ISBN : 2879296447
Éditeur : Editions de l'Olivier (2009)


Note moyenne : 3.26/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
"Peut-être ferais-je mieux de commencer par expliquer que mon grand-père n'est pas mon grand-père.
Bouz, Boris, Baruch n'est pas le père de ma mère. Le père de ma mère a été tué à Auschwitz en 1942. B.B.B. - appelons-le ainsi, pour faire plus court - est l'homme ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Je lui aurais presque mis 5 étoiles... C'est vraiment un très beau livre.
    J'ai un peu de mal à savoir comment parler de ce livre qui m'a quand même pas mal touchée. Ma note sera donc synthétique, voire minimaliste.
    Si l'on excepte des moments de flottements dans la narration,
    j'ai aimé :
    * les souvenirs de Desarthe. L'enfant est subjuguée par les objets qu'elle voit chez ses grand-parents et nulle part ailleurs. Ils ont un côté exotique et précieux, sans parler de l'aura de mystère qu'ils dégagent, associés à l'histoire particulière du couple formé par ses grand-parents (le mari de sa grand-mère n'est pas le père de sa mère). Cela est couplé également avec sa quête d'une identité et sa volonté de comprendre le monde qui l'entoure.
    * l'ambiance générale qui m'a rappelé un peu "Mangez-moi" ; cette façon qu'a l'auteur d'évoquer des choses douloureuses avec la grâce d'une pirouette, par la bande, l'air de rien.
    * l'amour qui se dégage du livre ; la générosité aussi, sans parler de l'humour. Pour avoir eu la chance de rencontrer l'auteur une fois, je peux témoigner que ce livre lui ressemble.En dépit des sujets graves que traitent le livre (la famille s'est recomposée du fait de la WW2 et de ses membres morts en camps de concentration), on se sent réchauffé par sa lecture et par l'amour existant entre l'auteur et son grand-père. C'est un livre qui fait du bien, aussi paradoxal que cela puisse sembler.
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    • Livres 5.00/5
    Par OZALID, le 21 juin 2010

    OZALID


    Un fort joli petit livre dont la lecture m'a enchanté.
    J'ai beaucoup aimé cette plongée dans l'univers de l'enfant qui reste toujours plus ou moins délibérément à l'écart du monde réel, se raccrochant obstinément à la vision des choses qui agresse le moins son monde intérieur.
    D'où le flou enrobant les épisodes de la vie familiale dont on veut retrouver les traces à l'âge adulte… et on est alors obligé de se contenter des pointillés des souvenirs restés parcellaires.
    Mais, au fond, cette façon de se remémorer apporte autant d'authenticité qu'une recherche historique bien documentée. D'ailleurs, l'auteure avoue : « Je préfère inventer ».
    Inventée donc, cette histoire du grand-père de remplacement ? … le vrai grand-père ayant disparu à Auschwitz. Pas si sûr puisque la vérité finit toujours par pointer le bout de son nez et les souvenirs occultés refont surface au moment où l'on s'y attend le moins. Ainsi cette anecdote époustouflante de la recette du pletz de la grand-mère disparue… qu'elle lit dans tous ses détails en tournant les pages d'un livre de cuisine juive et puis qui s'évapore lorsqu'elle se met en tête de réaliser le plat. Plus aucune trace écrite !
    Le remplaçant est ainsi une œuvre concise et dense que j'ai appréciée jusqu'à la surprise finale où l'on apprend que le héros n'est pas vraiment le héros… Mais je n'en dis pas plus et je laisse le mot de la fin à Agnès Desarthe :
    « J'écris toujours l'histoire d'à côté, jamais celle que j'avais prévue… »

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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 08 juillet 2011

    ay_guadalquivir
    Première lecture d'Agnès Desarthe, qui me laisse sur ma faim. D'abord, j'ai aimé cette idée du grand-père qui en remplace un autre, disparu dans les camps. L'idée d'une filiation qui se construit au-delà du sang, dans un rapport à la parole, un personnage un peu étrange, loufoque parfois, résolu à vivre. Les écrivains héritiers de la Shoah sont toujours des écrivains de l'absence. J'ai donc aimé que cette absence, constamment palpable, soit aussi écrite en creux, par la présence du remplaçant. Pourtant, malgré la tendresse et l'écriture sensible, ce livre ne m'a pas touché, comme glissant à la surface, imperceptiblement.
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  • Par le-mange-livres, le 05 avril 2012

    le-mange-livres
    "La métaphore a si mauvaise réputation dans l'Occident moderne qui continuent à l'utiliser sont les journalistes sportifs. Pour le reste, on n'y a plus droit, c'est ringard, ça fait vieux, comme cette manie de vouloir raconter des histoires. A quoi bon, quand on a si bien développé les techniques d'analyse et d'enregistrement du réel ?" (p. 18-19).
    Non, non, le Mange-Livres n'est pas malade, tout juste un peu engourdi par l'hiver, mais il lève encore une paupière de temps à autre, la preuve avec ce nouveau billet. Il faut dire que le rythme de lecture approche en ce moment l'hibernation, pour preuve le temps que j'ai mis à finir ce joli petit livre de moins de 80 pages ! Rassurez-vous, cela ne tient pas à la qualité du livre, mais plutôt aux obligations professionnelles, diverses et variées, mais toujours chronophages, qui ont eu raison de mon endurance de lectrice du soir.
    Avec Le remplaçant, Agnès Desarthe replonge pour nous dans l'imaginaire familial, pour dresser le portrait de Bouz, Boris, Baruch, alias "Triple B", son grand-père de substitution, le grand père biologique ayant disparu à Auschwitz pendant la guerre. Ce Triple B vit depuis la fin de la guerre avec la grand-mère d'Agnès Desarthe une belle relation d'amitié, chacun d'entre eux ayant perdu son conjoint aimé dans la Shoah. Personnage délicieux, haut en couleurs mais discret, ce remplaçant occupe dans la famille et pour la petite fille, puis la jeune femme, une place plus essentielle qu'il y paraît de prime abord. Attachant, touchant, il constitue une figure marquante de la mémoire et de la construction personnelle d'Agnès Desarthe. Vu par les yeux d'une enfant (le passé est reconstitué sous l'angle des souvenirs sensoriels ... les fameux biscuits de la grand-mère) qui devient petit à petit adulte, ce portrait sincère, dressé par touches successives, et presque impressionnistes, prend tout son sens. Beau texte, et vrai talent de conteuse (apparemment familial !).

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.fr/2010/11/le-remplacant-agnes-desar..
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    • Livres 2.00/5
    Par BoulieBouffeTout, le 30 novembre 2010

    BoulieBouffeTout
    Je crois que ce sera le dernier livre d'Agnès Desarthe...
    Après 'Dans la nuit brune' je retrouve ce style confus, ses idées qui passent du coq à l'âne, ses effets papillons...
    L'écriture est agréable, fluide et il n'y a rien à redire mais elle me perd pour la seconde fois par ses digressions inutiles, son éparpillement d'idées.
    Le début est clair, puis d'un coup elle perd le lecteur en ajoutant un personnage dont on ne comprend pas ce qu'il fait là et surtout sa valeur ajoutée dans le roman.
    Non décidément, j'abandonne cet auteur.
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°131 - septembre 2009 - Talentueuse conteuse, Agnès Desarthe nous entraîne dans une tendre et singulière évocation de son grand-père. Mais, nous explique-t-elle, « mon grand-père n'est pas mon grand-père ». L'homme aux multiples prénoms - Bouz, Boris, Baruch, « BBB (...) pour faire plus court » - est celui avec qui sa grand-mère a refait sa vie, après la guerre et la disparition de leurs époux respectifs dans les camps d'extermination. « Triple B avait le bon goût de n'être pas à la hauteur du disparu ; ni aussi beau, ni aussi intelligent, ni aussi poétique que le mort qu'il remplaçait. On avait perdu au change et c'était parfait ainsi, moins culpabilisant. »
    L'auteur convoque, ou plutôt recompose, ses souvenirs d'enfance : instants partagés, se résumant parfois à des sonorités, des couleurs ou des odeurs, à des objets, réinventés par le regard d'une petite fille curieuse, puis d'une adulte rêveuse. Elle dresse ainsi le portrait d'un homme discret, parfois lâche, qui laisserait indifférent ; un « remplaçant » qui a su se raconter et devenir un grand-père aimé. Ce n'est pas de lui pourtant dont l'auteur voulait parler : l'ouvrage devait être consacré au pédagogue Janusz Korzack, en réponse à une commande de son éditeur sur son héros favori, pour la collection « Figures libres ». C'est ainsi, Agnès Desarthe écrit « toujours l'histoire d'à côté, jamais celle que j'avais prévue ».
    Les jeunes lecteurs se laisseront totalement séduire par ce court récit à la langue si savoureuse et vivante. Ils seront sans aucun doute émus par la tendresse qui émane de liens familiaux à la fois ordinaires et un rien originaux.
    « Ces derniers temps, la réalité gagne de plus en plus de batailles contre la fiction. » Le texte d'Agnès Desarthe rappelle joliment le pouvoir de la littérature. Il constitue un parfait éloge de l'imagination et du romanesque. Il est également certainement ce « détour nécessaire », pour évoquer une histoire familiale meurtrie par la Shoah. Hélène Sagnet

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Citations et extraits

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  • Par sabina, le 20 mai 2012

    Je commence a comprendre comment le savoir est devenu mon ennemi. Si mon cerveau s'est développé de manière à ne conserver que peu d'informations, s'il s'est déployé selon des voies imaginaires, c'est par mesure de protection, dans un réflexe défensif. L'ignorance garde les morts en vie. Tant qu'on ne sait que quelqu'un est mort, il est encore vivant. C'est à se demander pourquoi on le dit. Ne rien savoir, c'est ne rien perdre.
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  • Par sabina, le 20 mai 2012

    C'est la jeunesse qui travaille, des rêves plus puissants que la réalité, des visions, des fantômes de caresses, un sentiment de bonté universelle. Que faire de soi? Il faudrait courir très vite, s'épuiser à la nage, vaincre l'appétit de vivre, le tuer, car il est si fort qu'il vous ronge.
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  • Par luocine, le 20 septembre 2009

    Les nazis nous traitent de cancrelats, ils nous voient comme des montres infestés de vermine, des sous-hommes, nous comparent aux fruits gâtés qu’il convient de détruire afin qu’ils ne contaminent pas les récoltes saines, et nous chantons, et nous disons des vers, nous récitons la Divine Comédie , des fables et des comptines. Cela ne sert à rien, on meurt quand même. L’art ne sert à rien, car on meurt toujours. Mais l’image reste. L’image d’un convoi d’enfants qui chantent en allant vers la mort et disent « en nous exterminant, c’est vous-mêmes que vous tuez »
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  • Par mandarine43, le 27 janvier 2012

    Nous avons tous commencé par être des enfants, c'est ce que nous devrions le mieux connaître. Ce qui se passe dans la tête d'un petit ne devrait jamais nous surprendre mais, au contraire, nous être familier, nous rappeler à nous-même ce que nous étions autrefois. Or c'est l'inverse. L'enfant nous déroute. Il se sent incompris et mal aimé, quand, de notre côté, nous nous sentons trahis et impuissants. Quelle est la substance de l'écran qui se dresse entre lui et nous ? Quel est le rôle du voile amnésique qui nous sépare ?
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  • Par le-mange-livres, le 05 avril 2012

    La métaphore a si mauvaise réputation dans l'Occident moderne qui continuent à l'utiliser sont les journalistes sportifs. Pour le reste, on n'y a plus droit, c'est ringard, ça fait vieux, comme cette manie de vouloir raconter des histoires. A quoi bon, quand on a si bien développé les techniques d'analyse et d'enregistrement du réel ?
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Vidéo de Agnès Desarthe

"Dans la nuit brune" d'Agnès Desarthe, aux Editions de l'Olivier. Rédaction et lecture de la chronique littéraire : Karine Fléjo. Ce roman a reçu le prix Renaudot des lycéens 2010








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