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> René Bertelé (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070300854
Éditeur : Gallimard (1968)


Note moyenne : 4.29/5 (sur 69 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Compagnon de route et enfant chéri du surréalisme à ses débuts, Robert Desnos en illustra l'âge d'or, entre 1922 et 1930 - période à peu près couverte par "Corps et Biens". Archétype du poète prodige, le provocateur fougueux, l'amant passionné, le fantôme qui trouva la ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 5.00/5
    Par CorinneCo, le 18 janvier 2014

    CorinneCo
    "Tout au long de ses Poèmes l'idée de liberté court comme un feu terrible, le mot de liberté claque comme un drapeau parmi les images les plus neuves, les plus violentes aussi. La poésie de Desnos, c'est la poésie du courage. Il a toutes les audaces possibles de pensée et d'expression. Il va vers l'amour, vers la vie, vers la mort sans jamais douter. Il parle, il chante très haut, sans embarras. Il est le fils prodigue d'un peuple soumis à la prudence, à l'économie, à la patience, mais qui a quand même toujours étonné le monde par ses colères brusques, sa volonté d'affranchissement et ses envolées imprévues." voilà ce qu'écrivit Paul Eluard à propos de Robert Desnos. Que dire d'autre après cela ? J'ai une tendresse particulière pour ce poète que je ne chercherais même pas à analyser, c'est comme ça. Outre que le surréalisme m'a toujours "parlé", les Poèmes de Desnos sont des manifestes ou des petites pépites de drôlerie, presque des comptines parfois. Un imaginaire débridé et une illustration de son époque ou la poésie se fait témoin de son temps, de son actualité. Sa poésie pétille, coule. André Breton lui reprochait son côté trop simple, trop accessible ? oui certains de ses Poèmes pourraient être des chansons enfantines et alors ? Leur fraîcheur et "simplicité" ne doit pas cacher la richesse de la rime, la profondeur de la phrase et sous l'évidente spontanéité de l'écriture, la maturation du mot.
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    • Livres 5.00/5
    Par zenzibar, le 20 février 2013

    zenzibar
    Robert Desnos fut l'un des poètes les plus doués du mouvement surréaliste (et de mon point de vue du patrimoine littéraire français toues périodes confondues), il fut du premier cercle des surréalistes historiques. Desnos connut un destin tragique, résistant actif, arrêté, il décéda en déportation en Tchécoslovaquie au mois de juin 1945 juste à la libération. Aragon lui dédia une poéme mis en musique par Jean Ferrat dans une de ses plus belles chansons.
    Ce recueil compile des textes de l'age d'or du surréalisme entre 1919 et 1930, avec cette créativité débridée dans l'esprit dada, le lyrisme à l'état pur, l'innocence, l'émotion affranchie à son zénith
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    • Livres 5.00/5
    Par purplevelvet, le 11 août 2009

    purplevelvet
    Un recueil qui comporte diverses sortes de textes parus entre 1919 et 1929. Des jeux de langage de la mouvance Dada ( les aphorismes de Rrose Sélavy, Langage Cuit, L'aumonyme), peut-être plus déroutants, aux longs poèmes rimés de structures libres ( Mouchoirs au Nadir, Sirène -anémone, De silex et de feu), en passant par les poèmes en prose des cycles " Les Ténèbres" et " A la mystérieuses. Ce dernier,en particulier, comptant 7 poèmes sentimentaux sans être "tartignolles" justifie à lui seul de feuilleter ce livre, afin de se rappeler que Robert Desnos n'est pas seulement l'auteur d' " une fourmi de 18 mètres" - à texte auquel on résume trop souvent son oeuvre- mais pouvait à l'occasion faire preuve d'une grande sensibilité poétique, d'un style et d'une "voix" (CF premier texte des Ténèbres, "la voix de Robert Desnos") d'une grande sincérité. En celà, le titre même du recueil " Corps et biens", à prendre au sens littéral, charnel même, est particulièrement adapté, tant l'auteur livre ses pensées les plus personnelles, sans fards, au lecteur. Un grand poète du XX° siècle, souvent éclipsé par Aragon ou Eluard, mais singulièrement attachant.
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    • Livres 5.00/5
    Par VACHARDTUAPIED, le 08 avril 2013

    VACHARDTUAPIED
    DESNOS mon fidèle copain.....

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Citations et extraits

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  • Par CorinneCo, le 18 janvier 2014

    Les Quatres sans cou

    Ils étaient quatre qui n’avaient plus de tête,
    Quatre à qui l’on avait coupé le cou,
    On les appelait les quatre sans cou.

    Quand ils buvaient un verre,
    Au café de la place ou du boulevard,
    Les garçons n’oubliaient pas d’apporter des entonnoirs.

    Quand ils mangeaient, c’était sanglant,
    Et tous quatre chantant et sanglotant,
    Quand ils aimaient, c’était du sang.

    Quand ils couraient, c’était du vent,
    Quand ils pleuraient, c’était vivant,
    Quand ils dormaient, c’était sans regret.

    Quand ils travaillaient, c’était méchant,
    Quand ils rodaient, c’était effrayant,
    Quand ils jouaient, c’était différent,

    Quand ils jouaient, c’était comme tout le monde,
    Comme vous et moi, vous et nous et tous les autres,
    Quand ils jouaient, c’était étonnant.

    Mais quand ils parlaient, c’était d’amour.
    Ils auraient pour un baiser
    Donné ce qui leur restait de sang.

    Leurs mains avaient des lignes sans nombre
    Qui se perdraient parmi les ombres
    Comme des rails dans la forêt.

    Quand ils s’asseyaient, c’était plus majestueux que des rois
    Et les idoles se cachaient derrière leur croix
    Quand devant elles ils passaient droits.

    On leur avait rapporté leur tête
    Plus de vingt fois, plus de cent fois,
    Les ayant retrouves à la chasse ou dans les fêtes,

    Mais jamais ils ne voulurent reprendre
    Ces têtes où brillaient leurs yeux,
    Où les souvenirs dormaient dans leur cervelle.

    Cela ne faisait peut-être pas l’affaire
    Des chapeliers et des dentistes.
    La gaîté des uns rend les autres tristes.

    Les quatre sans cou vivent encore, c’est certain,
    J’en connais au moins un
    Et peut-être aussi les trois autres,

    Le premier, c’est Anatole,
    Le second, c’est Croquignole,
    Le troisième, c’est Barbemolle,
    Le quatrième, c’est encore Anatole.

    Je les vois de moins en moins,
    Car c’est déprimant, à la fin,
    La fréquentation des gens trop malins.

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  • Par Poiesis, le 10 mars 2012

    Les espaces du sommeil.

    Dans la nuit il y a naturellement les sept merveilles du monde et la grandeur et le tragique et le charme.
    Les forêts s'y heurtent confusément avec des créatures de légende cachées dans les fourrés.
    Il y a toi.
    Dans la nuit il y a le pas du promeneur et celui de l'assassin et celui du sergent de ville et la lumière du réverbère et celle de la lanterne du chiffonnier.
    Il y a toi.
    Dans la nuit passent les trains et les bateaux et le mirage des pays où il fait jour. Les derniers souffles du crépuscule et les premiers frissons de l'aube.
    Il y a toi.
    Un air de piano, un éclat de voix.
    Une porte claque. Une horloge.
    Et pas seulement les êtres et les choses et les bruits matériels.
    Mais encore moi qui me poursuis ou sans cesse me dépasse.
    Il y a toi l'immolée, toi que j'attends.
    Parfois d'étranges figures naissent à l'instant du sommeil et disparaissent.
    Quand je ferme les yeux, des floraisons phosphorescentes apparaissent et se fanent et renaissent comme des feux d'artifice charnus.
    Des pays inconnus que je parcours en compagnie de créatures.
    Et y a toi sans doute, ô belle et discrète espionne.
    Et l'âme palpable de l'étendue.
    Et les parfums du ciel et des étoiles et le chant du coq d'il y a 2000 ans et le cri du paon dans des parcs en flamme et des baisers.
    Des mains qui se serrent sinistrement dans une lumière blafarde et des essieux qui grincent sur des routes médusantes.
    Il y a toi sans doute que je ne connais pas, que je connais au contraire.
    Mais qui, présente dans mes rêves, t'obstines à s'y laisser deviner sans y paraître.
    Toi qui restes insaisissable dans la réalité et dans le rêve.
    Toi qui m'appartiens de par ma volonté de te posséder en illusion mais qui n'approches ton visage du mien que mes yeux clos aussi bien au rêve qu'à la réalité.
    Toi qu'en dépit d'une rhétorique facile où 1e flot meurt sur les plages,
    où la corneille vole dans des usines ruine, où le bois pourrit en craquant sous un soleil de plomb.
    Toi qui es à la base de mes rêves et qui secoues mon esprit plein de métamorphoses et qui me laisses ton gant quand je baise ta main.
    Dans la nuit il y a les étoiles et le mouvement ténébreux de la mer, des fleuves, des forêts, des villes, des herbes, des poumons de millions et millions d'êtres.
    Dans la nuit il y a les merveilles du monde.
    Dans la nuit il n'y a pas d'anges gardiens, mais il y a le sommeil.
    Dans la nuit il y a toi.
    Dans le jour aussi.
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  • Par hesperie, le 16 août 2011

    J'ai tant rêvé de toi


    J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
    Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
    Et de baiser sur cette bouche la naissance
    De la voix qui m'est chère?

    J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
    En étreignant ton ombre
    A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
    Au contour de ton corps, peut-être.
    Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
    Et me gouverne depuis des jours et des années,
    Je deviendrais une ombre sans doute.
    O balances sentimentales.

    J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
    Sans doute que je m'éveille.
    Je dors debout, le corps exposé
    A toutes les apparences de la vie
    Et de l'amour et toi, la seule
    qui compte aujourd'hui pour moi,
    Je pourrais moins toucher ton front
    Et tes lèvres que les premières lèvres
    et le premier front venu.

    J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
    Couché avec ton fantôme
    Qu'il ne me reste plus peut-être,
    Et pourtant, qu'a être fantôme
    Parmi les fantômes et plus ombre
    Cent fois que l'ombre qui se promène
    Et se promènera allègrement
    Sur le cadran solaire de ta vie.

    Robert Desnos, "Corps et biens".
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  • Par moravia, le 07 février 2014

    Notre paire


    Notre paire quiète, ô yeux !
    que votre "non" soit sang (t'y fier ?)
    que votre araignée rie,
    que votre vol honteux soit fête (au fait)
    sur la terre (commotion).

    Donnez-nous, aux joues réduites,
    notre pain quotidien.
    Part, donnez-nous, de nos oeufs foncés,
    comme nous part donnons
    à ceux qui nous ont offensés.
    Nounou laissez-nous succomber à la tentation
    et d'aile ivrez-nous du mal.
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  • Par zenzibar, le 20 février 2013

    Salut de bon matin quand l'ivresse est commune quand le fleuve adolescent descend d'un pas nonchalent les escaliers de marbre colossaux avec son cortège de nuées blanches et d'orties
    La plus belle nuée était un clair de lune récemment tranformé et l'ortie la plus haute était couverte de diamants
    Salut de bon matin à la fleur du charbon la vierge au grand coeur qui m'endormira ce soir
    Salut de bon matin aux yeux de cristal aux yeux de lavande aux yeux de gypse aux yeux de calme plat aux yeux de sanglot aux yeux d etempête
    Salut de bon matin salut
    Le flamme est dans mon coeur et le soleil dans le verre
    Mais jamais plus hélas ne pourrons-nous dire encore
    Salut d ebon matin tous! crocodiles yeux de cristal orties vierge fleur du charbon vierge au grand coeur
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