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ISBN : 2879299985
Éditeur : Editions de l'Olivier (23/08/2012)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 118 notes)
Résumé :

Ce court roman, d’une intensité et d’une audace formelle rares, raconte l’histoire de quatre chasseurs dont l’équipée tourne mal. Il y a Farnèse,
Peretti, Dumestre, et surtout Tristan, un jeune homme qui est le principal protagoniste et narrateur de cet étonnant récit, ponctué de rencontres ou d’événements improbables (un animal qui parle, un trou monstrueux qui engloutit les hommes, le déclenchement du Déluge).Tandis que la partie de chasse progresse... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
TheWind
27 décembre 2016
★★★★★
★★★★★
Ce qu'il y a de bien avec Babelio, c'est qu'à force de donner des appréciations à chacun des livres qu'on lit, on arrive mieux à percevoir pourquoi on aime ou pas un livre. Si les qualité et style de l'écriture sont un facteur important, il est évident qu'ils sont loin d'être les seuls à déterminer notre appréciation générale.
L'ambiance, le caractère des personnages, la morale de l'histoire sont d'autres facteurs qui rentrent en ligne de compte et croyez moi, c'est bien ces éléments là qui ont fait pencher la balance vers un "deux étoiles" plutôt qu'un trois ou un quatre pour ce roman d'Agnès Desarthe.

Une partie de chasse est un roman très sombre, qui ne laisse guère la place à la fantaisie et encore moins à la dérision.
Pourtant, ce dimanche de chasse commençait plutôt bien. Tristan , le plus jeune des quatre chasseurs, poussé par sa femme à participer à une activité "sociale", ne peut se résoudre à achever le lapin qu'il vient de blesser et le cache dans sa besace. Ce dernier, doué de parole humaine intérieure, entame une sorte de dialogue avec lui. ça, c'est le côté amusant de l'histoire. Parce que rapidement, ça va se gâter...
On en apprend plus sur la vie de Tristan. Et plus ça va, plus on a envie de le secouer ! Tristan subit sa vie plus qu'il ne la vit. C'est triste et pathétique.
Les autres personnages apparaissent comme des ogres à côté de lui. D'humain, ils n'ont que les caractéristiques biologiques..Ils sont grossiers et aigris par la vie.
Pour tout vous dire, il n'y a guère à espérer du côté de l'humain dans ce roman car finalement
Alors, voilà, lorsqu'un roman me rappelle trop l'absurdité du monde dans lequel je vis ou encore tout son côté sordide, il y a fort à parier que j'en ressorte chagrinée et peu enthousiaste.
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Commenter  J’apprécie          441
joedi
29 novembre 2016
★★★★★
★★★★★
Première lecture d'Agnès Desarthe, une belle écriture, un prélude à d'autres romans de l'auteure.
Tristan, homme jeune trop gentil, est le compagnon d'Emma ; pour lui plaire et sur son insistance, il accompagne trois chasseurs dans la forêt du village. Tristan n'a aucune intention de tuer du gibier cependant un tir malencontreux a touché un lapin. Le lapin n'est que blessé légèrement, le plomb l'a à peine effleuré, vite, Tristan le met dans sa gibecière, il veut le sauver. Il garde le lapin caché tout le temps, un dialogue s'établit entre eux. Les éléments catastrophiques se succèdent et donnent lieu à une fin à laquelle je ne m'attendais pas.
Entre les chapitres qui ont trait à cette journée mémorable, Tristan raconte sa vie passée.
À lire !
Challenge Petits plaisirs - 153 pages
Challenge Atout Prix - en 2012 - le Goncourt des animaux, décerné par des membres de l'académie Goncourt.
Commenter  J’apprécie          400
canel
05 octobre 2012
★★★★★
★★★★★
N'ayez crainte ! La partie de chasse ne monopolise pas - et le lapin non plus - les cent cinquante pages de ce livre déroutant, triste... et superbe.
Quatre hommes à la chasse, oui, un incident, des intempéries... Pour passer le temps en attendant les secours, on parle, on se raconte des histoires, inventées ou réelles. Celles d'une mère malade, d'un jeune garçon mûri trop tôt et à l'écart, d'une petite marchande d'allumettes, de corps de femmes, de drames, de morts d'enfants...
Ni la couverture (un lièvre réaliste), ni le titre (la chasse), ni l'auteur ne me tentaient a priori. Seul 'Mangez-moi' m'avait séduite, parmi les quelques ouvrages d'Agnès Desarthe que j'ai lus.
Et pourtant, ce court roman fut une très belle découverte, une lecture riche en surprises. le récit est doux et cruel à la fois, et le personnage central, d'abord insignifiant, se révèle grand dans sa candeur, sa différence, ses cicatrices...
Commenter  J’apprécie          330
sylvaine
28 septembre 2012
★★★★★
★★★★★
Agnès Desarthe sait raconter des histoires , cela se confirme.
Ici, nous suivons Tristan, ce grand dadais un peu timide , 27 ans , en ménage avec sa compagne Emma , qui , poussé par elle, va se décider à accompagner à la chasse Peretti,Dumestre et Farnèse .La chasse ce n'est vraiment pas la tasse de thé de Tristan à tel point qu'ayant raté un lapin, il n'a qu'une hâte. le planquer dans sa gibecière et le sauver des griffes de ses compagnons .
Mais voilà ,Dame nature se fâche un accident survient, les secours n'arrivent pas et il faudra que Tristan se débrouille avec Dumestre.,....
Tristan va alors se retrouver face à lui-même , à son passé, à sa jeunesse , il va devoir grandir et passer le cap de l'âge adulte..Monsieur lapin lui est d'ailleurs de très bon conseil...
Malgré une écriture fluide , agréable, une approche fine de l'adolescence ,ce court roman ne m'a pas enthousiasmé loin de là .Je suis restée simple spectatrice. Roman vite lu, vite oublié .Dommage!
Commenter  J’apprécie          280
spleen
27 mai 2013
★★★★★
★★★★★
Agréable surprise avec ce court roman, alors que ma première incursion dans les oeuvres d'Agnés Desarthe s'était soldée par un abandon rapide n'ayant même pas fait l'objet d'une critique.
L'osmose s'est faite d'emblée, c'est difficile à exprimer comme parfois dès les premières lignes d'un roman on sent que cela va être un moment fort.
J'ai bien aimé le dialogue muet avec le lapin de garenne, car qui n'a jamais assisté comme spectateur impuissant et avec des yeux d'enfant à une battue aux lapins ne peut guère comprendre ce que cela a de dérisoire cette course en zigzag de ces petits derrières blancs face aux fusils des chasseurs et sa ressemblance avec les aléas de la vie.
Loin d'être un réquisitoire contre la chasse , ce n'est pas l'objet du livre, c'est la vision illusoire des choses de la vie qui transparait dans cette partie de chasse: réunion de plusieurs individus pour ce qui doit être une partie de plaisir, au moins pour trois d'entre eux et pour Tristan, jeune adulte timide et solitaire, une tentative d'intégration , un adoubement dans un milieu d'hommes qui lui est étranger à tout point de vue.
Mais les choses ne sont pas ce qu'elles ont l'air d'être et les événements climatiques imprévus , soudains et dramatiques font apparaitre les réalités bien loin des apparences superficielles, chacun a ses blessures profondes, des deuils difficiles à faire .
Le récit est entrecoupé des fragments de vie de notre jeune Tristan, balloté par les autres, impuissant à diriger lui-même sa vie jusqu'à la pirouette finale drôle en soi mais infiniment triste.
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Les critiques presse (2)
Bibliobs05 octobre 2012
Agnès Desarthe mène ce conte philosophique avec une maîtrise quasi surnaturelle. […] Sombre allégorie, lumineux roman.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lhumanite01 octobre 2012
C’est un roman loin d’être conventionnel [...]. Le mérite de l’écriture d’Agnès Desarthe est de se situer sur plusieurs registres subjectifs en même temps. L’auteur permet ainsi de nouvelles virtualités de lecture dans un texte prolixe en virgules et qui, surtout, sous-entend beaucoup dans une époque qui se pique de tout dire.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations & extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
FRANGAFRANGA01 décembre 2012
C'est bien ce que je disais, bougonne le lapin, excédé. Vous séparez. Vous divisez. Vous vous croyez supérieurs pour cette raison, mais vous êtes vos propres dupes. J'ai beaucoup de tendresse pour toi, jeune homme, mais j'ai honte quand je t'écoute. J'ai honte de l'existence morcelée que tu mènes.
Absence de continuité. Classification stérilisante. En catégorisant, tu assassines. Cette femme, Emma, si tout est raté avec elle, quitte-la. Et ne me parle pas d'amour. Comme si je ne savais pas ce que c'est. Votre passion guindée, votre distance, le respect qu'elle t'inspire. Foutaises.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
FRANGAFRANGA01 décembre 2012
Petit lapin, tu ne connaîtras jamais la victoire sur l'absurde, celle que nous accomplissons chaque jour, à chaque seconde de notre existence. Ce qui rend notre exaltation supérieure à la vôtre, c'est que, contrairement à vous, nous sommes désespérés. Je sais, j'ai compris, tu m'as convaincu : j'accepte que vous possédiez une conscience de la mort, je suis même prêt à m'en faire le héraut, à porter la nouvelle parmi les miens.
Vous vous savez mortels, mais vous êtes sauvés par le sens.
Chacun de vos actes est logique, utile, efficace. Appelons ça la loi de la nature. Quel repos, certes, mais quel ennui. Je vais te dire, moi, ce que vous n'aurez jamais, ce que tu devais nous envier, la pépite que tu devrais rapporter aux tiens : ce qui vous manque, c'est la possibilité de faire n'importe quoi, d'agir en dépit du bon sens, de tordre le cou au rendement, à la raison, à la causalité. Nous seuls avons le pouvoir d'agir contre notre bien, mais parfois, me croiras-tu, c'est ainsi, en nous dirigeant vers notre perte, que nous accédons à un bien suprême, une qualité d'être supérieure, une présence au monde plus intense que tout ce que tu pourras jamais entrevoir ou ressentir.
Nous nous battons sans cesse, contre nous-mêmes, contre notre instinct, nous cherchons, nous errons, nous nous trompons et, grâce à ces détours, à ces refus, nous nous élevons, au sein même de notre chute, nous volons, nous transcendons.
+ Lire la suite
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FRANGAFRANGA01 décembre 2012
C'est bien ce que je disais, murmure le lapin, d'une voix lointaine, comme s'il s'exprimait à présent depuis un au-delà. Vous vivez dans la malédiction du sexe. Votre chute est constante. Elle ne vous mène nulle part, car il n'existe pas de fin à ce mouvement. Vous avez gardé l'instinct, mais vous l'avez vidé de son sens. C'est pourquoi vos existences sont vouées à la misère, vos cerveaux à la folie, vos corps à la déchéance. Jamais vous n'êtes apaisés, jamais vous n'êtes satisfaits. Plus je te côtoie et plus j'aime ma vie. Je suis plein de gaieté à l'idée d'être une bête. La simple pensée que j'ai échappé au pitoyable destin humain m'emplit de joie. Vous êtes l'exception ridicule. Vous naissez perdants. Jeune homme, tu me donnes tant en te livrant à moi. Tu me donnes envie d'être moi, de vivre et de mourir, que ce soit par balle ou sous la dent d'un renard, la roue d'une voiture, ou la pierre jetée par un enfant.
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BazartBazart07 novembre 2012
Vieux, vieille, vieillard, vieillarde, ces mots me font frissonner de douleur et de joie. Ce sont les mots les plus beaux, les plus effroyables et les plus doux de notre langue. J'ose les prononcer. Je sais le risque que je prends. Mon coeur pourrait lâcher par excès de volupté. Mais je parie sur l'excellence de mon coeur, je n'ai pas le choix. Je parie sur l'excellence de chacun de mes organes et de mes muscles. Je suis fait pour durer, pour endurer, pour survivre. Je vais y arriver. Je serai peut-être le seul, mais qui sait ? Une fois mûr et usé, quand les dents me manqueront et que mon sang voyagera moins prestement dans mes veines, je pourrai enseigner aux autres, prendre quelques jeunes sous ma protection et leur confier mes secrets, mes ruses, leur expliquer que c'est possible.
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joedijoedi28 novembre 2016
S'intégrer, qu'est-ce que c'est ?
C'est vivre selon les lois de l'espèce, répond le lapin. C'est faire ce que l'instinct te dicte. Moi, par exemple, j'ai trois missions : me nourrir, me reproduire, échapper aux prédateurs. Pour toi, c'est plus compliqué, vos vies sont plus longues, vos amours aussi.
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