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ISBN : 2290094498
Éditeur : J'ai Lu (2014)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 496 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un blade runner, c'est un tueur chargé d'exterminer les androïdes qui s'infiltrent sur Terre. Et Rick est le meilleur blade runner de la Côte Ouest. Ce qui ne l'empêche pas d'être un tendre: il rêve de remplacer un jour son simulacre (électrique) de mouton par un vrai !... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 22 mars 2012

    Missbouquin
    Peu après avoir vu le film Blade Runner, j'ai eu la curiosité de chercher la nouvelle originelle de P. K. Dick. J'avais d'abord commencé à la lire en anglais, mais la science-fiction est toujours un genre délicat dans une langue étrangère … (en bref je ne comprenais rien à ce monde bizarre ..) Par exemple, impossible de comprendre ce qu'était un orgue à empathie : “Devant sa console à elle, il composa un 594 : soumission reconnaissante à la sagesse supérieure de l'époux dans tous les domaines.” ..
    J'ai donc dû renoncer et me le suis procuré en français (et j'ai bien ri quand j'ai enfin compris les implications de l'orgue à empathie, et les exemples qu'il donne !) Et je me suis rapidement rendue compte qu'encore une fois, le film était très éloigné de l'œuvre originale.
    Certes le personnage est le même et il chasse des robots. Mais le réalisateur a élagué toute la partie réflexive sur l'empathie et sur le rapport aux animaux des derniers humains sur Terre : se procurer un animal vivant coûte une fortune (et c'est une preuve de réussite sociale), la plupart du temps, ils ne peuvent donc se payer que des imitations électriques, ce qu'il s'agit de cacher à son voisin. C'est la raison d'être du titre de la nouvelle, qui a été totalement modifiée pour le film, et raccourcie en “Blade Runner“.
    C'est un roman assez complexe, comme tous ceux de P. K. Dick, et qui aborde des thèmes variés mais qui interrogent tous la notion de nature humaine, et de ce qui nous différencie d'un robot ou d'un animal. A mon avis, il appelle à une deuxième lecture pour appréhender les différentes subtilités qui le traversent.
    Ce qui m'a frappé, c'est que c'est un monde extrêmement différent de celui qu'on connaît, doté de mécanismes radicalement modifiés. Et pourtant j'ai réussi à m'identifier au personnage, par ma capacité à comprendre cette question d'empathie et de relation aux animaux (qui symbolisent une quête de la vie, alors que tout le reste est mort sur Terre). Dans cette humanité égarée qui cherche un sens, dans la télévision, la boîte à empathie ou le mercerisme (une expérience collective où tous ceux qui sont accrochés à leur boîte à empathie vont vivre avec un personnage, Mercer, qui fait une sorte de chemin de croix.) A côté de ces humains, les androïdes, qui n'ont pas cette capacité ni ce besoin empathique, et son corollaire : la volonté de survivre. En effet, quand un robot est pris, il cesse de lutter. Alors que l'homme est incapable d'accepter son destin, refuse la mort, a peur. Ce dont un androïde n'est pas capable, par un pragmatisme à l'épreuve de toute faiblesse.
    “Pour Rick Deckard, un robot humanoïde en fuite, un robot qui avait tué son maître, qui possédait une intelligence plus vaste que celle de bien des êtres humains, mais qui ne respectait pas les animaux et se trouvait dénué de la faculté empathique qui lui eût permis de se réjouir des succès et de pleurer les défaites d'une autre forme de vie que la sienne, pour Rick Deckard, un tel être était le parangon du tueur.”
    Car “La faculté empathique ne pouvait appartenir qu'à un animal social. [..] de toute évidence, le robot humanoïde était un prédateur solitaire.”
    Cependant, P.K. Dick refuse la facilité de laisser croire que les androïdes et les hommes sont si radicalement opposés, et il laisse planer le doute : à certains moments, les androïdes Nexus 6, les plus développés, montrent qu'ils ont peur de se faire capturer et mis hors service. La perfection de la création technologique tendrait-elle finalement vers de “l'imperfection” ?
    Comme vous le voyez, il est difficile de rendre compte d'un tel roman. Mais contrairement à d'autres œuvres, j'ai réussi à réfléchir sur ses thèmes sans dévoiler l'histoire … Vous pouvez donc réfléchir aussi sur tout ça, et vous précipiter sur le livre ! (évitez de voir le film avant, ça ne vous donnera pas envie …)

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/02/25/les-androides-revent-..
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    • Livres 4.00/5
    Par MissG, le 07 juin 2012

    MissG
    Originellement appelé "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" le livre a été rebaptisé "Blade Runner suite à la sortie du film de Ridley Scott.
    Certes, ce titre était certainement moins accrocheur, mais il avait le mérite de refléter le contenu du livre et surtout les questions philosophiques sous-jacentes tout au long du récit.
    Avec ce livre, Philip K. Dick offre un formidable roman de science-fiction qui pourrait apparaître comme démodé mais qui finalement ne l'est pas et recèle au contraire des richesses, avec une philosophie et de vrais questionnements derrière l'histoire, notamment à travers les personnages des androïdes.
    Dès le début se met en place une ambiance oppressante, avec la quête perpétuelle de posséder un véritable animal domestique et non un robot, puisque cela est symbole de richesse et d'ascension sociale.
    Rick Deckard n'y échappe pas, il cache que son mouton est un robot et veut à tout prix posséder un animal, c'est même l'une de ses motivations pour rechercher et éliminer les androïdes venus sur Terre.
    Finalement, le lecteur sait peu de choses sur les humains partis dans les colonies de l'espace, il n'y a que trois catégories de personnages : ceux dits sains car non contaminés, les spéciaux et les androïdes, et l'un des aspects dominants est la distinction qui est faite entre ces trois catégories.
    Cela n'est pas sans rappeler la quête de l'Homme parfait, du monde idéal, où ceux sortant du rang doivent être éliminés.
    D'ailleurs, peut-être que les colonies représentent le monde idéal.
    Comme dans d'autres récits de science-fiction, la religion est également très présente et a une forte influence sur les personnages lorsqu'ils y croient ou alors aucune lorsqu'ils la rejettent. Il n'y a pas de demi mesure, soit on croit soit on ne croit pas.
    La religion est ainsi un point de repère pour certains, tandis que d'autres s'en affranchissent, ce qui est le cas de Rick Deckard avant un retournement en fin d'histoire. Il sait que ce qu'il fait est mal, mais il doit le faire : "Mercer a dit que c'était mal, mais je devais le faire quand même."
    Car la religion développée par Philip K. Dick est le mercerisme qui via des boîtes à empathie permet la fusion de chacun avec Wilbur Mercer, un homme capable d'inverser le temps.
    Que ce soit la quête d'avoir un véritable animal ou celle de la religion, de la recherche de la fusion via la boîte à empathie, ce n'est au fond qu'une quête perpétuelle de la non solitude où chacun essaie de ne pas être seul. Paradoxalement, les humains dits normaux ne se tournent pas vers les androïdes, et cette quête apparaît comme désespérée, et si au fond tout cela n'était que le reflet d'une Humanité qui se meurt ?
    L'histoire est rythmée et ne s'essouffle jamais, d'autant qu'il y a des scènes très fortes et hautement symboliques.
    Deux scènes m'ont particulièrement marquées : lorsque Rick Deckard fait passer le test Voight-Kampff à Rachel, et lorsque Rick Deckard se fait dénoncer par une androïde à la police et que celle-ci lui met alors un doute dans la tête, prétendant n'avoir jamais entendu parler de lui ni de son supérieur, lui affirmant même que le quartier général des Blade Runners n'est pas à l'adresse qu'il indique mais à une autre.
    Pendant toute cette partie, l'auteur a réussi à semer le doute dans ma tête, et je me suis demandée si Rick Deckard n'était pas en fait lui-même un androïde, un de ces Nexus 6 si performants.
    C'est pour moi l'un des moments les plus forts du récit, d'ailleurs cette interrogation est également sous-jacente dans la version cinématographique.
    J'ai également trouvé un côté misogyne à ce récit car les femmes n'ont pas le beau rôle.
    Elles sont présentées comme pénibles (la femme de Rick Deckard), pour les humaines, et manipulatrices (Rachel, Priss Stratton, Irmgard Baty), pour les androïdes.
    Elles ne sont pas franchement dotées de qualité et sont même plutôt dépeintes sous un mauvais jour, d'autant que Rachel est une séductrice, qu'elle le sait, et qu'elle joue de son charme sur les Blade Runners pour les court-circuiter et les rendre inaptes à leur fonction.
    "Blade Runner" est l'un de ces livres incontournables, un des piliers de la science-fiction, et j'ai pris beaucoup de plaisir à le lire.
    Il soulève de vraies questions et propose une dimension philosophique au récit, ce qui le rend riche et extrêmement plaisant à lire.
    Je pense même qu'il faut en faire plusieurs lectures pour saisir toutes les subtilités développées par l'auteur.
    Un très bon moment de lecture et d'évasion dans un monde futuriste quelque peu angoissant, oppressant mais intrigant et attachant.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/06/blade-runner-de-philip-kin..
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 01 mai 2011

    LiliGalipette
    Lecture du mois de mai sur Babelio ! Venez en parlez sur le forum !
    Après la Guerre mondiale Terminus, la Terre est devenue une planète hostile couverte d'une poussière radioactive qui a provoqué la disparition de la végétation et des animaux et qui entraîne la pourriture de toute chose, animé et inanimé. Les humains ont émigré en masse vers les colonies spatiales, attirés par la promesse de recevoir un androïde. "Ainsi s'était effectuée l'émigration, l'androïde servait de carotte, les retombées radioactives de bâton." (p. 21) Mais tous les humains n'ont pas quitté la Terre : les "spéciaux", qu'ils soient débiles ou contaminés par la poussière, n'ont pas le droit au rêve extraterrestre. Restent également les Blade Runners, comme Rick Deckard : il traque les androïdes échappés des colonies et les "réforme". Quand six Nexus-6, des androïdes dernière génération, débarquent illégalement sur Terre et que sa route croise celle de la belle et énigmatique Rachel Rosen, Rick Deckard est confronté à d'étranges problèmes de conscience.
    Sur la planète dévastée par les retombées radioactives, il est impossible ou rarissime de trouver des organismes vivants en liberté. Mais une preuve de moralité et d'humanité est de posséder et de prendre soin d'un animal. Un marché considérable et formidablement organisé s'est développé dans ce sens. L'Argus édicte le prix des animaux. Rick Deckard possède un mouton électrique et ne rêve que d'"acheter un vrai mouton pour remplacer l'imitation électrique." (p. 8) C'est une obsession qui ne le lâche pas. Envieux de la jument de son voisin, il est comme tous les humains restés sur Terre. Il exprime une passion folle pour le vivant, pour l'animé. Les animaux électriques ne sont qu'un pis-aller vaguement honteux, mais que l'on entoure de soins onéreux. L'apparence du vivant finit par ne plus suffire. À mesure qu'il développe de l'aversion pour son métier, il se considère comme "un élément du processus entropique de destruction de la forme" (p. 105), reconnaissant ainsi que les androïdes ne sont pas que des objets animés.
    Une religion nouvelle s'est développée sur Terre. le mercerisme, via les boîtes à empathie, permet la fusion avec Wilbur Mercer, un homme qui était capable d'inverser le sens du temps. En se connectant à l'appareil, les humains entrent en communion avec le vieux père et avec tous les êtres connectés. La boîte à empathie, "c'est comme le prolongement de votre propre corps ! C'est la seule façon d'entrer en contact avec les autres hommes, quoi, de cesser d'être seul !" (p. 74) Mais au plus fort de leur solitude, les êtres humains ne tolèrent pas de côtoyer des androïdes, aussi aboutis soient-ils. L'humanité est devenue un sésame indispensable. le test Voigt-Kampff permet de savoir qui est humain et qui ne l'est pas en déterminant les capacités d'empathie que seules possèdent les hommes. Mais au fil des prouesses technologiques, "les androïdes [forment] désormais une section - inférieure, certes - de l'humanité." (p. 36) Certains androïdes, auxquels ont été implantés de faux Souvenirs, se prennent même pour des humains. Dès lors se pose les questions de l'identité, de l'humanité et du rapport à l'autre. Éprouver de l'empathie pour les androïdes, comme le fait le "spécial" John Isidore ou tardivement Rick Deckard, est-ce anormal ? Est-ce une forme supérieure d'humanité ?
    Les journées sont rythmées par l'usage de l'orgue d'humeur et l'écoute de l'émission de l'Ami Buster. Sans cesse, il s'agit de faire cohésion, de se sentir appartenir à un tout et en éprouver de la satisfaction. Iran, l'épouse de Rick, exprime une vague rébellion à l'égard de cette démarche. Elle nourrit sans honte une dépression et refuse de se satisfaire de l'existence qu'elle mène. Elle est la première à émettre un sentiment de compassion pour les androïdes. Pour les humains, il est évident que "la faculté empathique ne peut appartenir qu'à un animal social. [...] de toute évidence, le robot humain était un prédateur solitaire." (p. 37) Or, les Nexus-6 ne sont pas agressifs. Priss Stratton, Irmgard et Roy Baty veulent surtout échapper au contrôle des hommes et mener une vie humaine normale. Mais dans ce monde en déréliction et en décomposition, il semble ne pas y avoir de place pour des formes de vie trop évoluées.
    Moi qui lis peu de science-fiction, je ne peux pas comparer ce livre au reste du genre. Mais cette lecture m'a emballée et mon coeur a suivi. Il règne une tension constante dans le texte, que ce soit pendant la traque des Nexus-6, pendant les tests du Voigt-Kampff ou quand les personnages prennent conscience de certaines réalités. le décor post-apocalyptique forme un arrière-plan discret, mais pesant. Les descriptions de la ville qui part "en bistouille" ou l'émerveillement devant la découverte d'une araignée contribuent à célébrer la vie et le mouvement. Ce roman, d'un genre réputé parfois obscur, est tout à fait accessible. Il développe avec brio des réflexions sociales et philosophiques.
    Le film de Ridley Scott, qui a donné son titre aux rééditions du roman, s'est largement inspiré du texte original, mais a également fait preuve de beaucoup d'audace. L'action se passe à Los Angeles en 2019. Rick Deckard est célibataire (youpi !), il n'a pas de mouton électrique et il est bien plus désabusé que dans le livre. La ville est inexplicablement (ah les adaptations...) envahie d'une population asiatique. Rachel Rosen n'est pas une garce manipulatrice. John Isidore est remplacé par J.-F. Sébastien, un généticien au grand coeur qui se fait piéger par les androïdes. Enfin, le film fait fi du mercerisme et de l'obsession pour les animaux.
    Les Nexus-6 sont sans conteste bien plus violents, surtout Roy Baty. Sa compagne est Priss, et non Irmgard, et elle est tout aussi dingue que son homme. Dans le film, les androïdes ne veulent pas vraiment vivre comme des humains, ils veulent surtout vivre plus longtemps. Ils se savent programmés pour une durée déterminée et veulent lutter contre la dégénérescence biomécanique qui les guettent.
    La ville sombre, grise et pluvieuse traduit bien l'atmosphère du livre. La lumière est rare et éclaire souvent la crasse et la laideur, à tel point qu'on préfère l'obscurité. L'affrontement final entre Rick (Harrisooooon) et Roy déploie une tension haletante. Les dernières images, avec la colombe, sont d'une rare beauté, comme chaque fois que le sublime se dégage du grotesque.
    J'ai vu ce film il y a quelques années et je me rappelle m'être (ennuyée) endormie. J'avais le Souvenir d'un film lent et poussif. Je l'ai davantage apprécié hier, même si je n'ai pas pu m'empêcher de comparer le film au livre. Mais il me semble finalement que l'oeuvre de Ridley Scott doit être considérée indépendamment de celle de Philip Kindred Dick. le réalisateur, sans le dévaluer, a magnifié le livre et lui a offert une visibilité durable. Voici deux oeuvres à ne pas manquer (dit-elle avec 20 ans de retard...)


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/05/01/20992964.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Darkcook, le 05 avril 2013

    Darkcook
    Lu parce que j'adore le film, et puis parce que cet auteur m'intrigue, par son influence gigantesque. Je l'avais abordé avec Substance mort, erreur, tant c'est loin d'être son roman le plus accessible. Avec Blade Runner (ou Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?) on a droit à un vrai roman de SF, mâtiné de roman noir, et ça fait du bien! Beaucoup d'éléments n'ont pas été exploités dans le film, et il y a une véritable réflexion sur ce qui fait l'être humain. Il y a une sorte de triple inversion, ceux qui sont dits "normaux" se laissant dicter leurs humeurs par l'orgue, comme des robots, les robots ont presque des sursauts d'humanité, malgré leurs raisonnements glaciaux et purement logiques, et les "spéciaux", considérés comme des dégénérés, difformes surexposés à la radioactivité, sont les véritables humains, à fleur de peau, et avec leurs faiblesses physiques et mentales, des monstres hugoliens touchants, comme c'est le cas d'Isidore.
    K.Dick provoque de multiples renversements de la perception de la réalité, ce qu'il aime beaucoup à pratiquer. le lecteur les vit, et change constamment d'avis sur ce qu'il voit... J'aurais voulu que Deckard aille jusqu'au bout dans sa vengeance contre Rachel, femme fatale du roman, mais le réel mystère vient du mercerisme, religion des humains, soi-disant démasquée comme une escroquerie, seul élément qui leur permette encore de sortir de leur torpeur, de leur mécanisme et de finir comme les androïdes. Également, j'ai toujours un peu de mal avec le style de l'auteur, trop souvent volontairement froid, ne nous offrant pas assez souvent les fulgurances dont il se montre capable. Mais bon, tout cela est mineur, c'est un excellent roman, très riche, où l'on voit sans cesse basculer la réalité, en plus de dessiner un futur crédible, qui ne donne pas envie, et une fois de plus avec la SF, dont on retrouve ça et là des traces dans notre monde contemporain.
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    • Livres 5.00/5
    Par Yunali, le 21 octobre 2013

    Yunali
    Pour moi, « Blade Runner » c'était le film de Ridley Scott avec Harrison Ford.
    Maintenant c'est aussi un livre. Oui, je le sais, le livre a été écrit avant que le film ne soit tourné.
    Mais après avoir fini cette lecture, finalement je regrette le changement du titre qui l'a fait passé de « Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?» à « Blade Runner », parce que film et livre sont assez différents, et ça pourrait être trompeur pour le lecteur/cinéphile s'il veut passer de l'un à l'autre.
    Bon je chipote et en plus ce changement de titre n'est pas du fait de l'auteur.
    J'ai vraiment adhéré à ce (court !) roman, l'ambiance, les personnages, les concepts et sujets abordés !
    Certes la lecture est un peu difficile au début, parce qu'il faut se plonger dans un monde futuriste très éloigné du notre et où la technologie a bien évoluée !
    Rick Deckard est un « Blade Runner », il poursuit les androïdes (les andros) pour les réformer (élégante façon de dire qu'on les détruit). Il doit faire passer un test, le Voigt-Kampff à ceux/celles qu'il soupçonne être un andro : ce test consiste en une série de questions variées (surtout sur les animaux) qui teste l'empathie du sujet ; les humains étant censés faire preuve d'empathie alors que les androïdes non.
    Rick a une obsession : avoir un VRAI animal. Il en a un… mais c'est un mouton électrique ! Ça n'est pas pareil qu'un vrai mouton, et du début à la fin, il voudra posséder un animal. C'est un rêve possible, mais il a un prix dans ce monde dévasté où seuls restent quelques humains.
    D'ailleurs pour les aider à se sentir mieux, ils peuvent se servir de boîtes à empathie (qu'ils programment à loisir comme ils veulent) où ils rencontrent Wilbur Mercer qui est une sorte de gourou pour les humains et qui les invite à partager leurs expériences, leurs ressentis.
    Rick va se voir confier une mission dangereuse : réformer des androïdes Nexus 6, venus illégalement sur Terre. Rick va accepter cette dangereuse mission car il pourra alors toucher de grosses primes et s'acheter un animal !
    Il va rencontrer ces androïdes qu'il doit réformer, et petit à petit on voit que les différences entre les deux « espèces » peuvent être bien minces. On se demande même parfois si certaines personnes sont vraiment humains ou vraiment androïdes.
    Et quand Rick rencontre un autre Blade Runner, Phil Resh, la question de sa véritable nature se posera, tout comme celle de savoir si un humain peut vraiment faire preuve d'empathie pour les androïdes autant que pour les animaux.
    J'ai beaucoup apprécié le personnage de Rick Deckard, pas seulement parce qu'il est le héros, mais parce qu'il réfléchit beaucoup et se pose beaucoup de questions. Il ne se contente pas d'utiliser son orgue à empathie seulement pour être ‘performant' ou ‘de bonne humeur', il ne se plonge pas aveuglément à tout bout de champ dans le mercerisme.
    J'ai quand même eu l'impression que c'était quelqu'un de malheureux au fond. Non seulement sa femme semble bien peu tenir compte de lui (elle est même assez pénible pour le peu qu'on la voit), il ne court après les androïdes que parce qu'il espère collecter ses primes.
    Sa rencontre avec Rachel et les autres Nexus 6 va radicalement le changer. Rachel est vraiment un élément important dans ce roman, c'est une figure féminine essentielle à cette histoire, parce que sans elle Rick ne s'interrogerait pas autant sur des sentiments qu'il pourrait ressentir pour elle.
    Il y a peut-être bien d'autres aspects que je n'ai pas abordés parce que ce livre est quand même relativement dense et complexe, et d'autres l'analyserons bien mieux que moi.
    Je pense en avoir assez dit et j'espère vous avoir rendus un tantinet curieux pour découvrir ce livre.
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Citations et extraits

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  • Par raton-liseur, le 12 mars 2011

    Quel sale boulot je fais ! se dit [Rick]. Je suis un fléau, comme la peste ou les famines. Fléau de Dieu à la petite semaine. Comme l'a dit Mercer, il faut que je fasse le mal, j'y suis tenu. Depuis le début, je n'ai pas cessé de faire le mal. C'est pas tout ça, mais il est temps que je rentre chez moi. Peut-être qu’après avoir passé quelque temps chez moi, en compagnie de ma femme, j’oublierai tout ça… (Chapitre 20, p. 233).
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  • Par bibliame, le 24 avril 2011

    Debout devant son récepteur de télé inerte, il eut soudain le sentiment que le silence était visible et aussi, mais à sa manière, vivant. Vivant ! Ce n’était pas la première fois, loin de là, qu’il ressentait cette autre approche. Le silence entait alors avec effraction, avec violence, sans aucune subtilité, incapable, à l’évidence, de la moindre patience. Le silence du monde ne pouvait plus retenir sa soif de tout engloutir. Plus maintenant. Maintenant qu’il avait presque partie gagnée.
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  • Par Scapa, le 05 juin 2014

    Simplement.... le livre de Ph. K Dick est déjà paru en France (il y a longtemps) sous un autre nom.... Que j'ai oublié. D'où ma rage et ma frustration de voir que j'avais acheté une "ré édition". Mais peut importe. Le texte est glauque, triste, désespéré.
    En revanche, le film ( Scott Ridley mais je ne suis pas certain) vous montre l'aspect sublimé de l'œuvre papier, entre le Blade Runner et la trop belle Rachel, nièce de Tyrel (qui apparait dans un autre volume)... et joue (bien) du piano...
    Sans atteindre des chefs d'œuvres (comme Potemkine, Casa etc.) le film de Ridley est à angle droit des autres, très beau et incite à lire le livre ou le contraire...
    Je ne dis pas que le livre ou le film sont les meilleurs de la Terre...
    Simplement si vous devez en prendre 10 sur une île déserte (avec quand même le courant électrique et Internet) vous pourrez comprendre mon admiration pour K. Dick (ses personnages un peu schizoïdes) et le Film qui lui est un régal, trop court même dans la version longue du réalisateur.
    S. 5/6/14
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  • Par purplevelvet, le 24 mai 2011

    "Vous savez ce que je ressens pour cette Priss Sratton?
    - De l'empathie, dit Rick.
    -Quelque chose de ce genre... Je m'identifie à elle. C'est dingue! Je vais me voir mourir. D'ailleurs, c'est peut être ce qui se produira. Vous me prendrez pour elle et adieu Rachel! elle n'aura plus qu'à regagner Seattle pour vivre ma vie à ma place. C'est la première fois de ma vie que j'ai ce genre de sentiment. Nous sommes bel et bien des machines, on nous emboutit à la chaîne comme des capsules de bouteilles. Je -moi personnellement - je croyais exister en tant que telle, et ce n'est qu'une illusion. Je ne suis qu'un modèle de série parmi des milliers d'autres.
    Elle frissonna"
    p 194
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  • Par Bartimeus, le 18 décembre 2010

    Silence. Les murs, le plancher, les boiseries suintaient de silence; de quoi le broyer comme une gigantesque meule. Le silence suintait du parquet à travers la vieille moquette grise en lambeaux. Il suintait des appareils cassés ou à demi cassés qui équipaient la cuisine, des appareils qui n'avaient jamais fonctionné depuis l'emménagement d'Isidore.

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La Trilogie divine de Philip K. Dick aux Éditions Denoël
Gilles Dumay présente La Trilogie divine de philip K. Dick publiée aux Éditions Denoël à paraître le 21/02/2013. Idée et réalisation Frédéric Aceituno.








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