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> René Bertelé (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070300854
Éditeur : Gallimard (1968)


Note moyenne : 4.36/5 (sur 81 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Compagnon de route et enfant chéri du surréalisme à ses débuts, Robert Desnos en illustra l'âge d'or, entre 1922 et 1930 - période à peu près couverte par "Corps et Biens". Archétype du poète prodige, le provocateur fougueux, l'amant passionné, le fantôme qui trouva la ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par CorinneCo, le 18 janvier 2014

    CorinneCo
    "Tout au long de ses Poèmes l'idée de liberté court comme un feu terrible, le mot de liberté claque comme un drapeau parmi les images les plus neuves, les plus violentes aussi. La poésie de Desnos, c'est la poésie du courage. Il a toutes les audaces possibles de pensée et d'expression. Il va vers l'amour, vers la vie, vers la mort sans jamais douter. Il parle, il chante très haut, sans embarras. Il est le fils prodigue d'un peuple soumis à la prudence, à l'économie, à la patience, mais qui a quand même toujours étonné le monde par ses colères brusques, sa volonté d'affranchissement et ses envolées imprévues." voilà ce qu'écrivit Paul Eluard à propos de Robert Desnos. Que dire d'autre après cela ? J'ai une tendresse particulière pour ce poète que je ne chercherais même pas à analyser, c'est comme ça. Outre que le surréalisme m'a toujours "parlé", les Poèmes de Desnos sont des manifestes ou des petites pépites de drôlerie, presque des comptines parfois. Un imaginaire débridé et une illustration de son époque ou la poésie se fait témoin de son temps, de son actualité. Sa poésie pétille, coule. André Breton lui reprochait son côté trop simple, trop accessible ? oui certains de ses Poèmes pourraient être des chansons enfantines et alors ? Leur fraîcheur et "simplicité" ne doit pas cacher la richesse de la rime, la profondeur de la phrase et sous l'évidente spontanéité de l'écriture, la maturation du mot.
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    • Livres 4.00/5
    Par Myriam3, le 07 novembre 2014

    Myriam3
    Je pense que je ne pourrais jamais en finir, avec ce recueil, tant les textes sont riches et diversifiés. Il y a des années de cela, j'avais été très touchée par le poème A la Mystérieuse, il me parlait intimement. Je me rends compte aujourd'hui, en consultant les citations, qu'il a marqué un grand nombre de lecteurs. Je gardais aussi une affection particulière pour C'était un bon Copain, que j'avais appris au collège.
    En somme, je fréquente Robert Desnos depuis longtemps, de plus ou moins près, mais cette fois-ci, je me suis plongée dans le recueil tout entier.
    Si je fermais les yeux pour visualiser le contenu de Corps et biens, je verrais surtout se mouvoir devant moi un homme immergé dans les éléments de la nature, tanguant au gré de ses émotions. Je pense notamment au poème La Voix de Robert Desnos, dans lequel il appelle ces éléments, les chênes coupés, les ouragans, les raz-de-marée, ainsi que les fossoyeurs, les assassins, les morts qui, à sa voix, se réveillent, se déchaînent autour de lui, se soumettent à lui, quand la seule qu'il appelle réellement - celle qui semble peupler tous ses poèmes - ne l'entend pas, ne lui répond pas.
    Beaucoup de ses textes sont comme des contes, empreints de magie, obscurs aussi, pas toujours simples d'approche, mais on peut se laisser entraîner dans ce côté onirique et mystérieux, mais, comme pour toute poésie, il faut en prendre le temps.
    D'autres enfin, intéressants c'est vrai mais qui m'ont beaucoup moins touchée, sont ceux comme Rrose Sélavy où Desnos joue avec la langue. A ce sujet, si ces textes vous intéressent, je vous conseille la lecture d'Alice au pays du langage, de Marina Yaguello, qui fait de nombreuses références à ces essais linguistiques.
    Lu dans le cadre du Challenge Poésie.
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    • Livres 5.00/5
    Par OlivierH77, le 24 novembre 2014

    OlivierH77
    Pour moi qui ne suis pas un fou de poésie, j'ai reçu un choc immense avec ce recueil. Surréalisme, certes, mais surtout un lyrisme, une puissance, une ardeur à exprimer de tout son être l'amour, la nature...Les idées frappent, c'est simple, court, direct, mais qu'est-ce que c'est beau ! le poète joue avec les mots avec une aisance déconcertante.
    Au départ, j'ai connu ce recueil par la reprise en chanson du poème "Jamais d'autre que toi" par Alain Bashung, dans son sublime album "L'Imprudence".
    Tant pour Desnos que Bashung, j'ai tenu (étonnamment personne ne l'a fait), à le citer dans son intégralité par ailleurs.
    Les poèmes de Desnos sont à la fois virils, intellectuels et sensuels. Je n'aurais jamais pensé faire d'un recueil de poèmes un livre de chevet perpétuel...Il ne faut décidément jamais dire jamais.
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    • Livres 5.00/5
    Par zenzibar, le 20 février 2013

    zenzibar
    Robert Desnos fut l'un des poètes les plus doués du mouvement surréaliste (et de mon point de vue du patrimoine littéraire français toues périodes confondues), il fut du premier cercle des surréalistes historiques. Desnos connut un destin tragique, résistant actif, arrêté, il décéda en déportation en Tchécoslovaquie au mois de juin 1945 juste à la libération. Aragon lui dédia une poéme mis en musique par Jean Ferrat dans une de ses plus belles chansons.
    Ce recueil compile des textes de l'age d'or du surréalisme entre 1919 et 1930, avec cette créativité débridée dans l'esprit dada, le lyrisme à l'état pur, l'innocence, l'émotion affranchie à son zénith
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    • Livres 5.00/5
    Par purplevelvet, le 11 août 2009

    purplevelvet
    Un recueil qui comporte diverses sortes de textes parus entre 1919 et 1929. Des jeux de langage de la mouvance Dada ( les aphorismes de Rrose Sélavy, Langage Cuit, L'aumonyme), peut-être plus déroutants, aux longs poèmes rimés de structures libres ( Mouchoirs au Nadir, Sirène -anémone, De silex et de feu), en passant par les poèmes en prose des cycles " Les Ténèbres" et " A la mystérieuses. Ce dernier,en particulier, comptant 7 poèmes sentimentaux sans être "tartignolles" justifie à lui seul de feuilleter ce livre, afin de se rappeler que Robert Desnos n'est pas seulement l'auteur d' " une fourmi de 18 mètres" - à texte auquel on résume trop souvent son oeuvre- mais pouvait à l'occasion faire preuve d'une grande sensibilité poétique, d'un style et d'une "voix" (CF premier texte des Ténèbres, "la voix de Robert Desnos") d'une grande sincérité. En celà, le titre même du recueil " Corps et biens", à prendre au sens littéral, charnel même, est particulièrement adapté, tant l'auteur livre ses pensées les plus personnelles, sans fards, au lecteur. Un grand poète du XX° siècle, souvent éclipsé par Aragon ou Eluard, mais singulièrement attachant.
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Citations et extraits

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  • Par OlivierH77, le 24 novembre 2014

    JAMAIS D'AUTRE QUE TOI (Repris par Alain BASHUNG dans son album "L'Imprudence")

    Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes
    En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit
    Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien
    Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit
    Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et des buissons d'orties je marcherai vers l'écume
    Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front et mes yeux
    Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité
    Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde
    Jamais d'autre que toi
    L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux de cuivre vert-de-grisés
    Quelle évasion !
    C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites filles en présence d'une cage où s'agite un serin, tandis
    que dans la rue solitaire le soleil lentement déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud
    Nous passerons d'autres lignes
    Jamais jamais d'autre que toi
    Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de banlieue seul comme le verre
    Et toi jamais d'autre que toi.



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  • Par patrick75, le 12 novembre 2014

    DANS BIEN LONGTEMPS

    Dans bien longtemps je suis passé par le château des feuilles.
    Elles jaunissaient lentement dans la mousse
    Et loin les coquillages s'accrochaient désespérément aux rochers de la mer
    Ton souvenir ou plutôt ta tendre présence était à la même place
    Présence transparente et la mienne
    Rien n'avait changé mais tout avait vieilli en même
    temps que mes tempes et mes yeux
    N'aimez-vous pas ce lieu commun ? Laissez-moi laissez-
    moi c'est si rare cette ironique satisfaction
    Tout avait vieilli sauf ta présence
    Dans bien longtemps je suis passé par la marée du jour solitaire
    Les flots étaient toujours illusoires
    La carcasse du navire naufragé que tu connais – tu te
    rappelles cette nuit de tempête et de baisers ? - était-
    ce un navire naufragé ou un délicat chapeau de femme
    roulé par le vent dans la pluie du printemps ?
    - était à la même place
    Et puis foutaise larirette dansons parmi les prunelliers !
    Les apéritifs avaient changé de nom et de couleur
    Les arcs-en-ciel qui servent de cadre aux glaces
    Dans bien longtemps tu m'as aimé.
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  • Par patrick75, le 11 novembre 2014

    COMME UNE MAIN
    A L'INSTANT DE LA MORT

    Comme une main à l'instant de la mort et du naufrage
    se dresse comme les rayons du soleil couchant, ainsi
    de toutes parts jaillissent tes regards.
    Il n'est plus temps ; il n'est plus temps peut-être de me voir,
    Mais la feuille qui tombe et la roue qui tourne,
    te diront que rien n'est perpétuel sur terre,
    Sauf l'amour,
    Et je veux m'en persuader.
    Des bateaux de sauvetage peints de rougeâtres couleurs,
    Des orages qui s'enfuient,
    Une valse surannée qu'emportent le temps et le vent
    durant les longs espaces du ciel.
    Paysages.
    Moi je n'en veux pas d'autres que l'étreinte à laquelle j'aspire,
    Et meure le chant du coq.
    Comme une main, à l'instant de la mort, se crispe, mon cœur se serre.
    Je n'ai jamais pleuré depuis que je te connais.
    J'aime trop mon amour pour pleurer.
    Tu pleureras sur mon tombeau,
    Ou moi sur le tien.
    Il ne sera pas trop tard.
    Je mentirai. Je dirai que tu fus ma maîtresse.
    Et puis vraiment c'est tellement inutile,
    Toi et moi, nous mourrons bientôt.
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  • Par Poiesis, le 10 mars 2012

    Les espaces du sommeil.

    Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
    Les forêts s'y heurtent confusément avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.
    Il y a toi.
    Dans la nuit il y a le pas du promeneur et celui de l'assassin et celui du sergent de ville et la lumière du réverbère et celle de la lanterne du chiffonnier.
    Il y a toi.
    Dans la nuit passent les trains et les bateaux et le mirage des pays où il fait jour. Les derniers souffles du crépuscule et les premiers frissons de l'aube.
    Il y a toi.
    Un air de piano, un éclat de voix.
    Une porte claque. Une horloge.
    Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
    Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
    Il y a toi l'immolée, toi que j'attends.
    Parfois d'étranges figures naissent à l'instant du sommeil et disparaissent.
    Quand je ferme les yeux, des floraisons phosphorescentes apparaissent et se fanent et renaissent comme des feux d'artifice charnus.
    Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
    Et y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.
    Et l'âme palpable de l'étendue.
    Et les parfums du ciel et des étoiles et le chant du coq d'il y a 2000 ans et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.
    Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
    Il y a toi sans doute que je ne connais pas, que je connais au contraire.
    Mais qui, présente dans mes rêves, t'obstines à s'y laisser deviner sans y paraître.
    Toi qui restes insaisissable dans la réalité et dans le rêve.
    Toi qui m'appartiens de par ma volonté de te posséder en illusion mais qui n'approches ton visage du mien que mes yeux clos aussi bien au rêve qu'à la réalité.
    Toi qu'en dépit d'une rhétorique facile où 1e flot meurt sur les plages,
    où la corneille vole dans des usines ruine, où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.
    Toi qui es à la base de mes rêves et qui secoues mon esprit plein de métamorphoses et qui me laisses ton gant quand je baise ta main.
    Dans la nuit il y a les étoiles et le mouvement ténébreux de la mer, des fleuves, des forêts, des villes, des herbes, des poumons de millions et millions d'êtres.
    Dans la nuit il y a les merveilles du monde.
    Dans la nuit il n'y a pas d'anges gardiens, mais il y a le sommeil.
    Dans la nuit il y a toi.
    Dans le jour aussi.
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  • Par CorinneCo, le 18 janvier 2014

    Les Quatres sans cou

    Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,
    Quatre à qui l’on avait coupé le cou,
    On les appelait les quatre sans cou.

    Quand ils buvaient un verre,
    Au café de la place ou du boulevard,
    Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs.

    Quand ils mangeaient, c’était sanglant,
    Et tous quatre chantant et sanglotant,
    Quand ils aimaient, c’était du sang.

    Quand ils couraient, c’était du vent,
    Quand ils pleuraient, c’était vivant,
    Quand ils dormaient, c’était sans regret.

    Quand ils travaillaient, c’était méchant,
    Quand ils rodaient, c’était effrayant,
    Quand ils jouaient, c’était différent,

    Quand ils jouaient, c’était comme tout le monde,
    Comme vous et moi, vous et nous et tous les autres,
    Quand ils jouaient, c’était étonnant.

    Mais quand ils parlaient, c’était d’amour.
    Ils auraient pour un baiser
    Donné ce qui leur restait de sang.

    Leurs mains avaient des lignes sans nombre
    Qui se perdraient parmi les ombres
    Comme des rails dans la forêt.

    Quand ils s’asseyaient, c’était plus majestueux que des rois
    Et les idoles se cachaient derrière leur croix
    Quand devant elles ils passaient droits.

    On leur avait rapporté leur tête
    Plus de vingt fois, plus de cent fois,
    Les ayant retrouves à la chasse ou dans les fêtes,

    Mais jamais ils ne voulurent reprendre
    Ces têtes où brillaient leurs yeux,
    Où les souvenirs dormaient dans leur cervelle.

    Cela ne faisait peut-être pas l’affaire
    Des chapeliers et des dentistes.
    La gaîté des uns rend les autres tristes.

    Les quatre sans cou vivent encore, c’est certain,
    J’en connais au moins un
    Et peut-être aussi les trois autres,

    Le premier, c’est Anatole,
    Le second, c’est Croquignole,
    Le troisième, c’est Barbemolle,
    Le quatrième, c’est encore Anatole.

    Je les vois de moins en moins,
    Car c’est déprimant, à la fin,
    La fréquentation des gens trop malins.

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