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Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline : Critiques 1932-19351Ajouter à mes livres
Cet ouvrage présente soixante-dix articles parus entre 1932 et 1935 et consacrés tout ou partie au premier roman de Louis-Ferdinand Céline. Parmi les signatures: Georges Altman, André Maurois, Ramon Fernandez, Armand Guibert, André Ch... > voir plus
"Voyage au bout de la nuit", chacun sait de quoi il traite. Pour être bref et cerner le sujet qui nous préoccupe, c'est la biographie de Ferdinand Bardamu, apprenti-tout, qui barguigne dans la vie en cherchant vainement sa voie. Bardamu qui partira à la guerre sur un coup de tête, cherchera fortune en Afrique, trouvera l'amour en Amérique et finira en France médecin de dispensaire dans une banlieue à la fois perfide et miséreuse. Tout cela sur fond de noirceur, de nihilisme avec une ambiance surréaliste. Ce que l'on sait aussi - peut-être un peu moins - c'est l'épisode du Goncourt 1932, attribué au livre de Guy Mazeline "Les loups". Les coulisses de ce feuilleton littéraire sont dignes d'une pièce de boulevard. Ce que l'on sait encore moins - voire pas du tout - c'est le scandale littéraire provoqué par la sortie de "Voyage au bout de la nuit". Pour un premier livre, ce fût un coup de maître. Céline a réussi à s'attirer les foudres ainsi que les éloges de ses pairs. Tout le paradoxe célinien est contenu dans ce recueil de critiques contemporain de l'œuvre.
Un style heurté, vulgaire. Un parti pris d'écrire comme on parle entre copains [...]. Il vous choque, ce langage, dès le début. On s'en accommode assez vite, du reste, on s'habitue. Puis la gêne revient, tenace, quelques pages plus loin [...]. Autre choses : la haine féroce des hommes qui court tout au long du roman. Pas un ne trouve grâce. Pour le reste, c'est une révolte continuelle, une "hargne" d'aigri ou d'hépatique. Pas la moindre pitié, pas le moindre amour. On dirait une série de petites vengeances.
[...] d'où vient donc le charme de ce livre atroce et comment expliquer que ceux-là mêmes qui le disent criminels et asphyxiant ne peuvent s'empêcher de le saluer du nom de chef d'œuvre ?