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Agnès Botz (Traducteur)Jean-Luc Fidel (Traducteur)
ISBN : 2070776727
Éditeur : Gallimard (2006)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 127 notes)
Résumé :
C'est un signe des temps. Il n'y a guère, dans l'euphorie du développement, Fernand Braudel proposait une Grammaire des civilisations, étude des évolutions lentes mais imperceptibles exercées sans fin "par les contraintes des espaces, des hiérarchies sociales, des psychés collectives, des nécessités économiques". Aujourd'hui, devant l'urgence des problèmes climatiques, écologiques et de renouvellement des ressources, Jared Diamond définit une syntaxe, nerveuse, perc... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B27 novembre 2014
  • Livres 4.00/5
Effondrement est l'autre versant du livre précédent de Jared Diamond intitulé (en français) De L'Inégalité Parmi Les Sociétés. Le premier offrait un très instructif panorama des hasards et des nécessités qui ont conduit à creuser les différences entre les diverses sociétés humaines, mettant l'accent sur le " pourquoi ? " certaines d'entre elles ont " réussi " mieux que d'autres.
Ici, avec Effondrement, c'est résolument l'inverse, à savoir que l'auteur dresse un bilan des causes et des effets qui font que dans l'histoire, certaines sociétés vouées, a priori, au succès, se sont effondrées.
Le constat de l'auteur est assez univoque et tend à démontrer que les sociétés qui ont négligé l'exploitation durable de leur environnement ont périclité. À mon avis, ce livre est un ton en-dessous du précédent et se veut plus engagé, — ce qui est louable de la part de l'auteur qui, au lieu de rester les deux pieds dans le même sabot, essaie de remuer, à son échelle, les consciences.
Je partage entièrement les convictions écologiques de l'auteur. Ceci étant, lorsque je lis un essai, j'aime beaucoup avoir l'illusion de l'objectivité, j'aime autant les bilans plus contrastés et moins unilatéraux, j'aime mieux les livres moins ouvertement militants. Ça me donne l'illusion d'être moins manipulée par les exposés des différents auteurs, ce qui, dans l'absolu est probablement faux, c'est juste que la manipulation est plus ou moins visible, et non plus ou moins présente. Pour emporter la conviction de quelqu'un, il faut sans doute toujours un peu le manipuler, c'est humain...
Bref, peu importe mes convictions, selon moi, le grand point d'orgue de l'ouvrage est l'extraordinaire partie concernant les Vikings du Groenland. Le cas des habitants de l'île de Pâques est également bien détaillé, d'autres sociétés comme les Mayas, Japonais, Rwandais, Australiens, Chinois sont également abordées mais moins dans le détail et plus pour étayer le propos général de l'auteur.
Diamond, notamment au début et à la fin de l'ouvrage, s'intéresse plus particulièrement aux États-Unis d'aujourd'hui et en profite pour donner des coups de coude à l'administration américaine qui ne fait pas tout ce qu'elle devrait. C'est la partie la plus militante et, vous l'avez deviné, qui m'a le moins plu. Il essaie aussi, comme par acquis de conscience, de présenter des évolutions positives récentes.
En conclusion, encore un très bon ouvrage, qui cherche à alerter l'opinion sur les risques encourus par une société qui négligerait trop son environnement, mais que je trouve un peu moins " al dente " que De L'Inégalité Parmi Les Sociétés qui, lui, et selon mes critères, est exceptionnel.
Vous remarquerez que les termes que j'emploie sont extraordinairement subjectifs, et n'expriment que mon misérable avis, susceptible de s'effondrer, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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finitysend
finitysend24 août 2012
  • Livres 5.00/5
Effondrement , est une monographie passionnante , variée et assez exhaustive dans ses développements thématiques ...
Cet ouvrage présente cependant quelques-uns des défauts caractéristiques de ces oeuvres que signe un seul auteur , alors qu'elles sont le résultat d'une entreprise collective ..
Trouver un angle d'approche qui justifie un commentaire de plus , alors que bien d'autres et d' excellents , existent déjà est difficile ..
Je souhaite donc SIMPLEMENT attirer l'attention sur deux chapitres de ce livre , qui sont très soignés et passionnants , alors que les références bibliographiques en français sur les deux aires culturelles concernées , frise l'indigence ..
Les développements consacrés à l'ile de Pâques d'une part , et un autre chapitre, qui est lui , consacré à l'entreprise de colonisation nordique du Groenland par les scandinaves au moyen-âge , sont de véritables bijoux indispensables aux francophones amateurs d'histoire . Ces deux chapitres sont en effet , aussi solides et méticuleux , et d'un nombre de caractères assez important , d'autant plus précieux que la bibliographie est pauvre en français et que les ouvrages sont désespérément rares ...
La problématique de l'écosystème de ces deux territoires en rapport avec les schémas d'occupation des sols , leurs impacts culturels et politiques sur des durées historiques significatives sont magistralement mis en lumière . C'est fait en mobilisant des sources multiples , et cela constitue une lecture plaisante et passionnante , qui est marquée par la précision et le sérieux des arguments comme des références bibliographiques et documentaires .
Sur l'implantation viking au Groenland , vous ne trouverez RIEN d'aussi solide , d'aussi bien documenté et d'aussi pointu , avec autant de dimension et d'envergure en langue française ( totalement impossible , encore que : il y aurait , un Boyer sortit très récemment sur le sujet , parait-il !? ) , à part les trois sagas ( Vinland .... ) qui sont en elles-mêmes la presque ( mais pas tout à fait les seules ) totalité des sources historiques sur ce précoce épisode colonial de peuplement européen .
Pour l'ile de Pâques , il y a le Alfred Metraux et bien évidement les relations de voyages de Cook ...
Si ces deux sujets historiques vous interpellent , c'est ici que cela se passe ...
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Hugo
Hugo14 juin 2013
  • Livres 5.00/5
L'auteur parle des sociétés passé qui se sont effondrées, pourquoi et comment. Il parle aussi des sociétés qui ont su anticiper, changer et continuer.
Alors notre société est-elle condamnée à s'effondrer ?
Ce bouquin te résume en 800 pages comment c'est sacrément la merde sur terre. Que finalement ça l'a toujours été, les humains sont complexes, les sociétés sont complexes, mais pas que.
Alors des fois on fait des trucs bien pour nettoyer, préserver, mais le plus souvent on oublie, on profite à court terme et on condamne à long terme.
Des sociétés s'effondrent depuis toujours : 12 facteurs expliquent ces effondrements, tous différents, vous pouvez toujours en éliminer 11, un seul suffit.
Moi quand j'étais petit, je voulais des « Nikes air PUMP », je voulais être un Ninja, me battre comme « Bruce Lee », danser comme « Michael », chanter comme « Mariah », je voulais une télé, une console, un scoot, une meuf, une meuf nue, finalement je voulais un tas de trucs comme les copains…
Personne ne m'avait expliqué à quel point j'étais un privilégié, à part le soir petit quand ta mère t'invite gentiment en hurlant de finir ta putain d'assiette d'endives dégueulasses parce que les petits Somaliens n'ont pas cette chance. Ouais bah si les Somaliens savaient comment c'est dégueulasse les endives, bah ils préféreraient certainement crever de faim, enfin c'était ce que j'imaginais à huit ans.
Ma mère était championne de la culpabilisation catholique, et j'étais très réceptif, n'empêche que je les bouffais pas ses endives quitte bien sur à finir en enfer.
Quand tu deviens adulte, il est déjà trop tard, tu as été formaté à vivre comme un homme du nouveau monde, un consommateur de viande avide de fric, tu veux te pavaner dans ta belle voiture, bosser 35 heures pendant 42 ans en suçant le système jusqu'à la moelle pour profiter de ton confort sereinement sur la bases de tes acquis du passé dépassés par l'avidité des anciens.
Les pauvres tu les connais pas pourtant sans eux : pas de voiture, pas de téléphone, pas de télé, pas grand-chose finalement, le déni est universelle et le système corrompue par toutes ces inégalités.
Aujourd'hui l'ancien c'est toi, c'est nous, finalement on recommence, certain tire la sonnette d'alarme : attention danger si vous continuez à tout détruire, à tout modifier, à nier l'inévitable, les futurs anciens vont morfler encore plus, ça va pas être beau mais finalement :
Moi je m'en « branle » je serais plus là pour voir ça… Mais qu'est ce que j'en ai bien profité au final.
Il faut lire ce bouquin dès l'adolescence, il faut éduquer nos gosses, leur expliquer pourquoi et comment nous préserver.
Oui cette lecture m'a bouleversé : regarder « Nicolas Hulot » vous expliquer du haut de son ULM écolo que c'est beau la terre et qu'il faut changer, est une chose.
Lire un bouquin qui vous explique en détails pourquoi on en est là aujourd'hui et comment faire pour remédier aux problèmes en est une autre.
Franchement c'est assez flippant de penser que pour des hommes intelligents : on est quand même des sacrés cons.
A plus les copains
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ibon
ibon17 août 2015
  • Livres 5.00/5
Jared Diamond a signé en 2006 cet essai remarquable. Comment une société peut-elle s'effondrer? Comment les sociétés DÉCIDENT de leur disparition ou de leur survie? 15 chapitres et 12 éléments de réponses formulés à partir d'un tour du monde dans le temps et dans l'espace.
Les géants de l'île de Pâques qui gisent, brisés sur le sol pour certains, servent d'illustration à cet essai. le Rwanda sombrant dans le génocide de sa propre population. L'état du Montana ou l'Australie englués dans des problèmes de pollution ou de désertification à cause de l'activité minière intensive ou des lapins. le peuplement viking du Groenland qui ne donne plus signe de vie dès 1450. Haïti. La Chine.
Voilà les chapitres passionnants, certains sont terrifiants. Quand on sait par exemple que le Rwanda souffrait avant tout de surpopulation et d'un manque de terrain pour nourrir tous ces gens, on comprend mieux le massacre. Cela est raconté comme une histoire souvent tragique comme ici.
L'auteur explique aussi, qu'avec la mondialisation ce n'est plus une société perdue au milieu de l'océan Pacifique qui risque de souffrir mais le monde entier, passé sous les fourches caudines de la surpopulation, de la pollution et de la déforestation.
En lisant cet ouvrage, le rôle des arbres, qui maintiennent les sols et régénèrent l'air que nous respirons, s'avère essentiel. le Japon, très peuplé, l'a bien compris en préservant d'immenses espaces forestiers et en se servant ,en pillant, aussi ailleurs: en Australie. Et combien d'autres exemples trouve-t-on encore de par le monde.
Cet essai fait écho à une actualité bientôt brûlante: la conférence sur le climat à Paris. A voir si les grands pollueurs vont faire quelque chose pour éviter l'effondrement.


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Luniver
Luniver26 mars 2013
  • Livres 4.00/5
Après avoir développé dans son livre « De l'inégalité des sociétés » les causes géographiques et environnementales qui ont permis à certains groupes de se développer plus rapidement que d'autres, Jared Diamond aborde dans « Effondrement » l'envers du décors : les sociétés humaines qui ont disparu à cause de leur incapacité à gérer leur environnement et à s'adapter aux changements.
Les habitants de l'île de Pâques, les Vikings au Groenland, les Mayas, … tous ces peuples ont réussi à bâtir des civilisations solides avant de s'effondrer brusquement. La situation a de quoi surprendre : on peut penser à première vue à un « suicide collectif » incompréhensible. Les causes sont toutefois plus subtiles : les colons peuvent appliquer les méthodes de leur pays d'origine, sans se rendre compte (ou trop tard) qu'elles sont destructrices pour leur terre d'accueil ; la surexploitation des ressources ; les habitants peuvent s'habituer à un certain climat, et se retrouver pris de court s'il se refroidit ; voire même la disparition d'un partenaire commercial qui apportait une ressource indispensable à la vie quotidienne.
À la fin de ce livre, on est tiraillé par deux sentiments contradictoires : un peu de crainte tout d'abord : il est possible que, mises au pied du mur, les sociétés se révèlent incapables de corriger le tir, par manque de solutions, ou en se rendant compte du problème trop tard.
Le point positif, c'est que d'autres sociétés ont réussi à inverser la vapeur, et à gérer leurs ressources de manière durable. Que ce soit par le haut, avec des interventions vigoureuses (et pas toujours en accord avec un idéal démocratique) du gouvernement, ou par le bas, avec la mise en place de solutions par les habitants directement concernés par le problème.
Diamond aborde aussi la place des grandes entreprises dans ces changements environnementaux. Là aussi, il y a du bon et du mauvais : accorder aux entreprises des permis d'exploiter de quelques mois en leur demandant de gérer les ressources de manière durable est illusoire. Par contre, quand elles leur sont attribuées sur une plus longue période, il est de leur intérêt de les faire durer.
L'ouvrage est une réussite à tous les niveaux : explications en détails de situations passées, parallèles avec les situations d'aujourd'hui, et des pistes de solutions, que ce soit pour les gouvernements ou pour chaque consommateur, qui doit prendre conscience des enjeux et regarder d'un peu plus près ce qu'il achète.
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
HugoHugo13 juin 2013
Des économistes justifient rationnellement ce souci exclusif des profits à court terme en arguant qu’il peut-être de meilleur aloi de récolter une ressource aujourd’hui que demain, dès lors que les profits d’aujourd’hui peuvent être investis et que les intérêts de cet investissement entre aujourd’hui et demain tendent à rendre la récolte d’aujourd’hui plus valable que celle de demain. Quitte à ce que les conséquences néfastes soient supportées par la génération à venir, qui, par définition, n’est pas encore ici pour faire droit à une prospective à long terme. (page 672)
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LuniverLuniver06 mars 2013
On se prend à imaginer ce que put être l'état d'esprit du Pascuan qui abattit le dernier palmier au moment précis où il l'abattait. Comme les forestiers modernes, s'est-il écrié : « Du travail, pas des arbres ! » ? Ou : « La technologie va résoudre nos problèmes, il n'y a rien à craindre, nous trouverons des substituts au bois » ? Voire : « Nous n'avons aucune preuve qu'il n'existe pas de palmier ailleurs sur l'île de Pâques, il faut chercher encore, votre proposition d'interdire la coupe des arbres est prématurée et n'est motivée que par la peur » ?
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urbanbikeurbanbike19 février 2008
Par ailleurs, je ne connais aucun cas dans lequel l’effondrement d’une société ne serait attribuable qu’aux seuls dommages écologiques d’autres facteurs entrent toujours en jeu.Lorsque j’ai formé le projet de cette enquête, je n’avais pas mesuré l’ampleur de sa complexité, naïvement convaincu que je n’aurais à traiter que de dommages environnementaux. Je suis finalement parvenu à définir une grille d’analyse constituée de cinq facteurs potentiellement à l’œuvre que je prends désormais en compte quand j’entends comprendre tout effondrement environnemental éventuel.
Quatre facteurs — dommages environnementaux, changement climatique, voisins hostiles et partenaires commerciaux — peuvent se révéler significatifs ou pas pour une société donnée. Le cinquième facteur — les réponses apportées par une société à ses problèmes environnementaux — est toujours significatif.
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LuniverLuniver09 mars 2013
Tous autant que nous sommes – propriétaires, investisseurs, politiques, administrateurs d'universités, etc. –, nous pouvons nous permettre de négliger un certain nombre de gaspillages lorsque la conjoncture économique est bonne. Nous oublions toutefois que les conditions fluctuent et qu'il est possible que nous ne soyons pas capables d'anticiper le moment où la conjoncture se retournera. À ce moment-là, nous nous serons peut-être déjà habitués à un mode de vie dispendieux, ce qui ne nous laisserait comme issue qu'une alternative : la réduction drastique de notre mode de vie ou l'effondrement.
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PerleDulacPerleDulac27 septembre 2015
[Chapitre Crépuscule sur l'île de Pâques]
Telles furent les conséquences immédiates de la déforestation et d'autres actions de l'homme sur l'environnement. Les conséquences ultérieures prirent la forme d'une famine et d'une chute dramatique qui firent sombrer la population dans le cannibalisme. Les récits faits par les insulaires survivants de cette famine sont graphiquement confirmés par la prolifération de petites statues appelées moaï kavakana, qui montrent des individus affamés aux joues creuses et aux côtes saillantes. Le capitaine Cook, en 1774, décrivit les Pascuans comme des êtres "petits, maigres, effarouchés et misérables". Le nombre de sites d'habitation sur les basses terres côtières, où se concentrait la majorité de la population, diminua de 70% par rapport à son chiffre maximal atteint en 1400-1600 et les années 1700, suggérant une diminution identique du nombre d'habitants. Pour remplacer leurs anciennes sources de viande sauvage, les Pascuans se tournèrent vers la source la plus abondante et qui jusqu'alors n'avait pas été exploitée : les humains, dont on vit apparaître fréquemment les os non seulement dans les cimetières mais aussi (brisés pour en extraire la moelle) sur les tas de détritus des Pascuans de la fin de la période. La tradition orale des insulaires est riche de récits hantés par le cannibalisme; la pire injure que l'on pouvait lancer à un ennemi était : "la chair de ta mère est coincée entre mes dents".
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