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ISBN : 2070347508
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 4.47/5 (sur 81 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
L'inégalité dans la répartition des richesses entre les sociétés est liée aux différences de milieux, pas aux différences génétiques. Mobilisant des disciplines aussi diverses que la génétique, la biologie moléculaire, l'écologie des comportements, l'épidémiologie, la l... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 11 mai 2015

    Nastasia-B
    Je trouve ce livre absolument éblouissant et ce n'est pas par erreur qu'il s'est glissé parmi mes livres pour une île déserte, sachez-le. Cet essai est à la frontière entre biologie, archéologie, histoire et sociologie. C'est probablement ce qui fait son intérêt, à savoir, faire des liens entre des informations pas nécessairement corrélées par des spécialistes d'un domaine particulier.
    Son but est de découvrir les raisons des différences criantes qui existent entre les hommes de par le monde, sachant que les hommes sont partout un peu les mêmes, ni plus rusés, ni plus talentueux. Son constat est que, premièrement, tous les hommes n'ont pas pris possession en même temps de leur environnement (1ère différence, l'avantage temporel de certains).
    Ensuite que les environnements colonisés n'offraient pas la même disponibilité en plantes et animaux domesticables que d'autres (2ème différence, les régions méditerranéennes et chinoises offraient bien plus de candidats domesticables que l'Afrique par exemple).
    Troisièmement, la forme même des continents, allongés Nord-Sud pour les Amériques et l'Afrique et Est-Ouest pour l'Eurasie offre l'avantage de pouvoir transmettre facilement les avancées obtenues à des lieux différents mais sur une même latitude alors que la succession des types climatiques du nord au sud ne le permet pas pour l'Afrique ou les Amériques.
    De même, d'autres éléments d'ordre logique sont à prendre en considération, comme la prolifération de virus en zone très peuplée (donc déjà favorisée) entrainant des résistances plus précoces aux mêmes maladies qui devinrent un avantage incalculable lors, par exemple, de la conquête des Amériques.
    Enfin, des hasards historiques, comme la prise de pouvoir par les eunuques en Chine à l'époque où celle-ci jouissait d'un avantage sur l'Europe et d'une grande avance quant à l'exploration maritime et qui se traduisit par un repli sur elle-même.
    De L'Inégalité Parmi Les Sociétés (traduction surprenante de Guns, Germs, And Steel) est à mettre en parallèle avec son essai suivant, Effondrement. le premier étant le "pourquoi certains ont réussi", le second "pourquoi certains ont échoué". Toutefois, je trouve celui-ci plus intéressant et mieux structuré que le suivant.
    Les idées proposées par Diamond ne sont pas nécessairement nouvelles (voir Leroi-Gourhan dans le geste et la parole, par exemple) mais ont le mérite d'être exposées clairement et en relation, les unes avec les autres. À ceux qui l'accusent de déterminisme et de justifier l'état des différences (notamment entre pays du nord et du sud) je répondrais simplement que Diamond a cherché à honnêtement comprendre l'origine des différences, notamment en se plaçant souvent dans la peau d'un Américain (au sens presque d'Amérindien), c'est-à-dire dans la peau d'un non favorisé initialement par l'environnement comparativement au bassin méditerranéen.
    On peut certainement critiquer comme trop "simpliste" son explication universelle. Mais, selon moi, la valeur d'un livre réside dans le fait qu'elle nous invite à réfléchir sur des choses auxquelles nous n'avions jamais réfléchi auparavant, réside dans son pouvoir à faire évoluer la façon dont on perçoit le monde, et, en ce sens, je me répète, je trouve ce livre exceptionnel.
    De plus, les lecteurs de Jared Diamond ne s'arrêteront pas en si bon chemin et iront creuser par eux-mêmes, feront des passerelles avec des gens comme Gould, l'évolutionniste, Braudel, l'historien, Todd, le démographe, Claval, le géographe ou Boyer, l'archéologue et neurologue des religions. Je conseille donc ce livre à 300 %, mais ce n'est bien sûr que mon avis, inégal par nature, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par ibon, le 09 juin 2015

    ibon
    D'abord une lueur de satisfaction. La satisfaction de constater que bien qu'il me prit des heures à le lire, cet essai copieux, en plaisir, m'en rendit tout autant.
    La couverture est volontairement choquante. Elle représente un seul Blanc, fier et martial en tenue militaire et la cravache en main, qui dirige un bataillon d'une centaine de Noirs résignés, torses nus et en short. le colonialisme dans toute sa splendeur...
    Comment en est-on arrivé là? Pourquoi n'est-ce pas l'Afrique Noire, pourtant le berceau de l'humanité, qui domine le monde aujourd'hui?
    Oh bien sûr, le racisme, tel un oiseau de mauvaise augure pourrait planer au-dessus de l'explication simple et expéditive comme la démonstration de la supériorité d'une race sur une autre. Les Australiens blancs sur les Aborigènes, les colons blancs sur les Indiens d'Amérique, etc. Mais il en est tout autrement comme ce livre brillant propose de le démontrer.
    Souvent j'espérais qu'à cet oiseau de mauvais augure qu'est le racisme, il arriverait un malheur, que les connaissances actuelles permettraient de délivrer enfin une réponse circonstanciée et définitive.
    Cette réponse est venue de L'Américain blanc Jared Diamond. Il a voyagé dans sa prime jeunesse jusqu'en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour étudier une chefferie de chasseurs-cueilleurs. Leur chef Yali l'interroge sur le fait que le dernier des imbéciles blancs peut dominer une société entière de Néo-guinéens. Diamond n'a cessé de se remémorer cette rencontre capitale pour motiver encore plus ses travaux sur l'Homme.
    Il en ressort que le critère géographique est le facteur essentiel, les Européens (entre autres) sont nés au bon endroit pour conquérir des territoires lointains et dominer le monde. L'Europe d'il y a seulement quelques milliers d'années, avec ses cultures, ses mammifères de plus de 40 kg domesticables (alors qu'ils ne le sont que très peu en Afrique, même aujourd'hui impossible de monter un zèbre!), pas d'obstacle géologique insurmontable pour les échanges et un climat favorable. A partir de là, l'invention de l'écriture pour gérer les récoltes abondantes et une société organisée. Laquelle gère les ressources de la terre et les hommes. Une société qui prospère.
    Chez les Aborigènes d'alors, pas de céréales, pas de mammifères utiles en agriculture ou pour le transport. Ils sont donc restés une population peu dense de chasseurs-cueilleurs pendant 40 000 ans dans une région assez inhospitalière. Ils n'ont pas pu se défendre contre l'arrivée des Européens qui possédaient les fusils et biens d'autres choses: "guns, germs and steel".
    La simplification n'est peut-être pas de mise pour parler de cet essai si riche mais après avoir lu ce livre on ne voit plus l'humanité de la même manière.
    Pour entrer dans les détails, tous les continents sont visités pour notre plus grand plaisir sous l'oeil d'un scientifique comme on n'en fait plus; capable de maîtriser de nombreuses disciplines dans le seul but de faire partager ses connaissances.
    Jared Diamond a le souci d'être lu par le plus grand nombre, donc même si les sciences vous rebutent, le thème principal de l'explication de l'inégalité des sociétés est souvent reformulé pour être compris de tous.
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    • Livres 5.00/5
    Par Quintnico, le 30 mars 2010

    Quintnico
    Intelligent, brillant, rare, vital, ....
    Après m'être jeté avec délectation et avidité sur le livre Effondrement du même auteur, je me suis plongé dans cette "De l'inégalité parmi les sociétés". Autant le dire tout de suite, la traduction du titre est assez réductrice. le titre original "Guns, Germs & Steel - the fates of human societies" étant bien plus évocateur du contenu.
    Passons ce détail. Pourquoi m'être lancé dans ce livre (à part mon coup de foudre pour l'auteur) ? D'abord l'histoire des civilisations me passionne. Mais aussi, j'ai toujours ressenti un manque dans mon éducation historique. Il y a toujours eu pour moi un chaînon manquant entre les hommes du néolithique et les civilisations égyptiennes et romaines. Peut-être ai-je dormi pendant ces cours en classe ? Qui sait ...
    Mais l'ambition du livre va bien au-delà. La question fondamentale qui est posée ici est de savoir pourquoi et comment les inégalités criantes qui sont celles d'aujourd'hui entre les pays/civilisations sont nées ? Pourquoi l'Afrique, où sont nés les Homo Erectus (Toumaï et ses frangins) est-elle à la traîne du développement et dominée par les nations occidentales (sur l'arriération, évidemment, il y a une autre question qui est celle de savoir si nos nations prétendument avancées sont réellement plus heureuses et ont suivi une supposée flèche du progrès) ? Pourquoi les aborigènes d'Australie et les Indiens d'Amérique ont-ils été exterminés (passivement ou activement) par les troupes Européennes (ou leur avatars des antipodes) et pas l'inverse ?
    La réponse tacite à cette réponse est, à notre corps défendant, souvent celle d'une thèse plus ou moins raciste, qui est que ces hommes ont été moins "intelligents" ou plus passifs. Réponse immédiate et séduisante certes, mais vraie ? On peut se dire tout simplement que l'évolution (Darwinienne) a fait en sorte que l'homme occidental soit plus adapté à son environnement que l'homme africain. Mais Jared Diamond désamorce cette tentation en reprenant un argument sur lequel je m'interroge depuis quelques années : après tout, l'évolution darwinienne suppose la disparition (ou du moins la non-reproduction) des plus "faibles" ou des "moins adaptés". Or, nos civilisations modernes s'enorgueillissent (à raison) de protéger les plus faibles, et de permettre à ceux qui ne peuvent procréer de le faire (FIV, mères porteuses, ...). Un processus de dévolution ne serait-il pas à l'oeuvre en Occident ? Diamond n'apporte pas de réponse à mon interrogation mais fait remarquer que les conditions de vie en Afrique ou en Nouvelle-Guinée sont probablement plus favorables à une évolution darwinienne que nos sociétés occidentales surprotégées.
    Donc si ces civilisations ne sont pas constituées d'êtres plus faibles intellectuellement que nous, pourquoi ont-ils été dominés ? Les raisons immédiates sautent aux yeux : "nous" possédions les armes, le fer, et les germes (la variole et autres maladies ayant exterminé beaucoup plus d'indiens ou d'aborigènes que les armes ...). D'où le titre original "Guns, Germs and Steel".
    La thèse de Diamond repose sur un certain déterminisme géographique. Mais il convoque également de nombreuses sciences pour étayer son analyse : archéologie bien sur, mais aussi étude des évolutions génétiques des hommes, animaux ou plantes, évolution des langues (étude des racines et divergences, apparition des mots désignant un animal montrant que celui-ci était apparu dans une civilisation donnée).
    Il est attesté que les premiers foyers de développement forts humains ont été le "Croissant Fertile" (nord de l'Irak actuel, Syrie, Israël/Palestine) et la Chine aux environs de 7500 av JC. le développement s'est fondé sur la domestication des plantes (transformation par évolution génétique progressive de plantes sauvages en plantes domesticables) et des animaux. Ceci a permis à des civilisations de chasseurs-cueilleurs de se sédentariser et de former des villes. Les mêmes villes ont alors permis une concentration propice à l'invention et au développement, d'autant plus que les surplus alimentaires ont à leur tour permis le développement de castes d'artisans ou de fonctionnaires, dévoués à l'évolution de la société plutôt qu'à sa subsistance. Cette même concentration a abouti à transformer les sociétés en bandes de quelques douzaines d'individus en chefferies puis en vrai Etats avec des lois, des règles, une caste dominante entretenant, grâce à l'impôt, des fonctionnaires, des scribes (d'où invention de l'écriture) mais aussi des religieux/mystiques capables de justifier l'existence des chefs comme étant supérieurs au commun des mortels. Bref, le cercle vertueux du développement (simplifié à l'extrême ...).
    Pourquoi dans ces régions et pas dans d'autres ? La théorie de Diamond repose sur le fait que ces régions présentaient des dispositions de départ (stocks de plantes et d'animaux domesticables) incomparablement meilleurs qu'en Afrique par exemple. Les ancêtres des boeufs ou chevaux étaient domesticables, le zèbre n'a pas été domestiqué (même de nos jours) ... idem de l'éléphant, du rhinocéros, du tigre, ... Il y avait donc une inégalité de départ qui explique grandement les inégalités d'aujourd'hui ...
    Et ça n'est pas tout. En effet, ce qui a permis à Cortes ou Pizarro d'abattre les civilisations Incas et Aztèque, c'était leurs avantages technologiques bien sûr mais pas seulement : ils combattaient à 500 contre 1.000.000 ! le fait est que les germes étaient également de leur côté ... Les germes exportés d'Europe tuaient les indigènes mais pas l'inverse. Pourquoi ? La proximité des Eurasiens avec les animaux avaient permis aux maladies de passer la barrière animal / humain et de se propager aux humains (cf grippe porcine). Les européens en ont certes grandement souffert (peste de 1346 à 1352 qui a tué 25% de la population européenne) mais leur gènes se sont adaptés et ils sont devenus résistants. Par contre, les peuples conquis tombaient comme des mouches (jusqu'à 95% de mortalité en 3 ans ...).
    Vous allez me dire : n'en jetez plus, la coupe est pleine ! Et non ... en effet, l'orientation des continents était également inégale. L'orientation du continent Eurasien est essentiellement Est-Ouest, ce qui favorise la diffusion des cultures et/ou animaux domestiqués. En effet, une plante poussant à une latitude donnée en Inde a de bonnes chances de se répandre facilement à la même latitude vers l'Ouest (Italie ...). Par contre, les Amériques et l'Afrique sont Nord/Sud et les barrières écologiques (Sahel, barrières tropicales, ...) ont grandement retardé la diffusion des cultures et animaux et avec elles les avancées technologiques et civilisationnelles.
    Encore un exemple ? le fait que les peuples Eurasiens étaient interconnectés a favorisé la diffusion des technologies (L'Europe dominante du XVIIIème n'avait quasiment encore rien inventé avant 1500 ...) mais aussi leur non-abandon. En effet, l'acquisition du progrès technologique est loin d'être linéaire. Et Diamond montre que l'idée reçue que le besoin crée l'innovation est une chimère ... l'innovation crée souvent le besoin (Le peuple avait-il besoin d'IPhone ? non ... en a-t-il besoin maintenant qu'il est créé ? oui ...). Des peuples isolés peuvent renoncer à des technologies. Ainsi le Japon, isolé, a décidé de renoncer aux armes à feu après les avoir acquises pour préserver le prestige des samouraïs ! Un peuple aux voisins belliqueux n'aurait pu faire de même ... Diamond donne également d'autres démonstrations du caractère difficilement prévisible de la diffusion de l'innovation. Par exemple, le clavier QWERTY que certains d'entre vous ont sous les doigts a été inventé en ... 1873. Et il a été créé pour ralentir au maximum la frappe (lettres apparentées dans les mots séparées sur le clavier, lettres courantes ("e") main gauche, ...) pour éviter aux machines à écrire de l'époque de se bloquer. Les machines ont évolué ... le clavier est resté !
    Ou encore, l'auteur explique que la division chronique de l'Europe (oh combien encore vraie) a été paradoxalement une chance historique de développement. le long endormissement de la Chine qui était pourtant en pole position pour être la nation dominante est due à une forte unification politique. Des dynasties rétives aux progrès ont pu ainsi sortir leur pays de la compétition ... ce qui n'a pu arriver à une Europe en perpétuelle compétition.
    Ainsi démontré, on voit que les Indiens d'Amérique n'avaient aucune chance face aux émigrants européens même si leur nombre était très important (20 millions, loin du million évoqué dans les livres d'histoire américain pour accréditer le mythe fondateur du peuplement pionnier d'un espace vide). Idem pour les aborigènes d'Australie dont le développement était resté extrêmement en retrait du fait de l'isolement de leur île et de son climat très favorable.
    Ajoutons à cela à la description par Diamond de pages historiques totalement inconnues (de moi en tout cas) comme par exemple la colonisation austronésienne (peuples du Sud-Est Asiatique) qui entre quelques centenaires d'années avant et après JC, se sont diffusés sur une aire allant des iles du Pacifique à l'Est et à ... Madagascar à l'Ouest, ce qui fait que les langues parlées à Madagascar (et les caractéristiques génétiques des habitants) sont plus proches de celles de l'Asie du Sud-Est que de l'Afrique, et vous obtenez, en 600 pages, une somme d'une intelligence totale, un livre rare et précieux qui devrait être enseigné dans les écoles.

    Lien : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/20908
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    • Livres 5.00/5
    Par Hugo, le 12 mai 2013

    Hugo
    En 2009 je débarquais sur Babelio avec une critique plutôt rigolote et pleine d'ironie sur TWILIGHT.
    aujourd'hui en 2013 je reviens avec un avis et non une critique de "De L'inégalité parmi les sociétés".
    Entre temps il ne s'est passé que 4 ans, physiquement je n'ai pas vraiment changé mais mon évolution intellectuelle a beaucoup progressé, même si j'aime toujours autant me marrer en lisant des bouses littéraires, bouses aux yeux des autres bien évidement, chacun étant libre d'apprécier ce que bon lui semble, j'assume toujours tout avec beaucoup d'auto-dérision.
    Je me suis toujours posé pleins de questions existentielles bien avant TWILIGHT rassurez vous, beaucoup d'interrogations qui auraient pu trouver des réponses si toutefois j'avais fait des études ou même si j'avais été éduqué d'une manière différente par des parents différents à une époque différente dans un endroit différent ? (avec des si n'est ce pas)
    Je me suis considéré comme privilégié que très tard, sans opinion tranché comme aujourd'hui et ce parce que mes proches n'étaient pas très sensibles à l'éducation intellectuelle, eux mêmes victimes de leur propre éducation.
    Pourtant petit une personne m'a sensibilisé à la lecture, et la lecture c'est l'écriture, l'échange, l'apprentissage, l'éducation, l'ouverture d'esprit avec de nouvelles interrogations et parfois même la réponse à ces nombreuses questions.
    "Jared DIAMOND" a répondu de manière convaincante à cette vaste question de savoir pourquoi nous et pas eux…
    Mes connaissances se limitent à analyser de manière générale l'ensemble de cet essai sans être capable de remettre en cause le travail de l'auteur, pourtant j'ai pris mon pied car il a su m'expliquer de manière grossière le pourquoi du comment de notre évolution.
    Je vous ai expliqué comment avec un certain nombre de facteurs et pas mal de hasard j'ai lu ce bouquin et comment je vais peut-être donner envie de lire cet essai à d'autre avec l'aide d'autres lecteurs.
    Et bien l'auteur de la même façon tente de nous expliquer pourquoi les européens ont dominé le monde et non les Africains, les Australiens ou les indigènes d'Amérique … cela d'une manière détaillée en passant par un nombre de facteurs différents mais absolument passionnants.
    Quelle belle surprise d'aimer ce style de lecture très loin de mes habitudes littéraires, j'ai toujours aimé me poser des questions et je prends visiblement mon pied à trouver les réponses.
    A lire sans modération

    A plus les copains
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    • Livres 5.00/5
    Par Belem, le 17 mars 2013

    Belem
    A partir de la « question de Yali » (dont le fond est : pourquoi est-ce que ce sont les européens qui ont colonisé les autres peuples et non l'inverse ?), l'auteur retrace l'histoire des sociétés humaines depuis -13 000 ans, c'est-à-dire le néolithique en Eurasie. Les sociétés occidentales qui ont leurs racines dans le Croissant fertile (région couvrant les actuels Irak, Syrie, Palestine, Liban) doivent leur richesse à plusieurs heureux hasards de circonstance (ce qu'il appelle des facteurs ultimes), et qui sont exclusivement liés à l'environnement. A cette époque :
    - En Eurasie se trouvent des plantes herbacées à grosses graines (blé, orge) et des plantes à gousses (pois, lentilles, fèves) facilement cultivables et qui se conservent bien. La présence de telles plantes serait due à un climat tempéré de type méditerranéen, aux saisons bien marquées,
    - L'Eurasie abrite aussi de gros mammifères qui y trouvent une nourriture variée, et qui sont faciles à apprivoiser (comme le loup1 apprivoisé en Chine), puis à domestiquer : ancêtres des cochon, vache, mouton, chèvre, cheval. Sur les autres continents les mammifères équivalents ont été rapidement exterminés par les sociétés de chasseurs car, quand ces derniers y sont arrivés, leurs techniques de chasse étaient devenues extrêmement efficaces. Pour d'autres, ce sont des animaux impossible à domestiquer : phacochère et tapir, buffle et gnou, élan et orignal, gazelles et antilopes, zèbre, hippopotame, etc.. (l'éléphant est seulement domptable, et sa longue croissance coûte cher en nourriture et en soins),
    - l'Eurasie est un vaste continent avec un long axe est-ouest, présentant peu de barrières écologiques (chaînes de montagne, désert). Cela a permis la diffusion des productions alimentaires et des élevages (mêmes climats, mêmes maladies et parasites, etc...), puis des cultures et des techniques (comme la greffe sur pommier, la roue, l'écriture...).
    - de ces trois faits découle un quatrième : la production alimentaire (l'agriculture) permet de mieux nourrir (et plus régulièrement) la communauté : celle-ci s'accroît donc plus vite qu'une communauté de chasseurs-cueilleurs. La proximité des animaux voit apparaître des maladies nouvelles (des virus passent des animaux à l'homme, provoquant variole, peste, tuberculose). La densité des populations provoque alors des épidémies car certains microbes pathogènes ne peuvent survivre dans des population trop réduites à cause de l'immunité persistant longtemps (rougeole, rubéole, grippe, …). Les survivants à ces maladies et épidémies transmettent leur immunité à leurs descendants, donnant ainsi une considérable "avance" aux paysans dans la résistance à ces maladies. Cela ne sera pas le cas des communautés de chasseurs-cueilleurs (qui eux connaissent plus la lèpre, la fièvre jaune ou les infections à parasite)
    - du coup, les peuples isolés seront autant victimes des germes apportés par les colonisateurs que de leurs armes. Lors de la découverte des Amériques notamment, des taux de mortalité de 95 % seront observés, rayant de la carte les villes de la vallée du Mississippi, minant les structures administratives et le moral des empires aztèques et incas juste avant les expéditions militaires espagnoles. (En sens inverse, les maladies endémiques causent des pertes importantes chez les conquistadors, mais sans que cela touche leur métropole qui peut continuer à envoyer des renforts).
    Ces communautés d'agriculteurs eurent dès lors plus de temps à consacrer à l'artisanat (potiers, vanniers, car il fallait dès lors stocker, conserver les récoltes ; tisserands, menuisiers), à l'industrie (tailleurs de pierre, puis forgerons car les outils en métal sont plus efficaces pour cultiver la terre), l'innovation (la roue), la politique (chefs, soldats, puis lettrés qui développent une organisation administrative), la culture (chefs religieux, scribes, artistes, musiciens). Ils se sont donc organisés en sociétés hiérarchisées, avec une division du travail croissante rendue encore plus poussée par l'émergence de l'écriture {dont l'origine est la comptabilité, c'est-à-dire : retracer la production et les échanges}. Ce n'est donc pas un hasard si tout cela est apparu précisément dans le Croissant fertile, là où les facteurs ultimes de cette évolution étaient tous présents.
    Ces modes d'organisation de la société n'étaient pas (encore) développés plus à l'ouest, faute des conditions requises, mais ils s'y sont facilement propagés, car il n'y a pas de barrières environnementales majeures. Ces innovations ont même survécu à l'effondrement des sociétés sumériennes, phéniciennes, égyptiennes (dues à des révolutions politiques, à la salinisation ou à l'épuisement des sols... )
    Ce livre est le fruit d'un travail remarquable, et qui, pour ce que j'en sais, n'a pas d'équivalent par son ampleur. Jared Diamond propose de montrer que ce sont des facteurs environnementaux (dont : la disponibilité de plantes cultivables et d'animaux domesticables) qui ont permis aux civilisations eurasiennes, en général, de développer des sociétés technologiques et politiques complexes. Il réfute ainsi l'idée raciste – beaucoup plus communément admise qu'on ne le croit – selon laquelle l'hégémonie eurasienne, et particulièrement d'Europe occidentale, serait due à une quelconque supériorité intellectuelle et morale, religieuse ou pseudo-biologique.
    Ce qui me plaît dans les « facteurs ultimes » de Diamond, c'est qu'ils sont éminemment matériels, à l'exclusion de toute autre considération d'ordre idéologique, morale, idolâtre. Ces arguments sont objectifs, scientifiques, historiques, et j'ajouterais donc : matérialistes et laïques. On peut même y déceler des éléments de la théorie du chaos ! (cf. dernières citations)
    Je pense ensuite qu'il ne faut pas lui faire de mauvais procès. Expliquer n'est pas justifier. Il ne justifie pas cette inégalité, il ne fait que l'expliquer par un ensemble d'arguments précis.
    Alors, on peut le déplorer ou au contraire l'apprécier, Diamond ne rentre pas trop dans des considérations économiques et politiques (au sens de : l'organisation de la société – même si un chapitre est consacré à la structuration en villages, chefferies, et cités-État). Son propos est la détermination des « facteurs ultimes », qui sont donc environnementaux. Malgré tout, je trouve qu'il y a un gros manque dans cet essai (mais il s'agit peut-être de la frontière qu'il ne voulait pas dépasser) : il parle de « production alimentaire », mais il n'entre pas dans le détail des moyens de production, et surtout de la propriété de ces moyens de production : de collectifs, comment sont-ils devenus privés ?
    Cet axe de lecture historique est celui choisit par Friedrich Engels dans L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État. Mais cet essai a été rédigé... en 1884, d'après les notes de Karl Marx (1818-1883) sur les études anthropologiques des sociétés archaïques de Lewis Henry Morgan (1818-1881 !)
    Mais ce dernier est complètement dépassé sur le plan factuel, car les études anthropologiques ont, depuis, bouleversé presque en totalité ce qu'on croyait à cette époque. Je pense que Diamond a trouvé les facteurs matériels ultimes qui déterminent l'émergence de la propriété privée des moyens de production, que cherchaient Marx et Engels. Mais là où Diamond s'arrête, l'essai marxiste, lui, qui a pourtant échoué à expliquer les « origines » sur des bases matérielles et objectives, poursuit paradoxalement avec justesse l'analyse que ne fait pas Diamond de la division du travail, de la division de la société en classes sociales, de la nature de l'État (qui sont les prémisses à la conception – déterministe, mais c'est une autre histoire – selon laquelle une société communiste doit se substituer au capitalisme).
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Citations et extraits

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  • Par Luniver, le 17 décembre 2012

    Naguère, les spécialistes citaient volontiers ces mots de Thomas Hobbes pour caractériser la vie des chasseurs-cueilleurs : « sale, grossière et brève. » Ils semblaient devoir travailler dur, être mus par la quête quotidienne de nourriture, souvent au bord de la disette, manquer des conforts quotidiens élémentaires tels que lits moelleux et vêtements adaptés, et mourir jeunes.

    En réalité, c'est uniquement pour les citoyens prospères du premier monde, qui n'ont pas à produire eux-mêmes leurs vivres, que la production alimentaire réalisée dans des régions lointaines est synonyme de moindre travail physique, de plus de confort, de libération de la disette et d'une plus longue espérance de vie. La plupart des paysans, agriculteurs et éleveurs, qui constituent la grande majorité des producteurs alimentaires du monde, ne sont pas nécessairement mieux pourvus que les chasseurs-cueilleurs. Les études de leur « budget temps » indiquent que leurs journées de travail sont plus lourdes, non pas moins, que celles des chasseurs-cueilleurs. Les archéologues ont établi que les premiers agriculteurs étaient plus petits et moins bien nourris, souffraient de maladies plus graves et mourraient en moyenne plus jeunes que les chasseurs-cueilleurs qu'ils remplaçaient. Si ces premiers agriculteurs avaient pu prévoir les conséquences de l'adoption de la production alimentaire, sans doute se seraient-ils abstenus.
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  • Par Luniver, le 13 décembre 2012

    Il semble logique de supposer que la configuration de l'histoire réfléchit des différences innées parmi les populations. Certes, on nous fait observer que ce ne sont pas des choses qui se disent en public. Nous lisons des études techniques qui prétendent mettre en évidence des différences innées, mais aussi des réfutations qui les prétendent entachées de lacunes techniques. Dans notre vie quotidienne, nous voyons bien que, des siècles après la conquête et la traite des esclaves, certaines populations conquises continuent à former une sous-classe. Et l'on nous dit qu'il ne faut pas attribuer cette situation à des insuffisances biologiques mais à des handicaps sociaux et à une gamme d'occasions plus limitées.

    Force nous est néanmoins de nous interroger. Ces différences flagrantes et persistantes dans le statut des différentes populations continuent à nous sauter aux yeux. On nous assure que l'explication biologique apparemment transparente des inégalités mondiales en l'an 1500 de notre ère est fausse, mais on se garde bien de nous indiquer quelle est la bonne explication. Tant que nous ne disposerons pas d'une explication convaincante, détaillée et acceptée de la configuration de l'histoire, la plupart des gens continueront à se dire que l'explication biologique et raciste est, somme toute, la bonne.
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  • Par enkidu_, le 27 mai 2015

    Pourquoi la propagation des cultures depuis le Croissant fertile a-t-elle été si rapide ? La réponse tient en partie à l’axe est-ouest de l’Eurasie évoqué au début de ce chapitre. Les localités situées le long de cet axe, à la même latitude, ont des journées d’une longueur égale et partagent les mêmes variations saisonnières. À un moindre degré, elles ont aussi tendance à partager des maladies semblables, des régimes de températures et de précipitations analogues, et des habitants et des biomes (types de végétation) identiques. Par exemple, par leur climat, l’Italie du Sud, le nord de l’Iran et le Japon, tous situés à la même latitude mais distants de 6400 kilomètres, sont plus proches l’un de l’autre qu’ils ne le sont de localités situées à 1 600 kilomètres plus au sud. Sur tous les continents, le type d’habitat connu sous le nom de forêt pluviale tropicale est limité dans un champ d’environ 10°de latitude, tandis que les habitats méditerranéens de broussailles (le chaparral en Californie et le maquis en Europe) se situent entre 30 et 40°de latitude.

    Or la germination, la croissance et la résistance des plantes à la maladie sont précisément adaptées à ces caractéristiques climatiques. Les changements saisonniers de la longueur du jour, des températures et des pluies sont autant de signaux qui incitent les graines à germer, les pousses à croître, les plantes à fleurir, produire des graines et fructifier. Via la sélection naturelle, chaque population végétale finit par être génétiquement programmée pour réagir de manière appropriée aux signaux du régime saisonnier sous lequel elle a évolué. Ces régimes varient considérablement avec la latitude. Par exemple, la longueur du jour est constante tout au long de l’année à l’équateur ; dans les latitudes tempérées, en revanche, elle augmente de mois en mois à mesure qu’on s’éloigne du solstice d’hiver pour approcher du solstice d’été, puis diminue à nouveau au cours du semestre suivant. La saison de pousse – c’est-à-dire les mois où les températures et la longueur du jour conviennent à la croissance des plantes – est plus brève dans les hautes latitudes et plus longue vers l’équateur. Les plantes sont également adaptées aux maladies qui prévalent à leur latitude.
    (...)
    Cela explique en partie pourquoi les espèces domestiquées du Croissant fertile se sont propagées si rapidement à l’est et à l’ouest : elles étaient déjà bien adaptées aux climats des régions d’accueil. Par exemple, dès que l’agriculture s’est répandue des plaines de Hongrie vers l’Europe centrale autour de 5400 av. J.-C., elle a progressé si vite que les sites des premiers cultivateurs de l’immense région comprise entre la Pologne et la Hollande (marquée par une poterie caractéristique à décorations linéaires) sont quasi contemporains. À l’époque du Christ, les céréales originaires du Croissant fertile poussaient sur une étendue de 16 000 kilomètres, de la côte Atlantique de l’Irlande à la côte Pacifique du Japon. Cette étendue est-ouest de l’Eurasie est la plus grande de la planète.

    L’axe est-ouest de l’Eurasie a donc permis aux cultures du Croissant fertile de lancer rapidement l’agriculture sur la bande de latitudes tempérées allant de l’Irlande à la vallée de l’Indus et d’enrichir l’agriculture née indépendamment en Asie de l’Est. Inversement, les cultures eurasiennes qui ont été d’abord domestiquées loin du Croissant fertile mais aux mêmes latitudes ont pu se propager à leur tour dans cette région. (pp. 273-274 & 276)
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  • Par Luniver, le 21 décembre 2012

    Pour ce qui est de la taille de la population, les chefferies étaient nettement plus importantes que les tribus : de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d'habitants. Ce fait créait de sérieux risques de conflits internes parce que, pour tout habitant de la chefferie, l'immense majorité des autres ne lui étaient ni apparentés par le sang ou par alliance ni connus de nom. Avec l'essor des chefferies, les gens durent apprendre, pour la première fois de l'histoire, à rencontrer régulièrement des inconnus sans chercher à les tuer.
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  • Par Belem, le 17 mars 2013

    « Mais une simple énumération de toutes les différences possibles n'apporte pas de réponse à la question de Yali. Quatre ensembles de différences me paraissent essentiels. Le premier est celui des différences continentales concernant les espèces végétales et animales sauvages susceptibles de constituer le point de départ de la domestication. (…) le développement de sociétés économiquement complexes, socialement stratifiées et politiquement centralisées au-delà du niveau des petites chefferies naissantes, a toujours reposé sur la production alimentaire. (…) La production alimentaire s'est fondée sur un nombre relativement réduit d'espèces de bétail et de cultures. Il se trouve que le nombre d'espèces sauvages candidates à la domestication était très variable d'un continent à l'autre... (…) Dans le cas des innovations techniques et des institutions politiques également, la plupart des sociétés acquièrent bien davantage auprès des autres sociétés qu'elles n'inventent elles-mêmes. La diffusion et le migration au sein d'un continent apportent donc une contribution importante au développement de ces sociétés, qui finissent par partager leurs acquis respectifs (pour autant que l'environnement le permette). »
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