> Jacques Chouillet (Éditeur scientifique)
> Anne-Marie Chouillet (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253004138
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 202 notes) Ajouter à mes livres
Deux personnages déambulent en philosophant. On ne sait qui ils sont. On ne sait d'où ils viennent. On ne sait où ils vont. Tout ce que l'on sait, c'est que l'un est le maître de l'autre. Bientôt on se demandera lequel.
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    nastasiabuergo
    C'est toujours délicat face à un archi classique de ne pas être totalement en phase avec la majorité et d'être un peu plus nuancée que les autres commentateurs. Qui suis-je pour émettre un avis sur ce monument? J'aurais tant aimé pouvoir m'enthousiasmer comme souvent cela m'arrive sur les romans du XVIIIè. de plus, Diderot a tout pour plaire, le style, la finesse, l'envergure d'esprit. Aussi suis-je bien triste de ne pas avoir tant goûté la saveur du suc intime de cet ouvrage tant vanté par Kundera. A n'en pas douter, Diderot est un grand esprit et il soulève moult questions pénétrantes au travers des pérégrinations de Jacques (le valet) et son maître, un couple de héros à la manière de Don Quichotte et Sancho Pança. Comme dans Don Quichotte, la sagesse et l'usage du monde sont plus développés chez le valet que chez le maître, mais à la différence de l'ingénieux hidalgo, ici, Jacques possède également le grain de folie ou de roublardise qui donne la saveur au roman. le maître ici n'est donc qu'un faire valoir pour le valet qui analyse tous les aléas de son existence au crible de la fatalité "il était écrit sur le grand rouleau que cela se passerait ainsi..."
    J'aimerais dire que j'ai pris un plaisir fou à le lire, mais à la vérité les fréquentes interpellations du lecteur par le narrateur sont un peu barbantes de mon point de vue et n'apportent strictement rien au propos. Les remarques du genre "j'aurai pu faire en sorte qu'il leur arrive ça, mais finalement non" ou "vous voulez la suite et bien non je vais l'entrecouper volontairement avec un autre récit qui n'a rien à voir" sont pour moi un peu fatigantes à la longue et hachent considérablement le récit. Finalement, l'on est content d'en découdre même s'il est vrai que c'est facile à lire, qu'il y a toujours une agréable pointe d'humour ou d'ironie sous-jacente, que Diderot a une connaissance approfondie de l'âme humaine, et ce dans les différentes classes sociales et qu'il n'hésite pas à aller sur le terrain du grivois de temps à autres. Bref, je l'ai lu d'un point de vue culturel et d'histoire de la littérature, mais je n'en ferai sûrement pas mon livre de chevet. A vous de voir.
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    • Livres 4.00/5
    Par wiggybis, le 10 février 2012

    wiggybis
    C'est un livre que j'ai lu au lycée et qui m'a beaucoup amusé parce que j'ai adoré la manière dont Diderot joue avec nous, lecteurs.
    Il narre l'histoire, on est dedans, puis, en plein milieu il s'arrête et nous dit ce que j'interprète comme un: "Bon, je continuerai de vous en parler plus tard, après tout, ce n'est qu'un livre, hein !" et l'histoire reprend, mais pas la suite qu'on attendait !
    Gros pavé mais gros coup de coeur !
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  • Par LiliGalipette, le 16 novembre 2009

    LiliGalipette
    Texte philosophique de Denis Diderot.
    Jacques et son maître parcourent les chemins. le valet fait le récit de ses amours. Il est sans cesse interrompu, soit par les anecdotes de son maître, soit par les aventures qui ponctuent leur périple. le narrateur-auteur prend souvent la parole pour expliquer pourquoi son livre n'est un roman.
    Absolument fabuleux! Et je ne pense pas à la grande Josiane quand je dis ça! Ce texte était au programme de mon année de terminale, il y a 6 ans (pfiou, ça passe!) et je l'ai lu et relu, travaillé et surligné, gribouillé et machouillé jusqu'à plus soif, avec un plaisir immense.
    On connaît le Diderot libertin, le Diderot encyclopédiste, le Diderot des Lumières. Dans ce texte, j'ai découvert un Diderot humoriste. Les malchanceuses aventures sentimentales de son héros sont d'un comique, parfois un peu gras, que Rabelais n'aurait pas renié. Les considérations du personnage sur la destinée et la fatalité sont dignes d'un Sganarelle révisant son arithmétique. le tout est très habilement ficelé dans une suite de récits enchâssés, de digressions délicieuses et de considérations intéressantes sur le statut du lecteur et celui de l'auteur. Il faut un peu s'accrocher aux pages pour ne pas perdre le fil du récit, mais la lecture reste mémorable.
    Et c'est bien le seul livre de Diderot que j'ai relu!


    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2009/11/16/15820982.html
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    • Livres 4.00/5
    Par brigetoun, le 29 décembre 2011

    brigetoun
    La merveille de ce livre où comme dans "Tristam Sandy" les histoires s'emboîtent, se parasitent apparemment, où l'auteur intervient, nous interpelle, remet en cause le récit, expose une théorie du roman, sans que jamais nous n'ayons l'impression lassante d'un désordre, sans que finalement le fil se rompe.
    Saveur, liberté d'esprit, et esprit tout court, fantaisie, tout cela concourant à exprimer, illustrer, une philosophie.
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    • Livres 4.00/5
    Par dukiduk, le 09 février 2011

    dukiduk
    voila un livre que j'ai été obligé de lire pour le bac et dont j'étais réticente au début... c'est après réflexion que je me rend compte du génie de Diderot! la manière dont il arrive à influencer le lecteur, à le tourner en dérision... les péripéties de Jacques m'ont bien fait rire : )
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Citations et extraits

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  • Par Meduzantic, le 21 juin 2011

    J'ai oublié de vous dire, lecteur, que Jacques n'allait jamais sans une gourde remplie du meilleur ; elle était suspendue à l'arçon de sa selle. A chaque fois que son maître interrompait son récit par quelque question un peu longue, il détachait sa gourde, en buvait un coup à la régalade, et ne la remettait à sa place que quand son maître avait cessé de parler. J'avais encore oublié de vous dire que, dans les cas qui demandaient de la réflexion, son premier mouvement était d'interroger sa gourde. Fallait-il résoudre une question de morale, discuter un fait, préférer un chemin à un autre, entamer, suivre ou abandonner une affaire, peser les avantages et les désavantages d'une opération de politique, d'une spéculation de commerce ou de finance, la sagesse ou la folie d'une loi, le sort d'une guerre, le choix d'une auberge, dans une auberge le choix d'un appartement, dans un appartement le choix d'un lit, son premier mot était : "Interrogeons la gourde." Son dernier était : "C'est l'avis de la gourde et le mien." Lorsque le destin était muet dans sa tête, il s'expliquait par sa gourde, c'était une espèce de Pythie portative, silencieuse aussitôt qu'elle était vide. A Delphes, la Pythie, ses cotillons retroussés, assise à cul nu sur le trépied, recevait son inspiration de bas en haut ; Jacques, sur son cheval, la tête tournée vers le ciel, sa gourde débouchée et le goulot incliné vers sa bouche, recevait son inspiration de haut en bas. Lorsque la Pythie et Jacques prononçaient leurs oracles, ils étaient ivres tous les deux. [Il] prétendait que l'Esprit-Saint était descendu sur les apôtres dans une gourde ; il appelait la Pentecôte la fête des gourdes. Il a laissé un petit traité de toutes sortes de divinations, traité profond dans lequel il donne la préférence à la divination de Bacbuc ou par la gourde. Il s'inscrit en faux, malgré toute la vénération qu'il lui portait, contre le curé de Meudon qui interrogeait la dive Bacbuc par le choc de la panse. "J'aime Rabelais, dit-il, mais j'aime mieux la vérité que Rabelais." Il l'appelle hérétique [Engastrimute], et il prouve par cent raisons, meilleures les unes que les autres, que les vrais oracle de Bacbuc ou de la gourde ne se faisaient entendre que par le goulot. Il compte au rang des sectateurs distingués de Bacbuc, des vrais inspirés de la gourde dans ces derniers siècles, Rabelais, La Fare, Chapelle, Chaulieu, La Fontaine, Molière, Panard, Gallet, Vadé. [Platon] et Jean-Jacques Rousseau, qui prônèrent le bon vin sans en boire, sont à son avis de faux frères de la gourde. La gourde eut autrefois quelques sanctuaires célèbres ; la Pomme-de-pin, le Temple de la Guinguette, sanctuaires dont il écrit l'histoire séparément. Il fait la peinture la plus magnifique de l'enthousiasme, de la chaleur, du feu dont les Bacbuciens ou Périgourdins étaient et furent encore saisis de nos jours, lorsque sur la fin du repas, les coudes appuyés sur la table, la dive Bacbuc ou la gourde sacrée leur apparaissait, était déposée au milieu d'eux, sifflait, jetait sa coiffe loin d'elle, et couvrait ses adorateurs de son écume prophétique. Son manuscrit est décoré de deux portraits, au bas desquels on lit : "Anacréon et Rabelais, l'un parmi les anciens, l'autre parmi les modernes, souverains pontifes de la gourde."
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  • Par Irisa, le 16 juin 2009

    En suivant cette dispute sur laquelle ils auraient pu faire le tour du globe sans déparler un moment et sans s'accorder, ils furent accueillis par un orage qui les contreignit de s'acheminer... -Où ? -Où ? lecteur, vous êtes d'une curiosité bien incommode ! Et que diable cela vous fait-il ? Quand je vous aurai dit que c'est à Pontoise ou à Saint-Germain, à Notre-Dame de Lorette ou à Saint-Jacques de Compostelle, en serez-vous plus avancé ? Si vous insistez, je vous dirai qu'ils s'acheminèrent vers... oui ; pourquoi pas ?... vers un château immense, au frontispice duquel on lisait : " Je n'appartiens à personne et j'appartiens à tout le monde. Vous y étiez avant que d'y entrer, et vous y serez encore quand vous en sortirez." -Entrèrent-ils dans ce château ? -Non, car l'inscription était fausse, ou ils y étaient avant que d'y entrer. Mais du moins ils en sortirent ? -Non, car l'inscription était fausse, ou ils y étaient encore quand ils en furent sortis.
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  • Par Irisa, le 16 juin 2009

    Et moi, lecteur, je suis tenté de lui fermer la bouche en lui montrant de loin ou un vieux militaire sur son cheval, le dos vouté, et s'acheminant à grand pas ; ou une jeune paysanne en petit chapeau de paille, en cotillons rouges, faisant son chemin à pied ou sur un âne. Et pourquoi le vieux militaire ne serait-il pas ou le capitaine de Jacques ou le camarade de son capitaine ? -Mais il est mort. -Vous le croyez... ? Pourquoi la jeune paysanne ne serait-elle pas ou la dame Suzon, ou la dame Marguerite, ou l'hôtesse du Grand-Cerf, ou la mère Jeanne, ou même Denise, sa fille ? Un faiseur de romans n'y manquerait pas ; mais je n'aime pas les romans, à moins que ce ne soit ceux de Richardson. Je fais l'histoire, cette histoire intéressera ou n'intéressera pas : c'est le moindre de mes soucis. Mon projet est d'être vrai ; je l'ai rempli.
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  • Par chartel, le 31 août 2007

    Denise s'offrit à le soulager; elle prit une petite pièce de flanelle; Jacques mit sa jambe hors du lit, et Denise se mit à frotter avec sa flanelle au-dessous de la blessure, d'abord avec un doigt, puis avec deux, avec trois, avec quatre, avec toute la main. Jacques la regardait faire, et s'enivrait d'amour.
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  • Par idealsejour, le 26 mai 2010

    Comment s'étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s'appelaient-ils ? Que vous importe? D'où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l'on sait où l'on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut.
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Jacques le fataliste et son maître : l'Auberge du Grand Cerf
Adaptation par Pierre CARDINAL d'un épidode de l'oeuvre de Denis DIDEROT "Jacques le Fataliste". Dans cet épisode, intitulé "L'Auberge du Grand Cerf", Jacques et son maître écoutent leur hôtesse conter l'histoire de Madame de la Pommeraye et du Marquis des Arcis. L'histoire belle et terrible d'une femme du monde brûlée par la passion et désireuse de se venger.








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