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ISBN : 2070125416
Éditeur : Gallimard (2009)

Note moyenne : 3.4/5 (sur 5 notes)
Résumé :
« Rien n'est tout à fait fortuit. Depuis des siècles, l'Art et la Fiction entretiennent d'intimes relations, l'un avec l'immédiateté, l'autre avec la durée. La peinture montre à voir, les romans et la poésie déchiffrent des messages. Ces quelques évocations des auteurs de chevet et des œuvres qui ont nourri ma vie disent ma gratitude. Nous sommes leurs enfants rebelles ou soumis. J'ai vécu leurs œuvres. Je me suis baigné sur une plage de Corfou avec Ulysse et Nausi... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
lecassin
lecassin01 juillet 2014
  • Livres 4.00/5
Lettre de château : « Lettre de remerciements qu'on envoie à une personne après avoir séjourné chez elle. », nous dit le dictionnaire…
Nous y sommes, malgré un petit élargissement du périmètre de la part de Michel Déon. En effet, il me semble très peu probable qu'il ait séjourné chez Nicolas Poussin (1594-1665) ou chez Guillaume Apollinaire mort de la grippe espagnole en 1918, soit un an avant sa naissance …
Oui, Michel Déon n'a pas séjourné chez la plupart des destinataires de ces lettres de château, mais on sent bien qu'il a longtemps (toujours ?) fréquenté leur oeuvre. Il nous fait entrer successivement dans l'univers de Larbaud, de Conrad, de Manet, de Poussin, de Braque, d'Apollinaire, de Beyle-Stendhal, de Morand, de Toulet, le moins connu de « la bande »… mais aussi et surtout (pour moi, grand amateur) dans celui de Jean Giono.
Mieux : il nous invite chez lui, à Manosque, au « Paraïs ». C'est un après-midi de Juin 2006 et Déon nous offre de nous asseoir dans le fauteuil du maître ; celui qu'il utilisait pour lire et écrire, avec vue sur les toits par lesquels Angélo Pardi réussit à échapper à ses poursuivants ; et les cyprès…
Bref. du grand Michel Déon
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Pchabannes
Pchabannes12 avril 2010
  • Livres 4.00/5
Lettres de château, 165 pages de délicatesse et d'élégance servant la vie et l'oeuvre d'artistes et écrivains qui traversèrent le siècle avec la hauteur qui manque tant à notre contemporanéité.
Valéry Larbaud et son AO Barnabooth ouvrant la voie à l'Ulysse de Joyce.
Joseph Conrad, inclassable, qu'il n'est pas inutile de découvrir en anglais et en français. “En français il est possible que Conrad atteigne une dimension métaphysique et une puissance incantatoire que la langue anglaise atteint moins aisément dans sa concision si merveilleusement articulée sur les choses de la mer et de l'art de naviguer, si parfaite dans l'émotion retenue des froids rapports de l'amour et de l'amitiés. Ce triomphe dans les deux langues […] place Conrad au coeur d'un royaume à part dont il est à la fois le messager, le témoin et le juge.” – page 27
Edouard Manet, une longue et magnifique méditation sur le déjeuner sur l'herbe.
Jean Giono. “Giono a volé le feu sacré, affronté le monde et dénoncé ses crimes, porté en pleine gloire ses passions saintes ou funestes, sordides ou magnifiques, rappelé que rien n'est donné ; que tout est à conquérir, et que sans caractère il n'est point de conquête. Seules les âmes fortes ont droit au respect et au pardon. Et parfois, à notre compassion.” – page 60
• Nicolas Poussin, clef et apogée de la peinture du siècle de Louis XIII et Louis XIV.
Paul-Jean Toulet, souvenirs magnifiques, des lignes tendres et délicates.
• Braque, “Hier encore, nous feuilletions chez un libraire le dernier livre illustré par Braque : Si je mourais là-bas, des poèmes d'Apollinaire accompagnés de dix-huit bois en couleur. Ces poèmes avaient été choisis en 1917 par Braque à qui le poète les lisait pendant sa convalescence. Tous deux avaient été blessés à la tête. Cette édition était un livre souvenir pour les 80 ans de l'artiste. Mon poète et mon peintre…Il y a des bonheurs de hasard qu'aucune volonté n'invente.” – page 60
Guillaume Apollinaire et ses passions, ses lettres, ses poésies.
Stendhal, “les écrivains ont toujours un moyen radical de penser leurs blessures. Ils les rouvrent et les offrent au public.” – page 145
• Et enfin un entretien avec Paul Morand au pessimisme réconfortant
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AmandineMM
AmandineMM12 août 2011
  • Livres 3.00/5
De superbes hommages à Larbaud, Conrad, Édouard Manet, Giono, Nicolas Poussin, Toulet, Braque, Apollinaire, Stendhal et Morand, ou plutôt le partage de quelques enchantements comme l'indique la préface. L'auteur évoque ces écrivains et artistes qu'il a connu personnellement ou uniquement par leur oeuvre et qui l'ont en quelque sorte accompagné dans sa vie et continuent à le suivre. Il parvient à transmettre son émerveillement, son émotion, sa passion, son respect ou son admiration à son lecteur avec des mots justes. J'ai eu au début envie de découvrir ceux dont il parlait, mais finalement, je préfère ne pas forcer cette découverte et me souvenir qu'il en parlait si je les croise un jour au cours de mon parcours littéraire et artistique: vouloir les connaître à sa suite ne pourrait être qu'une déception puisque je ne ressentirai jamais les mêmes émotions que lui face à eux, et encore moins dans de telles conditions. Je préfère donc en rester là, sur ces enchantements, et imaginer ces oeuvres à partir de ses mots, à travers ses yeux.
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Citations & extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
PchabannesPchabannes12 avril 2010
“Que cherchons-nous en lisant des romans ? La vie d’un autre, les vies de ceux dont nous séparent des conventions, des respects, des timidités, des ignorances et aussi, très souvent, l’argent et la naissance qui ouvrent tant de portes ? Chaque lecteur a sa propre lecture, intrinsèquement semblable à son égo. La baguette de fée du romancier abolit les distances et le temps, se joue de la logique et ordonne le hasard. En somme le roman est la clef de nos songes au prix d’un effort très minime : la lecture.” – page 15
“Que cherchons-nous en écrivant des romans ? Double est la réponse, métaphysiquement : un supplément d’âme ou, comme le voulait Stendhal, per sforgarsi. Pour se soulager.” – page 23
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PchabannesPchabannes12 avril 2010
“Rien n’est tout à fait fortuit. Depuis des siècles l’Art et la Fiction entretiennent d’intimes relations, l’un avec l’immédiateté, l’autre avec la durée. La peinture montre à voir, les romans et la poésie déchiffrent des messages. Ces quelques évocations des auteurs de chevet et des œuvres qui ont nourri ma vie disent ma gratitude. Nous sommes leurs enfants rebelles ou soumis. J’ai vécu leurs œuvres. Je me suis baigné sur une plage de Corfou avec Ulysse et Nausicaa, j’ai marché dans Milan avec Stendhal, été à Guéthary avec Toulet, navigué en mer du Bengale avec Conrad, retrouvé Larbaud quelque part en Europe, médité avec Braque à Varengeville, passé une journée à Manosque chez Giono et Morand m’a suivi partout. Nicolas Poussin est dans mon panthéon. Je leur dois bien quelques lettres de château.” – page 13
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lecassinlecassin20 juin 2014
Si nous comptons les occasions perdues, la vie semble n'avoir été que ça.
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lecassinlecassin06 mai 2014
En danger de mort, l'humanité appartient corps et âme au Premier Sauveur qui s'impose ou qu'on force à prendre le pouvoir.
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lecassinlecassin01 juillet 2014
Il y a une douceur normande comme il y a une douceur angevine.

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Videos de Michel Déon (13) Voir plusAjouter une vidéo
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Michel Déon - À la légère .Michel Déon vous présente son ouvrage "À la légère". Parution le 12 avril aux éditions Finitude. Notes de Musique : Ravel - Valses nobles et sentimentales
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