> Robert Louit (Traducteur)

ISBN : 2070415775
Éditeur : Gallimard (2000)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 115 notes) Ajouter à mes livres
Jerry Fabin est drogué, il croit que son corps est recouvert de parasites. Il imagine qu'il vit en enfer.
Jim Barris, petit génie de la chimie, est capable de produire un gramme de cocaïne pour moins d'un dollar.
Fred travaille pour la brigade des stups, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Aaliz, le 12 février 2012

    Aaliz
    Un titre pas très gai, une couverture qui fait peur, de quoi mettre le lecteur dans l'ambiance et le préparer psychologiquement à la lecture de ce roman dur, complexe et éprouvant.
    Il ne faut pas lire Substance mort si vous êtes sujet à la déprime ni si vous avez envie de vous détendre ni si vous avez besoin d'une lecture légère et divertissante car Substance mort n'est rien de tout ça. Substance mort est une plongée dans le milieu de la drogue vu du côté des drogués et en même temps un bouleversant hommage à tous ceux qui se sont retrouvés prisonniers du cercle infernal de la toxicomanie.
    On suit Bob Arctor et ses amis, tous appartenant au milieu des « freaks » donc de ceux qui dealent et se droguent, évoluant dans leur monde de paranos angoissés dont les principaux soucis sont de se procurer leur prochaine dose et de ne pas se faire repérer par la police.
    Malheureusement pour eux, repérés, ils le sont. L'agent des stups Fred est chargé de leur surveillance. Seulement, voilà, Fred n'est autre que Bob Arctor lui-même dont la véritable identité se trouve dissimulée derrière le « complet brouillé », incroyable invention qui permet à celui qui le porte de faire varier son aspect physique et même sa voix de façon à ce qu'il soit complètement inidentifiable.
    Immergé dans une situation qui le contraint à se surveiller lui-même et victime des effets de la Substance mort, Bob perd peu à peu toute notion d'identité. Les dégâts sur son cerveau évoluent peu à peu au fil du roman lui faisant complètement perdre toute conscience de la réalité.
    Les dialogues entre les différents personnages, absurdes au possible, et certaines scènes totalement loufoques décrivant les trips des personnages renforcent cette impression de totale déconnexion entre les « freaks » et le monde réel. le lecteur est plongé dans cet autre monde et découvre avec effroi qu'il n'y a malheureusement aucune sortie de secours. le lecteur aussi se retrouve pris au piège de l'incroyable filet tissé magistralement par Philip K.Dick jusqu'à ce que ce dernier le mette KO avec une fin qui l'achève et l'écoeure.
    Je dois reconnaître que Dick est vraiment un as pour les fins « choc » étonnantes et troublantes.
    Bouleversante est aussi cette note rédigée par l'auteur en fin de volume dans laquelle il explique avoir lui-même connu l'enfer de la drogue et avoir perdu ainsi nombre d'amis auxquels il rend hommage à travers ses personnages.
    Ce roman est classé en science-fiction mais seuls quelques éléments se rapportent au genre (comme le « complet brouillé ») car pour le reste, c'est inspiré du vécu et du réel.
    Plus qu'une simple œuvre de fiction, ce roman est un témoignage et un avertissement à tous ceux qui seraient tentés de vouloir continuer à jouer comme des enfants plutôt que de se confronter à la réalité d'une vie de labeur.
    « Ce roman ne propose aucune morale ; il n'est pas bourgeois ; il ne prétend pas que ses héros ont eu tort de jouer au lieu de travailler dur, il se contente d'énumérer les conséquences. »
    Et quelles conséquences !
    J'ai également retrouvé dans ce roman, tout comme dans Ubik, une critique de la société de consommation et une réflexion sur ce qu'est l'identité. le seul point que je reproche à Dick, c'est cette image de la femme plutôt dégradante réduite à un robot ménager et une poupée gonflable. Je l'avais déjà remarqué dans ubik. le passage où Bob explique que c'est le rôle des femmes d'entretenir une maison pour excuser que la sienne soit dans un état déplorable m'a un peu agacée. Enfin bon, on va mettre ça sur le compte de la mentalité de l'époque et notamment celle du mouvement hippie dont on retrouve de nombreux éléments ici et en particulier celui que dénonce principalement Dick dans ce livre : la consommation de psychotropes .
    Substance mort est donc un roman fort et dur, qui marque les esprits et fait réfléchir. J'en conseille vivement la lecture.


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-substance-mort-philip-k-..
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    • Livres 5.00/5
    Par maltese, le 30 septembre 2010

    maltese
    Fred est flic dans une société vaguement futuriste. Mais il est aussi junkie et infiltré dans un réseau de drogués sous un "costume brouillé". Un jour, il est amené à enquêter sur lui-même.
    Un des grands romans dickien, véritable plongée dans l'univers de la drogue et de la paranoïa, en grande partie fondée sur la propre expérience de Dick.
    Fred doit à la fois vivre sa vie de policier et celle de Robert Arctor (acteur ?), le camé. Et il en vient dans un véritable moment de cauchemar à s'observer sur les bandes vidéos de surveillance.
    A l'image de ces vêtements brouillés qui permettent de troubler l'identité, chacun cherche qui est qui, où se situe le vrai, la réalité, qui a raison. Au final, les différentes réalités viennent s'enchevêtrer.
    Dick dénonce les autorités et le système qui veut que les bourreaux, créateurs de cette "Substance mort", cette "Mors ontologica", soient également les "sauveurs".
    La note de l'auteur qui conclue le roman laisse deviner de quel malaise il découle.
    Richard Linklater a tiré du roman un film, "A Scanner Darkly", en 2006, à l'animation surprenante, qui toutefois ne possède pas la puissance et ne transcrit pas la douleur du livre.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par r_musitelli, le 11 mars 2011

    r_musitelli
    Un roman qui dérange, un héros schizophrène, un monde halluciné, une spirale de destruction. Tout y est vrai et la liste finale des remerciements, hommage à des compagnons de route morts ou définitivement endommagés est glaçante.
    Il faut prolonger l'expérience avec l'exceptionnelle biographie par Emmanuel Carrère, "Je suis vivant et vous êtes morts", pour saisir la puissance et l'angoisse de ce récit.
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    • Livres 5.00/5
    Par Azzyraphale, le 13 août 2011

    Azzyraphale
    La Substance mort est une drogue dure comme les autres, elle vous crame le cerveau, s'achète plus ou moins sous le manteau selon les quartier, elle rends les gens accros…mais elle est bon marché contrairement aux autre drogues dures.
    Bob Arctor partage sa maison avec deux autres toxicos, Barris et Luckman. Leur quotidien consiste a bricoler des trucs, se shooter, et s'approvisionner auprès de Donna, la copine de Bob.
    Fred est un agent des stups. Il est toujours en complet brouillé, qui est un dispositifs pour préserver l'anonymat des agents. Quiconque regarde un agent en complet brouillé verra une multitude de silhouettes de succèder à la place de l'agent.
    La prochaine mission de Fred, c'est d'espionner Bob Arctor, suspecté d'être un toxico. Il a été dénoncé par un de ses proches.
    Là ou cà se complique, c'est que Fred est Bob Arctor. Comme Arctor est à moitié dingue à cause de la Substance mort, il va falloir jouer serré pour ne pas se faire prendre.
    De plus, la voiture d'Arctor a eu les freins sectionnés, il a failli y passer, et il soupçonne Barris d'y être pour quelque chose…Son job d'agent des stups va lui permettre d'espionner ses colocataires grâce aux caméra cachés dans la maison.
    Mais gérer ses deux identités n'est pas évident, et il doit faire son rapport sur Arctor et Donna à son chef…et surtout il ne sais pas à qui il peut encore faire confiance.
    « Substance mort » est le plus personnel des romans de Dick, et peut être le plus dur aussi. La lecture de Substance mort n'est pas agréable, sans doute parce que ce n'est pas un roman de SF: mis à part l'artifice du complet brouillé, c'est l'époque actuelle que Dick dépeint. Dick a connu nombre de junkies au début des années 70, il en a vu mourir beaucoup et les autres sont internés. Lui même a suivi une cure de désintoxication, et son but en écrivant ce roman était de sensibiliser les gens au fléau de la drogue, et de rendre hommage à tout ses amis qui sont disparus. La situation était critique dans les années 70, elle l'est toujours de nos jours, et comment sera-t-elle si une drogue bon marché du genre de la Substance mort fait son apparition ?

    Lien : http://www.bibliazzy.com/substance-mort-philip-k-dick/
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    • Livres 4.00/5
    Par Vance, le 27 juillet 2010

    Vance
    Livre puissant, déroutant, parfois même poignant, à l'intrigue délitée dans des dialogues surréalistes et des réflexions sur la perception du monde et l'identité.
    Lien : http://journal-de-vance.over-blog.com/article-substance-mort-pas-d-avenir-pour-les-morts-54579536.html
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Citations et extraits

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  • Par Vance, le 28 juillet 2010

    Tout homme n'aperçoit qu'une parcelle infime de la Vérité, et bien souvent, sinon perpétuellement, il se leurre à dessein sur la nature de ce précieux fragment qu'il détient. Une part de lui-même se retourne contre lui et agit comme un autre sujet. Ainsi l'homme se défait-il de l'intérieur. Un homme à l'intérieur de l'homme, ce qui ne fait point d'homme.
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  • Par Vance, le 28 juillet 2010

    Un jour que j’étais chez elle, une de ses copines s’amène et se met à lui expliquer qu’elle faisait une grossesse nerveuse. Tu veux croire que tu es enceinte, elle lui dit. Complexe de culpabilité. L’opération, le paquet que ça va te coûter, c’est la punition que tu t’infliges. Alors la nana – je l’aimais bien celle-là – lève les yeux calmement et lui dit : bon, eh bien si c’est une grossesse nerveuse, je me ferai faire un avortement nerveux et je paierai en billets nerveux.
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  • Par Vance, le 28 juillet 2010

    Quel que soit le boulot, qu’est-ce qu’un type connaît de ses motivations profondes ? L’ennui, peut-être ; l’envie que ça bouge un peu. […] Ou alors un mobile positif, mais atroce : avoir vu un être profondément aimé, chéri intimement, un être qu’on a tenu dans ses bras après l’amour, embrassé, protégé, entouré de ses soins et surtout admiré – avoir vu cet être se consumer de l’intérieur, avoir vu l’incendie ravager son cœur puis se propager. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un insecte cliquetant qui répétait la même phrase à n’en plus finir. Un enregistrement. Une boucle sur une bande magnétique.
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  • Par Azzyraphale, le 13 août 2011

    L’abus des drogues n’est pas une maladie; c’est une décision, au même titre que de traverser la rue devant une voiture lancée à vive allure. On n’appelle pas cela une maladie, mais une erreur de jugement
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  • Par Vance, le 28 juillet 2010

    Les junkies dorment comme le comte Dracula, songea-t-il. Le regard fixe puis, tout à coup, ils se redressent. Comme un mécanisme réglé pour passer de la position A à la position B.
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Vidéo de Philip K. Dick

Petite conférence de Jérémy Zucchi (www.jeremy-zucchi.com), futur auteur d'un essai sur l'esthétique des œuvres de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick. Avec Joris Mathieu, metteur en scène de la compagnie Haut et Court qui travaille sur une pièce qui évoque son œuvre. Les personnages, tels ceux du Maître du Haut-château, savent que leur monde doit s'écrouler, doit disparaître. Il sont dans l'attente d'une Apocalypse qui mènera à une Révélation divine qui ne vient pas, qui doit les mener vers l'authentique monde réel. J'évoque le délire mystique de Philip K. Dick dans les huit dernières années de sa vie. Je parle les trois types d'humains, tous malades psychologiquement, qui composent les univers de l'écrivain : schizoïdes, autistes et schizophrènes capables de percevoir la réalité et l'autre monde, ignorant celui qui est réel. Je conclue en parlant de la vision divine, l'épiphanie, et de l'espoir en une révélation du réel par la caméra. Filmé au théâtre de Vénissieux, le 15 avril 2011 4e partie








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