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ISBN : 2879299985
Éditeur : Editions de l'Olivier (2012)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 114 notes)
Résumé :

Ce court roman, d’une intensité et d’une audace formelle rares, raconte l’histoire de quatre chasseurs dont l’équipée tourne mal. Il y a Farnèse,
Peretti, Dumestre, et surtout Tristan, un jeune homme qui est le principal protagoniste et narrateur de cet étonnant récit, ponctué de rencontres ou d’événements improbables (un animal qui parle, un trou monstrueux qui engloutit les hommes, le déclenchement du Déluge).Tandis que la partie de chasse progresse... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
joedi
29 novembre 2016
  • 5/ 5
Première lecture d'Agnès Desarthe, une belle écriture, un prélude à d'autres romans de l'auteure.
Tristan, homme jeune trop gentil, est le compagnon d'Emma ; pour lui plaire et sur son insistance, il accompagne trois chasseurs dans la forêt du village. Tristan n'a aucune intention de tuer du gibier cependant un tir malencontreux a touché un lapin. Le lapin n'est que blessé légèrement, le plomb l'a à peine effleuré, vite, Tristan le met dans sa gibecière, il veut le sauver. Il garde le lapin caché tout le temps, un dialogue s'établit entre eux. Les éléments catastrophiques se succèdent et donnent lieu à une fin à laquelle je ne m'attendais pas.
Entre les chapitres qui ont trait à cette journée mémorable, Tristan raconte sa vie passée.
À lire !
Challenge Petits plaisirs - 153 pages
Challenge Atout Prix - en 2012 - le Goncourt des animaux, décerné par des membres de l'académie Goncourt.
Commenter  J’apprécie          360
canel
05 octobre 2012
  • 5/ 5
N'ayez crainte ! La partie de chasse ne monopolise pas - et le lapin non plus - les cent cinquante pages de ce livre déroutant, triste... et superbe.
Quatre hommes à la chasse, oui, un incident, des intempéries... Pour passer le temps en attendant les secours, on parle, on se raconte des histoires, inventées ou réelles. Celles d'une mère malade, d'un jeune garçon mûri trop tôt et à l'écart, d'une petite marchande d'allumettes, de corps de femmes, de drames, de morts d'enfants...
Ni la couverture (un lièvre réaliste), ni le titre (la chasse), ni l'auteur ne me tentaient a priori. Seul 'Mangez-moi' m'avait séduite, parmi les quelques ouvrages d'Agnès Desarthe que j'ai lus.
Et pourtant, ce court roman fut une très belle découverte, une lecture riche en surprises. le récit est doux et cruel à la fois, et le personnage central, d'abord insignifiant, se révèle grand dans sa candeur, sa différence, ses cicatrices...
Commenter  J’apprécie          330
sylvaine
28 septembre 2012
  • 3/ 5
Agnès Desarthe sait raconter des histoires , cela se confirme.
Ici, nous suivons Tristan, ce grand dadais un peu timide , 27 ans , en ménage avec sa compagne Emma , qui , poussé par elle, va se décider à accompagner à la chasse Peretti,Dumestre et Farnèse .La chasse ce n'est vraiment pas la tasse de thé de Tristan à tel point qu'ayant raté un lapin, il n'a qu'une hâte. le planquer dans sa gibecière et le sauver des griffes de ses compagnons .
Mais voilà ,Dame nature se fâche un accident survient, les secours n'arrivent pas et il faudra que Tristan se débrouille avec Dumestre.,....
Tristan va alors se retrouver face à lui-même , à son passé, à sa jeunesse , il va devoir grandir et passer le cap de l'âge adulte..Monsieur lapin lui est d'ailleurs de très bon conseil...
Malgré une écriture fluide , agréable, une approche fine de l'adolescence ,ce court roman ne m'a pas enthousiasmé loin de là .Je suis restée simple spectatrice. Roman vite lu, vite oublié .Dommage!
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spleen
27 mai 2013
  • 1/ 5
Agréable surprise avec ce court roman, alors que ma première incursion dans les oeuvres d'Agnés Desarthe s'était soldée par un abandon rapide n'ayant même pas fait l'objet d'une critique.
L'osmose s'est faite d'emblée, c'est difficile à exprimer comme parfois dès les premières lignes d'un roman on sent que cela va être un moment fort.
J'ai bien aimé le dialogue muet avec le lapin de garenne, car qui n'a jamais assisté comme spectateur impuissant et avec des yeux d'enfant à une battue aux lapins ne peut guère comprendre ce que cela a de dérisoire cette course en zigzag de ces petits derrières blancs face aux fusils des chasseurs et sa ressemblance avec les aléas de la vie.
Loin d'être un réquisitoire contre la chasse , ce n'est pas l'objet du livre, c'est la vision illusoire des choses de la vie qui transparait dans cette partie de chasse: réunion de plusieurs individus pour ce qui doit être une partie de plaisir, au moins pour trois d'entre eux et pour Tristan, jeune adulte timide et solitaire, une tentative d'intégration , un adoubement dans un milieu d'hommes qui lui est étranger à tout point de vue.
Mais les choses ne sont pas ce qu'elles ont l'air d'être et les événements climatiques imprévus , soudains et dramatiques font apparaitre les réalités bien loin des apparences superficielles, chacun a ses blessures profondes, des deuils difficiles à faire .
Le récit est entrecoupé des fragments de vie de notre jeune Tristan, balloté par les autres, impuissant à diriger lui-même sa vie jusqu'à la pirouette finale drôle en soi mais infiniment triste.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
LiliGalipette
14 juillet 2015
  • 3/ 5
Ce lapin est persuadé de pouvoir échapper aux chasseurs. « La menace est gravée en chacun de nous. La menace est notre destin. » (p. 9) Mais un bond trop tard et le voilà dans la gibecière de Tristan. Tristan qui n'a pas pu échapper à cette partie de chasse à laquelle sa femme Emma l'a convaincu de participer. Pour s'intégrer. Mais avec Dumestre, Farnèse et Peretti, Tristan n'est pas à l'aise. Il ne comprend pas les blagues et il s'en veut d'avoir blessé le lapin. Quand Dumestre tombe dans une faille et se blesse, Tristan reste et raconte son histoire pour distraire le chasseur de sa douleur. Alors que le lapin ne connaît que l'immédiat, Tristan est doué d'une mémoire qui pèse, de souvenirs qui blessent. Il y a la mère disparue si jeune, la solitude, la rencontre avec Emma, la tristesse du couple au quotidien. Sous l'orage qui ravage la région, Tristan s'enterre dans un terrier avec Dumestre : revenir dans la tiédeur de la terre, comme une tentative désespérée d'oublier et de ne plus souffrir. « Qu'est-ce que c'est, cette chose qui file, qui nous échappe et qui s'en va ? […] Disons que c'est votre jeunesse, fait le lapin, avant de disparaître. » (p. 162)
Ce court roman est un conte cruel qui malmène les hommes. Il y a des ogres invisibles venus du passé, des secrets trop lourds pour les frêles épaules d'un jeune homme trop amoureux de l'amour. Dans son dialogue muet avec le lapin, Tristan perd sa supériorité : l'humain est-il vraiment plus fort que l'animal ? « J'ai trouvé ce qui nous sépare, toi et moi. Vous et nous. La conscience de votre propre finitude, vous l'avez, je l'accepte, je le constate, mais ce qui vous manque, c'est la conscience de la finitude de l'autre. L'amour naît de là. » (p. 130)
Alors que la première moitié du texte m'a enchantée, j'ai terminé le roman en soufflant d'impatience. Tout commençait si bien avec la relation intime et secrète du lapin et du jeune homme, mais l'auteure a ajouté des histoires parallèles si tristes et si pesantes qu'elles ont fait ployer le délicat équilibre initial jusqu'à noyer le tout dans un pathos de mauvais aloi. In extremis, un dernier bond du lapin offre une fulgurance bienvenue dans cette masse étouffante de 160 pages.
+ Lire la suite
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Les critiques presse (2)
Bibliobs05 octobre 2012
Agnès Desarthe mène ce conte philosophique avec une maîtrise quasi surnaturelle. […] Sombre allégorie, lumineux roman.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lhumanite01 octobre 2012
C’est un roman loin d’être conventionnel [...]. Le mérite de l’écriture d’Agnès Desarthe est de se situer sur plusieurs registres subjectifs en même temps. L’auteur permet ainsi de nouvelles virtualités de lecture dans un texte prolixe en virgules et qui, surtout, sous-entend beaucoup dans une époque qui se pique de tout dire.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Citations & extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
joedijoedi29 novembre 2016
Nous n'avons pas le choix, nous ne nous posons pas de questions, nous baisons pour survivre, ça s'appelle la perpétuation de l'espèce. Vous, vous vivez pour baiser, ça s'appelle le sexe. ... C'est si compliqué pour vous, alors que pour les animaux, c'est fonctionnel.

dixit le lapin
Commenter  J’apprécie          170
joedijoedi29 novembre 2016
Pelage. Le mot lui-même est doux. Et pour quelle raison croyez-vous qu'on y entende comme en écho, comme à la racine, le mot «peau» ? Justement parce que le poil naît dans la peau, s'y plante si serré qu'il ne laisse pas passer l'eau, mais pas trop pour laisser passer l'air. De cette façon, notre peau respire sans craindre d'être mouillée.

dixit le lapin
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joedijoedi28 novembre 2016
S'intégrer, qu'est-ce que c'est ?
C'est vivre selon les lois de l'espèce, répond le lapin. C'est faire ce que l'instinct te dicte. Moi, par exemple, j'ai trois missions : me nourrir, me reproduire, échapper aux prédateurs. Pour toi, c'est plus compliqué, vos vies sont plus longues, vos amours aussi.
Commenter  J’apprécie          202
joedijoedi28 novembre 2016
Emma est plus grande que lui. Plus lourde aussi. On dirait un chef indien, se dit-il parfois. Il adore son corps. C'est son pays. Le seul territoire où il se soit jamais senti chez lui. Il en est devenu le cartographe, l'expert.
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joedijoedi29 novembre 2016
Il admire l'acharnement de la tempête, sa méticulosité à tout détruire, à tout chambouler. La précision ironique avec laquelle le vent et les flots ont fabriqué un nouveau paysage : ici, c'est un aspirateur qui pend à l'enseigne de la boulangerie, là, une table retournée dont un des pieds a reçu, comme dans un jeu d'abaques, trois pneus de tailles différentes empilés les uns sur les autres.
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Agnès Desarthe publie le Roi René (Odile Jacob), sur la vie et l'oeuvre de René Urtreger.
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