ISBN : 2709630087
Éditeur : J.-C. Lattès (2009)


Note moyenne : 2.88/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Lorsque le crime est élevé au rang des beaux arts… un thriller historique, psychologique et pictural autour du "Déjeuner sur l’herbe", d’Edouard Manet.

10 avril 1885. Dans une bastide inoccupée d’Aix-en-Provence, la gendarmerie découvre une reconstitutio... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par LiliGalipette, le 07 mars 2012

    LiliGalipette
    Jeune médecin Parisien, Jean Corbel lutte contre les maladies de poitrine et la syphilis. le souvenir de sa mère morte le pousse à soigner Tous les pauvres qui croisent sa route. Sa compagne Sibylle, jeune actrice qui tente de percer, égaie son existence. Mais voilà que des meurtres étranges secouent Paris : un tueur met en scène des cadavres de femmes pour reproduire une toile d'Édouard Manet, peintre décédé quelques années plus tôt. le plus étrange est que les victimes ressemblent toutes à Victorine Meurent, célèbre modèle de l'artiste. Et l'œuvre est toujours la même, le fameux Déjeuner sur l'herbe qui scandalisa tant les Parisiens lors de sa présentation. « Comment une œuvre d'art pouvait-elle provoquer une telle passion et inspirer un tel crime ? Être à l'origine d'un homicide ? » (p. 165)
    Jean Corbel est d'autant plus inquiet que Sibylle ressemble à cette femme. Fait troublant, une femme s'est présentée à son cabinet : cette prostituée est le portrait presque exact du fameux modèle et ressemble à s'y méprendre à l'épouse du docteur. Jean Corbel pressent rapidement qu'un danger pèse sur l'existence de Sibylle, d'autant plus que le meurtrier fait montre d'une grande précision et d'une terrible intelligence dans son crime. « Une telle minutie fait froid dans le dos. Et nous serions donc face à une monomanie particulièrement sophistiquée, au sein de laquelle l'homicide ne serait qu'un moyen de parvenir à certaines fins. » (p. 208) le but macabre après lequel court le tueur-artiste dissimule en fait une certaine part de génie, mais même le génie a ses limites.
    Que trouve-nous dans ce roman policier ? Des prostituées et des maisons closes, de la peinture et des couleurs, des fous et une médecine qui fait des progrès fabuleux. C'est beaucoup. C'est ambitieux. C'est finalement casse-gueule ! À trop vouloir faire coexister le monde médical, le monde artistique et l'univers des filles de joie, l'intrigue disparaît sous des dizaines de références et de concepts. Zola, Manet, Charcot et autres composent un tableau beaucoup trop chargé.
    Autre point négatif : j'ai trouvé le style lourd, empêtré dans des clichés et des portraits caricaturaux. Nous avons donc un jeune médecin idéaliste, une prostituée mystérieuse, une actrice légèrement écervelée, un ami solide et fidèle en dépit des crasses qu'on lui fait, un flic borné, un gamin aux faux airs de Gavroche, etc. L'intrigue policière est honnêtement menée, complexe même si elle est un brin convenue. le coupable ne se laisse pas longtemps désirer : dès sa première apparition, il a la tête de l'emploi.
    Je reprends une phrase d'un personnage : « En mettant en scène un cadavre, c'est l'aspect scandaleux de l'œuvre qu'il vise. Ne pouvant égaler son génie, il recherche à dépasser son scandale. » (p. 210) C'est un peu ce qu'a fait Régis Descott en décrivant à l'envi les différentes phases de la décomposition d'un cadavre ou les lésions causées par la syphilis. Un étudiant en médecine n'y trouvera probablement rien à redire. Pour ma part, si de telles descriptions m'intéressaient en l'état, j'ouvrirais un précis d'anatomie. Avec sa charogne, un certain Baudelaire a fait un travail comparable, mais autrement réussi et intéressant.
    Toutefois, je ne peux ne pas reconnaître à l'auteur un talent certain pour la description des couleurs et la précision dans la mention des nuances de la palette. Par ailleurs, il aime la peinture et il connaît son sujet. Quiconque aura vu une fois Olympia et le Déjeuner sur l'herbe reconnaîtra les œuvres au travers des descriptions. Hélas, tout cela ne fait pas un roman.
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par sylvaine, le 11 mars 2012

    sylvaine
    Mesdames , Messieurs passez votre chemin!

    Obscura ,Sibylle ,chambre obscure , syphilis , Manet , Charcot l'aliéniste ,Paris , petites gens , riches dépravés ,1875 voilà les mots clés de ce roman de Régis de Scott
    Jean Corbeil jeune médecin a choisi de faire de son métier un sacerdoce .il vit avec sa compagne , Sibylle, comédienne dans un quartier au centre de Paris .C'est là qu'il a passé toute son enfance Gabriel,son père ,y ayant sa boutique de pigments et de couleurs , c'est d'ailleurs ce qui a permis à son père de rencontrer les plus grands peintres de son temps et surtout Manet , ce précurseur dont chacune des toiles faisait scandale surtout L'Olympia et le Déjeuner sur l'herbe
    Jean nous entraîne avec lui dans tous ces foyers d'ouvriers montés à la ville espérant avec l'industrialisation de la capitale , ses chamboulements architecturaux y gagner mieux leur vie que dans les campagnes. La vie y est dure et les maladies fréquentes , manque de nourriture , d'hygiène…
    Mais ne voilà t'il pas qu'un malade , qu'un meurtrier, revisite les toiles de Manet en remplaçant les modèles par de jeunes femmes déjà mortes , leur seul point commun ressembler à Victorine Meurent.
    Jean commence à paniquer car Sibylle ,elle aussi ,ressemble au modèle préféré de Manet.
    Vous aurez compris que ce roman ne m'a guère enthousiasmée, après m'être ennuyée pendant 200 pages malgré un cours pertinent sur la syphilis et ces différents stades d'évolution (merci Mr Fleming d'avoir découvert la pénicilline!), avoir eu le nom du meurtrier à la 300ème page , j'ai reposé ce livre une fois tournée la dernière page avec un ouf de soulagement
    Dommage, l'idée était bonne mais ni l'intrigue (les coïncidences sont trop énormes) , ni l'écriture ne m'ont accrochées.
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    • Livres 1.00/5
    Par MissG, le 19 mars 2012

    MissG
    Autant le dire tout de suite, je ne garderai pas un souvenir ému de cette lecture, loin de là.
    J'ai trouvé ce livre particulièrement mal construit, mal écrit et manquant franchement de dimension policière, ce qui est un comble pour un livre catalogué comme tel.
    Il est beaucoup question de peinture, puisque le meurtrier reproduit des tableaux de Manet, particulièrement les tableaux "Le déjeuner sur l'herbe" et "L'Olympia".
    Sur cet aspect-là je n'ai pas grand chose à dire, l'auteur s'est beaucoup documenté et s'est donc senti obliger d'abreuver ses lecteurs de détails précis sur les tableaux, sur le modèle, et de les répéter plusieurs fois dans le livre (des fois que le lecteur serait imbécile et n'aurait pas bien lu la première fois).
    J'ai apprécié le côté peinture, mais l'auteur a tout de même forcé un peu trop le trait.
    Et puis tout cela ne peut pas constituer la trame d'un livre.
    Jean Corbel, le personnage principal, est médecin et là aussi, l'auteur s'est beaucoup documenté sur les maladies de l'époque et les avancées de la psychiatrie, mais de façon beaucoup trop poussée.
    Ainsi, il décrit à de nombreuses reprises la syphilis et les différents stades de la maladie, il glisse à l'occasion d'une visite à la morgue un cours magistral sur la décomposition des corps et la vie des mouches qui y contribuent, j'ai trouvé ça extrêmement lourd et n'apportant rien à l'histoire.
    L'auteur a également effleuré l'aspect des maisons closes pourtant fort développées à l'époque. C'est quelque peu dommage car cela aurait sans doute contribué à renforcer un peu l'intrigue plutôt inexistante.
    D'ailleurs, la lecture de ce livre n'a pas été sans me rappeler le film "L'Apollonide, souvenirs de la maison close".
    Déjà, cela se passe quasiment à la même époque, c'est à peu près aussi lascif et sans histoire que le film, il est beaucoup question de peinture et les scènes du film étaient très bien mises en scène et rappelaient certains tableaux, et la psychanalyse était abordée dans le film sous forme de rêves racontés par une prostituée à un client.
    Quant au style d'écriture de Régis Descott, il est lourd, très lourd, redondant, autant dire qu'il ne m'a pas plu du tout.
    L'auteur se complaît dans des descriptions de maladies qui n'apportent rien à l'histoire, il redit plusieurs fois la même chose, c'est à la limite de la niaiserie par moment (lorsque Jean se rappelle au cours de ses pensées que Sibylle ressemble au modèle de Manet, un peu d'action et moins de réflexion !) et le summum a quasiment été atteint dès la page 54 avec : "Il venait de rencontrer son destin, mais il ne le savait pas encore."
    C'est exactement le genre de phrases que je ne supporte pas et qui montre surtout que le texte est à reprendre.
    De plus, ce livre manque singulièrement de réelle intrigue. Il n'y a aucun suspens, j'ai deviné, mais c'est écrit ainsi, le meurtrier avant la trois centième page et la fin est d'un flou non artistique total.
    Le premier chapitre s'ouvre sur la découverte d'un cadavre et ensuite il faut attendre très longtemps pour en avoir un deuxième.
    L'aspect policier de l'histoire n'est absolument pas maîtrisé, c'est un rendez-vous raté et c'est bien dommage, car le Paris de cette époque se prête tout à fait au développement d'intrigues policières, il n'y a qu'à lire les romans de Claude Izner se situant au même endroit à la même époque.
    Autant aller au musée pour admirer les oeuvres de Manet, c'est plus intéressant et constructif que ce livre remarquable pour ses nombreux défauts plutôt que ses qualités et à la fin très obscure qui va de paire avec son titre.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/03/obscura-de-regis-descott.h..
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    • Livres 3.00/5
    Par caro64, le 27 juin 2010

    caro64
    Dans le Paris de la deuxième partie du XIXème siècle, le docteur Jean Corbel se dévoue à ses malades. Il voit défiler des syphilitiques et des tuberculeux, et regrette que les progrès de la science ne lui permettent pas souvent d'apporter autre chose que du réconfort à nombre de ses patients. Sa femme, Sibylle, est actrice de théâtre, elle lui a un jour servi de modèle pour copier l'Olympia de Manet. Car le docteur Corbel, qui tient cette passion de son père, s'intéresse beaucoup à la peinture. Mais cet intérêt va prendre un tournant beaucoup plus dangereux, le jour où un ami lui révèle une découverte macabre faite dans une bastide d'Aix-en-Provence: la cadavre d'une femme disposé dans un décor évoquant "Le Déjeuner sur l'herbe", fameux tableau de Manet qui a fait scandale peu de temps auparavant… De plus, une ancienne prostituée venue en consultation dans son cabinet, surnommée Obscura, qui comme Sibylle ressemble beaucoup à Victorine Meurent, le modèle fétiche de Manet, et pour laquelle il a ressenti une attirance immédiate, lui semble être étroitement liée à cette affaire… alors qu'au même moment plusieurs filles de joie ont disparu dans des circonstances mystérieuses à Paris.
    Me voilà assez partagée à l'issue de cette lecture car malgré de nombreux atouts évidents, ce roman n'a pas complètement comblé mes attentes pour ce qui est du registre policier.
    "Obscura" n'est certainement pas un thriller, comme le mentionne la 4ème de couverture, mais plus vraisemblablement un roman noir. Rien d'haletant ! le thème a de quoi susciter la curiosité mais je pense que cela aurait pu donner quelque chose de mieux. On est quand même pris dans l'histoire car on a envie de savoir, et l'époque est très bien décrite (voir un passage qui, je trouve, en restitue parfaitement toutes les caractéristiques dans les citations).
    L'enquête tourne autour de l'art et de la médecine, en particulier de la psychiatrie, deux thèmes qui ont retenu mon attention. L'auteur nous entraîne jusque dans la clinique du docteur Esprit Blanche, là où séjournèrent les "fous" les plus prestigieux du XIXe siècle. Pourtant, en cette année 1885, les émules de Charcot font entendre leurs voix et le célèbre aliéniste ne sera bientôt plus à la pointe en matière de traitement des maladies mentales.
Le mélange de la fiction et de la réalité est réussi.
    Je suis moins convaincue par l'intrigue elle-même, dont la résolution tient à un nombre de coïncidences qui dépasse le seuil du vraisemblable. Les personnages sont un peu mièvres (notamment les tergiversations sentimentales du docteur Corbel) et le style m'a déçu avec des accumulations de phrases nominales ou disloquées. On oscille donc entre passages intéressants et longueurs, et l'histoire manque en général de rythme.
    Dommage, car il y a du potentiel et de l'originalité dans ce roman…
    À lire d'une traite avant de se délecter à nouveau des deux chefs-d'œuvre absolus de la peinture moderne : Olympia et le Déjeuner sur l'herbe de Manet

    Lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Déjeuner_sur_l%27herbe
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Alcapone, le 11 juin 2010

    Alcapone
    Jean Corbel est un jeune médecin de quartier sans le sou dont Sybille, la jolie femme, rêve de devenir comédienne. Dans ce Paris de la fin du 19ème siècle où les miséreux meurent encore de phtisie et de syphilis, notre héros se retrouve malgré lui, mêlé à des histoires de meurtres dont les mises en scène plus que macabres, évoquent certains célèbres tableaux d'Edouard Manet. De l'Olympia au fameux Déjeuner sur l'herbe, la reconstitution de ces peintures composée en partie de cadavres, est le signe d'un esprit dérangé : maniaque, frustré, obsessionnel ou encore schizophrène, le roman nous propose une incursion intéressante dans l'univers des aliénistes. Les victimes qui servent à la mise en scène des tableaux sont des femmes qui ressemblent toutes étrangement à Victorine Meurent, le modèle de Manet pour l'Olympia : Obscura la prostituée, Pauline Maupin, la soeur de Ange le petit saute-ruisseau et enfin Sybille, la femme de Jean. Introduit à l'asile psychiatrique du docteur Esprit Blanche par son ami et rival Gérard, Jean va mener une enquête qui nous permettra de découvrir au fil de l'histoire, les méfaits de l'aliénation mentale sur les esprits faibles.
    Tous les ingrédients d'un bon polar sont ici réunis et l'on ressent bien l'intérêt de Régis Descott pour les thèmes dont il s'inspire : passionné par la peinture et la photographie, l'auteur nous propose ici une intrigue construite "autour des rapports troubles qui se nouent entre création artistique et la folie" (introduction de l'éditeur). Bien que les thèmes abordés m'intéressent également, j'ai parfois trouvé les liens entre les différentes scènes maladroitement ficelés : le récit comporte quelques digressions, certes intéressantes (descriptions trop précises sur les maladies et leurs symptômes), qui n'apportent pas nécessairement de force au récit et nuisent à l'accroche du lecteur. En outre, les événements sont attendus et certains personnages caricaturaux. Mais le roman propose de bonnes idées et faute de lire un scénario original, on a ici l'occasion de (re)découvrir l'oeuvre de Manet et autres peintres cités comme Delacroix ou encore Paul Monet.
    Par ailleurs, j'ai particulièrement apprécié l'univers des aliénistes dépeint par Régis Descott. L'approche proposée par l'auteur donne envie d'en apprendre plus sur les expériences réalisées à l'époque sur l'étude de la folie. Je pense notamment aux références faites à Jean-Martin Charcot (hôpital de la Salpêtrière), l'un des précurseurs de la psychopathologie et aux auteurs célèbres qui ont séjourné en asile psychiatrique comme Gérard de Nerval, Guy de Maupassant ou encore Honoré de Balzac. J'ai bien aussi aimé l'anecdote selon laquelle le Dr Blanche aurait conservé un moulage de la main de Jean-Baptiste Troppman, assassin avéré de 8 personnes, que le docteur aurait défendu en prétextant son irresponsabilité en raison de sa déficience mentale.

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2010/06/obscura-regi..
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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 27 juin 2010

    Il* était né sous le Second Empire, en 1857, avait connu les rigueurs du siège de Paris en 1870, le passage à la IIIème République et les horreurs de la Commune, les rues jonchées de cadavres dont la vision l'avait si fortement impressionné. Il avait assisté à la modernisation de la ville, au percement de boulevards et d'avenues larges comme des cours d'eau, à la destruction de centaines de maisons, à la construction d'un nouveau type de bâtiments en pierre de taille et aux toits de zinc et d'ardoise. Tous ces chantiers nécessitaient l'apport de matériaux transportés par des barges toujours plus grandes sur le fleuve toujours plus encombré. Il avait été témoin de la modernisation de l'éclairage des rues, avec de nouveau bec de gaz, puis l'électricité; Il assistait encore à l'afflux de populations nouvelles rendu possible par l'essor du chemin de fer, ce peuple grouillant venu des quatre coins du pays et de plus loin encore, d'Espagne et d'Italie par exemple, cherche fortune ou plus raisonnablement gagner sa pitance. La ville en absorbait autant qu'il en arrivait, hommes, femmes, enfants, chacun participant à sa manière au changement de physionomie de la capitale qui réclamait tant de main-d'œuvre, tant de corps de métiers différents. Chaque année aussi elle en rejetait un certain nombre, des malades pour la plupart dont la santé n'avait pas résisté à des conditions de vie trop dures, aux logements surpeuplés, sous-ensoleillés et sous-aérés, à l'alimentation mal équilibrée et à des conditions de travail harassantes. Autant de tragédies anonymes qui n'empêchaient pas la cité de s'étendre, la population de croître et les lumières de briller toujours plus fort.

    *Jean Corbel
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  • Par caro64, le 27 juin 2010

    Le drap noir formait au dessus de sa tête une tente qui retenait son souffle captif. Sous ce voile de nuit il pouvait entendre sa régularité rassurante et en sentir la chaleur réconfortante. Pénétrer dans cet abri de fortune, c’était reproduire ce qui se rapprochait le plus des conditions et des sensations de la vie in utero, lorsqu’il ne connaissait de l’existence que le ventre de sa mère. Paradis perdu où il n’avait expérimenté ni les contraintes, ni les vexations que réserve ce bas monde. Eden où l’esprit pouvait divaguer à loisir et échafauder toutes les constructions mentales imaginables. Eden envolé où l’absence de matière et de matériaux signifiait l’absence de limites.
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  • Par Nanne, le 06 décembre 2010

    Jean se rappela les commentaires haineux qui avaient accueilli le tableau lors de sa première exposition au Salon : « odalisque au ventre jaune », « guenon grimaçant la pose et le mouvement du bras de la Vénus de Titien », « Vénus hottentote exposée nue comme un cadavre sur les dalles de la Morgue ». Et cette main soi-disant impudiquement crispée, qui avait choqué. Mais que lui reprochait-on, à cette main ? Comme si Olympia était en train de se titiller le clitoris placé très haut, rit-il intérieurement. Cette toile qui les premiers jours avait nécessité la présence de deux gardiens pour éviter qu'elle ne soit vandalisée, et qui moins de vingt-cinq ans plus tard, à en croire les démarches de Monet qui s'employait à lever une souscription pour qu'elle soit rachetée à sa veuve, était pressentie pour entrer au Louvre.
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  • Par caro64, le 27 juin 2010

    Et Obscura était donc complice. A moins qu'elle ne fut manipulée : Jean venait de se rappeler sa tenue lorsqu'il était venu l'interroger chez elle. Avec le gris de Gabon sur son perchoir et son déshabillé rose pâle, elle figurait exactement un autre tableau de Manet, La Femme au perroquet, l'un des plus doux du peintre, pour lequel avait posé Victorine Meurent assagie, presque timide après l'impudeur du Déjeuner et de l'Olympia. Obscura avait-elle seulement conscience d'être ainsi transformée en modèle jusque chez elle ? Certainement pas. Mais quel était son rôle véritable ?
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  • Par LiliGalipette, le 07 mars 2012

    « En mettant en scène un cadavre, c’est l’aspect scandaleux de l’œuvre qu’il vise. Ne pouvant égaler son génie, il recherche à dépasser son scandale. » (p. 210)
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La chronique de Gérard - Obscura
Obscura de Régis Descott aux éditions du Livre de Poche Regardez l'avis de Gérard Collard... La présentation du livre "Obscura" par l'éditeur : 10 avril 1885. Dans une bastide d'Aix-en-Provence, la gendarmerie découvre une reconstitution macabre du Déjeuner sur l'herbe, le célèbre tableau de Manet, réalisée avec des cadavres. À Paris, le jeune Dr Corbel lutte chaque jour contre la syphilis et les maladies pulmonaires au chevet des laissés-pour-compte. Mais son destin va basculer avec l'apparition dans son cabinet de l'envoûtante Obscura, une prostituée qui ressemble étrangement au modèle qui posa pour l'Olympia, autre oeuvre sulfureuse de Manet... Régis Descott nous plonge au coeur du xixe siècle, des sommets de la société à ses bas-fonds, des balbutiements de la médecine légale aux vertiges de la clinique du Dr Blanche, génial aliéniste et amateur de peinture. Un thriller au charme vénéneux. Vous pouvez commander "Obscura" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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