> Martine Leroy-Battistelli (Traducteur)

ISBN : 2070337243
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres

Ici, rien n'est normal, même le temps... Le jour de notre arrivée, on a vu deux hommes portant une tête humaine, en pleine rue... Un Mexicain avec celle d'un Indien, et une crapule qui louchait et qui s'appelait Boone May, avec la tête d'u... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 04 octobre 2011

    chocobogirl
    Nous sommes en 1876, dans la petite ville de Deadwood située dans les Black Hills. Une ville en pleine expansion où tout est encore à faire. Les mines amènent tout un flot de nouveaux arrivants dont un certain Charley Utter, accompagné de Wild Bill Hickok, la légende de l'ouest. C'est à travers les yeux de Charley que nous allons suivre sur 2 ans l'histoire mythique de Deadwood jusqu'à l'incendie qui mit fin à son âge d'or.
    Deadwood est une ville qui s'est créée illégalement sur un territoire indien. C'est le colonel Custer, qui mourra peu après dans la bataille de Little Big Horn, qui a découvert les gisements d'or entraînant ainsi l'arrivée massive de prospecteurs qui mourra bientôt . Quand le lecteur débute le roman, il va découvrir la ville avec l'arrivée de Charley et de Wild Bill. Cloaque de boue et d'immondices, la ville présente plusieurs maisons closes, bars à foisons, un quartier chinois de seconde zone, un théâtre tout de même et de nombreux magasins à destinations des chercheurs d'or.
    Maintenant, il faut souligner que ces Willd Bill et Charley, comme bien d'autres personnages dans le roman, ont réellement existés. En effet, Pete Dexter s'est appliqué ici à retranscrire de manière totalement réaliste l'époque avec ses habitants, son histoire et nous offre finalement ici un roman historique.
    Certains auront bien évidemment reconnu le célèbre Wild Bill Hickok, as de la gachette, qui rencontrera la mort à Deadwood sous la personne de Jack Mc Call. Loin des étoiles de la légende, il est présenté ici comme un homme presque aveugle et dont la maladie l'empêche de pisser. Plus loin, c'est Calamity Jane que nous croiserons. Loin de l'image d'Epinal de femme intrépide, Jane Canary est ici une âme paumée qui fabule sur un mariage imaginaire avec Wild Bill et noit son désarroi dans un alcoolisme notoire. D'autres personnages se joindront à la liste (Seth Bullock, Sol Star, ...) mais nous nous arrêterons sur Charley Utter, ami de Wild Bill dont l'histoire ne connait pas grand chose mais qui s'avère être le narrateur de cette histoire. Une histoire fort dense donc qui regorge d'une foule de personnages secondaires qu'il n'est pas toujours aisé de suivre.
    Il y a des chercheurs d'or qui espèrent trouver fortune, il y a les tenanciers de saloon qui appâtent le client à l'aide de prostituées, il y a des putes chinoises qu'on traite comme des chiens, il y a le fou qui tient les bains publics et possède à son actif une impressionnante liste de tentatives de suicides. Il y a les rixes, les bagarres, les compromissions, le racisme ordinaire envers les noirs et les indiens. Il y a les agressions gratuites, les vengeances.
    Deadwood se revèle ainsi le portrait croisé de dizaines de personnages qui tous contribuent à donner une couleur forte à ce récit qui oscille entre petite histoire et grande histoire.
    Le portrait de la ville et de ses habitants est dense, fouillé, nourri de vastes recherches historiques qui fait coller le roman au plus près de la vérité historique. le lecteur erre dans une ville corrompue où la violence et le pouvoir fait loi. La folie de certains personnages annonce la chute prochaine de la ville mais même les plus fous ont parfois plus de lucidité que les autres hommes...
    Le rythme de la narration est lent et sur 600 pages peut parfois un peu lasser. Pourtant, Deadwood va bien plus loin que le portrait d'une ville mythique du Far West.
    Véritable condensé de vie western qui fait l'impasse sur la plupart des clichés, la ville symbolise l'Amérique toute entière. Les filons aurifères ont provoqués une vague d'enthousiasme qui fait naître une vague d'optimisme dans la population. Avant que sa population ne sombre dans le mal, l'égoisme, la violence et ne détruise elle-même la ville qui devait leur apporter le rêve... A méditer.
    En tout cas, Deadwood est un vrai grand roman américain dans tous les sens du terme. Les amateurs de western, d'Ouest américain, de grande fresque historique y trouveront leur bonheur. Ceux qui cherchent un vrai polar passeront leur chemin : il s'agit plus d'un roman noir historique, vous l'aurez compris.
    A noter :
    Les connaisseurs noteront qu'il existe également la célèbre série TV Deadwood.
    Pour ma part, ce fut la frustration de terminer le visionnage de cette série inachevée qui m'a poussé à entamer le roman. Basée sur le roman, sachez qu'elle n'a pourtant strictement rien à voir.
    Les éléments et les personnages sont en majorité les mêmes mais c'est comme s'ils avaient été mis dans un shacker pour donner totalement autre chose. Aussi les amateurs du charismatique al Swearinger et ses inoubliables "Cocksucker" seront déçus !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-deadwood-pete-dexter-8..
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    • Livres 3.00/5
    Par Thyuig, le 25 août 2011

    Thyuig
    Comme souvent (toujours ?) chez Pete Dexter, le fumet des plats donne davantage l'appétit que le passage à table proprement dit. Deadwood assemble une somme d'idées intéressantes et leur exploitation fait véritablement sensation. Croiser les destins de Wild Bill ou Calamity Jane au milieu de la foule créée par l'auteur fonctionne plutôt bien. Faire naviguer ces personnages uniquement dans les Black Hills et particulièrement à Deadwood est également une réussite. Cela donne à la ville un statut emblématique, la fin du livre le révélant complétement. de même, la rélation qui relie Colorado Charley au maniaque des bouteilles, lui servant de conscience au milieu de tout ce déchainement de violence, lui permettant par sa folie de retourner sa propre image au travers du miroir d'eau figuré par le bain est une très bonne idée. Ces temps calmes sont la réussite indéniable du bouquin.
    Malgré tout la sauce ne prend pas tout à fait, Pete Dexter s'empare de trop de clichés (les putains, l'alcool, la violence) et échoue à en tirer un tout enrichissant. Il n'y a pas de roman, on suit vaguement les errances de Colorado Charley, ami de Wild Bill, mais guère plus. le livre méritait une fresque plus large, moins confinée parce qu'à le lire, on ne distingue que quelques personnages et seconds rôles au milieu d'une foule dont les contours flous nous échappe pour beaucoup.
    Le western rend des compte à un genre bien précis. Cependant, qui en voudrait à Jeffrey Lent et James Carlos Blake ou Cormac McCarthy de les avoir balayé d'un revers ? Pete Dexter donne l'impression de ne s'être emparé que du côté sulfureux de Deadwood, ses putes, sa violence et qu'il a échoué à rendre compte plus largement du destin de la ville.
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    • Livres 4.00/5
    Par zerojanvier, le 28 mai 2011

    zerojanvier
    J'avais adoré la série diffusée sur HBO (et Canal + en France), véritable bijou de réalisme, avec des acteurs excellents. le livre est dense, mais passionant! Sachant que cette histoire ne relate que des faits réels, ça fait froid dans le dos parfois! On y découvre une Calamity Jane alcoolique et à moitié folle, et un Wild Bill Hickok souffrant de solitude à cause de sa célébrité. C'est dur, c'est viril, mais pour qui aime les Etats Unis, c'est un indispensable!
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Citations et extraits

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  • Par cabocharde85, le 20 février 2011

    C'est la première fois que Solomon notait de la tristesse chez les Chinois et , peu à peu, il réalisa qu'il en était la cause. Il vit les maisons disparaître, jusqu'à la lisière méridionale de la ville ; il entendit les cris que transportait le vent.
    Il lui sembla même que le vent les cueillait, l'un après l'autre, pour les lui apporter, là, sur la colline, avant de les emmener plus loin et de les laisser tomber un à un, dans les crevasses des Hills, où personne ne viendrait jamais les chercher.
    Alors il se rendit compte de ce qu'il avait fait et de ce qu'il avait perdu, car il reconnut que l'un de ces cris était le sien.
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  • Par cabocharde85, le 17 février 2011

    L'élan était à une quinzaine de mètres, et il entendit le déclic. Il s'arrêta de nouveau, en les considérant d'un air perplexe. La balle lui déchira le poitrail ; il fit demi-tour, comme pour repartir, puis s'écroula sur les cailloux. Les biches n'avaient pas bougé. L'une d'elles l'effleura de son museau.
    - Les autres, dit le capitaine.
    Bill et Charley se regardèrent, puis Charley se leva, ramassa une pierre et descendit vers le fond du ravin, en se tenant dans la ligne de tir du capitaine. Puis, quand il fut suffisamment près des femelles, il leur lança la pierre en poussant des cris. Elles s'enfuirent.
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