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ISBN : 2080703285
Éditeur : Flammarion (1993)


Note moyenne : 3.43/5 (sur 125 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Mettre en question, une fois dans sa vie, tout ce que l'on croyait savoir, afin d'atteindre une certitude entière et définitive : un tel programme ne mérite-t-il pas qu'on lui consacre quelques heures de lecture ? L'itinéraire de Descartes ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par mickbu, le 27 mars 2014

    mickbu
    Nul ne peut disconvenir que les premières méditations cartésiennes contiennent le fondement embryonnaire de l'intentionnalité psychique, par l'essence de la vie égologique, Descartes pose le problème du sujet pensant soumis à la conscience des choses, le monde ambiant implique de l'esprit une méthode à partir de quoi la connaissance objective de la nature, n'est plus jaugée du point de vue de la substance, ni même de sa qualité sensible, mais plutôt rationnalisée, le monde désormais se calcule, le « Saggiatore » de Galilée parut en 1623 témoigne de l'immense bouleversement que connaît la démarche scientifique, « A la physique des qualités, écrit Lenoble, se trouve substituée la physique quantitative ; au « Cosmos » hiérarchisé, un univers « indéfini », formé de phénomènes équivalents et souvent sans finalité ; au monde senti de la perception immédiate – prolongé grâce au microscope par un au-delà de la perception – le monde pensé du mathématicien ». Ainsi l'esprit visionnaire de Descartes prend le contrepied de ses contemporains, saisissant la portée du phénomène de mathématisation de la nature comme personne, il voit la science emprunter une voie inédite celle de la rationalisation, et bien évidemment le souci d'une philosophie est non pas de se faire dicter le chemin de la certitude mais plutôt de considérer l'autonomie scientifique comme un fait progressiste requérant une foi plus nette de la raison entre ce qui est expérimentable et la détermination sensible d'un étant en soi. Et du coup on saisit l'origine du scepticisme cartésien contre l'idéalisation galiléenne de l'étant, si Descartes entreprend cette contre-révolution dans la révolution, c'est juste que la formule mathématique de la nature entrainée par l'extension galiléenne implique une part d'approximation, d'idéalisation, et forcément un temps où l'idéal philosophique rencontre l'hypothétique, c'est pourquoi l'intuition cartésienne n'aura de cesse de confiner ce rapport sans précédent au concret, au risque d'ailleurs de ne plus entrevoir d'autre science que la sienne ; pourtant la « dubitabilité » cartésienne indique les prémisses fonctionnelles d'une raison philosophique renouvelée « l'intentionnalité » contre des siècles d'endormissement métaphysique, en quelques sortes Descartes « se dresse au centre d'une génération d'aventuriers » comme l'écrivait Alain, il a su montrer le sens décisif de la philosophie à une époque où les influences traditionnelles devaient débarrasser le sol métaphysique en affichant cette ambition, non des moindres, de fonder la science dans un ensemble insurrectionnel. Les Méditations métaphysiques sont publiées en latin, et paraissent en 1641 deux ans avant « le discours de la méthode », on notera surtout des grandes thèses, que Descartes cherche continuellement un garant dans sa quête de vérité absolue, qu'il soit Dieu, la conscience d'être pour penser etc.. N'est-il pas malaisé de postuler l'immortalité de l'âme du point de vue rationaliste alors que Kant aura, quant à lui, une attitude autrement plus prudente à cet égard, ce qui n'entachera en rien l'intérêt spéculatif de sa philosophie.
    En conclusion la lecture des « Méditations métaphysiques » peut sembler désuète, surtout si l'on reste borné à la prescience des phénomènes psychiques sur le monde « extérieur », pourtant il est évident que le dualisme cartésien (corps - esprit) a montré un champ pertinent pour l'interprétation des phénomènes psychiques immédiats.
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    • Livres 3.00/5
    Par Colinvian, le 21 juillet 2013

    Colinvian
    Classique de la philosophie, cet ouvrage m'a paru tantôt brillant, tantôt immensément décevant.
    Il faut dire que Descartes commence fort : dès son prologue, il affirme que le lecteur est sur le point de découvrir, en lisant ces quelques dizaines de pages, les preuves de l'immortalité de l'âme et de l'existence de Dieu. Rien que ça ! La déception est encore plus prévisible que dans "Lost", c'est dire.
    Après un abrégé des méditations à suivre qui est loin d'être inutile, on est plongé tout de suite dans la première méditation. Et celle ci est à mon sens la plus intéressante : réalisant que l'essentiel de ses repères se fonde sur des préjugés acquis généralement dès l'enfance, Descartes entreprend de tout remettre en doute pour voir si, au final, il n'y aurait pas quelque chose qui soit indubitable, donc vrai. La démarche est soigneusement expliquée (le "mauvais génie" imaginé est une idée très forte, à laquelle, je pense, nous avons tous déjà songé sans la mettre précisément en forme) et l'expérience se révèle productive : A la seconde méditation, Descartes aboutit au fameux cogito, génialement démontré, qui parait presque impossible à contester dans son ensemble et auquel chaque individu semble pouvoir aboutir à la suite d'une méditation similaire.
    Mais les choses se corsent. Tout échauffé par ses premières conclusions, Descartes s'approche vite du soleil en souhaitant démontrer l'existence de Dieu. On rit doucement, mais le livre inclut d'exclure tout préjugé pendant sa lecture. Alors l'on suit le raisonnement cartésien, on se laisse bercer tranquillement, attendant de voir ou il pourrait mener.
    Réponse : A pas grand chose. Les "preuves" de l'existence de Dieu (car il y en aurait plusieurs !) sont assez faibles, très contestables et mêmes réfutables, sont donc tout sauf des preuves, sinon des syllogismes imparfaits. Et l'ennui de l'ouvrage, c'est qu'il se fonde entièrement, à partir de cette troisième méditation, sur le principe que Dieu existe (puisque Descartes pense l'avoir prouvé). Immortalité de l'âme et sa distinction avec le corps, réflexion sur le vrai et le faux... Tout cela n'est absolument pas convaincant, presque complétement inintéressant pour qui n'est pas un fervent croyant et n'a pas été convaincu par les raisonnements précédents : là est l'immense faiblesse de ces méditations, et l'explication évidente de l'ennui qui s'empare de beaucoup à la lecture de celles ci.
    Je retiendrais donc surtout de cet ouvrage la fameuse expérience du doute, génialement présentée, avec une humanité des plus sincères qui vient affronter parfois cette philosophie (ce passage touchant où Descartes exprime son envie de retomber dans l'illusion qui parait bien plus facile à vivre) et l'aboutissement au très intéressant cogito.
    Dommage que la suite ne soit pas aussi bonne, mais au moins aura-t-il essayé, et même dans ce que je considère comme des erreurs ou des passages très faibles dans l'argumentation, la volonté et l'intelligence de certains propos sauvent cette fin d'ouvrage.
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    • Livres 5.00/5
    Par _BNFA, le 26 mars 2014

    _BNFA
    « Je pense, donc je suis » : cet aphorisme de Descartes parachève une étape cruciale de sa pensée. le philosophe détaille sa théorie en latin dans les Méditations métaphysiques, rédigées à l'intention des lettrés, et en français dans le Discours de la méthode, une version destinée au peuple.
    Descartes part d'un constat simple : nous ne pouvons rien tenir de ce qui nous entoure pour assuré. Il en prend pour preuves les mirages, les illusions d'optique et toutes les interprétations fausses de la nature. Afin d'atteindre une connaissance certaine, il doit d'abord détruire toutes ses idées, au moyen du procédé cognitif du doute méthodique.
    Alors que plus aucun savoir n'existe en lui, il trouve cependant une évidence : l'activité de pensée ne peut se faire dans le vide. Elle suppose un sujet qui réfléchit.
    « Je pense, donc je suis » affirme donc l'existence de deux choses : un « moi » et des idées qui l'habitent. À partir de là, et aussi de la foi en l'existence d'un Dieu que Descartes ne peut laisser de côté – Inquisition oblige peut-être –, le philosophe reconstruira tout l'édifice du savoir.
    La théorie de Descartes fonde l'idéalisme, un des grands courants de la philosophie de la connaissance. Au contraire du matérialisme, pour qui l'objet existe vraiment hors de nous, pour l'idéalisme, la seule réalité sûre est celle de nos pensées. Pour mener ce raisonnement aussi loin que l'idéaliste absolu George Berkeley, peut-être rien, hors de moi, n'existe-t-il – hormis Dieu, complétait toutefois lui aussi cet évêque irlandais du dix-huitième siècle.
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    • Livres 4.00/5
    Par GuillaumeTM, le 29 mars 2013

    GuillaumeTM
    Après nous avoir raconté un peu son parcours et expliqué sa méthode pour philosopher dans le "Discours de la méthode", Descartes, à présent, la met en pratique dans cet ouvrage-ci, et va donc bien plus loin. Là où "l'homme est une chose pensante" se substitue au fameux "je pense donc je suis".
    Descartes s'enferme dans un solipsisme angoissant et avance à tâtons au sein des obscurs méandres de sa conscience, ne négligeant aucune question essentielle au bon déroulement de sa pensée avec une rigueur intellectuelle qui ferait rougir plus d'un sophiste. il y découvre, au bout du compte, de l'or que seuls ses successeurs sauront davantage faire briller à la surface de la terre.
    Pour démontrer l'existence de Dieu, il se base sur le fait qu'un effet est toujours précédé par une cause, comme des dominos placés debout en ligne et, où il ne suffit plus que de donner une petite poussée pour qu'ils tombent les uns sur les autres.
    Cet ouvrage est l'un des plus importants et de la philosophie moderne qui inspira Husserl pour ses "Méditations cartésiennes", pour ne citer qu'un exemple.
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    • Livres 2.00/5
    Par lucioler, le 09 juin 2011

    lucioler
    Livre que j'avoue n'avoir pas su apprécier dans son ensemble. Ces démonstrations ne m'ont pas réellement convaincues, l'introduction me semble un résumé bien suffisant et je me suis arrête à la quatrième méditation. Mais les théories qu'ils posent ont eu une réelle portée sur toute la fondation de notre société, vision qui doit à présent être dépassée ? Merci Merleau Ponthy ! En tout cas c'est un livre que je ne conseille pas pour une entrée dans la philosophie qui aurait plutôt tendance à un dégoût pour cet matière dont on a tellement à apprendre !
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Citations et extraits

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  • Par mickbu, le 27 mars 2014

    "Je suppose donc que toutes les choses que je vois sont fausses ; je me persuade que rien n’a jamais été de tout ce que ma mémoire remplie de mensonges me représente ; je pense n’avoir aucun sens ; je crois que le corps, la figure, l’étendue, le mouvement et le lieu ne sont que des fictions de mon esprit. Qu’est-ce donc qui pourra être estimé véritable ? Peut-être rien autre chose, sinon qu’il n’y a rien au monde de certain".
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  • Par GuillaumeTM, le 25 septembre 2013

    Ainsi, lorsque vous parlez ici d'un être corporel très parfait, si vous prenez le nom de très parfait absolument, en sorte que vous entendiez que le corps est un être dans lequel se rencontrent toutes les perfections, vous dites des choses qui se contrarient : d'autant que la nature du corps enferme plusieurs imperfections : par exemple, que le corps soit divisible en parties, que chacune de ses parties ne soit pas l'autre, et autres semblables; car c'est une chose de soi manifeste que c'est une plus grande perfection de ne pouvoir être divisé que de le pouvoir être, etc. Que si vous entendez seulement ce qui est très parfait dans le genre du corps, cela n'est point le vrai Dieu.

    Extrait des réponses aux secondes Objections.
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  • Par mickbu, le 06 mai 2014

    "L'erreur n'est pas une pure négation, c'est-à-dire n'est pas le simple défaut ou manquement de quelque perfection qui n'est point due, mais c'est une privation de quelque connaissance que je devrais avoir"...

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  • Par grisette, le 08 juin 2010

    Mais qu’est-ce donc que je suis ? Une chose qui pense. Qu’est-ce donc qu’une chose qui pense ? C’est-à-dire une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent. Certes ce n’est pas peu si toutes choses appartiennent à ma nature(...)

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  • Par Zabou, le 18 juillet 2010

    Et tout de même qu'un esclave qui jouissait dans le sommeil d'une liberté imaginaire, lorsqu'il commence à soupçonner que sa liberté n'est qu'un songe, craint d'être réveillé, et conspire avec ces illusions agréables pour en être plus longuement abusé, ainsi, je retombe insensiblement de moi-même dans mes anciennes opinions.

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