ISBN : 2879296978
Éditeur : Editions de l'Olivier (2010)


Note moyenne : 3.24/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
Lorsque le petit ami de sa fille, Marina, meurt dans un accident de moto, Jérôme se retrouve plongé dans un désarroi et une douleur auxquels il ne s'attendait pas. Il est profondément déstabilisé : son ex-femme, Paula, refait surface, sa fille le quitte, il tombe amoure... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Nadael, le 10 novembre 2011

    Nadael
    Jérôme mène une vie plutôt paisible, malgré une monotonie dont il s'accommode pourtant. Agent immobilier, célibataire, divorcé, il a la garde de sa fille, Marina. L'amoureux de la jeune femme meurt tragiquement des suites d'un accident de la route. Anéantie, désemparée, Marina erre dans la maison entourée de ses amis qui se relaient auprès d'elle.
    Cet événement va bousculer la vie de son père en profondeur. Plongé dans un abattement total, il ne sait que faire du chagrin de sa fille. Sa confrontation avec la mort et le deuil le conduit dans un premier temps à des reflexions sur l'existence et l'entraine ensuite, inévitablement, sur le chemin de ses racines.
    Enfant trouvé dans la forêt, par un couple qui finit par l'adopter, Jérôme a peu de souvenirs et de nombreuses zones d'ombre, la nuit brune, enveloppent ses véritables origines. Un curieux personnage va entrer dans sa vie, et le guider vers la vérité en sondant le passé (la rencontre de l'histoire et L Histoire avec un grand H), mais est-ce vraiment le souhait de Jérôme ? Par ailleurs, une rencontre avec une anglaise fantasque, dont il tombe amoureux, va entrouvrir un passage vers un possible avenir.
    Une jolie écriture, une incursion dans le conte – la magie de la forêt, lieu empli de mystère et de rêverie –, le lien filial, la puissance de l'invention – Jérôme se crée des souvenirs –, de l'amour, de l'amitié, de la tragédie...au final, on a un joli petit roman émouvant et pénétrant.

    Lien : http://lesmotsdelafin.over-blog.com/article-dans-la-nuit-brune-88294..
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    • Livres 4.00/5
    Par zazy, le 25 juillet 2011

    zazy
    Suite au départ de sa femme, Jérôme s'occupe seul de sa fille Marina. Jérôme parait inadapté à la vie actuelle et se regarde vivre sa vie plutôt que la vivre. Tout change lors du décès accidentel de l'amoureux de sa fille. Il s'enferme dans un silence brisé de temps à autre par l'arrivée Rosy, l'amie de Marina médium de surcroit, qui essaie de la sortir de l'épais chagrin dans lequel elle se meut.
    Cette mort le ramène à sa propre enfance. Enfant sorti du bois, il a pris la main de Annette qui, avec son mari l'ont adopté. Enfant banal comme l'aimait à le rappeler Annette, sans exigence. Son seul « luxe » est de se promener dans la forêt, se rouler dans les fougères, se terrer dans un trou.
    La rencontre avec Alexandre Cousinet, ancien inspecteur en retraite, va bouleverser sa vie et, peut-être lui donner un nouveau départ…..
    C'est dans un style clair, qu'Agnès Desarthe nous parle de la douleur de la mort, du manque.
    Tout comme dans « Mangez-moi », c'est un personnage avec un lourd passé ressenti comme une faute originelle, un personnage entre deux eaux qui semble se laisser porter par la vague. Jérôme ne sait pas exprimer ses sentiments ni même s'exprimer tout court malgré son métier d'agent immobilier. Un homme maladroit mais si séduisant aux dires de Vilno Smith une cliente anglaise, pardon, écossaise, tombée sous le charme.
    La description des paysages m'a ramené à un autre auteur de l'est : Philippe Claudel
    Agnès Desarthe nous sert des paraboles : l'enfant des bois, le prénom de Jérôme, Rosy, plantureux substitut maternel. L'inspecteur Cousinet, révélateur, lui dévoilera son passé pour mieux le faire renaître à la vie.
    J'ai beaucoup aimé ce bouquin et je le relirai avec plaisir. Je pense que je vais l'inscrire comme coup de cœur
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par clamy, le 30 novembre 2011

    clamy
    Jérôme, un héros ordinaire, capable à priori de peu d'émotions, regarde couler sa vie comme on se plait à contempler une rivière au printemps, réveillée par la fonte des neiges. Pourquoi donc ce héros si ordinaire, devient-il soudain inquiet à la mort du petit ami de sa fille, qui vient de se tuer dans un accident de moto ? Il va alors, avec l'aide de personnages qui gravitent autour de lui, plonger dans son passé pour le moins obscur, et ainsi réveiller son histoire quelque peu singulière. A côté de cette plongée dans son passé, l'histoire du jeune homme tué dans cet accident de moto va nous apprendre, par la magie des mots de l'auteur, que la vérité apparente n'est forcément la bonne, et que la "vrais vérité" est parfois ailleurs. Un roman subtil, empli de personnages plus intrigants les uns que les autres.
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    • Livres 3.00/5
    Par Morgouille, le 10 février 2011

    Morgouille
    Par les pensées de Jérôme, on apprend qu'Armand, le petit ami de sa fille Marina, vient de mourir : sa moto a pris feu avant d'aller se jeter contre un arbre. le chagrin de Marina est sans précédent et donne à Jérôme un prétexte pour se « réveiller ». Il se met enfin à éprouver des sentiments, des sensations. Dehors, il est toujours aussi calme ; dedans, c'est le déluge.
    Pensées, souvenirs, questions intérieures. le roman m'a frappée dès le départ par la justesse de son style, par la justesse des sentiments qui se bousculent face au deuil. C'est un roman plein de tendresse et de solitude, qui foisonnent pourtant de personnages. C'est l'histoire d'un père qui ne sait pas comment accompagner sa fille dans la douleur. L'histoire d'une quête d'identité. Les pensées de Jérôme se perdent avec lui, douces et distraites. Il y a une sorte de mélancolie dans un blocage si humain. Parce qu'au fond, c'est vrai, comment fait-on lorsque le petit ami de sa fille meurt brusquement ?
    Page 13, j'avais envie de hurler au coup de cœur. A cause d'un seul paragraphe, d'une seule expression. « Comme si leurs vies en dépendaient. » Une expression qui me caractérise autant qu'elle me broie. Une expression qui donne encore un peu plus de sens à ce roman, dans lequel on passe de la douleur au rire franc d'une ligne à l'autre.
    Jérôme reçoit son ex-femme Paula, elle vient réconforter sa fille et enterrer Armand qu'elle n'a pas connu. Dès lors, les sentiments qui animent Jérôme et Paula sont criblés de paradoxes. Désir, jalousie, haine, amour… Les pensées de Paula se balancent elles aussi d'une idée à une autre, mais plus bruyamment, parce que par rapport à Jérôme qu'elle décrit comme quelqu'un que rien n'atteint, elle ressent les choses puissance mille. Mais juste après avoir donné l'impression que ses émotions grillaient sa raison, elle affiche un cœur de pierre et s'enfuit tout aussi rapidement qu'elle était arrivée. C'est ce genre de précipitation qui tourmente Jérôme, soudainement en proie à des pensées trop vives, mais toujours des pensées à retardement. C'est un personnage, un homme étrange. Il n'est pas curieux, n'a aucune spontanéité, il se pose des questions sans chercher les réponses… Il semble vide.
    [...]

    Lien : http://morgouille.wordpress.com/2011/02/09/dans-la-nuit-brune-agnes-..
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    • Livres 2.00/5
    Par oops, le 10 février 2011

    oops
    Lorsque Armand le petit ami de sa fille Marine (lycéenne) meurt dans un accident de moto, Jérôme est bouleversé. Son ex-femme réapparaît, sa fille lui annonce qu'elle est enceinte et ses origines le taraude, en effet il est né de parents inconnus, il a apparemment vécu dans les bois avant d'être recueilli par un couple, Annette et Gabriel. Suite aux obsèques d'Armand, il fait la rencontre d'un inspecteur de police qui s'intéresse au décès du jeune garçon et à la disparition d'une autre adolescente qui était une amie d'Armand « Clémentine ». Jérôme demande à cet inspecteur de bien vouloir l'aider à retrouver ses vrais parents. Tout ça aurait pu faire une intrigue prenante, mais pour moi ce fut le flou total, plusieurs histoires s'emmêlent pour n'aboutir à rien, ce fut vraiment la nuit brune !
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Citations et extraits

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  • Par Morgouille, le 10 février 2011

    — À tes amours, lance Jérôme en levant son verre.
    — À l’amour en général, corrige Paula. Soyons généreux. Élevons le débat. C’est quoi, d’ailleurs, l’amour.
    C’est Marina et Armand. C’est Armand et Marina, pense Jérôme, mais il ne le dit pas.
    — C’est quand on pense à l’autre en souriant. Quand on a tellement envie de prononcer son nom qu’on est prêt à raconter n’importe quoi pour le dire, pour l’entendre, déclare-t-il.
    — Quand je t’ai vu la première fois, fait Paula, dont la diction comme à être légèrement altérée par la boisson, j’ai trouvé que tu ressemblais à Clint Eastwood. Quand je parlais de toi à mes amis, je disais Clint.
    — C’est parce que tu étais amoureuse de Clint Eastwood, alors, remarque Jérôme. Sinon, tu aurais dit Jérôme.
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  • Par kundry, le 08 avril 2011

    Il se surprend, une fois encore, à envier le silence des animaux, leur fatalisme. Manger, être mangé, donner la vie, la perdre. Les bêtes filent, suivant une trajectoire parfaite, jamais elles n'hésitent, jamais elles ne renoncent, jamais elles ne changent d'avis. Elles ignorent les carrefours, propulsées comme des flèches par l'arbalète divine, avec pour seule mission d'accomplir une courbe parfaite, de la naissance à la mort, de fuser depuis le néant vers le néant, avec grâce et légèreté. Les destins humains, en comparaison, lui semblent si tortueux, si maladroits, lourds, corrompus.
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  • Par Morgouille, le 10 février 2011

    — Je voudrais un carnet, s’il vous plaît, dit-il à Sylvie Deshuchères.
    — Quel genre de carnet ? demande la papetière revêche.
    Sylvie, pense-t-il. Petite Sylvie, si mûre pour son âge. Je me souviens de ton entrée au collège. Ton cartable était si grand, il dépassait de partout. Tu ressemblais à une femme-sandwich. Ne fais pas comme si on ne s’était jamais vus. Je ne suis pas le commerçant d’en face. Je suis le garçon de troisième dont tu étais amoureuse et pour qui tu avais écrit sur le mur de la buvette à la piscine « nos cœurs à jamais », ce qui ne voulait rien dire.
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  • Par Morgouille, le 10 février 2011

    — T’en as pas marre de ce métier ?
    — Non, pourquoi ? Je me promène. Je vois des gens.
    — Tu t’en fiches, des gens.
    — Ah bon ?
    — Tu ne t’en fiches pas ?
    Jérôme réfléchit un instant. Il ne voit rien à opposer à ça. Aucun contre-exemple.
    — Si, c’est vrai, je m’en fiche, avoue-t-il.
    Un poids s’envole aussitôt de sa poitrine.
    — Eh ben, ça fait plaisir, dit Paula d’un ton amer.
    — Mais c’est toi qui l’as dit.
    — Peut-être que je l’ai dit pour t’entendre affirmer le contraire.
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  • Par BoulieBouffeTout, le 14 novembre 2010

    "Si Marina garde l'enfant, elle sera mère, c'est absolu. Elle sera Absolument-mère. Si elle le perd, elle ne sera pas mère pour l'instant, pourra l'être plus tard, elle ne sera pas Absolument-pas-mère. La vie ne se laisse pas mettre en équation. Il y a toujours un morceau qui dépasse, une asymétrie qui flanque le système en l'air."
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"Dans la nuit brune" d'Agnès Desarthe, aux Editions de l'Olivier. Rédaction et lecture de la chronique littéraire : Karine Fléjo. Ce roman a reçu le prix Renaudot des lycéens 2010








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