ISBN : 2290315419
Éditeur : J'ai Lu (2001)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 65 notes) Ajouter à mes livres
Que la Terre, en ce lointain futur, soit chaque jour un peu plus torride - bientôt il faudra fuir la planète! -, c'est là une réalité indubitable. Le doute, en revanche, règne sur l'identité des êtres. Qui est qui?
Tous drogués, devenus "cognitifs" et télépathes,... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par Vance, le 15 mai 2010

    Vance
    Le dieu venu du Centaure est un livre assez déstabilisant, commençant comme une enquête et se poursuivant en une sorte de quête onirique un peu foutraque. A nouveau, Philip K. Dick multiplie les personnages-clefs sans qu'on arrive à véritablement se prendre de passion pour l'un d'entre eux : encore une fois, pas de vrai héros, mais des arrivistes couards, opportunistes ou machiavéliques. Comme dans Loterie solaire, dont il semble assez proche, les personnages féminins sont très mal lotis, on ne relèvera qu'une prévog qui cherche à grimper les échelons de sa société le plus vite possible, une illuminée cherchant sur Mars des ouailles à convertir et une artiste réalisant des poteries originales. Elles n'apparaissent que pour donner un sens au destin d'un individu qu'on pourrait qualifier de héros – mais qui n'en a ni les épaules, ni le comportement. Mayerson, chef du département prévog de Léo Bulero, chargé de déterminer à l'avance l'évolution des marchés, les tendances, mais aussi les conséquences de certains actes décisifs, est cet homme-là. Ses interrogations, ses hésitations, ses pensées intimes rythment le récit de la confrontation attendue entre son chef, sorte de maffieux de la drogue aussi fascinant qu'horripilant, et ce Palmer Eldritch qui, au départ du moins, semble protégé par les Nations-Unies. L'enjeu ? La mainmise sur un marché unique, celui du commerce d'une drogue vaguement tolérée (mais officiellement, bien entendue, interdite) qui permet aux fermiers martiens, travaillant dans des conditions misérables, d'oublier leur ordinaire en s'évadant artificiellement par le biais d'un hallucinogène combiné à… une poupée Barbie. Bulero commercialise les « poupées Pat », modèles en miniature de ce que désirent les clients (splendide appartement, voiture et corps de rêve, vacances dépaysantes, etc.) et vend sous le manteau le D-Liss, grâce auquel chacun peut s'incarner dans un avatar de la poupée, mais un avatar réaliste. La rumeur de l'arrivée de cet Eldritch que personne n'a vu mais que tout le monde connaît bouleverse ce petit monde : Bulero devra le rencontrer pour tirer les choses au clair, c'est inévitable. Mais Eldritch a tout prévu…
    C'est ensuite que ça se gâte. On quitte assez abruptement une progression classique pour une séquence en apnée dans une série de va-et-vient entre les réalités. Car la nouvelle drogue, le K-Priss, n'a plus besoin qu'on se focalise sur un objet et brise toutes les barrières, tant sociales que physiques, permettant à chacun de revivre, à l'envi, des scènes de son passé – ou de se projeter dans l'avenir. Toutefois, un détail a son importance : Eldritch est présent dans tous ces fantasmes, présent dans tous ces rêves, ces réalités illusoires. Omniprésent. Tout-puissant, capable de recréer ces univers oniriques et de les plier à sa volonté. Un tel pouvoir est celui d'un dieu, ni plus ni moins. Quand ils s'en rendront compte, Bulero et Mayerson s'en mordront les doigts. Comment échapper à un dieu ? Comment le vaincre ?
    Dans cette seconde moitié, on va naviguer dans un futur où la grande confrontation a eu lieu, et dans le passé honteux de Mayerson, désireux de reconquérir sa femme (l'artiste). On va glisser, parfois sans le savoir, dans des mondes éthérés, quelquefois réalistes, quelquefois vides. Eldritch se joue des sens et de la raison de ceux qu'il entraîne dans ses délires, au moins autant que Dick se joue de notre certitude. Au point qu'on ne sache plus ce qu'il désire raconter – ou si, véritablement, il cherchait à raconter, voire à finir son récit.
    Le contexte est tout aussi saisissant, mais traité presque par dessus la jambe : une Terre presqu'inhabitable, des opérations chirurgicales capables d'accélérer l'évolution, des extraterrestres aux motifs obscurs… Ce qui aurait pu donner une aventure rocambolesque, ou un véritable space-opéra métaphysique est réduit à une œuvre difficile à jauger, redondante, bavarde et parfois lourde – mais fascinante.
    Pas aussi ardu ni prenant que le Maître du Haut-Château, pas aussi séduisant, ni (je l'avoue) agréable à lire, mais incontestablement intéressant. Un bon Philip K. Dick.


    Lien : http://journal-de-vance.over-blog.com/article-dans-la-tete-de-dick-0..
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    • Livres 4.00/5
    Par Opaline, le 26 mai 2010

    Opaline
    On avait, il y a quelques années maintenant, tenté de m'intéresser à l'univers de Philip K. Dick via "Le maître du haut château" ... Mais peu emballée par le début du roman, je l'avais très vite mis de côté ...
    C'est un peu par hasard, il y a quelques semaines, j'ai décidé de m'intéresser à nouveau à la bibliographie de l'auteur... Ne sachant pas trop par où commencé, je me suis finalement arrêtée sur "Le dieu venu du Centaure", non sans une légère appréhension, je dois l'avouer ...
    Au bout de quelques pages, après m'être faite à l'environnement que Philip K. Dick nous dépeignait, je n'ai très vite plus pu décrocher tant l'histoire me captivait ...Arrivée à la fin du livre, agréablement surprise, la seule chose que j'ai été capable de me dire aura été:" Waouh !... Je crois que quelque part j'ai loupé un épisode" ...
    En somme, je n'ai vraiment pas été déçue et je compte bien ne pas m'arrêter là avec cet auteur...
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    • Livres 4.00/5
    Par HK, le 14 décembre 2010

    HK
    Si vous vous attaquez à du Dick, n'espérez pas de la grande littérature. La faute incomberait elle aux traducteurs ne se montrant pas à la hauteur? Quoi qu'il en soit, "Le dieu venu du Centaure", malgré son style "roman de gare", atteint un but: créer du délire crédible. Ca peut sembler paradoxal mais ce livre parvient sournoisement à persuader le lecteur des pires invraissemblances.
    Pour ce faire, Dick s'appuye sur une base "réaliste" qu'il s'amuse à dynamiter en cours d'ouvrage. Ici, des colons de la planète Mars prendront une drogue hallucinogène surpuissante. Et dès cet instant, imaginaire et "réalité" vont se mêler dans le récit pour désorienter le lecteur. Alors, on aime ou on n'aime pas mais on ne peut rester insensible à cette manipulation virtuose de la perception que pour ma part j'ai seulement retrouvée dans d'autres textes de Dick.
    Donc, si vous cherchez une expérience littéraire hors du commun, je vous le recommande chaudement, à condition bien sûr de laisser votre scepticisme au vestiaire. Dans le cas contraire, vous risquez fort de ne pas accrocher.
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    • Livres 4.00/5
    Par pitivier, le 16 novembre 2010

    pitivier
    Philip K. Dick peut être considéré comme un précurseur du cyberpunk et Le dieu venu du Centaure en est un parfait exemple. le monde vu par Dick est sombre et déshumanisé. Les hommes sont gouvernés par des multinationales. Ils sont améliorés grâce aux progrès technologiques. Certains ont remplacés des membres ou des organes. D'autres ont suivi un traitement médical afin d'accroitre leur intellect. La Terre est devenue inhabitable à cause des rayonnements ultra violets trop importants. Des colons sont envoyés sur Mars où ils vivent misérablement, sans perspectives d'avenir, dans des clapiers sinistres. Ils rejoignent à la moindre occasion, grâce à une drogue hallucinogène, un monde virtuel où ils vivent une existence paradisiaque. On y retrouve beaucoup des caractéristiques du genre. Pourtant, ce roman a été écrit en 1964, soit à peu près 20 ans avant la naissance du cyberpunk.
    [..]

    Lien : http://pitivier-blog.blogspot.com/2010/11/philip-k-dick-le-dieu-venu..
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    • Livres 4.00/5
    Par den, le 04 janvier 2011

    den
    Un de mes préféré et comme toujours l'humain addict, crépusculaire. Messianique Dick ? A sa façon certainement....
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Citations et extraits

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  • Par Opaline, le 19 mai 2010

    - Tout le monde commet des erreurs, déclara le taxi d'un ton sentencieux.
    - Mais certaines sont fatales, dit Barney. (Surtout quand elles concernent ceux qui vous sont chers, votre femme, vos enfants et même votre patron, ajouta-t-il en son for intérieur.)
    Et puis, se dit-il, bercé par le bourdonnement du taxi, arrive l'instant où vous commettez votre erreur ultime. Celle qui concerne votre vie entière et la résume. Entrer chez Eldritch ou accepter d'être recruté. Telle est l'alternative. Et quelle que soit la réponse, il y a une chose qui est sûre : C'est la mauvaise solution.
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  • Par Vance, le 15 mai 2010

    Nous sommes ici pour faire tout ce que nous pouvons pas faire là-bas. Là où nous avons laissé nos corps corruptibles. Et tant que nos combinés resteront en état de fonctionner, tout… (Elle fit un geste en direction de l’océan, puis toucha son corps, incrédule.) Tout ça ne peut pas se défaire, n’est-ce pas ? Nous avons endossé l’immortalité.
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  • Par Vance, le 15 mai 2010

    Cette chose […] a un nom que vous reconnaîtriez si je vous le disais. Bien qu’il soit certain qu’elle ne songerait jamais à se désigner ainsi. C’est nous qui lui avons attribué ce titre. A la suite d’une expérience à distance, étalée sur des milliers d’années. Tôt ou tard, nous devions nous trouver confrontés avec elle. Sans la distance. Ni les années.
    -Vous voulez parler de Dieu.
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  • Par Vance, le 15 mai 2010

    La législation était formelle sur ce point. L’adultère ne pouvait être prouvé. Des experts de l’ONU sur Mars et les autres colonies s’y étaient essayés… en vain. Pendant toute la durée de la translation, tout était permis : l’inceste, le meurtre, n’importe quoi, en restant du point de vue juridique une simple illusion, un désir sans conséquence.
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  • Par Vance, le 15 mai 2010

    Tout se volatilisa, comme si l’appareil qui avait servi à la projection s’était trouvé soudainement débranché. Il n’y avait plus autour de lui qu’un vide éclatant, une réverbération éblouissante annonciatrice, se dit-il, de cet épiphénomène auquel on donne le nom de « réalité ».
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Videos de Philip K. Dick

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Vidéo de Philip K. Dick

Petite conférence de Jérémy Zucchi (www.jeremy-zucchi.com), futur auteur d'un essai sur l'esthétique des œuvres de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick. Avec Joris Mathieu, metteur en scène de la compagnie Haut et Court qui travaille sur une pièce qui évoque son œuvre. Les personnages, tels ceux du Maître du Haut-château, savent que leur monde doit s'écrouler, doit disparaître. Il sont dans l'attente d'une Apocalypse qui mènera à une Révélation divine qui ne vient pas, qui doit les mener vers l'authentique monde réel. J'évoque le délire mystique de Philip K. Dick dans les huit dernières années de sa vie. Je parle les trois types d'humains, tous malades psychologiquement, qui composent les univers de l'écrivain : schizoïdes, autistes et schizophrènes capables de percevoir la réalité et l'autre monde, ignorant celui qui est réel. Je conclue en parlant de la vision divine, l'épiphanie, et de l'espoir en une révélation du réel par la caméra. Filmé au théâtre de Vénissieux, le 15 avril 2011 4e partie








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