C'est terrible, ce qui arrive à Samir. Nadia, la meilleure voyante de la cité de la Victorine, lui a tiré les cartes. Elle lui a prédit qu'avant six mois, il aurait risqué sa vie pour sauver un ami et serait devenu un héros. Cert... > voir plus
Samir vit dans une cité (et il m'a fait penser à Momo petit prince des bleuets que j'avais également adoré) entre l'école et ses copains ; c'est un garçon discret qui n'aime pas se faire remarquer. Tout bascule le jour où la meilleure voyante de la cité, Nadia, lui prédit qu'il va devenir un héros en sauvant un de ses amis... le jeune garçon va alors fuir ses copains en espérant prudemment éviter les ennuis et ne pas risquer sa vie. Mais le destin est incontournable.
Certaines personnes trouvent que la cité de la Victorine ressemble à un vaisseau spatial, grand et rond, abandonné au milieu d'un terrain vague par des martiens négligents. Elles se trompent. En fait La Victorine ressemble à l'arche de Noé.
Le bon Dieu a fourré là-dedans tout un tas de gens disparates. Il y a rassemblé toutes les couleurs de peaux aux pigments de la terre, du beige de sable au chocolat de fer. Il y a mis tous les âges, du bébé au vieillard. Tous les caractères, de l'agneau à la hyène. Tous les sexes du féminin au masculain. Plus quelques saints et quelques criminels.
Quand la cité a été pleine et tous ses appartements occupés, il a déclaré complet et il a ordonné aux hommes d'y faire passer quatre bus par jour.
Enfin, il a placé La Victorine au bord des étangs de Thiais, au large d'Amiens. Comme ça, le jour où monteront les eaux du nouveau déluge, La Victorine flottera triomphalement sur le monde, enserrant dans ses flancs de béton un échantillon sincère de l'humanité. (p.9-11)
Samir parlait extrêmement rarement. Quand on lui adressait la parole, il se bornait à sourire d'un air engageant. c'était sa manière de ne pas dire de bêtises et de s'attirer la bienveillance de ses interlocuteurs.
Mais si la parole ne passait pas fréquemment la frontière de ses lèvres, elle occupait tout son être, et à tout bout de champ. Pour lui-même Samir était un incorrigible bavard. A longueur de journée, les mots allaient et venaient en lui et faisaient des phrases. Il lui arrivait parfois, à la fin de la journée, d'être complètement épuisé de s'être tellement parlé. (...) Pourtant Samir n'avait rien d'un pauvre paresseux. Bien au contraire. Il était très riche à l'intérieur. Mais très secret pour l'extérieur. (p.12-13)
Marie Desplechin : Ecrire à quatre mains . La romancière Marie Desplechin a co-signé avec Aya Cissoko, un livre qui raconte la vie de cette ex-championne du monde de boxe. Marie Desplechin évoque la façon dont elle a travaillé avec Aya Cissoko pour écrire à quatre mains ce roman biographique : Danbé (Calmann-Levy, 2011).