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> Robert Mauzi (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070360571
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 406 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Publié sans nom d'auteur, Interdit il y a quelques années au cinéma, La Religieuse fait toujours scandale ; or, ce livre, disait
Montherlant, " est à peine licencieux et n'est pas du tout frivole
mais au contraire très grave ".
Inspiré par une histo... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par peloignon, le 03 décembre 2012

    peloignon
    Diderot, c'est pour moi l'écrivain aventurier, l'écrivain de la liberté pure, toujours en mouvement, toujours vif et brillant. Il joue dans l'écriture avec une liberté admirable, toujours rempli de surprises, il aborde tout avec la même légèreté triomphante.
    Il va de soi qu'un individu de ce type est très difficile à saisir car sa liberté l'entraîne toujours à explorer de nouvelles possibilités d'existences. Il a ainsi la réputation d'avoir été un matérialiste athée alors qu'il me paraît généralement plutôt comme un déiste préromantique à la Rousseau et qu'il se montre ici comme un authentique chrétien anti-clérical dans un écrit dont le bouillant Martin Luther lui-même se serait probablement délecté. L'institution clérical est en effet exposée d'une manière très réaliste par Diderot dans La Religieuse sans que la foi chrétienne authentique y soit attaquée d'aucune manière, bien au contraire.
    Tout le roman tient dans cette phrase : « Ah! Monsieur, si vous avez des enfants, apprenez par mon sort celui que vous leur préparez, si vous souffrez qu'ils entrent en religion sans les marques de la vocation la plus forte et la plus décidée. »(91)
    Du début à la fin du roman, l'institution cherchera à s'imposer à la petite fille qui deviendra malgré elle sœur Sainte-Suzanne et cette dernière résistera irréductiblement, car elle a besoin d'exister librement. Elle résistera, bien que son cœur appartienne véritablement au Dieu chrétien avec qui elle a une relation personnelle. C'est même dans les vérités de cette religion qu'elle trouvera le courage et les raisons de résister à l'institution :
    « Ce fut alors que je sentis la supériorité de la religion chrétienne sur toutes les religions du monde; quelle profonde sagesse il y avait dans ce que l'aveugle philosophie appelle la folie de la croix. ... Je voyais l'innocent, le flanc percé, le front couronné d'épines, les mains et les pieds percés de clous, et expirant dans les souffrances; et je me disais : « Voilà mon Dieu, et j'ose me plaindre!... » Je m'attachai à cette idée, et je sentis la consolation renaître dans mon cœur ».(99)
    Sur le plan de l'écriture, j'ai beaucoup aimé le fait que Diderot fasse écrire ce roman par La Religieuse elle-même, et qu'il la fasse interpeller fréquemment son lecteur, « vous l'avouerai-je, monsieur? », « dont vous jugerez, monsieur, comme il vous plaira », « sauf votre meilleur avis », etc. Cela donne une tournure militante au roman. Il est vraiment dommage que Diderot se mette à lui faire apostropher une personne précise à partir du milieu du roman (« Vous fûtes de ce nombre »(93)). Évidemment, il s'agit d'une histoire vraie arrivée dans le cercle de ses amis, mais il aurait pu donner une portée universelle à cette histoire particulière si il avait simplement su tenir le cap qu'il a si bien tenu dans la première partie du roman.
    Il arrive aussi assez souvent qu'en cours de récit, la simplicité de ton de La Religieuse laisse place à un discours d'une précision philosophique qui ne colle absolument pas au personnage. Et comme La Religieuse est elle-même narratrice, il n'est pas possible à Diderot d'intercaler un « dit-elle à en termes plus simples » ou un « voilà, en résumé, ce qu'elle fit comprendre à sa supérieure » pour bien faire passer ces incongruités d'expression.
    Le roman comporte donc quelques défauts, mais ces défauts peuvent être pardonnés si on considère qu'ils n'existeraient pas si l'excellence du reste ne les ferait pas remarquer. Et, peut-on exiger de la liberté pure qu'elle se conforme totalement à la position qu'elle s'amuse à prendre?
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  • Par PiertyM, le 21 novembre 2014

    PiertyM
    D'un langage simple et fluide, La Religieuse est un mémoire rédigé par une adolescente. Elle nous fait part de son séjour, en tant que religieuse, dans les différents couvents de religieuses où elle expose tout nettement l'ambiance qui parait comme une espèce de trou de la vie surtout pour celle qui n'avait jamais eu vocation de devenir sœur religieuse...
    En effet, Suzanne va découvrir, à force de résister à devenir religieuse, qu'elle est le fruit d'un adultère, que Mr Simonin qu'elle a toujours considéré comme son père, en fait, ne l'est pas. Raison pour laquelle ses deux sœurs vont pleinement bénéficier de grosses dots venant de l'héritage de leur père et à elle, on lui demandera de porter la croix de sa naissance c'est-à-dire devenir religieuse afin d'expier les péchés de sa mère...alors va commencer un long calvaire pour cette âme innocente, naïve mais tellement perspicace qu'on se rendra compte qu'elle se perd, que l’éveil de son intelligence se perd, qu'elle n'est pas là à la place qu'il faut...
    On découvre dans ce livre la contradiction qui peut exister entre les lois établies et la gouvernance sensée les mettre à exécution car le gouvernant peut se considéré comme seul maître, il peut se saisir des lois et les tordre à sa volonté disant s’asseoir simplement dessus. On en a vu la différence entre les trois mères supérieures que va connaitre Suzanne. Chacune d'elle marche sur les lois à sa guise, de telle façon que dans certains cas, on se demande est-ce recommander par la religion? Et cette vie cloîtrée qui engendre bien des conséquences néfastes pour certaines personnes qui ne sont pas faites pour ce genre de vie, ce qui peut entraîner certaines perturbations psychologiques...
    Un livre profond mais qui se lit aussi facilement!
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    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 07 juillet 2014

    Luniver
    Depuis sa petite enfance, Suzanne est malmenée par ses parents sans comprendre pourquoi. Ce n'est qu'aux portes de l'âge adulte que la vérité lui apparaît : elle n'est pas la fille de son « père », mais d'un amant de sa mère. Doublement détestée, comme le rappel d'un moment de faiblesse impardonnable, et comme preuve d'un cocufiage toujours sous les yeux du mari, on la pousse contre sa volonté à entrer au couvent. Suzanne s'enfuit une premier fois juste avant de prononcer ses vœux, scellant ainsi son sort en s'interdisant la seule autre solution possible, celle du mariage (quel homme sain d'esprit prendrait comme épouse une femme qui a fait un *éclat*, on est en droit de se poser la question).
    Suzanne raconte alors sa vie à l'intérieur de ce couvent. Si la première supérieure de Suzanne lui témoignait de l'affection, la seconde la prend immédiatement en grippe, et la troisième la poursuivra de ses assiduités. Dans un lieu fermé sur lui-même, dans lequel l'obéissance absolue est la règle, les choses peuvent vite déraper. Une fois dans le collimateur de l'autorité, impossible de s'isoler ou de partir vers un horizon plus clément : les sanctions continuent de vous pleuvoir dessus sans que vous puissiez vous échapper.
    Diderot ne s'attaque pas à la religion dans ce roman, inspiré d'une histoire réelle : l'héroïne trouve consolation dans la prière, et manifeste plus de vertus chrétiennes que ses bourreaux. L'auteur dénonce principalement l'institution du couvent et estime que l'enfermement, la coupure avec le reste du monde sont non-naturels et pourraient rendre fou n'importe qui. le propos reste d'actualité et peut se généraliser à toute sorte d'institutions : le couvent décrit par Diderot n'est d'ailleurs pas sans rappeler les sectes modernes.
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    • Livres 3.00/5
    Par Moan, le 15 décembre 2013

    Moan
    Suzanne la narratrice a seize ans, deux soeurs, un père avocat avec "plus de fortune qu'il n'en fallait pour les établir solidement".
    Problème, son père n'est pas son père, les deux soeurs auront chacune la moitié de la fortune et Suzanne se retrouvera dans un couvent pour expier le péché de sa mère.
    le souhait de ses parents n'est pas le sien et elle tentera tout pour sortir de ces couvents qui lui réserveront des moments cruels.
    Pour écrire ce livre, Diderot est parti d'un fait réel. "Ouvrage d'une utilité publique et générale car c'était la plus cruelle satire qu'on eut jamais faite des cloîtres".
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    • Livres 5.00/5
    Par akhesa, le 11 mars 2013

    akhesa
    A travers cet ouvrage,Diderot critique avec beaucoup de realisme la condition de soeur
    soeur....que fait-on dans les couvents?Brimades de toutes sortes exercees contre celles qui refusaient de se soumettre a la bulle
    Il denonce l'absurdite nocive d'un systeme repressif,et de defendre les droits d'une sincere et saine conviction religieuse
    Il ecrit la plus effrayante satire des couvents
    Il proteste contre les vocations contraintes,il denonce l'isolement monastique comme contraire a la nature meme quand il est accepte librement
    Il met en cause une societe et une eglise qui s'accordent a etouffer dans un etre humain,le desir naturel de liberte;l'etre humain n'est pas fait pour etre enferme,lorsqu'on isole l'homme de ses semblables,les pensees les plus extravagantes germent dans son esprit.S'isoler,c'est revenir a l'etat de sauvage
    Cette critique acerbe est pour moi terriblement bien faite,et je suis entierement d'accord avec lui.De tout temps la condition de la femme a ete plus
    que miserable,et la religion chretienne n'a rien arrange.Dans ce monde religieux,elles etaient pire que tout tant au niveau de la mechancete que de la cruaute.Privees de libertes,ces femmes sont devenues des monstres qui n'ont rien a envier aux dictateurs
    C'est un livre qui se lit facilement et avec rapidite,je vous souhaite bonne lecture
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Citations et extraits

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  • Par mellah, le 10 juillet 2013

    – Eh bien ! maman, lui dis-je, rendez-moi vos bontés ; rendez-moi votre présence ; rendez-moi la tendresse de celui qui se croit mon père. Ma fille, car vous l’êtes malgré moi, vos sœurs ont obtenu des lois un nom que vous tenez du crime, n’affligez pas une mère qui expire ; laissez-la descendre paisiblement au tombeau : qu’elle puisse se dire à elle-même, lorsqu’elle sera sur le point de paraître devant le grand juge, qu’elle a réparé sa faute autant qu’il était en elle, qu’elle puisse se flatter qu’après sa mort vous ne porterez point le trouble dans la maison, et que vous ne revendiquerez pas des droits que vous n’avez point.











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  • Par LydiaB, le 23 février 2013

    J’oubliais de vous dire que je vis mon père et ma mère, que je n’épargnai rien pour les toucher, et que je les trouvai inflexibles. Ce fut un M. l’abbé Blin, docteur de Sorbonne, qui m’exhorta, et M. l’évêque d’Alep qui me donna l’habit. Cette cérémonie n’est pas gaie par elle-même ; ce jour-là elle fut des plus tristes. Quoique les religieuses s’empressassent autour de moi pour me soutenir, vingt fois je sentis mes genoux se dérober, et je me vis prête à tomber sur les marches de l’autel. Je n’entendais rien, je ne voyais rien, j’étais stupide ; on me menait, et j’allais ; on m’interrogeait, et l’on répondait pour moi. Cependant cette cruelle cérémonie prit fin ; tout le monde se retira, et je restai au milieu du troupeau auquel on venait de m’associer. Mes compagnes m’ont entourée ; elles m’embrassent, et se disent : « Mais voyez donc, ma sœur, comme elle est belle ! comme ce voile noir relève la blancheur de son teint ! comme ce bandeau lui sied ! comme il lui arrondit le visage ! comme il étend ses joues ! comme cet habit fait valoir sa taille et ses bras !… » Je les écoutais à peine ; j’étais désolée.
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  • Par mellah, le 12 juillet 2013


    « Faire vœu de pauvreté, c’est s’engager par serment à être
    paresseux et voleur ; faire vœu de chasteté, c’est promettre à Dieu l’infraction constante de la plus sage et de la plus importante de ses lois ; faire vœu d’obéissance, c’est renoncer à la prérogative inaliénable de l’homme, la liberté. Si l’on observe ces voeux, on est criminel ; si on ne les observe pas, on est parjure. La vie claustrale est d’un fanatique ou d’un hypocrite. »





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  • Par fredho, le 02 juillet 2014

    Ne crains rien; j'aime à pleurer: c'est un état délicieux pour une âme tendre, que celui de verser des larmes. Tu dois aimer à pleurer aussi; tu essuieras mes larmes, j'essuierai les tiennes, et peut-être nous serons heureuses au milieu du récit de tes souffrances, qui sait jusqu'où l'attendrissement peut nous mener?...

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  • Par peloignon, le 29 novembre 2012

    Si j'avais quelque défaut à reprocher à madame de Moni, c'est que son goût pour la vertu, la piété, la franchise, la douceur, les talents, l'honnêteté, l'entraînait ouvertement; et qu'elle n'ignorait pas que celles qui n'y pouvaient prétendre, n'en était que plus humiliées.

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Noces de charbon de Sophie Chauveau .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/noces-de-charbon-de-sophie-chauveau-581.html Lippi, Botticelli, Vinci, mais aussi Fragonard ou Diderot. Sophie Chauveau est connu notamment pour ces biographies romancées qui ont connu de beaux succès en librairie. En 2013, Sophie Chauveau puise dans son histoire personnelle avec « Noces de charbon ». de la fin du XIXème siècle aux barricades de 1968, deux familles sur 5 générations. Dans l'enfer des mines de charbon, tout les sépare mais la vie se chargera de les réunir malgré eux. « Noces de charbon » de Sophie Chauveau est éditions Gallimard. Sophie Chauveau est sur WTC.








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