> René Bertelé (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070300854
Éditeur : Gallimard (1968)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Compagnon de route et enfant chéri du surréalisme à ses débuts, Robert Desnos en illustra l'âge d'or, entre 1922 et 1930 - période à peu près couverte par Corps et Biens. Archétype du poète prodige, le provocateur f... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par purplevelvet, le 11 août 2009

    purplevelvet
    Un recueil qui comporte diverses sortes de textes parus entre 1919 et 1929. Des jeux de langage de la mouvance Dada ( les aphorismes de Rrose Sélavy, Langage Cuit, L'aumonyme), peut-être plus déroutants, aux longs poèmes rimés de structures libres ( Mouchoirs au Nadir, Sirène -anémone, De silex et de feu), en passant par les poèmes en prose des cycles " Les Ténèbres" et " A la mystérieuses. Ce dernier,en particulier, comptant 7 poèmes sentimentaux sans être "tartignolles" justifie à lui seul de feuilleter ce livre, afin de se rappeler que Robert Desnos n'est pas seulement l'auteur d' " une fourmi de 18 mètres" - à texte auquel on résume trop souvent son oeuvre- mais pouvait à l'occasion faire preuve d'une grande sensibilité poétique, d'un style et d'une "voix" (CF premier texte des Ténèbres, "la voix de Robert Desnos") d'une grande sincérité. En celà, le titre même du recueil " Corps et biens", à prendre au sens littéral, charnel même, est particulièrement adapté, tant l'auteur livre ses pensées les plus personnelles, sans fards, au lecteur. Un grand poète du XX° siècle, souvent éclipsé par Aragon ou Eluard, mais singulièrement attachant.
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Citations et extraits

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  • Par Nelja, le 20 mai 2012

    Y mourir ô belle flammèche y mourir
    voir les nuages fondre comme la neige et l’écho
    origines du soleil et du blanc pauvres comme Job
    ne pas mourir encore et voir durer l’ombre
    naître avec le feu et ne pas mourir
    éteindre et embrasser amour fugace le ciel mat
    gagner les hauteurs abandonner le bord
    et qui sait découvrir ce que j’aime
    omettre de transmettre mon nom aux années
    rire aux heures orageuses dormir au pied d’un pin
    grâce aux étoiles semblables à un numéro
    et mourir ce que j’aime au bord des flammes.
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  • Par Poiesis, le 10 mars 2012

    Les espaces du sommeil.

    Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
    Les forêts s'y heurtent confusément avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.
    Il y a toi.
    Dans la nuit il y a le pas du promeneur et celui de l'assassin et celui du sergent de ville et la lumière du réverbère et celle de la lanterne du chiffonnier.
    Il y a toi.
    Dans la nuit passent les trains et les bateaux et le mirage des pays où il fait jour. Les derniers souffles du crépuscule et les premiers frissons de l'aube.
    Il y a toi.
    Un air de piano, un éclat de voix.
    Une porte claque. Une horloge.
    Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
    Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
    Il y a toi l'immolée, toi que j'attends.
    Parfois d'étranges figures naissent à l'instant du sommeil et disparaissent.
    Quand je ferme les yeux, des floraisons phosphorescentes apparaissent et se fanent et renaissent comme des feux d'artifice charnus.
    Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
    Et y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.
    Et l'âme palpable de l'étendue.
    Et les parfums du ciel et des étoiles et le chant du coq d'il y a 2000 ans et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.
    Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
    Il y a toi sans doute que je ne connais pas, que je connais au contraire.
    Mais qui, présente dans mes rêves, t'obstines à s'y laisser deviner sans y paraître.
    Toi qui restes insaisissable dans la réalité et dans le rêve.
    Toi qui m'appartiens de par ma volonté de te posséder en illusion mais qui n'approches ton visage du mien que mes yeux clos aussi bien au rêve qu'à la réalité.
    Toi qu'en dépit d'une rhétorique facile où 1e flot meurt sur les plages,
    où la corneille vole dans des usines ruine, où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.
    Toi qui es à la base de mes rêves et qui secoues mon esprit plein de métamorphoses et qui me laisses ton gant quand je baise ta main.
    Dans la nuit il y a les étoiles et le mouvement ténébreux de la mer, des fleuves, des forêts, des villes, des herbes, des poumons de millions et millions d'êtres.
    Dans la nuit il y a les merveilles du monde.
    Dans la nuit il n'y a pas d'anges gardiens, mais il y a le sommeil.
    Dans la nuit il y a toi.
    Dans le jour aussi.
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  • Par hesperie, le 16 août 2011

    J'ai tant rêvé de toi


    J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
    Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
    Et de baiser sur cette bouche la naissance
    De la voix qui m'est chère?

    J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
    En étreignant ton ombre
    A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
    Au contour de ton corps, peut-être.
    Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
    Et me gouverne depuis des jours et des années,
    Je deviendrais une ombre sans doute.
    O balances sentimentales.

    J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
    Sans doute que je m'éveille.
    Je dors debout, le corps exposé
    A toutes les apparences de la vie
    Et de l'amour et toi, la seule
    qui compte aujourd'hui pour moi,
    Je pourrais moins toucher ton front
    Et tes lèvres que les premières lèvres
    et le premier front venu.

    J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
    Couché avec ton fantôme
    Qu'il ne me reste plus peut-être,
    Et pourtant, qu'a être fantôme
    Parmi les fantômes et plus ombre
    Cent fois que l'ombre qui se promène
    Et se promènera allègrement
    Sur le cadran solaire de ta vie.

    Robert Desnos, "Corps et biens".
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  • Par Tobago, le 17 décembre 2011

    Extrait de Rrose Sélavy ;
    "Si vous avez des peines de coeur, amoureux, n'ayez plus peur de la Seine"
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  • Par neimad6891, le 16 novembre 2009

    "j'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité" p.91
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