien leur montrer (en général des bâtiments ou installations à la gloire du régime). C'est l'un des aspects les plus
    marquants du témoignage de Guy Delisle : accompagné en permanence de son "guide" et de son interprète, le dessinateur découvre avec amusement et sidération les us et coutumes de ce pays pas tout à fait comme les autres, sans jamais se mêler aux autochtones. L'absence flagrante de personnages nord-coréens dans le récit (en dehors du guide et de l'interprète sus cités) fait d'ailleurs froid dans le dos.
    Entre culte de la personnalité et propagande, nous découvrons quelques caractéristiques de ce régime surréaliste, qui dépense des sommes mirobolantes pour construire le métro de Pyongyang, véritable œuvre d'art aux allures de cathédrale moderne, conçu pour servir d'abri anti-atomique en cas de nécessité, mais ne peut pourtant assurer la subsistance de ses ouailles. Les nord-coréens sont contraints d'afficher leur amour et leur fidélité envers la famille Kim, dans un pays en état de famine et de pénurie permanentes. La population est soumise à une discipline de fer, les "dissidents" risquent l'emprisonnement à vie dans des camps pour le moins spartiates. Tout cela est fort sympathique... On retiendra également l'hypocrisie des dirigeants, qui détournent l'aide alimentaire internationale à leur propre profit, maintenant ainsi le peuple dans un état de dépendance.
    Cet état des lieux est profondément déprimant. L'objectif de Guy Delisle n'est cependant pas de nous proposer une analyse politico-économique du contexte nord-coréen. Rien de tout cela dans Pyongyang, qui est avant tout le témoignage d'un canadien expatrié nous faisant part de son expérience au quotidien, avec un mélange de réalisme et de distance amusée. Les situations décrites sont souvent drôles, tout à la fois cocasses et dramatiques, mais suscitent également la réflexion. Comment un tel régime peut-il tenir ? Comment les nord-coréens, embrigadés depuis leur plus tendre enfance, vivent-ils la situation ? Quel peut-être le devenir économique et politique de ce pays qui, ne l'oublions pas, possède la bombe atomique ? Autant de pistes intéressantes, qui mériteraient d'être approfondies…
    Un petit mot du style pour finir : j'aime beaucoup ces dessins en noir et blanc, au graphisme simple et pourtant évocateur, qui traduisent tour à tour l'ennui, l'amusement et la stupéfaction du personnage. L'ambiance fantômatique de Pyongyang est magnifiquement rendue. Je vais m'empresser de découvrir Shenzen et Chroniques birmanes, du même auteur.
    Une très belle découverte, que je recommande sans hésiter ! :-)

    Lien : http://leslecturesdeleo.blogspot.com/2012/03/pyongyang-guy-delisle.h..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 02 février 2012

    canel
    Guy Delisle, canadien, vient de recevoir le prix du meilleur album de bande dessinée 2012 au 39e Festival d'Angoulême pour ses Chroniques de Jérusalem. C'est amplement mérité !
    Chacune de ses BD est un journal de bord de quelques mois au sein de pays en difficulté (dictatures, guerres intestines) où il a résidé pour des raisons professionnelles ou familiales, ayant donc un peu plus accès que le visiteur lambda aux lieux censurés.
    J'ai retrouvé dans Pyongyang le subtil mélange de présentation du pays et d'anecdotes personnelles déjà rencontré et savouré dans 'Chroniques birmanes'. le tout est finement observé, parsemé d'humour et d'une bonne dose d'auto-dérision qui allègent la triste réalité de l'environnement décrit. On (ré)apprend ici que la Corée du Nord était à l'aube du XXIe siècle (et est encore), fortement touchée par la famine, sa population endoctrinée et asservie, sous les régimes successifs de Kim ll Sung et ses descendants - fous à lier de mégalomanie.
    Voici donc une excellente "BD documentaire", mais de celles qu'on peut avoir envie/besoin de lire sur plusieurs jours, de refeuilleter après lecture. C'est dense et ça laisse un goût amer malgré l'humour - les pays jusqu'alors évoqués étant soit soumis à de féroces dictatures (Birmanie, Corée du Nord), soit en proie à des conflits internes (Israël).
    Un très bon complément sur la Corée, toujours en BD : Couleur de peau : Miel (t. 1 & 2) de Jung (phénomène massif d'adoption d'enfants coréens par des Occidentaux).
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par yvantilleuil, le 17 mars 2012

    yvantilleuil
    Après avoir lu ses "Chroniques birmanes" et ses "Chroniques de Jérusalem", je me devais donc d'attaquer ce séjour en Corée du Nord en lisant “Pyongyang”.
    La grosse différence par rapport aux deux ouvrages précités est que Delisle est encore célibataire lors de cette aventure plus ancienne. Alors qu'il accompagne son épouse en mission sur place pour MSF lors des récits plus récents, on le suit ici dans le cadre de son travail en tant que superviseur de dessin animé européen fabriqué à Pyongyang. Étant plus fan de sa vision du pays visité que de ses (més)aventures en tant que père au foyer, cette approche différente a déjà tout pour me plaire.
    Dans “Pyongyang”, Guy Delisle raconte les deux mois qu'il a passé dans un des pays communistes les plus fermés au monde. Voguant entre le carnet de voyage et une succession d'anecdotes, le récit permet de visiter le pays de l'intérieur. le séjour très encadré de l'auteur n'offre certes qu'une vue assez limitée de la réalité, mais il demeure tout de même très instructif.
    Au fil des pages, l'auteur se heurte régulièrement à ce régime totalitaire qui contrôle et surveille tout. Ce pays dirigé de main de fer par la dynastie Kim Jong va jusque dans le cerveau des gens en diffusant constamment une propagande mensongère destinée à glorifier le leader suprême et à diaboliser les autres pays, emmenés par les États-Unis. Après lecture de cet ouvrage, les images de ce peuple pleurant la mort de son bourreau fin décembre 2011 prennent tout leur sens.
    Alors certes, “Capitaine Sim n'est pas de notre galaxie…” mais la vision que Delisle propose de son monde est aussi édifiante qu'amusante. L'auteur offre un regard très détaché de ce pays qui rationne l'éclairage, mais qui ne lésine pas sur les monuments et les photographies représentant Kim Il-Sun. Usant d'un ton légèrement ironique, il parvient à dépeindre les situations avec humour, simplicité et justesse.
    Le dessin minimaliste est d'une grande lisibilité et malgré son apparence ‘simpliste', il parvient à distiller énormément d'informations, d'émotions et de non-dits. Quant au noir et blanc, il colle parfaitement à l'atmosphère froide et austère de cette ville sombre.
    Si la visite du pays n'est pas conseillée, la lecture de cet ouvrage qui lui est consacré l'est bel et bien !

    Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2012/03/16/guy-delisle-pyongyang/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Cielvariable, le 26 mai 2012

    Cielvariable
    J'adore le style de Guy Delisle! J'ai d'abord été enthousiasmée par Chroniques birmanes, néanmoins cette fois j'ai apprécié encore davantage Pyongyang. Ces petites anecdotes quotidiennes tout en humour font découvrir une Corée du Nord surréaliste pour nous les Occidentaux.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (18)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Cielvariable, le 26 mai 2012

    Aujourd’hui, bonne nouvelle pour la production. Ils ont viré le directeur de l’épisode 3. Un petit monsieur qui parle très fort avec un accent du Nord (il vient d’un village près de la frontière chinoise) prendra sa succession. A n’en pas douter, on l’a autorisé à déménager à Pyongyang pour ses aptitudes artistiques (…). Pour tous les autres qui arrivent à déménager dans la capitale, c’est moins glorieux comme histoire. Le régime utilise cette forme de promotion pour remercier ses plus zélés éléments de la province qui dénoncent assez régulièrement leurs voisins pour se faire remarquer.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Cielvariable, le 26 mai 2012

    La Corée du Nord est le pays le plus fermé du monde. Les étrangers y entrent au compte-goutte. Il n’y a pas d’Internet, pas de café… En gros, pas de divertissements. On peut difficilement sortir de l’hôtel, et rencontrer des Coréens s’avère pratiquement impossible. Heureusement que du côté solitude, j’ai de l’entraînement parce que c’est pas ici que je vais rigoler. Enfin, c’est comme cela que j’envisageais mon séjour, mais finalement ce fut tout le contraire. Comme quoi il faut s’attendre à tout quand on voyage.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Cielvariable, le 26 mai 2012

    Quelques parties de billard plus tard, il est temps de rentrer. Mais ce n’est pas simple…car A) son guide ne pouvant pas nous suivre au restaurant, il est parti, B) les étrangers ne peuvent pas prendre de taxis sans leur guide et C) les Nord-Coréens eux, ne peuvent pas prendre de taxis après 22h00, sauf si accompagnés d’un étranger. Je raccompagne donc mon guide qui raccompagne donc Richard dans une ville sans autre éclairage que les phares des voitures et les monuments à la gloire du Grand Leader.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Cielvariable, le 26 mai 2012

    Je décide de partir seul [au magazin n°1]. Personne ne me remarque. C’est très curieux. J’ai l’impression d’être invisible. En fait, je crois que si quelqu’un m’adressait la parole, il serait vite repéré et suspecté. Le plus sage consiste à m’ignorer.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Cielvariable, le 26 mai 2012

    On risquait gros, il y a quelques années, à cultiver pour soi-même au ″paradis du socialisme″. Aujourd’hui, face au problème alimentaire, le régime ferme les yeux. Avec la venue des ONG, ce sont les deux signes les plus notables de
    ″l’ouverture du pays″.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (12)

Videos de Guy Delisle

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Guy Delisle

Pénélope Bagieu présente les Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Pyongyang par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (163)

> voir plus

Quiz