ISBN : 222109364X
Éditeur : Robert Laffont (2001)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
On dit que la mer commence là où les eaux tranquilles du fleuve Saint-Laurent se font bousculer par les grandes vagues du large. Ce n’est sûrement pas un hasard si c’est cette région du Québec, le Bas-Saint-Laurent, qu’a choisie Dominique Demers pour camper les personna... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Shana, le 03 mai 2010

    Shana
    Un beau roman, comme je les aime, une histoire dénuée de toute modernité basée sur des valeurs inaltérables tout en étant parfumée d'un romantisme simple sans qu'il ne frôle l'extravagance. La plume de l'auteure nous délivre ainsi un récit qui se sépare en deux sujets, mais qui se rejoignent pour reformer un ancien conte, celle de la Belle et la Bête. L'amour y est au rendez-vous, bien évidemment, mais dans un contexte davantage poétique, ne ressemblant guère de cette façon aux amours contemporains dont le seul vrai sens est oublié. De cette façon, j'ai eu l'honneur de lire une vraie histoire d'amour limpide et délicate qui apporte en même temps des vertus de liberté, d'abandon envers la nature, de tendresse, d'ouverture d'esprit et de spiritualité au lecteur. L'autre sujet abordé est celui de la différence, tant le racisme que l'ouverture d'esprit ; comment l'amour peut coexister malgré la dissemblance, malgré l'apparence physique qui est plus difficile à accepter en tant que personne. Au début, le tracé de l'histoire est lent, j'ai eu quelque difficulté à saisir qui était la narratrice. Une jeune fille embarque dans un train faisant voyage jusqu'à Ste-Cécile et c'est au sein du cahier qu'elle tient entre les mains, un don de sa grand-mère, que nous nous retrouvons à arpenter les délicieuses contrées de l'île, entre les plages balayées par le vent et la mer, les côtes endiablées de liberté fouettées par les vagues, les forêts truffées de révélation et les grottes aux tonalités feutrées. Là-bas, Maybel ensoleille l'existence des habitants et celle de sa complice, narratrice du récit ( la grand-mère de la jeune fille du début ). Lors d'une journée banale, le quotidien de Maybel va basculé spontanément lorsqu'un riche écossais débarque sur l'île pour s'enfermer dans son château avec son fils, déjà victime des préjugés des citoyens qui le surnomment vicieusement « la face pourrie » à cause du terrible masque qui englobe son visage, objet de tant de rumeurs. Maybel, après tant d'obstacles et de rendez-vous, va appendre à apprivoiser « la Bête » sur son territoire tandis que celui-ci va lui enseigner les subtilités de la vie dans toute sa douceur, écrasant peu à peu la méfiance qui le submergeait. C'est dans cette tendre atmosphère d'amitiés que va naître les premiers reflets de l'amour, refaisant jaillir ainsi un antique récit conté lors de notre enfance.
    Dès notre première rencontre avec Maybel, dit « la Belle », il est impossible de ne pas être subjugué par son allégresse, son sourire bonifiant, ses yeux violâtres qui séduisent tant d'hommes et sa juvénilité scintillante dont l'ardeur de sa personnalité va l'entraîner hors des sentiers battus. Par l'entremise de son amie à qui elle témoigne toutes ses confidences, nous la suivons dans ses nombreux rendez-vous avec William Grant, dit « La Bête ». Celui-ci, isolé dans sa solitude, a acquis depuis son sinistre accident, qui l'oblige à masquer son visage, un merveilleux dévouement envers la flore et la faune dans lesquelles il passe ses journées à se recueillir devant les joyaux du monde. De même, il a hérité d'une culture sans pareille en parcourant les ouvrages qui parsèment la bibliothèque du château, lui octroyant un langage et une philosophie soignés. Cependant, malgré ses nobles loisirs, le poids des préjugés lui pèse et l'indifférence de son père lui tord douloureusement l'esprit. C'est en faisant rencontre avec Maybel qu'un nouveau faisceau de lumière va filtrer dans son cœur. En lui apprenant les merveilles de l'écosystème et l'humble contemplation de la beauté spirituelle, il va également apprendre auprès d'elle à laisser de côté son caractère sauvage, à faire confiance à autrui et à ne plus craindre son visage qui provoque tant de terreur. Or, leur histoire ne se fera pas sans difficulté puisqu'ils devront passer par-dessus leurs légères altercations, le racisme injustifié de quelques habitants, la colère du riche écossais et les rumeurs dépravantes qui circulent à leur sujet, de même que la tristesse, l'oubli et la douleur. Ces deux personnages m'ont bousculée et j'ai été saisie par la philosophie de William et sa plénitude au sein de la liberté. Quant à Maybel, c'est un minuscule soleil d'où jailli des élans de douce félicité.
    Par conséquent, ce fut un romanesque moment de lecture qui, sans être un coup de cœur, m'a tout de même procuré un grand plaisir littéraire. La fin n'est que le retour des choses et j'applaudis fortement cette conclusion qui nous fait rêver davantage. Même si je n'ai pas complètement adhéré à la plume de l'auteure lors des prémices de l'ouvrage, j'ai appris à apprécier doucement cette écriture simple, douce et familière au sein de laquelle j'ai retrouvé avec grand bonheur mon identité québécoise. Un récit taillé de personnages attendrissants, d'illustres valeurs, d'un sujet troublant qui ne nous est pas étranger, de paysages vouant honneur à la beauté du Québec et plus que tout, d'une histoire d'amour dont les éclats ne sont que pureté et honnêteté. Un fabuleux roman à découvrir ! Je continuerai bientôt ma route auprès de l'écriture de Dominique Demers dans sa série Marie-Tempête qui sommeille sereinement sur mes étagères.



    Lien : http://shana.vefblog.net
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    • Livres 5.00/5
    Par Jessoya, le 24 juin 2010

    Jessoya
    C'est un des rares livres de Dominique Demers que je n'avais pas encore lus, avec Le pari que je lis présentement. Comme toujours, j'ai embarqué facilement dans l'histoire qu'elle a voulu nous faire vivre. L'idée de reprendre La belle et la bête aurait pu être casse-gueule, mais c'est fait ici avec beaucoup de doigté et, même si on sent les parallèles avant l'oeuvre de Jeanne Marie Leprince de Beaumont, on ne tombe pas dans la caricature ou dans une vague adaptation. J'ai un attachement particulier pour l'oeuvre de Dominique Demers, dont les livres Marie-Tempête et maïna m'ont accompagnée dans mon adolescence. Même ses livres pour enfants me touchent.
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    • Livres 4.00/5
    Par Elianthe, le 18 juillet 2011

    Elianthe
    Comme je ne savais pas à quoi m'attendre quand j'ai ouvert ce roman, j'ai été agréablement surprise par ma lecture. Là où la mer commence nous propose une réinterprétation émouvante du conte de la Belle et la Bête, dans un décor typiquement québécois, celui du Bas St-Laurent. La nature est omniprésente dans ce roman et elle est magnifiquement décrite par Dominique Demers.
    Les deux personnages principaux, Maybel, dite la Belle et William Grant, dite la Bête, sont particulièrement attachants. le jeune fille, belle et joyeuse, et le jeune homme, sombre et triste parce que défiguré, vont se rencontrer, s'apprivoiser et finalement s'aimer. Il s'agit d'une très belle romance, de celles qu'on voudrait qu'elles finissent bien et qui possède tous les ingrédients pour entrer dans la légende des grands amoureux éternels.
    Dominique Demers possède l'art de raconter une histoire et ici, elle le fait d'une plume généreuse et poétique, sans mots ou détours superflus. On embarque dans l'aventure bien volontiers, persuadés qu'elle saura nous mener à bon port. Bref, un joli récit simple et rafraîchissant, qui se dévore sans modération sur le bord de l'eau, par une belle journée d'été...

    Lien : http://biblimaginaire.blogspot.com/2011/07/la-ou-la-mer-commence.html
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Citations et extraits

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  • Par Shana, le 03 mai 2010

    « - Ce matin, dit-il, j’ai rencontré un roi. Et hier, un prisonnier enfermé par erreur dans une prison maudite. La semaine dernière, j’ai entendu chanter des sirènes. Je connais un homme prêt à se battre contre des moulins à vent et j’ai déjà assisté à des combats sanglants, à des duels terrifiants, à des massacres hallucinants. Mais j’ai aussi vu des lutins courir dans la forêt à l’aube et j’ai épié des amoureux prêts à mourir l’un pour l’autre. Je sais qu’il existe une mer lointaine hantée par une baleine gigantesque qui a grugé le cœur d’un homme. Je sais également que je ne connais rien encore. Et qu’il ne me suffira sans doute pas d’une vie pour découvrir, en plus de la pluie, des escargots de mer, des hérons et des cormorans, des canards et des cerfs, des étoiles et des lunes, tous les personnages qui ont le pouvoir de vivre dans mon cœur et dans mon esprit. »
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  • Par isallysun, le 22 août 2011

    "Sixième trésor", lui chuchota-t-il à l'oreille.
    Cette fois, ils restèrent encore plus longtemps immobiles pendant que l'oiseau, grimpé sur la plus haute roche, offrait ses larges ailes à sécher au soleil et au vent. Béatrice avait déjà expliqué à Maybel que le cormoran, pourtant si beau, si noble, souffrait d'un curieux handicap. Ses plumes n'étaient presque pas imperméables et lorsque ses ailes étaient gorgés d'eau, il avait beaucoup de mal à voler. C'est pour ça qu'on le voyait si souvent, arrêté sur un récif ou un écueil, les ailes déployées, l'air triste, attendant patiemment de pouvoir se remettre à voler.
    Maybel avait souvent vu des cormorans séchant leurs ailes. Mais cette fois, peut-être parce qu'elle s'était arrêtée, parce qu'elle était restée si longtemps attentive, elle eut l'impression de ressentir en elle-même la peine du cormoran. Et lorsque l'oiseau, sentant enfin ses ailes allégées, les secoua plusieurs fois avant de prendre son envol, Maybel découvrit que c'était complètement différent de l'envolée des hérons juste avant. Elle avait été déçue de ne plus pouvoir épier les grands oiseaux bleus, alors que, cette fois, elle applaudissait de tout coeur le départ du cormoran enfin consolé.
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