ISBN : 2855656087
Éditeur : Olivier Orban (1991)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Vous savez que j'ai un esprit scientifique. Or récemment, j'ai fait une découverte bouleversante ! En observant la matière de plus près... j'ai vu des atomes... qui jouaient entre eux... et qui se tordaient de rire ! Ils s'esclaffaient ! Vous vous rendez compte des cons... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par iarsenea, le 27 avril 2010

    iarsenea
    En somme, j'ai adoré. Mais comme tous les textes sont extrêmement courts, tous les lire l'un à la suite de l'autre peut devenir astreignant.
    Je vous conseille donc, comme moi, de le lire sur une longue période. Un ou deux textes une fois de temps en temps, et cela conservera toute sa fraîcheur.
    Pour ceux qui sont intéressés de connaître plus Raymond Devos, mais qui n'ont pas l'intention de tout lire son oeuvre, voici une liste de mes 26 textes préférés sur les 165:
    Le pied de vigne ou l'imagination de la matière (p.11)
    La porte (p.24)
    Où courent-ils ? (p.36)
    Prêter l'oreille (p.79)
    Oüi-dire (p.81)
    Le petit poussin (p.83)
    Alimenter la conversation (p.86)
    Le savoir choir (p.140)
    Je zappe (p.173)
    Sens dessus dessous (p.221)
    Le possédé du percepteur (p.225)
    Le pot de grès (p.233)
    Faites l'amour, ne faites pas la guerre (p.246)
    Ma femme (p.262)
    Parler pour ne rien dire (p.272)
    Les parcmètres (p.289)
    A tort ou a raison (p.307)
    Le bout du bout (p.328)
    Migraine infernale (p.346)
    Sex-shop (p.359)
    Je hais les haies (p.363)
    Ça n'a pas de sens (p.420)
    L'horoscope (p.425)
    Sévère mais juste (p.452)
    L'affaire du pont (les dessous et les dessus) (p.504)
    Le procès du tribunal (p.536)

    Lien : http://lecturesdisabelle.blogspot.com/2008/12/matire-rire.html
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Citations et extraits

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  • Par iarsenea, le 27 avril 2010

    Où courent ils ?

    L'artiste (entrant):
    Excusez-moi, je suis un peu essoufflé !
    Je viens de traverser une ville
    où tout le monde courait...
    Je ne peux pas vous dire laquelle...
    Je l'ai traversée en courant.
    Lorsque j'y suis entré, je marchais normalement.
    Mais quand j'ai vu que tout le monde courait...
    je me suis mis à courir comme tout le monde,
    sans raison !
    A un moment, je courais coude à coude
    avec un monsieur...
    Je lui dis:
    -Dites-moi... pourquoi tous ces gens-là
    courent-ils tous comme des fous ?
    Il me dit:
    -Parce qu'ils le sont !
    !
    Il me dit:
    -Vous êtes dans une ville de fous ici...
    vous n'êtes pas au courant ?
    Je lui dis:
    -Si, des bruits ont couru !
    Il me dit:
    -Ils courent toujours !
    Je lui dis:
    -Qu'est-ce qui fait courir tous ces fous?
    Il me dit:
    -Tout ! Tout!
    Il y en a qui courent au plus pressé.
    D'autres qui courent après les honneurs...
    Celui-ci court pour la gloire..
    Celui-là court à sa perte !
    !
    Je lui dis:
    -Mais pourquoi courent-ils si vite ?
    Il me dit:
    -Pour gagner du temps !
    Comme le temps, c'est de l'argent...
    plus ils courent vite, plus ils en gagnent !
    Je lui dis:
    -Mais où courent-ils?
    Il me dit:
    -À la banque.
    Le temps de déposer l'argent qu'ils ont gagné sur un compte courant... et ils repartent toujours en courant, en gagner d'autre !
    Je lui dis:
    -Et le reste du temps?
    Il me dit:
    -Ils courent faire leurs courses...
    au marché !
    !
    Je lui dis:
    -Pourquoi font-ils leurs courses en courant ?
    Il me dit:
    -Je vous l'ai dit... parce qu'ils sont fous !
    Je lui dis:
    -Ils pourraient aussi bien
    faire leur marché en marchant...
    tout en restant fous !
    Il me dit:
    -On voit bien que vous ne les connaissez pas !
    D'abord, le fou n'aime pas la marche...
    Je lui dis:
    -Pourquoi?
    Il me dit:
    -Parce qu'il la rate !
    !
    Je lui dis:
    -Pourtant, j'en vois un qui marche !?
    Il me dit:
    -Oui, c'est un contestataire !
    Il en avait assez de toujours courir comme un fou.
    Alors, il a organisé une marche de protestation!
    Je lui dis:
    -Il n'a pas l'air d'être suivi?
    Il me dit:
    -Si ! Mais comme tous ceux qui le suivent courent, il est dépassé !
    !
    Je lui dis:
    -Et vous, peut-on savoir ce que vous faites dans cette ville ?
    Il me dit:
    -Oui! Moi, j'expédie les affaires courantes.
    Parce que même ici, les affaires ne marchent pas !
    Je lui dis:
    -Et où courez-vous là ?
    Il me dit:
    -Je cours à la banque !
    Je lui dis:
    -Ah !... Pour y déposer votre argent ?
    Il me dit:
    -Non ! Pour le retirer !
    Moi, je ne suis pas fou !
    Je lui dis:
    -! Si vous n'êtes pas fous,
    pourquoi restez-vous dans une ville
    où tout le monde l'est ?
    Il me dit:
    -Parce que j'y gagne un argent fou!
    C'est moi le banquier !
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  • Par iarsenea, le 27 avril 2010

    Sens dessus dessous

    Actuellement,
    mon immeuble est sens dessus dessous.
    Tous les locataires en dessous
    voudraient habiter au-dessus !
    Tout cela parce que le locataire
    qui est au-dessus
    est allé raconter par en dessous
    que l'air que l'on respirait au-dessus
    était meilleur que celui que l'on respirait à l'étage
    en dessous !
    Alors, le locataire qui est en dessous
    a tendance à envier celui qui est au-dessus
    et à mépriser celui qui est en dessous.
    Moi, je suis au-dessus de ça !
    Si je méprise celui qui est en dessous,
    c'est parce qu'il convoite l'appartement
    qui est au-dessus, le mien !
    Remarquez... moi, je lui céderais bien
    mon appartement à celui du dessous,
    à condition d'obtenir celui du dessus !
    Mais je ne compte pas trop dessus.
    D'abord, parce que je n'ai pas de sous !
    Ensuite, au-dessus de celui qui est au-dessus,
    il n'y a plus d'appartement !
    Alors, le locataire du dessous
    qui monterait au-dessus
    obligerait celui du dessus
    à redescendre en dessous.
    Or, je sais que celui du dessus n'y tient pas !
    D'autant que, comme la femme du dessous
    est tombée amoureuse de celui du dessus,
    celui du dessus n'a aucun intérêt à ce que
    le mari de la femme du dessous
    monte au-dessus!
    Alors, là-dessus...
    quelqu'un est-il allé raconter à celui du dessous
    qu'il avait vu sa femme bras dessus,
    bras dessous avec celui du dessus?
    Toujours est-il que celui du desssous
    l'a su!
    Et un jour que la femme du dessous
    était allée rejoindre celui du dessus,
    comme elle retirait ses dessous...
    et lui, ses dessus...
    soi-disant parce qu'il avait trop chaud en dessous...
    Je l'ai su, parce que d'en dessous,
    on entend tout ce qui se passe au-dessus...
    Bref ! Celui du dessous leur est tombé dessus !
    Comme ils étaient tous les deux soûls,
    ils se sont tapés dessus!
    Finalement, c'est celui du dessous
    qui a eu le dessus !
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  • Par iarsenea, le 27 avril 2010

    Je zappe

    Hier soir, après dîner, ma femme me dit:
    -Qu'est-ce qu'on donne ce soir à la télé ?
    Je lui dis:
    -Il y a deux films.
    Sur une chaîne, il y a Thérèse dans un genre pieux...
    enfin, classé pieux!
    Et sur l'autre chaîne, il y a Emmanuelle dans
    un genre tout à fait différent, classé X!
    Elle me dit:
    -Eh bien moi, je vais me coucher... Pas toi?
    Je lui dis:
    -Non, je crois que je vais rester encore un peu voir le film.
    Elle me dit:
    -Lequel ?
    Je lui dis:
    -Emma... (rectifiant)... le pieux...
    le pieux avec un X !
    Elle me dit:
    -Bon, tu me raconteras !
    Je lui dis:
    -C'est ça !
    Elle sort. Je ferme soigneusement la porte derrière elle.
    J'allume ma télé. Je prends mon zappeur...
    parce que j'aime zapper !
    J'aime passer d'une chaîne à l'autre !
    Je dis: Voyons Thérèse puisque c'est ce que j'ai
    décidé mais auparavant, je vais jeter un petit coup
    d'oeil sur Emmanuelle par acquit de conscience...
    pour m'en faire une petite idée.
    Et je zappe sur Emmanuelle.
    Rhahh! La belle femme!
    Elle était chez son médecin qui lui dit:
    -Qu'est-ce qui vous arrive ?
    Elle lui dit:
    -J'ai une crise de foie...
    Il lui dit:
    -Dévêtez-vous, je vais vous palper !
    Elle commence à retirer lentement ses effets...
    Oh ! j'ai dit, je vois le genre. Allez, tout de suite
    au pieux !... Au film !
    Je zappe sur Thérèse.
    En extase ...!
    Elle était chez son confesseur qui lui dit:
    -Qu'est-ce qui vous arrive ?
    Elle lui dit:
    -J'ai une crise de foi!
    Il lui dit:
    -Il faut prendre le voile. Voilez-vous!
    J'ai dit: Le temps qu'elle le mette, moi je vais
    les mettre sur Emmanuelle.
    Je zappe sur Emmanuelle.
    Elle avait tout dévoilé !
    Alors là, je me suis dit: Il faut que tu choisisses...
    Ou tu vois le «voilé» ou tu vois le «dévoilé» !
    Voilà ! Alors, le «voilé» ou le «dévoilé»?
    Ah, j'ai dit, vois-les... Vois les deux !
    Et j'ai zappé avec une telle rapidité que les images
    n'arrivaient plus à suivre !
    A un moment, elles se sont superposées.
    Quand j'ai vu le visage de Thérèse
    sur le corps d'Emmanuelle, j'ai dit:
    Oh ! Oh ! Où tu vas là ? Si Thérèse te trouble
    à ce point, reste sur Emmanuelle...! Enfin...!
    Et c'est juste au moment où je venais de zapper
    sur Emmanuelle que ma femme est entrée...
    -Je n'ai pas sommeil...
    Aussitôt, j'ai zappé sur Thérèse.
    Ma femme me dit:
    -Tu regardes toujours Thérèse là?
    Je lui dis:
    -Plus que jamais !
    Elle me dit:
    -Tu n'as pas bonne mine ! Qu'est-ce qui t'arrive ?
    Je lui dis:
    -J'ai une crise de fois!
    Elle me dit:
    -De quel «foie»?
    Je lui dis:
    -Des deux «fois» !... enfin, on a pas deux foies...
    J'ai une crise de ce foie-ci... (il le désigne),
    le foie que l'on peut palper, et puis de l'autre foi,
    l'impalpable ! J'ai mal aux deux «mots» à la fois.
    J'ai mal à mon foie et à ma foi...
    Elle me dit:
    -Tu as déjà eu mal à tes «fois»?
    Je lui dis:
    -Bien des fois, autrefois, mais jamais aux deux
    «fois» à la fois ! Tandis que là, pour la première fois,
    je souffre de ce foie-ci et de cette foi-là...
    tu comprends?
    Heureusement qu'elle ne m'écoutait pas !
    Elle regardait Thérèse...
    Elle me dit:
    -Mais pour qui Thérèse prie-t-elle?
    Je lui dit, en toute bonne foi:
    -Pour le repos du corps d'Emmanuelle !
    Elle me dit:
    -Pourquoi? Qu'est-ce qu'elle a fait
    de son corps, Emmanuelle ?
    Là, de mauvaise foi, j'ai dit:
    -Comment veux-tu que je te le dise ? Tu ne m'a pas
    laissé voir le film!
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  • Par iarsenea, le 27 avril 2010

    «À tort ou à raison»

    On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort. C'est difficile de juger. Moi, j'ai longtemps donné raison à tout le monde. Jusqu'au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort ! Donc, j'avais raison! Par conséquent, j'avais tort ! Tort de croire qu'ils avaient raison. C'est-à-dire que moi qui n'avais pas tort, je n'avais aucune raison de ne pas donner tort à des gens qui prétendaient avoir raison, alors qu'ils avaient tort. J'ai raison, non? Puisqu'ils avaient tort ! Et sans raison, encore ! Là j'insiste, parce que... moi aussi, il arrive que j'aie tort. Mais quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts !!! J'ai raison, non? Remarquez... il m'arrive aussi de donner raison à des gens qui ont raison aussi. Mais, là encore, c'est un tort. C'est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort. Il n'y a pas de raison! En résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort !
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  • Par iarsenea, le 27 avril 2010

    Ouï-dire

    Il y a des verbes qui se conjugent
    très irrégulièrement.
    Par exemple, le verbe OUÏR
    Le verbe ouïr, au présent, ça fait:
    J'ois... j'ois...
    Si au lieu de dire «j'entends», je dis «j'ois»,
    les gens vont penser que ce que j'entends est joyeux
    alors que ce que j'entends est peut être
    particulièrement triste.
    Il faudrait préciser:
    «Dieu, que ce que j'ois est triste !»
    J'ois..
    Tu ois...
    Tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois?
    Il oit...
    Oyons-nous?
    Vous oyez...
    Ils oient.
    C'est bête !
    L'oie oit. Elle oit, l'oie !
    Ce que nous oyons, l'oie l'oit-elle?
    Si au lieu de dire «l'oreille»,
    on dit «l'ouïe», alors:
    l'ouïe de l'oie a ouï.
    Pour peu que l'oie appartienne à Louis:
    -L'ouïe de l'oie de Louis a ouï.
    -Ah oui?
    Et qu'a ouï l'ouïe de l'oie de Louis?
    -Elle a ouï ce que toute oie oit...
    -Et qu'oit toute oie?
    -Toute oie oit, quand mon chien aboie
    le soir au fond des bois,
    toute oie oit:
    ouah! ouah!
    Qu'elle oit, l'oie!
    Au passé, ça fait:
    J'ouïs...
    J'ouïs!
    Il n'y a vraiment pas de quoi!
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