> Jacques Chouillet (Éditeur scientifique)
> Anne-Marie Chouillet (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253004138
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 181 notes) Ajouter à mes livres
Deux personnages déambulent en philosophant. On ne sait qui ils sont. On ne sait d'où ils viennent. On ne sait où ils vont. Tout ce que l'on sait, c'est que l'un est le maître de l'autre. Bientôt on se demandera lequel.
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (8)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

  • Par LiliGalipette, le 16 novembre 2009

    LiliGalipette
    Texte philosophique de Denis Diderot.
    Jacques et son maître parcourent les chemins. le valet fait le récit de ses amours. Il est sans cesse interrompu, soit par les anecdotes de son maître, soit par les aventures qui ponctuent leur périple. le narrateur-auteur prend souvent la parole pour expliquer pourquoi son livre n'est un roman.
    Absolument fabuleux! Et je ne pense pas à la grande Josiane quand je dis ça! Ce texte était au programme de mon année de terminale, il y a 6 ans (pfiou, ça passe!) et je l'ai lu et relu, travaillé et surligné, gribouillé et machouillé jusqu'à plus soif, avec un plaisir immense.
    On connaît le Diderot libertin, le Diderot encyclopédiste, le Diderot des Lumières. Dans ce texte, j'ai découvert un Diderot humoriste. Les malchanceuses aventures sentimentales de son héros sont d'un comique, parfois un peu gras, que Rabelais n'aurait pas renié. Les considérations du personnage sur la destinée et la fatalité sont dignes d'un Sganarelle révisant son arithmétique. le tout est très habilement ficelé dans une suite de récits enchâssés, de digressions délicieuses et de considérations intéressantes sur le statut du lecteur et celui de l'auteur. Il faut un peu s'accrocher aux pages pour ne pas perdre le fil du récit, mais la lecture reste mémorable.
    Et c'est bien le seul livre de Diderot que j'ai relu!


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2009/11/16/15820982.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 29 décembre 2011

    brigetoun
    La merveille de ce livre où comme dans "Tristam Sandy" les histoires s'emboîtent, se parasitent apparemment, où l'auteur intervient, nous interpelle, remet en cause le récit, expose une théorie du roman, sans que jamais nous n'ayons l'impression lassante d'un désordre, sans que finalement le fil se rompe.
    Saveur, liberté d'esprit, et esprit tout court, fantaisie, tout cela concourant à exprimer, illustrer, une philosophie.
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 28 janvier 2012

    olivberne
    Pour ceux qui aiment la littérature, c'est une curiosité: les deux personnages dialoguent, vivent des aventures sans grand intérêt et réfléchissent à leur destinée. Il y a un peu de Dom Juan et Sganarelle mais dans un roman. L'écriture est vraiment unique, anonciatrice du 19e siècle. Diderot se fait précurseur, avec des idées novatrices, pas toujours joyeuses mais bien souvent réelles.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par dukiduk, le 09 février 2011

    dukiduk
    voila un livre que j'ai été obligé de lire pour le bac et dont j'étais réticente au début... c'est après réflexion que je me rend compte du génie de Diderot! la manière dont il arrive à influencer le lecteur, à le tourner en dérision... les péripéties de Jacques m'ont bien fait rire : )
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 15 novembre 2008

    chartel
    Diderot grand plagiaire de Tristram Shandy? Peu importe, ce roman hors norme est une oeuvre proche de la perfection, dans sa forme, dans sa construction et dans sa langue. Roman symbolique du retournement des valeurs et des classes à l'approche de la Révolution de 1789. Un maître dépassé et surpassé par son valet, mais qu'ils soient grands aristocrates ou simples roturiers, les personnages de ce roman sont à l'image de leur auteur, ils aiment profondément la vie et les plaisirs qu'elle leur accorde.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (39)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Meduzantic, le 21 juin 2011

    J'ai oublié de vous dire, lecteur, que Jacques n'allait jamais sans une gourde remplie du meilleur ; elle était suspendue à l'arçon de sa selle. A chaque fois que son maître interrompait son récit par quelque question un peu longue, il détachait sa gourde, en buvait un coup à la régalade, et ne la remettait à sa place que quand son maître avait cessé de parler. J'avais encore oublié de vous dire que, dans les cas qui demandaient de la réflexion, son premier mouvement était d'interroger sa gourde. Fallait-il résoudre une question de morale, discuter un fait, préférer un chemin à un autre, entamer, suivre ou abandonner une affaire, peser les avantages et les désavantages d'une opération de politique, d'une spéculation de commerce ou de finance, la sagesse ou la folie d'une loi, le sort d'une guerre, le choix d'une auberge, dans une auberge le choix d'un appartement, dans un appartement le choix d'un lit, son premier mot était : "Interrogeons la gourde." Son dernier était : "C'est l'avis de la gourde et le mien." Lorsque le destin était muet dans sa tête, il s'expliquait par sa gourde, c'était une espèce de Pythie portative, silencieuse aussitôt qu'elle était vide. A Delphes, la Pythie, ses cotillons retroussés, assise à cul nu sur le trépied, recevait son inspiration de bas en haut ; Jacques, sur son cheval, la tête tournée vers le ciel, sa gourde débouchée et le goulot incliné vers sa bouche, recevait son inspiration de haut en bas. Lorsque la Pythie et Jacques prononçaient leurs oracles, ils étaient ivres tous les deux. [Il] prétendait que l'Esprit-Saint était descendu sur les apôtres dans une gourde ; il appelait la Pentecôte la fête des gourdes. Il a laissé un petit traité de toutes sortes de divinations, traité profond dans lequel il donne la préférence à la divination de Bacbuc ou par la gourde. Il s'inscrit en faux, malgré toute la vénération qu'il lui portait, contre le curé de Meudon qui interrogeait la dive Bacbuc par le choc de la panse. "J'aime Rabelais, dit-il, mais j'aime mieux la vérité que Rabelais." Il l'appelle hérétique [Engastrimute], et il prouve par cent raisons, meilleures les unes que les autres, que les vrais oracle de Bacbuc ou de la gourde ne se faisaient entendre que par le goulot. Il compte au rang des sectateurs distingués de Bacbuc, des vrais inspirés de la gourde dans ces derniers siècles, Rabelais, La Fare, Chapelle, Chaulieu, La Fontaine, Molière, Panard, Gallet, Vadé. [Platon] et Jean-Jacques Rousseau, qui prônèrent le bon vin sans en boire, sont à son avis de faux frères de la gourde. La gourde eut autrefois quelques sanctuaires célèbres ; la Pomme-de-pin, le Temple de la Guinguette, sanctuaires dont il écrit l'histoire séparément. Il fait la peinture la plus magnifique de l'enthousiasme, de la chaleur, du feu dont les Bacbuciens ou Périgourdins étaient et furent encore saisis de nos jours, lorsque sur la fin du repas, les coudes appuyés sur la table, la dive Bacbuc ou la gourde sacrée leur apparaissait, était déposée au milieu d'eux, sifflait, jetait sa coiffe loin d'elle, et couvrait ses adorateurs de son écume prophétique. Son manuscrit est décoré de deux portraits, au bas desquels on lit : "Anacréon et Rabelais, l'un parmi les anciens, l'autre parmi les modernes, souverains pontifes de la gourde."
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Irisa, le 16 juin 2009

    En suivant cette dispute sur laquelle ils auraient pu faire le tour du globe sans déparler un moment et sans s'accorder, ils furent accueillis par un orage qui les contreignit de s'acheminer... -Où ? -Où ? lecteur, vous êtes d'une curiosité bien incommode ! Et que diable cela vous fait-il ? Quand je vous aurai dit que c'est à Pontoise ou à Saint-Germain, à Notre-Dame de Lorette ou à Saint-Jacques de Compostelle, en serez-vous plus avancé ? Si vous insistez, je vous dirai qu'ils s'acheminèrent vers... oui ; pourquoi pas ?... vers un château immense, au frontispice duquel on lisait : " Je n'appartiens à personne et j'appartiens à tout le monde. Vous y étiez avant que d'y entrer, et vous y serez encore quand vous en sortirez." -Entrèrent-ils dans ce château ? -Non, car l'inscription était fausse, ou ils y étaient avant que d'y entrer. Mais du moins ils en sortirent ? -Non, car l'inscription était fausse, ou ils y étaient encore quand ils en furent sortis.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Irisa, le 16 juin 2009

    Et moi, lecteur, je suis tenté de lui fermer la bouche en lui montrant de loin ou un vieux militaire sur son cheval, le dos vouté, et s'acheminant à grand pas ; ou une jeune paysanne en petit chapeau de paille, en cotillons rouges, faisant son chemin à pied ou sur un âne. Et pourquoi le vieux militaire ne serait-il pas ou le capitaine de Jacques ou le camarade de son capitaine ? -Mais il est mort. -Vous le croyez... ? Pourquoi la jeune paysanne ne serait-elle pas ou la dame Suzon, ou la dame Marguerite, ou l'hôtesse du Grand-Cerf, ou la mère Jeanne, ou même Denise, sa fille ? Un faiseur de romans n'y manquerait pas ; mais je n'aime pas les romans, à moins que ce ne soit ceux de Richardson. Je fais l'histoire, cette histoire intéressera ou n'intéressera pas : c'est le moindre de mes soucis. Mon projet est d'être vrai ; je l'ai rempli.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par idealsejour, le 26 mai 2010

    Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par chartel, le 31 août 2007

    Denise s'offrit à le soulager; elle prit une petite pièce de flanelle; Jacques mit sa jambe hors du lit, et Denise se mit à frotter avec sa flanelle au-dessous de la blessure, d'abord avec un doigt, puis avec deux, avec trois, avec quatre, avec toute la main. Jacques la regardait faire, et s'enivrait d'amour.
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)

> voir toutes (8)

Video de Denis Diderot

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Denis Diderot


La chronique de Gérard Collard - Rousseau la comédie des masques
Gérard Collard vous parle aujourd'hui du livre de Olivier Marchal "Rousseau, la comédie des masques" aux éditions Télémaque. Un moyen de découvrir cet écrivain philosophe du XVIIIè siècle sous un autre jour... Un livre que notre libraire-chroniqueur a dévoré... Regardez... La présentation du livre "Rousseau, la comédie des masques" par l'éditeur : Monstre d'égoïsme, misanthrope maladivement paranoïaque, capable d'abandonner sans remords plusieurs de ses enfants... Jean-Jacques ROUSSEAU est aujourd'hui encore sous le coup d'un jugement sans appel sur ses mœurs et sa personnalité. En nous plongeant au cœur bouillonnant de la vie mondaine du XVIIIe siècle, de l'intimité amoureuse et psychologique de ses figures les plus célèbres, Olivier Marchal propose un portrait radicalement nouveau, plus attachant et nuancé, de l'auteur des "Confessions". Alors que ses amis Encyclopédistes lui prédisent un avenir glorieux, Rousseau décide inexplicablement de tourner le dos à son destin. Est-il le jouet de sa propre manipulation ou la victime d'implacables adversaires de l'ombre ? Riche de détails méconnus, souvent puisés dans les écrits mêmes de Jean-Jacques ou de ses contemporains, cette évocation ressuscite Diderot, Thérèse Levasseur, Grimm, d'Alembert, Louise d'Epinay, Madame Dupin, la comtesse d'Houdetot ou Voltaire... Tous acteurs d'une troublante "Comédie des masques", ils semblent prisonniers de leurs personnages et des soubresauts d'un monde finissant, bouleversé par les visions <b>...</b>








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Jacques le Fataliste par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (400)

> voir plus

Quiz