ISBN : 2266043730
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 3.76/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Le Temps désarticulé, tout comme Le Maître du haut-château ou En attendant l'année dernière, est un des romans essentiels du « cycle dickien », avec des personnages en rupture de cosmos, conscients du traître ruissellement de la réalité, perdus dans le labyrinthe d'une ... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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  • Par Niklos, le 17 mai 2012

    Niklos
    Le temps désarticulé marque une rupture dans l'œuvre dickienne comme dans la science-fiction. Ce roman gomme presque tout futurisme et nous place face au quotidien, au monde culturel commun imposé par l'éducation, dont nous allons découvrir les failles et les embûches. La réalité est truquée, mensongère, et l'illusion bien difficile à fuir, mais même dans le monde « réel », il n'y a ni progrès technique échevelé ni futurisme convenu, simplement le décollage d'un vaisseau spatial.
    Philip K. Dick est doublement subversif : le roman de science-fiction lui même est attaqué, par ce refus des thèmes classiques, et la critique politique du quotidien est féroce. L'enfance, sa créativité et ses potentialités, étouffées par la culture dominante, est le vrai thème du roman.
    Le temps désarticulé est l'histoire d'un homme, Ragle Gumm, habitant une ville sans nom des années 50. Il gagne jour après jour un concours de journal, occupation puérile et aliénante mais lucrative. Vivant chez sa sœur Margo et son beau-frère Vic Nielson, il assume très mal sa situation sociale. Tout ce monde qui se fissure sous ses yeux, que Ragle va fuir, n'est qu'une vaste illusion entretenue à des fins totalitaires et militaires.
    Dick se livre à une satire impitoyable de son temps. Liz, caissière de supermarché, ressemble à une vulgaire actrice publicitaire. Devenue républicaine depuis son arrivée dans un État républicain, pur produit de la culture de son temps, Liz est confortablement installée dans le monde des adultes. La logeuse chez qui Ragle et Vic commenceront à entrevoir la vérité à la fin du roman est son miroir. Cette Mme McFee présente le même conformisme, la même soumission à la culture dominante jusque dans sa manière de critiquer le discours gouvernemental sans aucune réflexion personnelle : Liz ne croit pas à la crise économique, Mme McFee ne croit pas à l'existence de Ragle Gumm, personnage mythique du monde « réel ». Liz, Mme McFee, Vic et Margo Nielson, notre quotidien est fait de tels personnages. Ce sont nos collègues de travail, nos voisins, notre marchand de primeurs au coin de la rue, etc... Dick met en scène l'illusion et l'aliénation de notre quotidien. Seuls les enfants se démarquent, avec eux seulement Ragle trouve une connivence, une complicité car ils sont porteurs de la nouveauté, du sens, de l'avenir.
    Mais qui est responsable de cette illusion ? Qui est chargé de l'entretenir ? le personnage de Bill Black, voisin de Ragle, est fascinant. Il n'a pas subi le conditionnement qui maintient tous les habitants dans l'illusion, il est un militaire responsable de l'ensemble du projet, jouant le rôle de simple employé municipal. Son portrait est encore une critique sociale féroce : « ce qu'il y a de bizarre dans le monde, c'est qu'un jeune loup sans idées originales qui imite ses supérieurs jusqu 'au nœud de cravate et au grattement de menton se fait toujours remarquer. (...) Tout juste s'ils n'allaient pas envoyer leur femme appâter devant les bâtiments administratifs » (p.21). La soumission à l'autorité, ressort fondamental de sa personnalité, l'a conduit à faire bien pire puisque Margo Nielson est sa vraie femme... Corollaire de Liz, non plus celui qui se soumet à la culture, mais qui maintient les instruments de soumission à défaut de les créer, Bill Black prendra de nombreuses figures dans l'œuvre dickienne : ainsi les fonctionnaires de l'ONU de Glissement de temps sur Mars, responsables du système éducatif créant tant d'autismes, forme infantile de la schizophrénie ; ou encore les programmeurs de Simulacres et spectacles médiatiques de la vérité avant-dernière, ou enfin Barnes, chef de la police de message de Frolix 8.
    Ragle Gumm finira par s'affranchir de l'illusion en compagnie de son beau-frère Vic. Ils découvrent un univers froid, morne, totalitaire, où des enfants les guideront. Que peut il y avoir de neuf dans un monde gouverné par le conformisme culturel le plus abouti, qui refuse la nouveauté de la conquête spatiale, rêve de l'enfant que Ragle n'a jamais cessé d'être ? le monde réel n'est pas un univers attendu de science fiction. Le temps désarticulé préfigure ainsi des thèmes aujourd'hui communs de manière bien plus subtile que Matrix et rend possible Truman Show, son adaptation déguisée.
    Vic Nielson et Ragle prendront deux chemins opposés. le premier choisira l'illusion, et retournera dans la Vieille Ville tout en sachant qu'elle est mensongère. Sa décision lucide de victime consentante est la métaphore de la puissance de l'idéologie et de la tyrannie invisibles que nous subissons aujourd'hui (Matrix montre une trahison similaire). Ainsi la science fiction nous permet-elle de réaliser combien nous sommes enrégimentés par un pouvoir qui sait nous masquer combien profondément sous terre il nous enterre et nous fait travailler en vue d'intérêts insoupçonnés. Mais une telle caverne peut être si confortable pour ceux qui n'ont pas sombré dans la schizophrénie, maladie du réel et conscience de notre aliénation.
    [Chronique sous licence GNU Free Documentation License]
    Yves POTIN
    dans Bifrost 18
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  • Par Niklos, le 17 mai 2012

    Niklos
    Nous sommes en 1959 dans une petite ville des États-Unis. Ragle Gumm ne travaille pas. Enfin, l'activité qui le fait vivre échappe aux schémas traditionnels des métiers. Chaque jour, il répond à la question d'un jeu-concours : où sera le Petit Homme Vert la prochaine fois ? Et depuis trois ans, il tient le haut du pavé, gagne à tous les coups et se remplit les poches de dollars. Mais tout ne va pas aussi bien que ça dans un monde superficie ! où des anomalies vont bientôt lui apparaître. La radio n'existe pas. Ragle est sujet à des hallucinations inexpliquées qui touchent également certaines personnes de son entourage. Des objets bizarres sont découverts : un annuaire falsifié, des revues qui parlent de gens n'existant pas dont une certaine Marilyn Monroe...
    le monde est fou dans Le temps désarticulé. Ragle Gumm est fou. Dick aime les thèmes de la réalité truquée, de l'univers factice, du temps erroné, des individus reprogrammés à leur insu, des leurres plus vrais que nature, des esprits malades, de la guerre vraie ou fausse. Il les illustre tous dans ce roman, simultanément, et les lie par une intrigue fort simple agrémentée d'une sauce épicée. Ça part comme un roman de littérature générale et ça finit dans la Science-Fiction la plus pure.
    En Science-fiction, précisément, Dick c'est quelque chose, une sorte de gourou. le nombre des écrivains qui l'on imité est stupéfiant et constitue la preuve flagrante de son importance.
    Maintenant que Dick est mort, on peut le vénérer ; sa légende ne fait que naître.

    Éric SANVOISIN
    dans Fiction 395
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    • Livres 5.00/5
    Par Abettik, le 29 mars 2011

    Abettik
    The time is out of joint. O cursed spite
    That ever I was born to set it right!
    Hamlet, Acte I, scène V, Shakespeare (1603)
    - L'époque, déclara Ragle, est désarticulée.
    Le Temps désarticulé, Philip K. Dick (The Time Out of Joint, 1959), p 74
    [Le Livre de Poche, 1978 (Calmann-Lévy, 1975) pour toutes les références suivantes]
    Sixième roman paru, quatre ans après le premier (Loterie solaire), Le Temps désarticulé, s'il aborde des thèmes éminemment dickiens, comme la réalité dévoyée, une certaine critique du way of life américain des années 50 et 60, reste un roman des débuts de Philip K. Dick: les idées sont toutes là, certes, mais sous forme embryonnaires et parfois à peine exploitées au maximum de leur potentiel.
    Ragle Gumm (et non Gunn comme indiqué sur la quatrième de couverture de l'édition 1978 du Livre de Poche !?) vit chez sa soeur, Margo, et la famille de celle-ci, Vic, son mari et leur fils unique Sammy. Il ne travaille pas vraiment. Il passe ses journées à résoudre les énigmes quotidiennes du journal local La Gazette (en collaboration avec d'autres titres, à un niveau national), concours qu'il gagne sans discontinuer depuis deux ans et sobrement intitulé Où Sera le Petit Homme Vert La Prochaine Fois. C'est ainsi qu'il gagne sa vie, qu'il comble ses journées. Chaque jour, il s'attelle à la tâche, déploie un système complexe basé sur les archives des énigmes précédentes, et chaque jour, il trouve où sera la petit homme vert la prochaine fois.
    American Way Of Life

    Ragle vit dans une petite ville des Etats-Unis dans les années 50. Son beau-frère travaille au supermarché du centre, sa soeur est charmante, son neveu ne l'est pas moins. Tous aussi charmants que leurs voisins, les Black, ce couple qui passent régulièrement leur rendre visite, un plat de lasagne sous le bras, la soirée finissant gentiment autour d'une partie de poker. D'autres soirées sont consacrées au club de lecture. le quartier est tranquille, citoyen, définitivement patriotique en cette période de guerre froide où la menace communiste, couteau entre les dents, rend nécessaire la formation d'un groupe de P.C. (sic), Protection Civile, chargé d'imaginer toutes les mesures à mettre en place pour faire fasse à une catastrophe nucléaire. On aura bien entendu en tête les images d'Épinal des proprets quartiers de la banlieue américaine, ces suburbs tirés au cordeau évoqués dans Edward aux mains d'argent (Tim Burton, 1990), The Stepford wives (Forbes, 1975 à préférer à Oz, 2004 avec Nicole Kidman) ou encore Desperate Housewives. Les faux-semblants et l'hypocrisie ambiante qui semblent constitutifs de ces lieux en font le cadre parfait pour ces histoires qui cherchent justement à gratter ce vernis jusqu'à mettre à jour la véritable noirceur de ses habitants.
    Ragle ne colle justement pas dans ce décor, qu'il regarde en spectateur. Il ne fait pas partie de l'Amérique qui se lève tôt, passe ses journées attablé à son concours, sans plus d'ambition que de celle de trouver où sera le petit homme vert la prochaine fois. Il regarde tout ce beau monde s'agiter, pousser du menton pour se hisser dans la hiérarchie, réussir ! sacro-saint credo. Il constate, désabusé, comment cette société privilégie la reproduction des attitudes et idées, surtout sans originalité, la promotion du panurgisme.
    la suite sur
    http://sfetal.blogspot.com/2011/03/le-temps-desarticule-philip-k-dick-et.html

    Lien : http://sfetal.blogspot.com/2011/03/le-temps-desarticule-philip-k-dic..
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    • Livres 3.00/5
    Par lael8, le 15 décembre 2010

    lael8
    Encore une fois lente à démarrer, cette histoire très spéciale est assez attachante.
    Je la séparerais en trois partie :
    -la première c'est "le modèle américain" avec les grosses voitures, les belles baraques, la télé toute nouvelle, marilyn monroe, et les après midi sur la plage. Et la menace de la bombe H qui plane au dessus d'eux.
    Plongée dans l'amérique du début de la guerre froide fort sympathique.
    - la deuxième c'est la paranoia du perso principal. C'est très interessant et follement drole de voir comment k dick traite son cas pathologique : l'homme affirme sa psychose au lieu de tenter de s'en débarrasser ! le pire -et le plus drole- c'est que les preuves s'accumule pour prouver sa paranoia. Délire t'il vraiment ? La plongée dans sa paranoia est très plaisante, vue avec un haussement d'épaule bien loin du tragique pathétique ou de l'oppression.
    - Enfin en troisième partie, une fois qu'il a découvert le fond de l'histoire... ça part en vrille. Je n'aime pas du tout la façon dont Dick a conclu son histoire avec encore une pseudo guerre SF classique. On s'éloigne complétement du côté "truman show" du reste de l'histoire, et c'est dommage.
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Citations et extraits

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  • Par Abettik, le 29 mars 2011

    Des mots, songeait Ragle.
    Le problème central de la philosophie. La relation entre le mot et l'objet... qu'est-ce qu'un mot ? Un signe arbitraire. Mais nous vivons avec des mots. Notre réalité se situe dans un univers de mots, non de choses. D'ailleurs, une chose, cela n'existe pas, c'est un gestalt au sein de l'esprit. La "chosité"... le sens de la substance. Une illusion. Le mot est plus réel que l'objet qu'il désigne.
    Le mot ne représente pas la réalité, le mot est la réalité. Du moins pour nous. Dieu, lui, parvient peut-etre à atteindre l'objet. Mais pas nous.
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  • Par Abettik, le 29 mars 2011

    Qu'est-ce que je fais ici? Je devrais être - où donc ?
    En train de marcher dans un pré avec Junie Black... en train d'étendre une couverture au flanc d'un coteau sec et brûlant, parmi les senteurs
    d'herbes, sous le soleil de l'après-midi. Non, pas là. Cette image appartenait-elle également au passé? Silhouette creuse en guise de substance, un soleil qui ne brille pas en réalité, pas chaude du tout; rien que le froid, la grisaille et l'incessante et paisible pluie de cendres horribles se déposant partout. Point d'herbe, mais de rares mottes déchiquetées. Des mares d'eau contaminées...
    Il se voyait pourchassant Junie sur un coteau éventré et désolé. Elle fondait, disparaissait. Un squelette de vie, un frêle et blanc support d'épouvantail en forme de croix. Un sourire. A la place des yeux, un vide où apparaît le monde entier. Je suis à l'intérieur et je regarde dehors. Avec les yeux du vide, j'épie le désert par une faille.
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  • Par Abettik, le 29 mars 2011

    [...] J'ai aussi pensé à m'en servir pour aller suivre des cours à l'université.
    - Des cours de quoi ?
    - Oh! disons... de philosophie."
    Vic ne manqua pas de s'en étonner. "Tiens, pourquoi?
    - La philosophie n'est-elle pas à la fois un refuge et un réconfort ?
    - Je l'ignorais. Autrefois, oui, peut-être. Mais j'ai le sentiment que la
    philosophie, aujourd'hui, cela consiste à émettre des théories sur les
    limites de la réalité et à essayer de découvrir le Pourquoi de la vie."
    Sans reculer, Ragle répliqua: "Et alors ?
    - Alors rien, si tu estimes que cela peut t'aider.
    - J'en ai déjà lu dans le temps. Je pensais à l'évêque Berkeley, aux idéalistes. Par exemple..."
    D'un geste de la main, il indiqua le piano placé dans l'angle de la pièce. "Comment savons-nous que ce piano ?
    - Nous ne le savons pas, observa Vic.
    - Peut-être n'existe-t-il pas."
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  • Par Abettik, le 29 mars 2011

    Ragle sortit à cet instant de sa poche la petite boîte métallique qui ne le quittait jamais. L'ouvrant, il la présenté à Vic.
    "Qu'est-ce que c'est ?
    - La réalité. Je t'offre le réel."
    Vic prit l'un des petits billets de papier et le lut. "Buvette automatique." "Qu'est-ce que cela veut dire?" " Tout ce que tu veux. Le verbe. C'est peut-être le verbe de Dieu. Le logos "Au commencement était le verbe". Je ne sais que dire. Tout ce que je connais, c'est ce que je vois et ce qui m'arrive. Je crois que nous vivons dans un monde différent de ce lui que nous voyons, et j'ai l'impression d'avoir su un instant de quel autre monde il s'agissait exactement. Mais depuis, depuis cette fameuse nuit, j'ai tout perdu. Le futur, peut-être"
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  • Par Abettik, le 29 mars 2011

    Il portait le complet type association d'étudiants qu'il se plaisait à exhiber en ce moment. Col boutonné, pantalon étroit... et bien entendu, la coupe de cheveux. Une coupe sans style qui, pour Ragle, évoquait avant toute autre chose l'armée. L'explication résidait peut-être là : les jeunes fonceurs empressés comme Bill Black voulaient paraître enrégimentés, faisant partie d'une machine colossale.
    [...]
    Mais il arriverait à quelque chose - Ragle le savait. Ce qu'il y a de bizarre dans ce monde, c'est qu'un jeune loup sans idées originales qui imite ses supérieurs jusqu'au nœud de cravate et au grattement de menton se fait toujours remarquer. Il est sélectionné. Il est promu.
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Videos de Philip K. Dick

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Vidéo de Philip K. Dick

Petite conférence de Jérémy Zucchi (www.jeremy-zucchi.com), futur auteur d'un essai sur l'esthétique des œuvres de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick. Avec Joris Mathieu, metteur en scène de la compagnie Haut et Court qui travaille sur une pièce qui évoque son œuvre. Les personnages, tels ceux du Maître du Haut-château, savent que leur monde doit s'écrouler, doit disparaître. Il sont dans l'attente d'une Apocalypse qui mènera à une Révélation divine qui ne vient pas, qui doit les mener vers l'authentique monde réel. J'évoque le délire mystique de Philip K. Dick dans les huit dernières années de sa vie. Je parle les trois types d'humains, tous malades psychologiquement, qui composent les univers de l'écrivain : schizoïdes, autistes et schizophrènes capables de percevoir la réalité et l'autre monde, ignorant celui qui est réel. Je conclue en parlant de la vision divine, l'épiphanie, et de l'espoir en une révélation du réel par la caméra. Filmé au théâtre de Vénissieux, le 15 avril 2011 4e partie








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