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ISBN : 2253087556
Éditeur : Le Livre de Poche (2016)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 440 notes)
Résumé :
C'est l'histoire d'une amitié passionnelle: deux filles sans repères dont les chemins se croisent par hasard, et qui vont découvrir qu'elles n'ont plus rien à perdre...Paru en 1993 et traduit dans plus de vingt langues, Baise-moi est une déclaration de guerre au bon goût, aux beaux sentiments et à l'élégance. A la croisée du roman Hard boiled et de la culture hardcore, un roman nihiliste et trash, que sauve un humour grinçant...
Virginie Despentes et Coralie... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
13 août 2016
  • 3/ 5
J'étais curieuse de découvrir le premier roman de Virginie Despentes, qui lui a forgé cette réputation sulfureuse d'écrivaine provocatrice, loin de faire l'unanimité encore aujourd'hui, mais dont la plume me touche personnellement par sa couleur, son élégance et son humanisme derrière le verbe, parfois très cru.
Déjà, le titre annonce la couleur : trash et sexe. Oui, avec en toile de fond, la violence de la désespérance. Cela raconte le road-movie sanglant de deux paumées, qui se reconnaissent immédiatement. Elles foncent sans regarder en arrière, happées dans l'engrenage de la destruction, une spirale infernale mêlant jouissance et théâtralité de leurs crimes...
Il y a un peu de Thelma et Louise, en bien plus déjanté, sexuel et violent. Et puis, Manu et Nadine ne sont pas des "victimes du système" auxquelles il est facile de s'attacher. Elles ne tuent pas pour se défendre ou se justifier, mais pour le sentiment grisant de toute puissance, de revanche, de liberté, avec l'illusion funeste de créer leur légende. A deux, toujours plus fortes, encore plus loin, indestructibles.
J'ai apprécié la plume sans détours de l'auteur, le rythme soutenu du récit, mais je n'ai pas ressenti d'empathie particulière pour ces jeunes femmes à la dérive. Certaines scènes m'ont rebutée par leur brutalité gratuite (sexe, meurtres).
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DarknessLolita
21 juin 2014
  • 3/ 5
Baise-moi est le premier livre que je lis de Virginie Despentes. Comme l'indique le titre, je ne m'attendais pas à un livre qui parle de Bisounours et d'une histoire belle et rose. En effet, ce récit ce veut choquant, dérangeant ... Ceci est l'histoire de deux filles complètement paumées dans leur vie qui se rencontrent et décident ensemble de pimenter leur vie en tuant tout les gens qu'elles ne peuvent pas supporter et parfois même juste par plaisir de tuer en mélangeant avec cela beaucoup de sexe car pour elles, le sexe c'est le plus important. Et on sait déjà dés le début du roman que tout cela va mal finir mais on ne sait juste pas comment.
Mon avis sur ce livre est mitigé, il n'est ni bon ni mauvais, l'écriture de Virginie Despentes est simple et direct , ce qui fait que ce roman se laisse facilement lire et ne traîne pas en longueur. Ma curiosité me pousse à lire d'autres livres de cette auteure...Affaire à suivre.
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Spleenlajeune
17 novembre 2011
  • 4/ 5
Bouleversée, révoltée mais surtout choquée ; c'est ainsi que je ferme le livre tant attendu : Baise-moi.
Son sujet. Les femmes. Souvent considérées comme des êtres chétifs, fragiles et naïfs ; la littérature les a souvent peint de la sorte en oubliant que sommeille en elle une incroyable force. Virginie Despentes s'est chargée de mettre en lumière cette force à la fois brutale et poignante par sa fiction mais également et surtout par son style littéraire atypique. Moi-même étant une femme, je me suis jetée à coeur perdue dans ce roman qui nous bouscule, nous chahute et nous empêche parfois de refermer le livre.
Je me souviens encore avoir frissonné en parcourant certaines lignes notamment cet acte – le viol physique ou moral – tournant fatal dans la vie des deux jeunes femmes prénommées Nadine et Manu. Un acte brutal qui vient heurter toute la grandeur, la féminité de l'être. Nous entrons dans le corps de ces jeunes femmes, nous vivons cet acte en leur compagnie. Gênée, je me souviens avoir essayé de sauter quelques lignes mais quelque chose nous en empêche. Quelque chose nous empêche de tourner la page, de passer cette avalanche de violence physique, verbale et littéraire. Qu'est ce donc ? La plume de Virginie Despentes nous retient. Elle fait de nous sa marionnette, s'amusant à nous faire sourire puis soudainement nous chutons.
Habituée à la défense de toute la féminité par des propos aseptisés, nous sommes confrontés à une terrible vérité qui s'échappe des lèvres de Manu. Une vérité qui m'a choqué par tant de véracité. « Ma chatte, je peux empêcher personne d'y entrer, alors je mets rien de précieux à l'intérieur ». C'est cette phrase qui résonne encore aujourd'hui dans ma tête.
Un nouveau féminisme. Celui de la révolte, de la vengeresse assoiffée de sang. Ces deux femmes deviennent sous la plume de Virginie deux figures emblématiques du féminisme moderne. Elles saluent Simone d'un geste de la main pour se hisser à la première place. Les femmes doivent se battre non plus avec des pancartes et des slogans. Non, elles doivent se battre chaque jour contre ceux qui les épient, qui les jugent dès qu'ils voient une paire de jambes … Elles luttent jusqu'à sombrer dans une violence sans nom.
La vie a détruit ce qu'elles avaient de plus beau en elles : l'espoir. Les hommes ont détruit leur idéalisme plus ou moins assumé. Alors, elles décident de reprendre les rennes et nous les suivons. Compagnon de route de ces criminelles, nous les accompagnons dans leur égarement, durant leurs crimes sanglants. Nous ne sommes que témoins. Nous ne pouvons les empêcher, les raisonner … En avons-nous seulement envie ? Là est la question ! Leurs crimes ne sont-ils pas compréhensibles ? Avoir vécu de telles horreurs peut-il « justifier » leur transformation en meurtrières ?
Perdue dans mes valeurs, perdue dans mes pensées, je suis en train de me surprendre à m'attacher à deux criminelles. Je me surprends à accélérer ma lecture pour connaître leur fin, la fin.
J'ai sombré dans l'obscurité, je me suis laissée enlacer par leurs Ténèbres. J'ai assisté à un déferlement de cruauté et pourtant … je suis prête à y retourner.
Virginie Despentes nous a peint l'humanité dans son côté le plus sombre. Certains diront que le langage châtier, les personnages avides de plaisir sous toutes ces formes sont caricaturés … je leur répondrais que Virginie Despentes ne fait que peindre son siècle, notre siècle. Elle pointe du doigt ce que nous ne voulons pas voir, elle pointe du doigt ce qui nous fait peur, ce qui se cache dans l'ombre : la noirceur de l'Homme.
Un livre que je recommande aux femmes qui en ont marre des clichés de la femme parfaite, douce, sensible. Je le recommande à toutes celles qui ont eu, une fois dans leur vie, envie de se lever et de crier « STOP ». Je le recommande à ceux qui aiment se laisser porter par une plume acerbe, sarcastique et pourtant poétique.

Lien : http://leslescturesdespleenl..
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la_fleur_des_mots
05 février 2013
  • 1/ 5
Quand ce livre est sorti, le titre m'a autant attirée pour son côté subversif et que rebutée pour sa facilité. C'est donc très curieuse que j'ai ouvert ce roman qui nous entraîne dans les vicissitudes de deux jeunes paumées. Prostitution, films X, petits casses, représailles sanglantes, elles traversent une vie dénuée de tout futur.
Je voulais voir, j'ai vu... Ce roman, qui a au moins l'avantage de se lire facilement, est une succession de clichés neo punk sans réel propos, de la provocation gratuite. Comme dit très justement l'un des personnages : "Nous on est plus dans le mauvais goût pour le mauvais goût , tu vois...". Tout est dit. J'ai eu beaucoup de mal avec cette lecture sans but. Alcool, sexe, drogue, meurtre, d'accord, mais pourquoi ? Si l'intention était que ce livre soit le reflet parfait de la vacuité de la vie de ces personnages, alors c'est réussi.
Un dernier mot sur un détail qui m'a agacée dès que j'ai ouvert le roman : la citation en tête du premier chapitre signée Fedor Mikhaïlovitch D. Euh... écrire Dostoïevski en entier, c'était trop long ?
Lien : http://bloglavieestbelle.ove..
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KrisPy
15 septembre 2015
  • 5/ 5
Lu ce livre dès sa sortie, j'ai été témoin du lent processus de reconnaissance par ses pairs de cette auteure atypique s'il en est qu'est Virginie Despentes.
On a le même âge... On a des atomes crochus.... J'ai toujours aimé les couilles de cette fille...
Et en 97 quand ce bouquin est sorti, j'ai cru avoir rencontré mon alter-ego psychique... Elle, elle osait publier les trucs cheloux qui trainaient dans sa tête... Comme un Bukowski mixé avec du Djian mixé avec du Vernon Sullivan, mixé sur une bande son hard-core punk... Blam ! J'avais trouvé ma déesse littéraire punk... J'étais in love direct avec cette Viriginie déjantée...
Maintenant que dire sur l'histoire qui n'ait pas été déjà dit...?
Le résumé : deux filles qui n'en peuvent plus de leur vie de merde, qui n'en peuvent plus de subir le joug du mâle dominant, de la société dominante et répressive, ces deux filles sans foi ni loi partent pour un road-trip sanglant qui les mènera jusqu'à leur fin...
Rien de nouveau sous le soleil, comme un air de déjà-vu - Thelma et Louise était dans l'air du temps...- mais là, la Louise et la Thelma, elles prennent un sacré coup de chaud ! Fini les bons sentiments ! Fini les bizounours ! Faut qu'ça saigne, bien fort.
Un livre punk par excellence, no future, no way, for no good reason, personne ne sortira d'ici vivant ! Un livre d'une grande violence défoulatoire.
Adapté au cinéma (le film a fait grande polémique, et continue à ce jour d'avoir des problèmes de diffusion) par Coralie Trinh Thi et Virginie Despentes, le film reflète assez bien l'ambiance du livre, très dur. J'ai personnellement préféré le livre, car entre voir et imaginer, je préfère toujours le travail de mon esprit, très bon metteur en scène...
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Citations & extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
x-Kah-mix-Kah-mi17 décembre 2010
(après la scène du viol)
Manu : Après ça, moi je trouve ça chouette de respirer. On est encore vivantes, j'adore ça. C'est rien à côté de ce qu'ils peuvent faire, c'est jamais qu'un coup de queue...
Karla : Comment tu peux dire ça ?
Manu : Je peux dire ça parce que j'en ai rien à foutre de leurs pauvres bites de branleurs et que j'en ai pris d'autres dans le ventre et que je les emmerde. C'est comme une voiture que tu gares dans une cité, tu laisses pas des trucs de valeur à l'intérieur parce que tu peux pas empêcher qu'elle soit forcée. Ma chatte, je peux pas empêcher les connards d'y rentrer et j'y ai rien laissé de précieux.
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x-Kah-mix-Kah-mi05 décembre 2010
Au début, on croit mourir à chaque blessure. On met un point d'honneur à souffrir tout son soûl. Et puis on s'habitue à endurer n'importe quoi et à survivre à tout prix.
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epraepra14 juin 2013
- « Il a l’esprit borné et très peu inventif, la mémoire encyclopédique des gens privé d’émotion et de talent, persuadé que donner des noms et des dates exactes peut tenir lieu d’âme ». (p31)

- « Elle l’aime à bout portant (…) ». (p34)

- « Elle est surprise d’être aussi vulnérable, encore capable de douleur. Au début, on croit mourir à chaque blessure. On met un point d’honneur à souffrir tout son soûl. Et puis on s’habitue à endurer n’importe quoi et à survivre à tout prix. On se croit endurcie, souillée de bout en bout. L’âme en acier trempé.

Elle observe la salle et l’émotion trouve en elle un endroit intact pour y pleuvoir de la boue ». (p37)

- « Les gens ça gesticule, ça se frotte, mai c’est rien que du mouvement, ils sont vides. Tous défoncés par la trouille ». (p49)

- En parlant de « sa chatte » : « C’est comme une voiture que tu gares dans une cité, tu laisses pas des trucs de valeur à l’intérieur parce que tu peux pas t’empêcher qu’elle soit forcée. Ma chatte, je peux pas empêcher les connards d’y rentrer et j’y ai rien laissé de précieux… ». (p57)

- « Son corps est encombrant, elle est enterrée vive sous lui ». (p246)
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la_fleur_des_motsla_fleur_des_mots03 février 2013
: Il est ce qui ressemble le plus à un ami pour elle, bien qu'on soit encore très loin de la définition d'usage. Elle l'aime à bout portant et s'en prend plein la gueule. Contrairement aux lois d'usage, plus elle le connaît, plus il éblouit. Il est poète, au sens très mâle du terme. À l'étroit dans son époque, incapable de se résoudre à l'ennui et au tiède. Insupportable. Dissident systématique, paranoïaque et coléreux, veule, voleur, querelleur. Il provoque les récriminations partout où il passe. Supportable pour personne, surtout pas pour lui-même. Il aime la vie avec une exigence qui le coupe de la vie. Il affrontera les pires terreurs et endurera la mort de son vivant plutôt que de renoncer à sa quête. Il ne retient aucune leçon puisqu'elles sont contraires à ce en quoi il croit et, obstinément, refait les mêmes erreurs.
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DarknessLolitaDarknessLolita21 juin 2014
Elle n’a pas honte de ça. Il y’a de l’orgueil à se mettre aussi bas, un héroïsme dans la déchéance. Elle a du mépris pour les autres, ceux qui ne savent rien et la prennent de haut quand elle passe, parce qu’ils s’imaginent qu’ils ont plus de dignité.
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