ISBN : 2315001455
Éditeur : Max Milo (2011)


Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres

Sophie, 2 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela double ses chances de présenter des troubles attentionnels en grandissant.Lubin, 3 ans, regarde la télé 2 heures par jour. Cela triple ses chances d'être en surpoids.Kevin, 4 ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Z3D, le 17 février 2012

    Z3D
    Comme beaucoup je pense (enfin j'espère surtout), je pensais bien que la TV était nuisible mais je ne pouvais envisager un effet aussi ubiquitaire et important. Je pensais également que les effets néfastes de la tv pouvaient être contrebalancés par un choix judicieux des programmes tout en gardant un esprit critique sur les images que nous recevons. Depuis quelques années, je me posais la question de savoir si je souhaitais conserver la TV dans le futur notamment lorsque j'aurais des enfants. J'avais une crainte, c'est de les désociabiliser par manque de repères communs avec les autres enfants. Lorsque j'ai entendu parler de ce livre à la radio, je me suis dit que j'y trouverais peut-être la réponse à ma question. Ecrit par un docteur en neuroscience, j'ai de suite pensé que son propos serait étayé et sur ce point je ne me suis pas trompé. Sur 250 pages, nous ne trouvons pas moins de 1193 références bibliographiques parues dans de nombreux grands journaux comme Nature, Science, Lancet etc...Ayant tout juste fini de rédiger ma thèse en biologie, j'avais peur d'un style froid, directe limite pauvre. Sur ce point en revanche, je m'étais trompé. le livre se lit très bien avec beaucoup de vocabulaires (les téléphages auront peut-être un peu de mal à le lire; 1h de télé = 10% de vocabulaire en moins) et des expressions pas piquées des hannetons ! Alors pour les courageux, gardez votre dictionnaire sous la main!
    Ce livre se découpe selon les effets de la tv avec une première partie sur l'apprentissage, la mémorisation et la concentration. Une seconde partie traite des effets sur le tabagisme, l'alcool, l'obésité, la violence, le sexe et le sommeil.
    Dans cette première partie, Desmurget, l'auteur, s'attaque surtout aux effets de la tv sur les enfants qui est son cheval de bataille. Il y explique que quel que soit le contenu télévisuel, cette dernière à un effet sur nous que nous la regardions ou non d'ailleurs. Ce constat est particulièrement vrai pour les enfants. 4 foyers sur 10 en France ont une tv allumée en permanence. Cette seule "présence" diminue fortement l'attention des petits et réduit drastiquement leur vocabulaire. Les enfants qui jouent lorsque qu'une tv est allumée en arrière-plan vont fatalement être détournés par leur jeu par un flash lumineux, un cri etc…. Ils perdront le fil de leur attention et changeront de jouer rendant l'attention de courte durée et une complexité des jeux imaginés bien moindre. En outre, une Tv allumée réduit de 30 % le nombre de mots échangés entre les parents. 30 % que l'enfant n'entendra pas et avec lesquels il ne se familiarisera pas! Ceci conduit des enfants, une fois étudiant à écrire: "le tas nazis" pour l'assistanat à mourir. Bien sûr, c'est un exemple extrême mais le déficit en vocabulaire est avéré notamment par une étude en Amérique où les étudiants sont testés pour l'entrée en université. La chute du niveau des étudiants est corrélée à 17 ans près avec le taux de pénétrations de la tv dans les ménages.
    Les téléphages diront que cela dépend des programme et que certains adaptés pour l'apprentissage ne sont pas nocifs et même sont de très bonnes aides. Il n'en est rien, l'auteur, références à l'appui, démontre que les enfants devant ce genre de programmes ne retiennent rien! Ces effets sont également constatés chez les adultes et on note un risque accru de maladie d'Alzheimer corrélé avec le temps passé devant la tv.
    Je craignais que l'auteur affuble tous les maux à la TV mais il n'en est rien. Il attribue une grand part des effets délétères de la tv à ce qu'elle vole! Ce loisir incroyablement chronophage nous vole nos temps de sport, d'imagination, de lecture… incroyablement plus riche pour notre cerveau que d'assister, passif, aux défilements des images.
    L'autre point défendu par l'auteur de ce livre porte sur les contenus et les signaux inconscients que nous recevons provenant de la tv. Il a été prouvé que notre cerveau est incroyablement intelligent et bête à la fois. Il agit comme une éponge et répond instinctivement aux images qu'il perçoit. Lorsqu'on voit des gens manger, on a faim, lorsqu'on voit des gens courir, notre rythme cardiaque s'accélère etc… Ces failles sont largement connues par les professionnels de la publicité. Il existe une nouvelle science appelé neuromarketing qui recherche et utilise ces failles pour nous faire agir "contre notre volonté" ou plutôt pour façonner notre volonté. Il est avéré que manger devant la tv inhibe le signal de satiété qui conduit à une surconsommation de nourriture. le visionnage de scène à haute charge émotive (violence, sexualité…) entraine une plus grande malléabilité du cerveau pour les spots publicitaires qui suivent. Lorsque Patrick le Lay avait dit qu'il ne vendait que du temps de cerveau humain disponible, c'était la phrase la plus honnête jamais prononcée par un président de chaîne tv. Ne vous étonnez plus si vous constatez que la tv est de plus en plus violente et sexuelle, ce n'est que du marketing! de plus, cela convient très bien pour établir le plus petit dénominateur commun (intellectuel) pour faire le plus d'audience (permet de réunir toutes les classes sociales)!
    Je ne vais pas aller beaucoup plus loin. J'entends déjà les défenseurs de la tv crier. L'auteur ne prône pas que une suppression de la tv ni que la tv est le maux le plus grave de notre société. Il dit juste qu'elle y participe et qu'il est plus facile à tous de réduire sa consommation de tv que de trouver un emploi à tous! La seule restriction qu'il souhaite serait de limiter la publicité qui cible et manipule nos enfants surtout au niveau des programmes jeunesses. Il ne veut pas culpabiliser les parents, il veut que ces derniers prennent leur décision en toute connaissance de cause.
    Les plus fervents défenseurs de la lucarne diront qu'il a arrangé les études pour ne publier les résultats qu'il l'intéresse. Pour en avoir lu quelques-unes (je n'ai pas lu les 1200), je peux vous dire qu'il n'a pas l'air d'exagérer et quand bien même, il aurait exagéré quelques points, si, ne serait-ce que 75% de ce qui est décrit dans le livre est vrai, il est important d'en prendre conscience. Pensez notamment aux futurs parents qui, élevés avec la tv, n'auront plus les armes pour expliquer l'envers des images à leurs progénitures! Après chacun est libre de s'exposer ou d'exposer ses enfants à la tv!
    Pour conclure, en ce qui me concerne j'ai la réponse à ma question, selon des études, les enfants élevés sans tv sont plus heureux et ne sont absolument pas désocialisés.
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par felixgilles, le 01 octobre 2011

    felixgilles
    Voilà un livre surprise. Je l'ai acheté sur recommandation d'une critique dans une revue. le sujet semblait intéressant mais l'auteur était présenté comme docteur en neurosciences. Houlà, ça peut être vite "prise de tête". Une fois en main, le livre fait un bon pavé : Je ne le mets pas en haut de pile.
    Finalement je l'attaque. J'avale l'introduction − qui pourtant ressemble déjà à un chapitre − en 2 temps, 3 mouvements. J'enchaîne sans forcer. Je n'arrive pas à m'arrêter. Total, j'éteins la lumière à 1 heure passée. Rebelotes le lendemain. A ce rythme le bouquin passe difficilement la semaine − je lis à coup d'une demi-heure par soir généralement.
    Vous avez compris, ça se lit facilement. C'est plein de chiffre mais avec à chaque fois des exemples. On apprend plein de choses même quand on est un anti-télé chevronné.
    Pour ma part je n'aime pas la télé (et tout ce qui est média basé sur le visuel) car je m'en méfie pour le côté formatage de cerveau. On réfléchit rarement avec un flux d'images qui défilent et où une pensée chasse irrémédiablement l'autre. Pas le temps de prendre des notes, de se renseigner sur qui parle, de faire une pause pour suivre sa propre pensée... Et encore, je ne parle là que de contenus véhiculant de la pensée, ce qui est rarement le cas.
    Mais là j'ai appris ce que je présentais sans en connaître l'ampleur : la télé est dangereuse à tous points de vues. le pire c'est bien entendu pour l'enfant et l'adolescent. Mais la dangerosité ne s'arrête pas à l'age adulte. Après 40 ans elle a même des effets sur la santé.
    Petite liste des effets (avec études scientifiques quasi unanimes à l'appui) :
    Difficultés à se concentrer
    Baisse du niveau scolaire
    Effets différés et persistant (une consommation très jeune a des répercutions sur les résultats et les niveaux futurs)
    Obésité évidement
    Plus de chance de fumer jeune
    de se saouler jeune
    D'avoir des relations sexuelles jeunes et surtout non protégées (et tout ce que cela peut impliquer)
    Problèmes de sommeil
    Augmentation de la violence quotidienne (et pas celle des faits divers)
    Perte de la notion du réel (sur-estimation de la dangerosité du monde extérieur)
    À noter que la production cinématographique est également épinglée.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
  • Par keisha, le 25 juin 2011

    keisha
    La quatrième de couverture paraît tellement incroyable, biaisée, exagérée, brutale en un mot, que, bien qu'elle soit vraiment un bon résumé du contenu de TV Lobotomie, je l'ai reléguée en fin de billet.

    Au cours de ma lecture, j'étais complètement abasourdie, incrédule puis convaincue, effarée, révoltée, retournée et effondrée...

    Un chercheur qui démonte les mécanismes du cerveau exposé à l'influence de la télévision, que j'ai aperçu par hasard sur la 5 à C à vous, donc à la télévision. Un comble quand on découvre le contenu de son essai. Mais il a parfaitement raison de tirer parti des avantages de l'adversaire! Je l'ai ensuite rencontré au salon de Chateauroux et lui ai fait confiance.

    Que regarder la télévision à haute dose soit nuisible pour nos chers petits, on s'en doutait un peu, mais à ce point là, je n'imaginais pas. Même les émissions dites "pour enfants" ne leur apportent rien, faute d'interactivité. le livre expose les dégats en matière de santé et comportements violents, mais là où je suis restée pantoise, c'est en ce qui concerne les d'atteintes au plein développement des gamins. En tant qu'enseignante, je croyais naïvement que seule l'heure tardive du coucher à cause de la télévision me donnait des élèves endormis ou excités le lendemain matin, mais c'est bien plus profond que cela!

    Au lieu de parler abondamment du contenu très riche du livre, je préfère inciter à le découvrir. Sa lecture réclame un peu d'attention, mais elle est passionnante tout du long, grâce au contenu bien sûr, et à son écriture roborative, certes, mais aussi alerte et non dénuée d'humour. L'auteur ne se contente évidemment pas d'assertions "la télé c'est le Mal", mais il les étaie par des chiffres, des références à des expérimentations et études au cours des décennies précédentes. Notons d'ailleurs l'inventivité des scientifiques en la matière. L'une de mes préférées est l'étude de trois bourgades canadiennes, l'une sans télé (pas de réception à l'époque), les autres avec une ou plusieurs chaînes; il s'agit alors de comparer les enfants (apprentissage de la lecture, agressivité, créativité, loisirs, etc...), et de recommencer au moment où tous reçoivent la télé, quelque temps après. Et, oui, les conséquences sont encore plus désastreuses que ce qu'on devine...

    Evidemment chacun connait un gamin nourri à la télévision qui réussit bien ses études, n'a pas de problèmes de santé ou d'agressivité, etc... mais ici il s'agit de données statistiques et de probabilité qu'une situation survienne. L'auteur prend soin de préciser que les comparaisons se font "toutes choses égales par ailleurs" et sans être allée lire tous les documents dont il donne les références, j'ai tendance à croire ses conclusions, même si c'est effarant. En conclusion, il laisse ses lecteurs libres de leur choix, mais conseille fortement le zéro télé pour les très jeunes enfants (une télé allumée en arièrre plan même non regardée se révèle nocive)(il explique pourquoi), éventuellement un temps modéré pour les plus âgés et ados, et surtout pas dans la chambre à coucher!

    A lire absolument.
    Présentation de l'éditeur
    Sophie, 2 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela double ses chances de présenter des troubles attentionnels en grandissant.
    Lubin, 3 ans, regarde la télé 2 heures par jour. Cela triple ses chances d'être en surpoids.
    Kevin, 4 ans, regarde des programmes jeunesse violents comme DragonBall Z. Cela quadruple ses chances de présenter des troubles du comportement quand il sera à l'école primaire.
    Silvia, 7 ans, regarde la télé 1 heure par jour. Cela augmente de plus d'un tiers ses chances de devenir une adulte sans diplôme.
    Lina, 15 ans, regarde des séries comme Desperate Housewives. Cela triple ses chances de connaître une grossesse précoce non désirée.
    Entre 40 et 60 ans, Yves a regardé la télé 1 heure par jour. Cela augmente d'un tiers ses chances de développer la maladie d'Alzheimer.
    Henri, 60 ans, regarde la télé 4 heures par jour. René, son jumeau, se contente de la moitié. Henri a 2 fois plus de chances de mourir d'un infarctus que René.
    Chaque mois, les revues scientifiques internationales publient des dizaines de résultats de ce genre. Pour les spécialistes, dont fait partie l'auteur, il n'y a plus de doute : la télévision est un fléau. Elle exerce une influence profondément négative sur le développement intellectuel, les résultats scolaires, le langage, l'attention, l'imagination, la créativité, la violence, le sommeil, le tabagisme, l'alcoolisme, la sexualité, l'image du corps, le comportement alimentaire, l'obésité et l'espérance de vie.

    Ces faits sont niés avec un aplomb fascinant par l'industrie audiovisuelle et son armée d'experts complaisants. La stratégie n'est pas nouvelle : les cigarettiers l'avaient utilisée, en leur temps, pour contester le caractère cancérigène du tabac...
    Biographie de l'auteur
    Michel Desmurget est docteur en neurosciences. Après avoir fréquenté plusieurs grandes universités américaines (MIT, Emory, UCSF), il est aujourd'hui directeur de recherche à l'INSERM. Il est l'auteur de Mad in USA (Max Milo, 2008).


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-tv-lobotomie-755..
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Citations et extraits

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  • Par Z3D, le 20 mars 2012

    Ce linguiste de lettres a pris l'habitude d'évaluer la compétence lexicale et ses étudiants de lettres. Citons parmi les réponses les plus divertissantes de ces derniers: [...] "le tas nazis" remplace avantageusement l'euthanasie, [...]
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  • Par Z3D, le 20 mars 2012

    Ainsi, aux Etats-Unis, pays pour lequel nous disposons des chiffres publics les plus précis, 79% des foyers possèdent au moins 3 postes et plus de 70% des enfants de 8 ans et plus ont une télévision dans leur chambre à coucher. On est à 43% pour les 4-6 ans, à 29% pour les 2-3 ans et à 19% pour les 0-1 an!
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